Le régulateur européen donne son feu vert au vaccin anti-Covid de Valneva

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé jeudi le vaccin contre le coronavirus de la biotech franco-autrichienne Valneva. (Photo, AFP)
L'Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé jeudi le vaccin contre le coronavirus de la biotech franco-autrichienne Valneva. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 23 juin 2022

Le régulateur européen donne son feu vert au vaccin anti-Covid de Valneva

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé jeudi le vaccin contre le coronavirus de la biotech franco-autrichienne Valneva. (Photo, AFP)
  • La société Valneva, basée à Nantes, développe un vaccin à virus inactivé, une technologie plus traditionnelle que celle de l'ARN messager
  • «L'EMA a recommandé l'octroi d'une autorisation de mise sur le marché pour le vaccin» Valneva pour les personnes «âgées de 18 à 50 ans», a précisé le régulateur européen

LA HAYE: L'Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé jeudi le vaccin contre le coronavirus de la biotech franco-autrichienne Valneva, qui devient le sixième vaccin anti-Covid recommandé chez les adultes au sein des 27 pays de l'Union européenne. 

La société Valneva, basée à Nantes, développe un vaccin à virus inactivé, une technologie plus traditionnelle que celle de l'ARN messager. C'est d'ailleurs l'un des arguments mis en avant par le laboratoire, qui estime que ce vaccin pourrait convaincre les personnes pas encore vaccinées. 

« L'EMA a recommandé l'octroi d'une autorisation de mise sur le marché pour le vaccin » Valneva pour les personnes « âgées de 18 à 50 ans », a précisé le régulateur européen dans un communiqué. 

« Après une évaluation approfondie, le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'EMA a conclu par consensus que les données sur le vaccin étaient solides et répondaient aux critères de l'UE en matière d'efficacité, de sécurité et de qualité », a-t-il ajouté. 

Les donnés ont montré que le vaccin déclenche une production de niveaux plus élevés d'anticorps contre la souche originale de SARS-CoV-2 pour les 18 à 50 ans a précisé l'EMA, dont le siège se situe à Amsterdam. 

Il n'a cependant pas été possible de tirer de conclusion la capacité du vaccin à déclencher la production d'anticorps chez les personnes de plus de 50 ans, a précisé le régulateur. 

Les données sont également « limitées » sur la capacité du vaccin à protéger contre les variants préoccupants, y compris les sous-variants d'Omicron qui sont actuellement les souches dominantes dans de nombreux pays de l'UE, a concédé l'EMA. 

Les effets secondaires observés avec le vaccin étaient quant à eux généralement légers et disparaissaient en quelques jours après la vaccination, et comprenaient fatigue, maux de tête, douleurs musculaires et des nausées, selon l'EMA. 

La Commission européenne va désormais accélérer le processus décisionnel pour accorder une décision sur l'autorisation de mise sur le marché. 

Cinq autres vaccins sont jusqu'ici été approuvés au sein de l'Union européenne: les vaccins à ARN messager des groupes américains Pfizer et Moderna, ceux du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et de son concurrent américain Johnson & Johnson, qui ont recours à un vecteur viral, et le vaccin Novavax, basé sur la technologie dite des sous-unités protéiques, utilisée depuis des décennies. 

Déconvenues 

Valneva a multiplié les déconvenues pour ce vaccin: en septembre 2021, le gouvernement britannique, qui lui avait passé commande pour 100 millions de doses, a résilié son contrat, une déception pour l'entreprise qui avait fait chuter son cours de Bourse. 

Au mois de mai, c'était au tour de l'Union européenne, avec laquelle Valneva avait un accord portant sur 60 millions de doses d'ici à 2023, de faire savoir qu'elle envisageait de résilier cette commande, dans un contexte de production mondiale importante. 

En réponse, Valneva a proposé un plan pour tenter de remédier à la situation de façon acceptable et sur lequel la Commission européenne doit se pencher. Énième épisode dans ce feuilleton: vendredi dernier, la biotech a appelé à plus de commandes de la part des pays européens pour son vaccin afin de pouvoir maintenir ce contrat. 


USA: baisse marquée des stocks de pétrole, la consommation d'essence ralentit

Des réservoirs de stockage de pétrole brut sont vus sur une photo aérienne du centre pétrolier de Cushing, dans l'Oklahoma, aux États-Unis, le 21 avril 2020. (REUTERS).
Des réservoirs de stockage de pétrole brut sont vus sur une photo aérienne du centre pétrolier de Cushing, dans l'Oklahoma, aux États-Unis, le 21 avril 2020. (REUTERS).
Short Url
  • Durant la semaine achevée le 24 juin, les stocks commerciaux d'or noir ont reculé de 2,7 millions de barils en net, alors que les analystes ne les voyaient diminuer que de 950 000 barils
  • Le mouvement est d'autant plus inattendu que les réserves stratégiques de brut ont de nouveau enregistré une forte contraction (-6,9 millions de barils)

NEW YORK : Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont baissé nettement plus que prévu la semaine dernière, selon les chiffres publiés mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), qui ont également montré un ralentissement de la consommation d'essence.

Durant la semaine achevée le 24 juin, les stocks commerciaux d'or noir ont reculé de 2,7 millions de barils en net, alors que les analystes ne les voyaient diminuer que de 950 000 barils.

Le mouvement est d'autant plus inattendu que les réserves stratégiques de brut ont de nouveau enregistré une forte contraction (-6,9 millions de barils).

Au total, les stocks américains de pétrole ont fondu de près de 10 millions de barils sur une semaine.

A cause d'un problème technique, l'EIA n'avait pas publié de rapport hebdomadaire la semaine dernière. Sur les deux semaines écoulées depuis le dernier état des stocks, les réserves ont reculé de 16,9 millions de barils.

Les réserves commerciales, que le gouvernement Biden a décidé d'utiliser massivement pour tenter de soulager les cours du pétrole, sont actuellement au plus bas depuis 36 ans.

Pour Matt Smith, de Kpler, cette baisse surprise des stocks est liée à la montée en régime des raffineries américaines, dont le taux d'utilisation est monté à 95%, contre 93,7% il y a deux semaines.

Autre facteur, la diminution des importations et le maintien à un niveau élevé des exportations de brut.

L'un des points marquants du rapport concerne la demande d'essence, qui a affiché des signes d'essoufflement ces deux dernières semaines, correspondant au début de la saison estivale des grands déplacements aux États-Unis.

Elle s'est inscrite en-deçà du seuil symbolique de 9 millions de barils par jour sur chacune des deux semaines.

Les analystes ont évoqué, ces dernières semaines, la possibilité d'un ralentissement de la consommation d'essence aux États-Unis, sapée par les prix records à la pompe.

Les réserves d'essence ont augmenté de 2,6 millions de barils alors que les analystes tablaient sur une légère baisse de 100.000 barils. Les réserves de kérosène et de gasoil ont aussi progressé, alors que la demande pour ces produits s'est repliée.

La demande globale de produits raffinés est néanmoins restée soutenue, à 20 millions de barils par jour, soit son niveau de la moyenne des quatre semaines précédentes.

Quant à la production américaine de brut, elle a poursuivi sa remontée, à 12,1 millions de barils par jour, contre 12 la semaine précédente. Elle se rapproche doucement des 13 millions de barils par jour que produisaient les États-Unis début mars 2020, au début de la pandémie de coronavirus.


L'Espagne a commencé à acheminer du gaz vers le Maroc

Cette photo prise le 29 mars 2022 montre un conteneur de stockage de gaz à l'usine de regazéification Enagas de Barcelone, la plus ancienne d'Europe continentale, située à la Muelle de la Energia dans le port de Barcelone. (Photo, AFP)
Cette photo prise le 29 mars 2022 montre un conteneur de stockage de gaz à l'usine de regazéification Enagas de Barcelone, la plus ancienne d'Europe continentale, située à la Muelle de la Energia dans le port de Barcelone. (Photo, AFP)
Short Url
  • Alger avait menacé en avril de rompre son contrat de fourniture de gaz à l'Espagne si Madrid venait à acheminer du gaz algérien « vers une destination tierce», une référence implicite au Maroc
  • La réaction d'Alger sera guettée avec attention à Madrid

MADRID : L'Espagne a commencé, pour la toute première fois, à acheminer du gaz vers le Maroc à travers le Gazoduc Maghreb Europe (GME), assurant qu'il ne s'agissait pas de gaz algérien, alors que l'Algérie n'alimente plus le GME à destination de l'Espagne depuis fin octobre sur fond de crise diplomatique.

"Sur la base des relations commerciales et du bon voisinage, hier (mardi) a eu lieu le premier envoi par le gazoduc du Maghreb de GNL (gaz naturel liquéfié) préalablement acquis par le Maroc sur les marchés internationaux et débarqué dans une usine de regazéification espagnole", ont indiqué à l'AFP des sources du ministère espagnol de la Transition écologique.

L'Espagne avait annoncé en février qu'elle allait réexporter du gaz vers le Maroc via le GME, que l'Algérie n'alimente plus vers l'Espagne à travers le territoire marocain depuis fin octobre en raison d'une crise diplomatique autour du Sahara occidental.

"Un procédé de certification garantit que ce gaz (acheminé d'Espagne vers le Maroc) n'est pas d'origine algérienne", a-t-on précisé de même source à l'AFP.

Alger avait menacé en avril de rompre son contrat de fourniture de gaz à l'Espagne si Madrid venait à acheminer du gaz algérien "vers une destination tierce", une référence implicite au Maroc.

Enagás, gestionnaire du réseau gazier espagnol, a pour tâche de "vérifier l'origine du méthanier transportant le gaz" acheté par le Maroc et, après le déchargement de celui-ci, émet un certificat avec "les données pertinentes, "évitant ainsi que soit exporté du gaz qui n'a pas été déchargé à cette fin", précisaient les sources du ministère de la Transition écologique.

Mais le fait pour l'Espagne d'acheminer du gaz à travers ce gazoduc est tout sauf anodin dans le contexte des relations très compliquées avec l'Algérie et le Maroc. La réaction d'Alger sera donc guettée avec attention à Madrid.

Le gouvernement algérien est très remonté contre l'Espagne depuis que l'exécutif du socialiste Pedro Sánchez a décidé, en mars, de soutenir le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental, une ex-colonie espagnole, afin de mettre fin à près d'un an de crise diplomatique entre Madrid et Rabat.

En réaction à cette volte-face, Alger avait rappelé son ambassadeur en Espagne et Sonatrach, le géant algérien des hydrocarbures, n'avait pas exclu d'augmenter les prix du gaz livré à l'Espagne.

Les autorités algériennes ont également suspendu début juin un traité de coopération avec l'Espagne, tandis qu'un organisme bancaire clé en Algérie a annoncé des restrictions sur les transactions commerciales avec Madrid.

La dépendance de l'Espagne vis-à-vis du gaz algérien a été nettement réduite depuis l'arrêt du GME, mais près d'un quart du gaz importé par l'Espagne provenait toujours d'Algérie au premier trimestre, contre plus de 40% en 2021, selon le gestionnaire du réseau gazier espagnol.

Ce gaz est livré à l'Espagne par le géant algérien des hydrocarbures Sonatrach à travers le gazoduc sous-marin Medgaz qui relie directement les deux pays.


Le Royaume-Uni étend pour deux ans des droits de douane sur l'acier

La secrétaire britannique au Commerce international, Anne-Marie Trevelyan, quitte après avoir assisté à une réunion du Cabinet au 10 Downing Street à Londres le 7 juin 2022. (Photo, AFP)
La secrétaire britannique au Commerce international, Anne-Marie Trevelyan, quitte après avoir assisté à une réunion du Cabinet au 10 Downing Street à Londres le 7 juin 2022. (Photo, AFP)
Short Url
  • Le gouvernement avait annoncé une extension de droits de douane sur 10 catégories de produits en acier pour trois ans, et leur suppression sur quatre catégories
  • Cinq autres restaient à l'étude et se trouvaient par conséquent prolongées d'un an

LONDRES : Londres a étendu pour deux ans de plus des droits de douane en place sur certaines catégories de production d'acier en provenance de 15 pays, afin de protéger une industrie "cruciale" pour le Royaume-Uni, confrontée à une envolée des prix de l'énergie.

La ministre du Commerce extérieur Anne-Marie Trevelyan a déclaré devant la Chambre des représentants que "vu l'intérêt stratégique" de la sidérurgie et "les perturbations mondiales des marchés de l'énergie et des chaîne d'approvisionnement, (...) il est dans l'intérêt du Royaume-Uni de maintenir les garde-fous".

Mme Trevelyan a rappelé devant les députés qu'il y a un an, après la sortie effective de l'Union européenne, le gouvernement avait annoncé une extension de droits de douane sur 10 catégories de produits en acier pour trois ans, et leur suppression sur quatre catégories.

Cinq autres restaient à l'étude et se trouvaient par conséquent prolongées d'un an.

La ministre estime désormais que la suppression des droits de douane sur ces cinq catégories "entraînerait des dommages sérieux pour les sidérurgistes britanniques" et elle étend donc la mesure sur ces produits pour deux ans, jusqu'au 30 juin 2024, même échéance que les dix autres catégories déjà taxées depuis l'an dernier.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a prévenu dimanche que des "choix difficiles" seraient à faire pour protéger l'acier britannique face à l'acier bon marché de certains pays, au risque de violer ses obligations par rapport aux règles de l'Organisation mondial du commerce (OMC).

Le gouvernement de Boris Johnson est déjà accusé de vouloir prendre des libertés avec ses obligations internationales en matière d'échanges commerciaux entre la Grande-Bretagne et la province britannique d'Irlande du Nord. Un projet de loi est en préparation pour lui permettre de contourner le protocole nord-irlandais imposées par l'accord sur le Brexit.