«Un hiver sûr»: Belgrade renforce ses liens avec Moscou via le gaz

Bruxelles a condamné l'accord gazier avec Moscou (Photo, AFP).
Bruxelles a condamné l'accord gazier avec Moscou (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 03 juin 2022

«Un hiver sûr»: Belgrade renforce ses liens avec Moscou via le gaz

  • Belgrade est candidate à l'entrée dans l'Union européenne depuis dix ans mais maintient des liens étroits avec le Kremlin
  • Si la Serbie a condamné à l'ONU l'invasion de l'Ukraine par la Russie fin février, elle refuse de s'aligner sur les sanctions contre Moscou

BELGRADE: Au moment où les Européens tentent d'isoler la Russie et de se sevrer tant bien que mal de ses énergies fossiles, la Serbie resserre ses relations avec Moscou au moyen d'un accord sur le gaz russe.

Belgrade est candidate à l'entrée dans l'Union européenne depuis dix ans mais maintient des liens étroits avec le Kremlin. Si la Serbie a condamné à l'ONU l'invasion de l'Ukraine par la Russie fin février, elle refuse de s'aligner sur les sanctions contre Moscou.

Le pays des Balkans de sept millions d'habitants a obtenu un accord "très favorable" pour la fourniture de gaz russe pendant trois ans, a annoncé le président serbe Aleksandar Vucic après un échange téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine dimanche.

Le Kremlin s'est borné à dire que Moscou "continuera à fournir du gaz naturel à la Serbie sans interruption" mais le chef de l'Etat serbe a assuré qu'il s'agissait "de loin du meilleur deal en Europe".

"Nous aurons un hiver sûr en matière d'approvisonnement en gaz", a-t-il assuré, prédisant que la facture sera alors entre 10 et 12 fois moindre qu'ailleurs en Europe.

Les pays européens se sont entendus avec peine cette semaine pour bannir une grande partie des importations de pétrole russe afin de tarir le financement de la guerre.

Le bloc veut aussi réduire sa dépendance au gaz, Moscou a coupé les tuyaux de plusieurs pays européens mais la perspective d'un embargo total sur cette source énergétique semble plus lointaine.

«Clause fraternelle»

Bruxelles a condamné l'accord gazier avec Moscou, déclarant attendre que la Serbie "ne renforce pas davantage ses liens avec la Russie".

"Les pays candidats, y compris la Serbie, doivent progressivement aligner leurs politiques envers des pays tiers sur les politiques et positions de l'UE, y compris par des mesures restrictives", a déclaré le porte-parole de la Commission Peter Stano.

Officiellement, Belgrade affiche l'objectif européen comme une priorité mais évite toute mesure anti-russe. Les médias pro-gouvernementaux répètent des messages qui pourraient être écrits par le Kremlin.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est attendu prochainement à Belgrade selon la presse locale, une visite non confirmée pour l'heure par Moscou. Il a déclaré à des journalistes serbes que la Russie était "certaine" que leur pays "continuera à faire des choix intelligents".

Des responsables serbes accusent l'Occident de faire pression sur Belgrade pour qu'il s'aligne sur les sanctions et certains parlent même d'abandonner la candidature à l'UE.

"C'est comme s'ils avaient passé la dernière décennie à préparer la société non pas à une accession à l'UE mais à une alliance avec Moscou", dit à l'AFP Srdjan Cvijic, du groupe BiEPAG (Balkans in Europe Policy Advisory Group).

Les détails précis du deal n'ont pas été annoncés.

Mais "il y a toujours une +clause fraternelle+ inhérente aux prix favorables, qui ne figure pas au contrat mais qui entraîne des arrangements connexes ou des concessions politiques", juge Goran Vasic, spécialiste des énergies à l'Université de Novi Sad.

Monopole

Les autorités serbes démentent que la fourniture de gaz à prix d'ami soit une "récompense".

"Tous ceux qui nous accusent de ne pas imposer des sanctions à la Russie à cause d'un accord sur le gaz devraient avoir honte", a martelé la Première ministre Ana Brnabic.

"Si on n'impose pas de sanctions contre la Russie, c'est par principe".

Belgrade sait gré à la Russie de refuser de reconnaître le Kosovo, son ex-province, et met en avant ses liens historiques et culturels avec le "grand frère" russe.

Mais de fait, la Serbie n'a guère de marge de manoeuvre. Le précédent contrat de livraison de gaz russe, à des tarifs également préférentiels, venait à expiration sans solution viable pour Belgrade dans un avenir proche.

Au cours des dernières décennies, la Serbie a graduellement octroyé à Moscou un quasi monopole sur son secteur énergétique en construisant des gazoducs destinés uniquement au gaz russe.

En 2008, l'année de la déclaration d'indépendance du Kosovo, elle a vendu une majorité des parts de NIS, sa compagnie gazière et pétrolière, au géant russe Gazprom, décision largement perçue comme le prix payé pour le véto opposé par Moscou à l'ONU à l'ancienne province serbe.

"Il est évident que pendant tout ce temps, on eu un lobby bien organisé qui a défendu le monopole, et qui continue de le faire", ajoute Goran Vasic.


ArcelorMittal confirme la construction à Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
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  • ArcelorMittal investit 1,3 milliard d’euros dans un four électrique de 2 Mt/an à Dunkerque, le plus grand d’Europe, avec un démarrage prévu en 2029 et un financement public couvrant 50 % via les CEE
  • Le projet marque un tournant vers la décarbonation de l’acier (60 % recyclé), tout en maintenant une production stable du site, soutenu par des mesures européennes de protection du marché et un contrat énergétique de long terme avec EDF

DUNKERQUE: Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé mardi la construction d'un four électrique d'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an sur son site de Dunkerque, ce qui en fait son plus gros en Europe, destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site.

Le projet annoncé en janvier 2024 par le géant de l'acier, comprenant initialement deux fours et chiffré jusqu'à 1,8 milliard d'euros, concerne finalement un four électrique, pour un montant de 1,3 milliard d'euros, a précisé ArcelorMittal.

Le début des travaux est prévu "dans les semaines qui viennent" et le démarrage du four "courant 2029" a précisé le président d'ArcelorMittal Fance, Alain Grix de la Salle peu avant l'annonce officielle en présence du président Emmanuel Macron.

L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.

L'un des deux haut-fourneaux de Dunkerque sera arrêté lorsque le four électrique sera "en rythme de production normale", c'est-à-dire dans les "années à peu près 2030", a-t-il précisé, ajoutant que le site doit garder "un niveau total de production stable" à 5,5 millions de tonnes.

Les hauts-fourneaux fabriquent de l'acier à partir de matières premières brutes, tandis que le four annoncé fonctionnera à 60% avec de l'acier recyclé.

ArcelorMital a salué dans un communiqué "les progrès accomplis par la Commission européenne", citant les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur soutien, et en particulier leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe, à commencer par Dunkerque".

Avec deux fours électriques en cours d'agrandissement à Sestao en Espagne, ArcelorMittal prévoit d'avoir "une capacité proche de 5 millions de tonnes d'acier en acier décarboné".

En France, ArcelorMittal et EDF ont signé en décembre 2025 "un contrat sur 18 ans pour les sites français du groupe" lui garantissant un accès à l'énergie "à un coût compétitif", a souligné l'Elysée.


Les chemins de fer saoudiens battent des records en 2025 : 14 millions de passagers et 30 millions de tonnes de fret

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
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  • Le transport de 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025 a permis de supprimer 2 millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume et d’économiser 139 millions de litres de carburant
  • Cela a également entraîné une réduction des émissions de carbone de 364 000 tonnes, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne

​​​​​​RIYAD : Les chemins de fer saoudiens (Saudi Arabia Railways, SAR) ont annoncé des résultats opérationnels record pour l’année 2025, consolidant leur position comme un pilier des secteurs logistique et touristique du Royaume.

SAR a transporté plus de 14 millions de passagers, soit une augmentation significative par rapport aux 11,2 millions de passagers enregistrés en 2023, soulignant l’adoption croissante du rail tant pour les déplacements quotidiens que pour les pèlerinages, rapporte l’Agence de presse saoudienne.

De même, le transport de fret a fortement progressé, passant d’environ 24 millions de tonnes en 2023 à 30 millions de tonnes en 2025, stimulé par la demande industrielle accrue et la logistique minière.

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail, le réseau a permis de supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume, entraînant une économie de 139 millions de litres de carburant.

Cela s’est également traduit par une réduction de 364 000 tonnes d’émissions de carbone, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne.

Ces chiffres soulignent le rôle central de SAR dans la réalisation de la Stratégie nationale des transports et de la logistique (NTLS) et de la Vision 2030 de l’Arabie Saoudite, en offrant un réseau à la fois efficace et durable sur le plan environnemental.

“Dream of the Desert”

Une réalisation marquante de 2025 a été le lancement officiel du Dream of the Desert, le premier train de luxe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Le ministre des Transports et des Services Logistiques et président de SAR, Saleh Al-Jasser, a dévoilé le premier wagon du “Dream of the Desert” en octobre dernier lors du FII9. (Photo SPA)

Développé en partenariat avec le groupe italien de luxe Arsenale, ce service a redéfini le tourisme ferroviaire. Le train comprend 40 cabines de luxe sur mesure, offrant une expérience de « croisière ferroviaire » inspirée de l’Orient Express classique, mais avec une identité saoudienne unique. L’itinéraire traverse le Royaume de Riyadh à Al Qurayyat, en s’arrêtant sur des sites culturels clés tels que Ha’il et Al-Jouf, transformant ainsi le voyage lui-même en destination.

Dans un mouvement majeur pour tirer parti du Transit-Oriented Development (TOD), SAR a annoncé la création d’un fonds immobilier de 6 milliards SAR axé sur La Mecque.

Ce fonds est dédié au développement de terrains premium adjacents à la gare du Haramain High Speed Railway à La Mecque. L’initiative vise à améliorer l’expérience des pèlerins en construisant des hôtels à grande capacité, des centres commerciaux et des unités résidentielles directement connectés à la gare. Ce développement permet non seulement de diversifier les sources de revenus de SAR, mais soutient également l’objectif du gouvernement d’accueillir 30 millions de pèlerins pour la Omra chaque année en intégrant parfaitement transport et hébergement.

Reconnaissance internationale

À l’international, l’engagement de SAR pour l’excellence a été reconnu. SAR est devenue la première entreprise à recevoir le prestigieux prix de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour les trains touristiques longue distance.

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Union à Paris, en France, avec la participation de grandes compagnies ferroviaires mondiales.

L’UIC, organisation ferroviaire mondiale, a décerné le prix en reconnaissance de l’innovation de SAR dans l’intégration du tourisme de luxe à l’infrastructure ferroviaire lourde.

Cette distinction consolide la réputation de SAR pour la qualité de ses services et place le Royaume comme destination de premier plan pour les passionnés de chemins de fer et les voyageurs de luxe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Forbes France cesse de paraître, après le retrait de son investisseur français

L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
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  • "En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun"
  • L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe"

PARIS: L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France.

"En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun, et développé un site réunissant 2 millions de visites par mois, ainsi qu'une communauté de plus de 430.000 personnes sur les réseaux sociaux", indique le groupe  360 Business Media dans un communiqué.

L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe", ajoute -t-il, confirmant une information parue dans le quotidien économique Les Echos.

Le dernier numéro de Forbes France a paru en décembre. Le magazine pourrait être relancé si un repreneur se déclare.

Le magazine américain, connu pour son classement annuel des plus grandes fortunes de la planète, édite des versions dans de nombreux pays et en plusieurs langues.

Interrogé par l'AFP, le groupe 360 Business Media a précisé qu'il employait 20 salariés, dont 10 pour Forbes France, à qui "il sera proposé de basculer sur les autres titres s'ils le souhaitent".