Menaces contre une mosquée de Lille: le suspect jugé le 27 juillet

On entend la personne qui filme dire en marchant "c'est une petite mosquée, mais le vendredi il y a du monde, il y a moyen de tuer une bonne vingtaine de personnes". (Photo d'illustration, AFP)
On entend la personne qui filme dire en marchant "c'est une petite mosquée, mais le vendredi il y a du monde, il y a moyen de tuer une bonne vingtaine de personnes". (Photo d'illustration, AFP)
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Publié le Vendredi 24 juin 2022

Menaces contre une mosquée de Lille: le suspect jugé le 27 juillet

  • Cette arrestation faisait suite au signalement via la plateforme en ligne Pharos d'une vidéo publiée sur l'application Telegram
  • Cet homme avait été interpellé jeudi à son domicile de Faches-Thumesnil et placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête «pour menaces de mort sur un groupe de personnes appartenant à une religion et apologie du terrorisme»

LILLE: Un homme de 23 ans, soupçonné d'avoir proféré des menaces contre les fidèles d'une des principales mosquées de Lille, a été placé en détention provisoire dans l'attente de son jugement en correctionnelle le 27 juillet, a indiqué vendredi le parquet à l'AFP.

Cet homme avait été interpellé jeudi à son domicile de Faches-Thumesnil et placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête "pour menaces de mort sur un groupe de personnes appartenant à une religion et apologie du terrorisme", rappelle le parquet de Lille dans son communiqué.

Cette arrestation faisait suite au signalement via la plateforme en ligne Pharos d'une vidéo publiée sur l'application Telegram, "dans laquelle un individu" fait part "de son intention de commettre une attaque contre la mosquée de Lille Sud", selon le parquet.

"Une seconde séquence portant sur la tuerie de Christchurch commise en 2019 en Nouvelle-Zélande" a également été signalée.

Rapidement identifié, le suspect a reconnu lors des auditions "être l'auteur des menaces contre la mosquée de Lille-Sud" et expliqué "son geste par une consommation habituelle et excessive d’alcool".

"Sans réelle conviction politique ou religieuse, le mis en cause ne se revendique pas d’extrême droite mais semble tout le moins intéressé par les groupes de discussion en lien avec ces mouvances", souligne le parquet.

La vidéo en question a été tournée sur une place entre la mosquée Al-Imane et une association musulmane, Human Appeal, qui avait été la cible de tags islamophobes il y a quelques mois, avait indiqué jeudi le secrétaire général de la mosquée, Makhlouf Mameche.

On entend la personne qui filme dire en marchant "c'est une petite mosquée, mais le vendredi il y a du monde, il y a moyen de tuer une bonne vingtaine de personnes", insistant "je vais les tuer ces fils de pute".

"Des menaces graves ont visé une mosquée à Lille", avait tweeté jeudi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, précisant que le lieu était sécurisé par la police nationale "pour le temps nécessaire".


Sur la Côte d'Azur, le tourisme pèse sur les rares ressources en eau

Des piétons traversent un pont sur la rivière asséchée «La Savoureuse» à Belfort, dans l'est de la France, le 12 août 2022. (AFP)
Des piétons traversent un pont sur la rivière asséchée «La Savoureuse» à Belfort, dans l'est de la France, le 12 août 2022. (AFP)
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  • Comme 87 autres communes du département du Var, Hyères est en situation de «crise» sécheresse, le niveau d'alerte le plus élevé
  • Les cours d'eau sont au plus bas, dans une région où la consommation est bien supérieure à la moyenne (228 litres par jour par personne, contre 109 litres pour le Nord-Pas-de-Calais)

HYERES: "On est en vacances donc on n'écoute pas trop les infos...": sur la plage de l'Almanarre, à Hyères (Var), des touristes, serviette contre serviette, ignorent tout des restrictions d'eau imposées dans cette région frappée par une sécheresse historique qu'ils contribuent à aggraver.

Anne Fretey, 53 ans, venue de Troyes (Aube), consciente de la problématique au niveau national, ne lave plus sa voiture "depuis un moment" mais n'était "pas du tout au courant" du manque d'eau particulièrement criant sur la Côte d'Azur.

Comme 87 autres communes du département du Var, Hyères est en situation de "crise" sécheresse, le niveau d'alerte le plus élevé. Les cours d'eau sont au plus bas, dans une région où la consommation est bien supérieure à la moyenne (228 litres par jour par personne, contre 109 litres pour le Nord-Pas-de-Calais).

Anne découvre que la douche de plage est à sec, seul signe visible pour les estivants des restrictions en cours. Juste au-dessus du bouton poussoir, un autocollant informe d'une coupure de l'eau des douches depuis mai - le début de l'alerte sécheresse dans la commune.

Mais dans les rues du centre-ville comme à l'entrée des sites touristiques, aucun affichage n'informe du manque d'eau et de la nécessité d'utiliser cette ressource avec sobriété.

Au-delà des restrictions, Anne Setimelli, fondatrice de l'association écologiste varoise "Explore et préserve", estime qu'il faudrait "repenser l'utilisation de l'eau" et par exemple définitivement fermer les douches de plage au profit de points d'eau potable "pour remplir sa gourde et éviter les bouteilles en plastique".

La militante déplore que "les politiques ne sensibilisent pas assez le grand public sur un territoire qui subit une très forte pression touristique".

Provence-Alpes-Côte d'Azur se place en tête, cette saison, des régions les plus attractives de France, avec un "retour en force" des touristes au même niveau qu'avant l'épidémie de Covid-19, selon le Comité régional du tourisme.

Piscine qui déborde 

Sur la presqu'île de Giens, toujours à Hyères, les campings à proximité des plages de la Méditerranée font le plein en août. Dans un établissement quatre étoiles, les lauriers roses resplendissent et la piscine déborde: le personnel n'a pas entendu parler des restrictions, et notamment de l'interdiction de remplir les piscines dans cette situation de "crise".

Contacté par l'AFP, un agent de la police de l'environnement dans la région nuance: les établissements peuvent demander une dérogation aux préfets, "qui ont tendance à l'accorder quand les piscines sont collectives en période de canicule", en invoquant "des enjeux de santé publique".

Au bord du bassin bleu turquoise, Grégory Prudhomme, 52 ans, venu en famille du Pas-de-Calais remarque que "la piscine n'est pas si grande que ça" et préfère pointer du doigt les campings équipés de "piscines surdimensionnées, avec des toboggans", ou encore les piscines individuelles des villas.

Quelques kilomètres plus loin, au centre de vacances de l'Union nationale des centres sportifs de plein air (UCPA), pas de piscine. "On est à 25 mètres de la mer, ce serait une aberration", assure Gaspard Dalle, responsable des sports, tout en reconnaissant que "les centres UCPA avec piscine enregistrent entre 30 et 40% de réservations en plus que les autres".

Devant le hangar où sont rangés combinaisons de plongée et gilets de sauvetage, une pancarte avertit: "Chaque goutte compte". Gaspard Dalle désigne un grand bac de 500 litres, "de l'eau douce et un produit désinfectant", dans lequel les vacanciers doivent dessaler leurs tenues: pour s'adapter à la sécheresse, l'eau n'est changée qu'une fois par jour au lieu de deux.

Idem pour le rinçage du matériel nautique (planches, catamarans, etc), indispensable à sa durabilité: "On ne rince plus qu'une fois par semaine au lieu de tous les jours".

Dans ce centre de vacances partenaire du parc national de Port-Cros, l'écologie fait partie des valeurs fortes: le système de cantine collective, la maîtrise de la climatisation et l'éducation à la biodiversité en témoignent.

"Les clients attendent un minimum de qualité et c'est sûr que restreindre l'eau et la clim' peut nuire à cette qualité, mais je pense que ça fait partie d'une éducation indispensable", réfléchit Gaspard. Notamment pour réduire la pression touristique sur les ressources naturelles: Tandis qu'un Français consomme en moyenne 148 litres d'eau par jour, son utilisation passe à 230 litres d’eau par jour en vacances, selon le Centre d'information sur l'eau.


Aveyron: Le feu reprend, au moins 1000 évacués, des dizaines d'hectares brûlés

Une biche marche dans une forêt brûlée suite à un incendie (Photo, AFP).
Une biche marche dans une forêt brûlée suite à un incendie (Photo, AFP).
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  • «Le feu évolue défavorablement»
  • Mercredi, un homme résidant en Lozère avait été mis en examen pour «destruction involontaire par incendie»

TOULOUSE: Une reprise "virulente" du feu samedi à Mostuéjouls (Aveyron) a brûlé des dizaines d'hectares supplémentaires, selon la préfecture, qui a annoncé l'évacuation préventive d'au moins 1.000 personnes.

Cet incendie, qui a détruit depuis lundi plus de 800 hectares entre l'Aveyron et la Lozère, semblait samedi vers midi "en voie d'être circonscrit et prochainement, éteint", avait alors estimé la préfecture.

"Le feu évolue défavorablement", a-t-elle indiqué en revanche samedi soir.

"Plusieurs dizaines d'hectares supplémentaires ont été brûlés" et "six hameaux ont été évacués", représentant "près de 1.000 personnes supplémentaires", précise-t-elle dans un communiqué.

Depuis lundi, cet incendie qui n'a pas fait de blessé avait déjà été à l'origine de l'évacuation de jusqu'à 3.000 personnes qui avaient depuis été autorisées à regagner leurs domiciles ou leur lieu d'hébergement quand il s'agissait de vacanciers.

Mercredi, un homme résidant en Lozère avait été mis en examen pour "destruction involontaire par incendie". Il est soupçonné d'avoir accidentellement déclenché l'incendie, quand une partie métallique de sa remorque a provoqué des étincelles en raclant le sol, mettant le feu à la végétation sur le bord de la route.

Par ailleurs, pour éviter les risques d'incendie, la préfecture de l'Aveyron a notamment interdit temporairement les manifestations sportives en espaces naturels, les spectacles pyrotechniques ou "toute activité de chasse ou de destruction par arme à feu se déroulant en pleine nature".


Vote des étrangers: «Une question de justice sociale» pour Rebsamen

François Rebsamen, le maire de Dijon (Photo, AFP).
François Rebsamen, le maire de Dijon (Photo, AFP).
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  • L'initiative a reçu un accueil favorable à gauche et suscité des critiques d'élus de droite et d'extrême-droite
  • Le droit de vote des étrangers aux élections locales avait été promis par François Mitterrand et François Hollande, sans aboutir

PARIS: Accorder le droit de vote aux étrangers extra-communautaires pour les élections municipales est "une question de justice sociale" dans une France "à la traîne" sur ce sujet, estime dans le JDD l'ancien ministre PS François Rebsamen, soutien d'Emmanuel Macron.

Le député Sacha Houlié, membre de l'aile gauche du groupe présidentiel Renaissance, a déposé "à titre personnel" une proposition de loi constitutionnelle visant à "accorder le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales" à "tous les étrangers, même non européens".

L'initiative a reçu un accueil favorable à gauche et suscité des critiques d'élus de droite et d'extrême-droite. Et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin y est "fermement opposé".

"C’est une question de justice sociale. Les ressortissants communautaires peuvent participer aux scrutins municipaux. Dès lors, l’argument qu’on nous opposait sans cesse – et que la droite continue de brandir – selon lequel accorder un tel bénéfice rompt le lien existant entre nationalité et citoyenneté tombe de lui-même", estime M. Rebsamen.

"Pourquoi les uns et pas les autres, sauf à faire preuve de rejet, voire de racisme, vis-à-vis de certains de nos concitoyens ? Pourquoi ce traitement différencié, notamment envers ceux qui viennent de l’autre côté de la Méditerranée ? La peur de l’islamisme radical fait qu’aujourd’hui nombreux sont ceux qui crient au loup avec le Rassemblement national", ajoute-t-il.

M. Rebsamen se "félicite" donc de l'initiative de Sacha Houlié mais prône plutôt la reprise d'un texte adopté par l'Assemblée, mais aussi par le Sénat, alors à majorité de gauche, en 2011.

"Ce que la gauche n’a pas eu le courage de faire sous François Hollande, (...) elle peut le faire à présent. C’est une occasion rêvée pour montrer que l’Assemblée nationale peut voter des textes de gauche", plaide-t-il.

Le droit de vote des étrangers aux élections locales avait été promis par François Mitterrand et François Hollande, sans aboutir.

Quant à l'idée "qu’en autorisant les étrangers à voter aux élections municipales, il y aura des listes communautaires", selon M. Rebsamen "c’est faux " car la proposition "précise bien qu’ils ne peuvent pas être élus maire ou adjoint ni membre du collège électoral des sénateurs".