Assaut du Capitole: La commission dénonce une manipulation «éhontée» de Trump

La cinquième audience du House Select Committee chargé d'enquêter sur l'attaque contre le Capitole américain à Washington (Photo, AFP).
La cinquième audience du House Select Committee chargé d'enquêter sur l'attaque contre le Capitole américain à Washington (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 24 juin 2022

Assaut du Capitole: La commission dénonce une manipulation «éhontée» de Trump

  • Au cours de cette cinquième audition publique les neuf élus ont détaillé les pressions exercées par M. Trump sur le ministère pour nommer un de ses fidèles
  • Les élus sont revenus sur les tensions au sein du ministère les jours précédant le 6 janvier 2021

WASHINGTON: La commission d'enquête parlementaire sur l'assaut du Capitole s'est attaquée jeudi aux tentatives "éhontées" de Donald Trump de pousser le ministère de la Justice à soutenir ses fausses allégations de fraude électorale autour de la présidentielle remportée par Joe Biden.

Au cours de cette cinquième audition publique, les neuf élus - sept démocrates et deux républicains répudiés par leur parti - ont détaillé les pressions exercées par M. Trump sur le ministère et ses efforts pour nommer à sa tête un de ses fidèles prêt à "une ingérence dans les résultats d'une élection présidentielle".

"Donald Trump ne voulait pas simplement que le ministère de la Justice enquête. Il voulait que le ministère de la Justice l'aide à légitimer ses mensonges et déclare sans fondement que l'élection était truquée", a noté le président de la Commission, Bennie Thompson.

Les élus sont revenus sur les tensions au sein du ministère les jours précédant le 6 janvier 2021, lorsque le président battu avait été confronté à une révolte interne tandis qu'il tentait d'installer un de ses proches à la tête de l'institution.

"C'était une tentative éhontée d'utiliser le ministère de la Justice pour faire progresser les intérêts politiques personnels du président", a ajouté M. Thompson.

L'ancien ministre adjoint par intérim, Richard Donoghue, a témoigné pour sa part avoir dit à de nombreuses reprises à l'ancien président américain que ses accusations de fraude électorale étaient infondées.

M. Trump a simplement répété avoir gagné l'élection présidentielle. "Le président a dit: +dites juste que l'élection était truquée et laissez le reste entre mes mains et celles des élus républicains+", a raconté M. Donoghue, en se basant sur ses notes prises lors d'une conversation téléphonique avec M. Trump et l'ex-ministre par intérim Jeffrey Rosen.

Voyant que les plus hauts responsables du ministère de la Justice refusaient de plier, le président battu a tenté d'installer un de ses proches à la tête de l'institution. Jeffrey Clark, un fonctionnaire de rang intermédiaire ayant adopté les théories poussées par le président sur une élection truquée, devait annuler les conclusions du ministère - qui n'avait trouvé aucune preuve de fraude ayant pu changer l'issue du scrutin de novembre.

Des faits, des preuves et des lois

Jeffrey Clark devait aussi intervenir au nom du ministère pour refuser de certifier le résultat de l'élection dans l'Etat clé de Géorgie, où Joe Biden l'avait emporté avec seulement 12.000 voix d'avance.

La Commission a appris que M. Clark avait préparé une lettre destinée aux élus de Géorgie, dans laquelle il affirmait que le ministère avait découvert des preuves de fraudes massives en Géorgie, ce qui était faux. Mais les autres responsables du ministère de la Justice ont refusé de signer cette lettre et un des conseillers juridiques de la Maison Blanche, Eric Herschmann, a révélé avoir dit à Jeff Clark qu'envoyer cette lettre aurait été "un crime".

M. Trump a annoncé à Jeffrey Rosen et Richard Donoghue qu'on lui conseillait de les limoger et de nommer Jeffrey Clark ministre par intérim.

"Je lui ai répondu (...) Monsieur le Président, il faut que vous ayez les responsables qui vous conviennent, mais vous devez comprendre que le ministère de la Justice fonctionne sur la base de faits, de preuves et de lois. Et ça, ça ne changera pas", a raconté M. Donoghue.

L'ancien ministre adjoint a aussi raconté avoir prévenu Jeffrey Clark que ses efforts pour justifier les allégations de fraude "n'étaient rien moins qu'une ingérence du ministère de la Justice dans les résultats d'une élection présidentielle".

Jeffrey Rosen, Richard Donoghue, Steven Engel, un haut responsable du ministère, et Pat Cipollone, avocat de la Maison Blanche, ont menacé de démissionner lors d'une réunion avec le président le 3 janvier, avertissant qu'ils emmèneraient avec eux les meilleurs procureurs fédéraux à travers le pays.

Donald Trump a renoncé à nommer Jeffrey Clark, qui a refusé de témoigner devant la commission d'enquête.

La commission d'enquête a annoncé mercredi que deux sessions supplémentaires auraient lieu en juillet.

Le Congrès interrompt ses travaux le 4 juillet pour deux semaines.

Après un an d'enquête, la commission veut présenter avant la fin de l'été ses conclusions, plaçant Donald Trump au cœur "d'une tentative de coup d'Etat" qui a culminé avec l'assaut de centaines de ses partisans sur le bâtiment du Congrès à Washington le 6 janvier 2021, alors que les élus certifiaient la victoire de Joe Biden.

Les images de chaos dans et autour du Capitole avaient fait le tour du monde et ébranlé pendant quelques heures la démocratie américaine.


Le Japon, touché par des températures record, craint une pénurie d'électricité

«Nous demandons au public de réduire sa consommation d'énergie en début de soirée», quand les réserves d'électricité sont au plus bas dans le grand Tokyo. (Photo : AFP)
«Nous demandons au public de réduire sa consommation d'énergie en début de soirée», quand les réserves d'électricité sont au plus bas dans le grand Tokyo. (Photo : AFP)
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  • «Nous demandons au public de réduire sa consommation d'énergie en début de soirée», quand les réserves d'électricité sont au plus bas dans le grand Tokyo
  • Le gouvernement a cependant enjoint aux habitants de prendre les mesures nécessaires pour se protéger de la chaleur et éviter l'insolation

TOKYO : Les autorités japonaises ont mis en garde lundi contre une possible pénurie d'électricité, alors que le pays subit des températures record et que Tokyo vient de vivre la saison des pluies la plus courte de son histoire.

"Nous demandons au public de réduire sa consommation d'énergie en début de soirée", quand les réserves d'électricité sont au plus bas dans le grand Tokyo, a déclaré lundi le secrétaire général adjoint du gouvernement nippon, Yoshihiko Isozaki.

Le gouvernement a cependant enjoint aux habitants de prendre les mesures nécessaires pour se protéger de la chaleur et éviter l'insolation.

Des températures atteignant les 35°C sont annoncées lundi sur la capitale japonaise, où le mercure ne devrait pas redescendre sous les 34°C avant dimanche prochain, selon l'Agence météorologique japonaise (JMA).

Et alors que la saison des pluies devrait normalement battre son plein dans une grande partie du Japon, la JMA a déclaré que celle-ci avait pris fin lundi dans la région du Kanto, où se trouve Tokyo.

Il s'agit de la fin la plus précoce de la saison des pluies – 22 jours plus tôt que la normale – depuis que le Japon a commencé à relever des données comparables en 1951.

La saison des pluies s'est aussi terminée lundi dans le centre du Japon et une partie de l'île de Kyushu (sud-ouest), établissant également un record.

Dimanche, le thermomètre a atteint 40,2°C dans la ville d'Isesaki, à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo, soit la plus haute température jamais enregistrée au Japon au mois de juin.

"Juste après la saison des pluies, beaucoup de gens ne sont pas encore habitués à la chaleur et présentent un risque plus élevé d'insolation", a prévenu la JMA.

"Chaque année juillet-août sont chauds, mais je n'avais jamais connu une telle chaleur en juin", a déclaré Asako Naruse, 58 ans, croisée par l'AFP dans le quartier tokyoïte de Ginza, où de nombreux passants portaient une ombrelle.


Invité du G7, Zelensky doit réclamer encore plus d'efforts aux Occidentaux

Volodymyr Zelensky doit s'exprimer par visioconférence en milieu de matinée lors de cette réunion des sept puissances industrielles entamée dimanche dans le cadre bucolique du château d'Elmau, au pied des Alpes bavaroises. (AFP).
Volodymyr Zelensky doit s'exprimer par visioconférence en milieu de matinée lors de cette réunion des sept puissances industrielles entamée dimanche dans le cadre bucolique du château d'Elmau, au pied des Alpes bavaroises. (AFP).
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  • Volodymyr Zelensky doit s'exprimer par visioconférence en milieu de matinée lors de cette réunion des sept puissances industrielles entamée dimanche dans le cadre bucolique du château d'Elmau, au pied des Alpes bavaroises.
  • «Les leaders du G7 (...) ont un potentiel conjoint suffisant pour arrêter l’agression russe», a-t-il estimé

CHATEAU D'ELMAU : Le président ukrainien devrait réclamer lundi plus d'armes pour son pays en guerre et un nouveau renforcement des sanctions occidentales contre Moscou aux dirigeants du G7 unis face à la Russie lors de leur sommet annuel en Allemagne.

Volodymyr Zelensky doit s'exprimer par visioconférence en milieu de matinée lors de cette réunion des sept puissances industrielles entamée dimanche dans le cadre bucolique du château d'Elmau, au pied des Alpes bavaroises.

Le dirigeant ukrainien, qui participera également au sommet de l'Otan à Madrid à partir de mardi, veut faire pression sur les sept dirigeants pour un soutien accru de leur part, au lendemain de frappes russes sur Kiev, dénoncées comme des actes de "barbarie" par le président américain, Joe Biden.

Pour la première fois depuis des semaines, la capitale ukrainienne a été frappée dimanche matin par des missiles russes tandis que des combats acharnés se poursuivaient dans l'est du pays, dans ce conflit meurtrier entré dans son cinquième mois.

"Un homme a été tué, il n’avait que 37 ans. Il y a des blessés, dont une fille appelée Genya, elle a sept ans et elle est la fille du défunt (...) Sa mère a également été blessée. Elle est citoyenne russe. Rien ne la menaçait dans notre Etat, elle était en toute sécurité jusqu’à ce que la Russie décide que tout lui est hostile" en Ukraine, a déclaré le président Zelensky dans un message vidéo dimanche soir.

"Les leaders du G7 (...) ont un potentiel conjoint suffisant pour arrêter l’agression russe, a-t-il estimé.  Mais ce ne sera possible que lorsque nous obtiendrons tout ce que nous demandons et dans les délais nécessaires : et les armes, et le soutien financier, et les sanctions contre la Russie".

Embargo sur l'or russe

Pour le chancelier allemand, Olaf Scholz, hôte du sommet d'Elmau, ces bombardements sont venus rappeler une nouvelle fois "qu'il était juste d'être unis et de soutenir l'Ukraine".

Vladimir Poutine espérait que, "d'une manière ou d'une autre, l'Otan et le G7 se divisent. Mais nous ne l'avons pas fait et nous ne le ferons pas", a également assuré M. Biden.

Au premier jour de leurs échanges dimanche, dans ce château posé sur les alpages vert émeraude, les sept pays industrialisés (Allemagne, France, Etats-Unis, Canada, Japon, Italie, Grande-Bretagne) ont annoncé élargir les sanctions contre Moscou en décrétant un embargo sur l'or nouvellement extrait en Russie.

Cette mesure frappera "directement les oligarques russes et s'attaquera au cœur de la machine de guerre de Poutine", a martelé le Premier ministre britannique Boris Johnson alors que les Occidentaux ont déjà adopté plusieurs salves de sanctions contre la Russie.

Menace de crise alimentaire

C'est le premier signal de soutien à l'Ukraine affiché par les chefs d'Etat et de gouvernement du G7 lors de ce sommet largement consacré à la guerre en Ukraine et à ses répercussions.

Parmi les plus urgentes, la crise alimentaire qui menace une partie de la planète alors que des milliers de tonnes de céréales dorment dans les silos ukrainiens en raison du blocus ou de l'occupation des ports de le mer Noire par les Russes.

Boris Johnson doit demander lundi une "action urgente" pour relancer les exportations vitales de céréales de l'Ukraine alors que les pays les plus pauvres sont au bord du gouffre, a fait savoir Downing Street.

Cette grave menace qui plane sur nombre de pays émergents sera également au coeur des discussions que meneront lundi les chefs d'Etat et de gouvernement avec le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, mais aussi avec les dirigeants des cinq pays invités cette année en Bavière (Inde, Argentine, Sénégal, Indonésie et Afrique du Sud).

L'Inde, le Sénégal et l'Afrique du Sud se sont abstenus lors du vote d'une résolution de l'ONU condamnant l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Le chef de l'Etat indonésien et président du G20 Joko Widodo doit également se rendre prochainement en Ukraine et en Russie pour discuter des conséquences économiques et humanitaires de l'invasion russe.

Les économies émergentes sont particulièrement exposées au risque de pénuries alimentaires et à la crise climatique, autre urgence que les sept dirigeants doivent aborder avec leurs invités.

Dans un contexte de pénurie de gaz russe, des ONG de défense de l'environnement craignent que le G7 ne recule sur ses engagements à mettre fin au financement international des combustibles fossiles.


L'Equateur décide de baisser le prix des carburants à l'origine des manifestations

Des autochtones arrivent au parc El Arbolito à Quito, le 26 juin 2022, pour un rassemblement avec le président de la Confédération des nationalités autochtones de l'Équateur (Conaie) Leonidas Iza devant la Maison de la culture, dans le cadre des manifestations menées par les autochtones contre le gouvernement. (AFP)
Des autochtones arrivent au parc El Arbolito à Quito, le 26 juin 2022, pour un rassemblement avec le président de la Confédération des nationalités autochtones de l'Équateur (Conaie) Leonidas Iza devant la Maison de la culture, dans le cadre des manifestations menées par les autochtones contre le gouvernement. (AFP)
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  • «J'ai décidé de réduire le prix de l'essence de 10 cents (de dollar) par gallon (3,78 litres) et le prix du diesel également de 10 cents le gallon», a déclaré le président équatorien
  • En moins d'un an, le diesel a grimpé de 90% (à 1,90 dollar) et l'essence de 46% (à 2,55 dollars)

QUITO : Le président équatorien Guillermo Lasso a annoncé dimanche une baisse du prix des carburants, dans une proportion néanmoins inférieure aux demandes des milliers d'indigènes qui manifestent et bloquent une partie du pays depuis deux semaines.

"J'ai décidé de réduire le prix de l'essence de 10 cents (de dollar) par gallon (3,78 litres) et le prix du diesel également de 10 cents le gallon", a déclaré le président équatorien dans une allocation radio-télévisée.

Cette réduction va porter le prix du diesel à 1,80 dollar, et celui de l'essence à 2,45 dollars, alors que la puissante confédération des nationalités indigènes (Conaie), fer de lance des manifestations, exigeait une baisse des prix des carburants à 1,50 et 2,10 dollars.

En moins d'un an, le diesel a grimpé de 90% (à 1,90 dollar) et l'essence de 46% (à 2,55 dollars).

"Les Équatoriens qui cherchent le dialogue trouveront un gouvernement qui a la main tendue. Ceux qui cherchent le chaos, la violence et le terrorisme trouveront la pleine force de la loi", a assuré le président Lasso, qui intervenait quelques heures après la reprise au Parlement d'un débat sur son éventuelle destitution.

Depuis le début des manifestations le 13 juin, les violences ont fait six morts et des dizaines de blessés. Quito est en grande partie paralysée et ses accès bloqués par de nombreux barrages routiers. Les manifestants ont tenté à deux reprises, jeudi et vendredi, de pénétrer dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, d'où ils ont été repoussés par les forces de l'ordre.