Revers pour Johnson après l'échec d'une tentative d'expulsion de migrants vers le Rwanda

Le gouvernement britannique soutient qu'il est important de dissuader les voyages dangereux et de briser le modèle commercial des réseaux de passeurs (Photo, Reuters).
Le gouvernement britannique soutient qu'il est important de dissuader les voyages dangereux et de briser le modèle commercial des réseaux de passeurs (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 15 juin 2022

Revers pour Johnson après l'échec d'une tentative d'expulsion de migrants vers le Rwanda

  • Des associations ou organisations de soutiens aux réfugiés se sont félicités de ce dénouement
  • Ce projet critiqué par l'ONU est très populaire au sein de l'électorat conservateur, alors que Boris Johnson tente de restaurer son autorité

LONDRES: C'est un revers humiliant pour le gouvernement britannique de Boris Johnson: malgré sa détermination à expulser des migrants vers le Rwanda pour dissuader les arrivées illégales au Royaume-Uni, le premier vol prévu mardi soir a été annulé à la suite de recours de dernière minute.

Avec son projet d'envoyer des demandeurs d'asile arrivés clandestinement au Royaume-Uni dans ce pays d'Afrique de l'Est, à plus de 6 000 km de Londres, le gouvernement prétend freiner les traversées illégales de la Manche, qui ne cessent d'augmenter malgré ses promesses répétées de contrôler l'immigration depuis le Brexit.

Ce projet critiqué par l'ONU est très populaire au sein de l'électorat conservateur, alors que Boris Johnson tente de restaurer son autorité après avoir échappé à un vote de défiance de son parti.

Mais après des recours en justice, et une décision en urgence de la Cour européenne des droits de l'Homme, l'avion spécialement affrété pour des centaines de milliers d'euros est finalement resté au sol.

«Déception»

Un volte-face qui a "déçu" la ministre de l'Intérieur Priti Patel qui s'en est pris à la CEDH.

"J'ai toujours dit que cette politique ne serait pas facile à appliquer et je suis déçue que les contestations judiciaires et les réclamations de dernière minute aient empêché le vol d'aujourd'hui de décoller", a-t-elle déclaré mardi soir.

La ministre a jugé "très surprenant que la Cour européenne des droits de l'homme soit intervenue malgré des succès antérieurs répétés devant nos tribunaux nationaux".

"On ne nous découragera pas de faire ce qu'il faut et de mettre en œuvre nos plans pour contrôler les frontières de notre pays", a-t-elle cependant averti, ajoutant que l'équipe juridique du gouvernement "examine chaque décision prise sur ce vol et la préparation du prochain vol commence maintenant".

À l'origine, les autorités comptaient expulser jusqu'à 130 migrants (Iraniens, Irakiens, Albanais ou Syriens) dans ce premier vol, un chiffre qui s'est réduit comme peau de chagrin à la suite de divers recours individuels.

Et dans un rebondissement de dernière minute, la CEDH a stoppé mardi soir l'expulsion d'un demandeur d'asile irakien, en prenant une mesure d'urgence provisoire. Une source de soulagement pour les associations de défense des droits des migrants qui jugent le projet du gouvernement cruel et inhumain.

La CEDH, basée à Strasbourg, a estimé que l'expulsion de l'Irakien devait être repoussée jusqu'à ce que la justice britannique ait examiné la légalité du projet de loi, ce qui est prévu en juillet. Il s'agit en particulier de s'assurer que les migrants puissent avoir accès à des procédures équitables au Rwanda et que le Rwanda soit considéré comme un pays sûr.

«Assaut sur la CEDH»

Au Rwanda, dirigé par le président Paul Kagame depuis la fin du génocide de 1994, qui a fait 800 000 morts selon l'ONU, le gouvernement est régulièrement accusé par des ONG de réprimer la liberté d'expression, les critiques et l'opposition politique.

Des associations ou organisations de soutiens aux réfugiés se sont félicités de ce dénouement comme Refugee Council qui a fait part sur Twitter de son "immense soulagement".

"Maintenant, nous devons nous préparer à résister à l'assaut total des conservateurs sur la CEDH qui est sûrement à venir", a averti la Première ministre écossaise et cheffe des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon.

Selon le quotidien conservateur The Telegraph, le gouvernement britannique pourrait reconsidérer son adhésion à la Convention européenne des droits de l'homme afin de pouvoir mettre en oeuvre sa stratégie, malgré les critiques, de l'église anglicane jusqu'au prince Charles qui juge le projet "consternant", selon le Times.

En attendant, pour le gouvernement le revers est cinglant. Les quotidiens Metro et The Mirror évoquent une "mascarade" tandis que le journal de gauche The Guardian souligne le "chaos" provoqué.

À Calais, dans le nord de la France, d'où partent de nombreux migrants désireux de rejoindre l'Angleterre, des candidats au départ ne semblaient pas dissuadés de partir. Ainsi, Moussa, 21 ans, originaire du Darfour, a expliqué vouloir aller en Angleterre pour "obtenir des papiers" et pour l'anglais qu'il maîtrise déjà.

«Milliers de migrants»

En vertu de son accord avec Kigali, Londres financera dans un premier temps le dispositif à hauteur de 120 millions de livres (140 millions d'euros). Le gouvernement rwandais a précisé qu'il proposerait aux migrants la possibilité "de s'installer de manière permanente".

Lors d'une conférence de presse à Kigali, la porte-parole du gouvernement Yolande Makolo a indiqué que le Rwanda serait "heureux" d'accueillir "des milliers de migrants".

Avec ce projet, le gouvernement veut dissuader les traversées illégales de la Manche qui  provoquent régulièrement des tensions avec la France. Depuis le début de l'année, plus de 10 000 migrants ont traversé illégalement pour atteindre les côtes britanniques sur de petites embarcations, une hausse par rapport aux années précédentes, déjà record. Plusieurs centaines sont arrivés ces derniers jours et mardi matin.


Alpinisme en Equateur : Trois morts, douze blessés dans une chute

Vue du volcan Carihuairazo, dans les Andes centrales de l'Équateur, le 18 février 2019. (AFP)
Vue du volcan Carihuairazo, dans les Andes centrales de l'Équateur, le 18 février 2019. (AFP)
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  • «Une femme de 47 ans et deux hommes de 45 et 50 ans sont décédés dans cette urgence», selon le communiqué
  • Les douze blessés, âgés de 39 à 58 ans, ont été transférés dans des hôpitaux des villes de Riobamba et Ambato

QUITO: Trois alpinistes sont morts et douze ont été blessés après avoir fait une chute lors de l'ascension du volcan Carihuairazo en Équateur, ont indiqué samedi les services de secours.

"Une femme de 47 ans et deux hommes de 45 et 50 ans sont décédés dans cette urgence", ont indiqué les services de secours ECU911 dans un communiqué.

"En raison des conditions météorologiques et de la tombée de la nuit, il n'a pas été possible d'évacuer les corps".

Les douze blessés, âgés de 39 à 58 ans, ont été transférés dans des hôpitaux des villes de Riobamba et Ambato.

Les alpinistes tentaient d'atteindre le sommet du volcan des Andes centrales lorsqu'ils ont fait une chute de 60 mètres.

Le Carihuairazo, un sommet de 5.018 mètres situé dans la province de Tungurahua, est voisin du volcan Chimborazo, le plus haut sommet du pays, qui culmine à plus de 6 200 mètres.

La récupération des corps des personnes décédées, toutes équatoriennes, se poursuivra dimanche.


Australie: un homme arrêté après des coups de feu à l'aéroport de Canberra

Des policiers montent la garde à l'entrée d'un terminal après qu'un homme armé a ouvert le feu à l'aéroport de Canberra, le 14 août 2022. (Photo de l'AFP)
Des policiers montent la garde à l'entrée d'un terminal après qu'un homme armé a ouvert le feu à l'aéroport de Canberra, le 14 août 2022. (Photo de l'AFP)
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  • La police a évacué et fermé le principal aéroport de la capitale australienne, menant à la suspension de nombreux vols
  • De l'extérieur, plusieurs impacts de balle étaient visibles sur la façade vitrée de l'aéroport, selon des images diffusées par la chaîne publique australienne ABC

CANBERRA :Un homme a tiré cinq coups de feu à l'aéroport de Canberra dimanche, provoquant la panique des passagers mais ne faisant pas de victime, selon la police australienne qui l'a arrêté.

La police a évacué et fermé le principal aéroport de la capitale australienne, menant à la suspension de nombreux vols.

«Un homme est entré dans l'aéroport de Canberra dans la zone des départs. Il s'est assis dans l'une des zones adjacentes aux fenêtres en verre», a déclaré le commissaire Dave Craft aux journalistes à l'extérieur du bâtiment de l'aéroport.

«Après environ cinq minutes, cet homme a pris une arme à feu en sa possession et a tiré environ cinq fois», a-t-il détaillé.

Le Premier ministre Anthony Albanese a été mis au courant de l'incident:

«On m'informe qu'un homme a été arrêté et qu'il n'y a aucune menace en cours», a-t-il exprimé dans un communiqué.

De l'extérieur, plusieurs impacts de balle étaient visibles sur la façade vitrée de l'aéroport, selon des images diffusées par la chaîne publique australienne ABC.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent un policier immobilisant un homme au sol à l'intérieur du terminal tandis que les alarmes retentissaient dans le principal aéroport de la capitale.

«La police a été avertie (...) à la suite d'informations faisant état de coups de feu dans le terminal principal», a indiqué la police de la capitale australienne.

«Peu de temps après, une personne a été placée en garde à vue et une arme à feu a été confisquée», a-t-elle ajouté, soulignant que l'homme semblait avoir agi seul.

Le motif de l'assaillant présumé n'est pour l'heure pas claire.

La situation est maintenant sous contrôle, selon la police.

La journaliste d'ABC Lily Thomson, sur place, a dit avoir entendu des coups de feu avant que les gens ne commencent à crier.

Elle a vu une femme effrayée qui s'occupait d'un bébé. «Nous avons tous couru et je suis restée avec cette grand-mère et son bébé et (nous nous sommes) cachés derrière le bureau d'information», a-t-elle relaté sur ABC.

«Nous sommes restés là pendant quelques minutes jusqu'à ce que la sécurité nous dise d'évacuer vers le parking».

«Tout le monde se cachait derrière des chaises et les gens couraient», a-t-elle ajouté.

L'aéroport de Canberra a déclaré qu'il travaillait avec les compagnies aériennes pour relancer les vols d'ici dimanche après-midi. Certains vols ont été annulés.


Feux de forêt: un été record de surfaces brûlées en Europe

Un pompier tactique français allume un feu contrôlé pour ralentir la progression d'un feu de forêt près de Belin-Beliet, dans le sud-ouest de la France, le 13 août 2022. (Photo de Thibaud MORITZ / AFP)
Un pompier tactique français allume un feu contrôlé pour ralentir la progression d'un feu de forêt près de Belin-Beliet, dans le sud-ouest de la France, le 13 août 2022. (Photo de Thibaud MORITZ / AFP)
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  • La France a connu des années pires dans les années 1970, avant les données standardisées européennes
  • Mais l'année 2022 est la plus grave en 16 ans selon ces chiffres, en grande partie à cause de deux grands brasiers successifs en Gironde

PARIS: Alors que la haute saison des feux n'est pas encore terminée, le bilan provisoire des incendies s'alourdit dans l'Union européenne avec déjà plus de de 660 000 hectares brûlés depuis janvier, établissant un record à ce stade de l'année depuis le début des données satellitaires en 2006.

Depuis le 1er janvier, les incendies ont ravagé 662 776 hectares de forêts dans l'Union européenne selon les données actualisées dimanche du système européen d'information sur les feux de forêts (EFFIS), qui tient des statistiques comparables depuis 2006 grâce aux images de satellites du programme européen Copernicus.

La France a connu des années pires dans les années 1970, avant les données standardisées européennes. Mais l'année 2022 est la plus grave en 16 ans selon ces chiffres, en grande partie à cause de deux grands brasiers successifs en Gironde, dans le sud-ouest du pays, où des pompiers allemands, polonais ou encore autrichiens sont arrivés cette semaine en renfort.

La situation est également exceptionnelle en Europe centrale: les pompiers ont ainsi mis plus de dix jours en juillet pour maîtriser le plus grand incendie de l'histoire récente de la Slovénie, aidés par une population si mobilisée que le gouvernement a dû demander aux habitants d'arrêter de faire des dons aux pompiers.

Mais ne disposant pas d'avions spécialisés pour combattre les feux, la Slovénie a dû appeler à l'aide la Croatie, qui a envoyé un avion... avant de le rappeler pour éteindre ses propres incendies. Le gouvernement slovène envisage désormais l'acquisition de ses premiers avions bombardiers d'eau.

Très spectaculaire aussi, à Berlin, en Allemagne, un vaste incendie s'est déclaré la semaine dernière à partir d'un dépôt de munitions de la police, dans une forêt en pleine sécheresse, un feu rapidement maîtrisé. Jusqu'ici épargnée par de tels incendies, la capitale allemande est de nos jours de plus en plus menacée en raison de l'importance de ses zones boisées.

Mais la zone la plus frappée par les incendies est la péninsule ibérique. L'Espagne, asséchée comme la France par plusieurs canicules cet été, a vu 246 278 hectares ravagés par les incendies, principalement en Galice dans le nord-ouest. La situation s'est toutefois améliorée avec la baisse des températures.

Le Portugal lutte aussi depuis plus d'une semaine contre un feu dans le géo-parc mondial reconnu par l'Unesco dans la région de la montagne de la Serra da Estrela, qui culmine à environ 2.000 mètres.