« Faire revivre l’esprit de Mossoul », une initiative de l’Unesco

Photo : Unesco
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Publié le Dimanche 10 juillet 2022

« Faire revivre l’esprit de Mossoul », une initiative de l’Unesco

  • Le patrimoine bâti de la vieille ville de Mossoul reflète l'échange de valeurs de solidarité et de coexistence au cours de nombreux siècles, mêlant des éléments d'architecture et d'arts décoratifs islamiques et chrétiens nestoriens
  • C'est pourquoi, en février 2018, la Directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay a lancé l'initiative phare « Faire revivre l'esprit de Mossoul », une réponse de l'Organisation pour soutenir la reconstruction de l'une des villes emblématiques de l'Irak

GENÈVE : Alors que Mossoul était ravagée et laissée en ruines, avec ses sites patrimoniaux réduits à l'état de décombres, l'Unesco a dû agir. L’une des plus anciennes villes du monde, Mossoul a bénéficié d'une position stratégique en tant que carrefour et pont reliant le nord au sud et l'est à l'ouest. Ainsi, son nom signifie « le point de liaison » en arabe.

Cependant, en raison de son emplacement, elle est devenue une cible pour de nombreuses organisations terroristes telles que ISIS/Daech. En 2014, ce fut le début d'une occupation de trois ans de la ville jusqu'en 2017, dont les conséquences ont été dévastatrices, avec de violents épisodes d'extrémisme.

Pourtant, le patrimoine bâti de la vieille ville de Mossoul reflète l'échange de valeurs de solidarité et de coexistence au cours de nombreux siècles, mêlant des éléments d'architecture et d'arts décoratifs islamiques et chrétiens nestoriens.

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Une photo montre une vue d'une maison traditionnelle pendant les travaux de reconstruction soutenus par l'Unesco, dans la vieille ville de Mossoul, au nord de l'Irak, le 23 février 2022. (AFP)

C'est pourquoi, en février 2018, la Directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay a lancé l'initiative phare « Faire revivre l'esprit de Mossoul », une réponse de l'Organisation pour soutenir la reconstruction de l'une des villes emblématiques de l'Irak.

Une initiative globale reposant sur trois piliers

La revitalisation du patrimoine figure au premier rang des priorités de cette initiative. Elle contribue à la réconciliation des communautés et à la consolidation de la paix par la récupération du cadre de vie et la réhabilitation des sites patrimoniaux de la ville. Le projet le plus emblématique est celui de la reconstruction de la célèbre mosquée Al-Nouri et de son minaret, Al-Hadba.

Le deuxième grand pilier est la vie culturelle. Aujourd'hui encore, la ville et sa région sont imprégnées de la grande diversité de leurs populations, abritant aussi bien des communautés arabes que des Assyriens, des Arméniens, des Turkmènes, des Kurdes, des Yézidis, des Shabaks, des Mandéens sabéens, etc.

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Une photo montre une vue des objets archéologiques récupérés dans l'église de l'Immaculée Conception (Al-Tahira-l-Kubra) dans la vieille ville de Mossoul, au nord de l'Irak, le 23 février 2022. (AFP).

L'Unesco et ses partenaires se sont ainsi engagés dans un plan global pour restaurer la vie culturelle et intercommunautaire, ainsi que les institutions culturelles, tel que le festival de musique traditionnelle et les libraires de rue.

L'éducation, l'un des piliers les plus précieux

Mais surtout, « Faire revivre l'esprit de Mossoul » consiste à garantir une meilleure éducation et un environnement d'apprentissage sûr pour chaque enfant. La plupart des enfants ont manqué trois années d'éducation, de 2014 à 2017, tandis que ceux qui sont restés à l'école ont été exposés à l'idéologie violente et extrême de Daech. Les enseignants ont eux aussi eu du mal à dispenser un enseignement et un apprentissage appropriés en évitant l'idéologie imposée.

Le projet Prévention de l'extrémisme violent par  l'éducation (PVE-Education) a été lancé par l'Uesco en collaboration avec le ministère de l'Éducation, Stichting ZOA, l'Institution irakienne pour le développement et l'Université d'Ulster afin de réparer une partie des dommages. Grâce à des tactiques pédagogiques efficaces, l'initiative PVE-Education renforce la résistance des enseignants et des élèves des écoles primaires à l'extrémisme violent et leur dévouement à la non-violence et à la paix.

L'objectif est de développer des compétences cognitives et comportementales, telles que la pensée critique, la multiperspectivité, la compréhension de la complexité, le courage moral et un comportement responsable en ligne.

Au total, 50 000 enfants et jeunes ont été exposés à des messages éducatifs via les médias sociaux. L'Unesco a déjà formé 2 000 enseignants du primaire dans 130 écoles, 750 enseignants du secondaire dans 50 écoles, des administrateurs scolaires, 5 400 parents (dont 75 % de femmes) et 5 400 parents.

Avec le soutien de l'UE, l'Unesco s'efforce également d'améliorer l'accès des communautés à une éducation de base et secondaire de qualité, en tenant compte des besoins des réfugiés, des personnes déplacées à l'intérieur du pays et autres.

L'Union européenne, un grand renfort pour l'Institut des Beaux-Arts de Mossoul

Un filmlab a été construit par l'Unesco, le Théâtre municipal de Gand et l'Institut des Beaux-Arts de Mossoul avec l'aide de l'Union européenne. Au cours de la création de neuf courts métrages, 20 étudiants ont reçu un enseignement et une expérience pratique dans les rôles de réalisateur, scénariste, monteur, acteur, concepteur de décors et de costumes, technicien audio et lumière, assistant.

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Une actrice habillée en mariée pose devant les caméras d'étudiants en cinéma, le 15 décembre 2021 dans les décombres de Mossoul. (AFP).

En outre, en juin 2021, un espace créatif a été construit et aménagé à « The Station » à Mossoul. Il s'agit d'un lieu de rassemblement où les jeunes impliqués dans les secteurs culturels et créatifs peuvent se réunir, apprendre et partager des idées.

24 musiciens de Mossoul ont été formés avec succès dans le cadre de cette initiative, ce qui a permis de former quatre groupes qui ont pu bénéficier de fonds pour soutenir leurs tournées musicales en Irak. Le premier événement de ce type après la libération de Mossoul en 2017 devrait avoir lieu du 24 au 27 mars en 2022 sous le nom de « Festival de musique traditionnelle de Mossoul. »

Il est possible de reconstruire une nation et de la sauver d'un traumatisme en mettant en œuvre les bonnes politiques et en soutenant son art, son éducation et son patrimoine culturel. L'Unesco et ses partenaires en sont conscients et mènent à bien cette merveilleuse initiative pour un avenir meilleur dans un pays auparavant ravagé par la guerre.


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
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  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.