Un infographiste saoudien associe des personnages célèbres aux paysages de l'Arabie saoudite

Titan du dessin d'animation japonais Attack on Titan, derrière les montagnes de la route d'Al-Shafa, à Taif. (Photo fournie)
Titan du dessin d'animation japonais Attack on Titan, derrière les montagnes de la route d'Al-Shafa, à Taif. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 28 mai 2022

Un infographiste saoudien associe des personnages célèbres aux paysages de l'Arabie saoudite

  • L'un de ses endroits préférés est le quartier historique de Djeddah, mais le concepteur révèle qu'il peut laisser libre cours à son imagination dans n'importe quel endroit qu'il explore
  • Al-Ahdal indique qu'il aime les films des années 90 pour leur contenu

DJEDDAH: Imaginez voir la princesse Aurore de Disney dans le quartier historique de Djeddah, l'un des titans du dessin d'animation japonais Attack on Titan se cachant derrière les montagnes de la célèbre route d’Al-Shafa de Taif, ou des personnalités internationales apparaissant dans de vieilles ruelles. Ce ne sont là que quelques-uns des produits de l'imagination débridée de Hazem al-Ahdal.

Ce photographe et infographiste de 26 ans s'inspire à la fois de l'art visuel et de la cinématographie, fusionnant des images de personnalités mondiales et de personnages de dessins animés avec des photographies de paysages. Il utilise ainsi ses compétences en graphisme pour créer des œuvres d'art réalistes.

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J'ai pris une photo de la vue qui s'offrait à mes yeux, puis j'ai fusionné des personnages et les ai transformés en réalité, explique Hazem al-Ahdal (Photo, fournie).

 

FAIT MARQUANT

La ville historique de Djeddah, le front de mer de Djeddah et des villes telles que Médine, Taif, NEOM et Tabuk ont tous été utilisés par Al-Ahdal comme lieux de tournage pour ses images, tandis que des paysages naturels, des lieux abandonnés et des rues aléatoires figurent également dans les œuvres finales.

La ville historique de Djeddah, le front de mer de Djeddah et des villes telles que Médine, Taif, NEOM et Tabuk ont tous été utilisés par Al-Ahdal comme lieux de tournage pour ses images, tandis que des paysages naturels, des lieux abandonnés et des rues aléatoires figurent également dans les œuvres finales.

Al-Ahdal confie qu'il s'intéresse aux arts visuels depuis son enfance.

«Grâce à cette passion, j'ai décidé de créer mon propre monde artistique et de le réaliser», déclare-t-il à Arab News.

Son œuvre préférée imagine la comtesse Anastasia Mikhailovna de Torby, fille aînée du grand-duc Michael Mikhailovich de Russie, dans un vieux marché de Tabuk.

La comtesse russe Anastasia de Torby (à gauche), dans un vieux marché de Tabuk. La princesse Diana lors d'une soirée ouverte dans la ville historique de Djeddah. (Photo fournie)
La comtesse russe Anastasia de Torby, dans un vieux marché de Tabuk. La princesse Diana lors d'une soirée ouverte dans la ville historique de Djeddah. (Photo fournie).

«C'est mon favori en raison de l'intégration des civilisations occidentale et arabe dans une seule œuvre. Grâce à cette œuvre, d'autres idées ont commencé à surgir», signale Al-Ahdal.

«J'aime tout ce qui est ancien ou lié à l'histoire. J'ai aimé sa tenue classique et j'ai pensé qu'elle conviendrait à la vision que j'avais de la photographie», affirme-t-il, en faisant référence à la comtesse russe du XXe siècle.

Al-Ahdal déclare qu'il choisit des personnages parmi une foule de personnalités internationales ou de caricatures en fonction du site de la photographie, «et c'est ainsi que le processus d'intégration commence».

L'un de ses endroits préférés est le quartier historique de Djeddah, mais l’infographiste affirme qu'il peut laisser libre cours à son imagination dans tous les endroits qu'il explore.

«Certainement, j’ai des histoires avec de nombreuses œuvres d'art, notamment lorsque je buvais un café dans l'un des cafés et que je me trouvais devant une chaise vide. Mon imagination a commencé avec des personnages qui pouvaient être assis en face de moi», explique-t-il.

 «J'ai pris une photo de la vue qui s'offrait à mes yeux, puis j'ai fusionné des personnages et les ai transformés en réalité», ajoute Al-Ahdal.

Al-Ahdal transforme son art numérique en affiches et même en articles de mode.

«Je n'ai pas de limites en art. J'ai participé à de nombreuses expositions avec des œuvres réalistes et des peintures, j'ai même participé dans le domaine de la mode et je prévois de participer à d'autres projets», estime-t-il.

Al-Ahdal indique qu'il aime les films des années 90 pour leur contenu. «Les meilleurs vieux classiques appartiennent aux années 90 et aux années précédentes, car ces films contiennent des histoires et des leçons de vie», mentionne-t-il.

«L'une de mes émissions de télévision préférées est la série Friends et l'un de mes films distinctifs préférés est le film italien La vita e bella», ajoute Al-Ahdal.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Yémen: De fortes inondations touchent des milliers de déplacés par la guerre

Des crues soudaines déclenchées par des pluies fortes et des vents violents ont frappé des dizaines de camps (Photo, AFP).
Des crues soudaines déclenchées par des pluies fortes et des vents violents ont frappé des dizaines de camps (Photo, AFP).
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  • Des crues soudaines déclenchées par de fortes pluies ont frappé des dizaines de camps, de maisons en torchis et de huttes qui abritent des milliers de personnes
  • «Des pluies abondantes risquent de menacer les régions déjà meurtries du Yémen et de provoquer de nouveaux déplacements», avertit la FAO

AL-MOUKALLA: Dimanche, le gouvernement yéménite a sollicité une aide humanitaire d'urgence pour secourir des milliers de personnes déplacées affectées par les pluies torrentielles et les inondations soudaines qui ont touché la ville centrale de Marib.

Selon l'Unité exécutive pour la gestion des camps de personnes déplacées au Yémen, les pluies, les inondations et les vents ont complètement détruit les abris et les maisons de 5 287 familles et partiellement ruiné les biens de 11 448 autres. Les organisations de secours et les donateurs locaux et internationaux à envoyer de toute urgence des abris, de la nourriture et des médicaments aux personnes sinistrées.

«Nous demandons à tous nos partenaires humanitaires de venir urgemment en aide aux familles touchées, notamment en leur fournissant des abris et de la nourriture», a déclaré l'agence gouvernementale, appelant à la construction de bâtiments permanents qui résistent aux catastrophes pour remplacer les tentes et les maisons en torchis.

La ville de Marib était devenue un refuge pour plus de deux millions de Yéménites qui, depuis le début de la guerre, fuient les combats et l'oppression politique, religieuse et sociale exercée par les Houthis – milice soutenue par l'Iran.

Selon les travailleurs humanitaires locaux, les personnes touchées par la catastrophe naturelle ont été transférées dans des écoles, des hôtels et autres établissements publics. Par ailleurs, de nombreuses autres personnes sont allées vivre chez leurs proches, à Marib.

Interrogé par Arab News, l’un d’eux a indiqué que les pluies et les vents avaient «déraciné» les camps et les huttes des personnes déplacées, et qu'une personne était morte en essayant de sauver des femmes et des enfants piégés.

«Les gens ont besoin de s'abriter et de se nourrir. Les tentes qui ne peuvent pas les protéger contre les intempéries doivent être remplacées», a dit Al-Soaidi.

La semaine dernière, des tempêtes de pluie, des inondations et des éboulements ont tué au moins 16 personnes et en ont déplacé de nombreuses autres à travers le pays, principalement dans la province septentrionale de Hajjah.

Les médias locaux ont annoncé dimanche que des centaines de personnes étaient toujours bloquées dans les villages montagneux de Hajjah et qu'elles avaient urgemment besoin d'aide humanitaire, après que les inondations et les éboulements ont bloqué ou balayé plusieurs routes.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a également prédit dimanche dans son bulletin agrométéorologique d'alerte précoce que de fortes pluies et inondations continueraient à frapper de nombreuses régions du Yémen et qu'elles pourraient toucher près de 20 000 personnes à Mahwit, Taïz, Saada, Hodeïda, Raymah, Lahj, Hadramout et Shabwah.

«Selon les prévisions établies pour la période allant du 1er au 20 août, des pluies abondantes et soutenues risquent de menacer les régions déjà meurtries du Yémen et de provoquer de nouveaux déplacements ainsi que la perte de moyens de subsistance», avertit la FAO.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les affrontements entre Israël et les groupes palestiniens plongent Gaza dans le cauchemar

De la fumée s'élève à la suite de frappes aériennes israéliennes visant un bâtiment dans la ville de Gaza, le 5 août 2022 (Photo, AP/Hatem Moussa).
De la fumée s'élève à la suite de frappes aériennes israéliennes visant un bâtiment dans la ville de Gaza, le 5 août 2022 (Photo, AP/Hatem Moussa).
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  • La situation humanitaire s'est aggravée et le nombre de victimes civiles a augmenté alors que l'armée israélienne a pris pour cible le Djihad islamique palestinien (PIJ)
  • Israël a soutenu que les militants de Gaza préparaient des attaques en représailles à l'arrestation d'un responsable du PIJ en Cisjordanie

DUBAÏ: Ce qui a commencé comme une opération de sécurité israélienne routinière le 1er août dans une ville palestinienne critique de Cisjordanie s'est aussitôt transformé en un conflit de grande ampleur. Dimanche soir, le nombre de morts dans les rangs palestiniens s'élevait à 43, dont 15 enfants. Un accord de trêve négocié par l'Égypte donne cependant une lueur d'espoir à la population de la bande de Gaza épuisée par la guerre.

La cible de l'opération militaire «Breaking Dawn» de l'armée israélienne était le groupe palestinien du Djihad islamique qui est soutenu par l'Iran et a son siège dans la capitale syrienne, Damas. Toutefois, l'idée d'une «guerre rapide et propre» limitée à la bande de Gaza, avec un minimum de dégâts pour les civils, pourrait bien ne pas se concrétiser si l'accord de cessez-le-feu échoue.

Lors de sa récente visite à Téhéran pour rencontrer les dirigeants iraniens, Ziad al-Nakhalah, secrétaire général du Djihad islamique palestinien (PIJ), a averti que toutes les villes israéliennes – y compris Tel Aviv – pourraient être frappées par des roquettes, et a exhorté les autres factions palestiniennes à unir leurs forces. Depuis plusieurs jours, les médias israéliens montrent des images du ciel s'illuminant de roquettes et d'intercepteurs du système de défense antimissile Dôme de Fer au-dessus du sud et du centre du pays.

Comme prévu, des similitudes ont été établies entre la flambée actuelle et le conflit de 11 jours de mai 2021 qui a fait plus de 200 morts parmi les Palestiniens et une douzaine parmi les Israéliens. Mais cette fois-ci, la grande différence est que le Hamas, groupe palestinien qui contrôle Gaza, ne s'est pas lancé dans la bataille – une éventualité à envisager si la trêve ne tient pas et si le nombre de victimes civiles continue d'augmenter.

Des enfants de Khan Yunis peu après une frappe aérienne israélienne, le 6 août (Photo, AFP).

Comme toujours, lorsqu'Israël lance une attaque contre des groupes militants palestiniens, ce sont les habitants ordinaires des quartiers de Gaza dans la ligne de mire de l'armée qui subissent les conséquences. Les images des bâtiments à moitié détruits et des biens endommagés des civils appauvris contredisent totalement le récit officiel israélien qui évoque une «opération préventive anti-terroriste contre une menace immédiate» posée par le PIJ.

Samedi, des flammes ont jailli d'un immeuble de la ville de Gaza à la suite d'une frappe aérienne israélienne, tandis que des Palestiniens blessés étaient évacués par des médecins. Selon le ministère de la Santé de Gaza, «une fille de cinq ans, visée par l'occupation israélienne» comptait parmi les personnes tuées. «Ce n'est pas l'Ukraine ! C'est la bande de Gaza, hier !» a tweeté Jasika, de nationalité palestinienne, avec quatre photos de destruction sous le hashtag #GazaUnderAttack.

Interrogé par l'agence de presse AFP, Abdallah al-Arayshi a résumé la détresse collective des Palestiniens: «Le pays est ravagé. Nous en avons assez des guerres. Notre génération a perdu son avenir». Il faisait référence aux nombreuses guerres et batailles qu'Israël et le Hamas ont menées depuis 2007 et qui ont coûté cher aux deux millions de résidents palestiniens de Gaza.

L'Égypte, qui a déjà contribué à mettre fin à de nombreuses flambées de violence à Gaza, est une fois de plus intervenue en envoyant une délégation de fonctionnaires en Israël pour servir d'intermédiaire. Le PIJ n'était peut-être pas enclin à négocier, mais il n'avait pas vraiment le choix.

Des Palestiniens inspectent les ruines d’un bâtiment détruit par une frappe aérienne, le 6 août à Gaza (Photo, AFP).

Samedi, le groupe a perdu un deuxième commandant de haut rang, Khaled Mansour, dans une frappe militaire israélienne qui a visé une maison dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de Gaza. La veille, le PIJ avait annoncé la mort de son principal dirigeant, Taysir al-Jabari, dans une frappe aérienne qui a touché un bâtiment à l'ouest de la ville de Gaza.

Le meurtre du prédécesseur d'Al-Jabari, Baha Abou al-Ata, commis par l'armée israélienne en 2019, à Gaza, a déclenché un conflit de cinq jours qui a fait 34 morts et 111 blessés parmi les Palestiniens, dont de nombreux combattants du PIJ. À l'époque, comme aujourd'hui, Israël avait prétendu que le PIJ planifiait une attaque imminente.

Cette fois-ci, Israël a affirmé que les militants du PIJ à Gaza prévoyaient de frapper le sud d'Israël en représailles à l'arrestation de Bassem al-Saadi, un membre haut placé de l'aile politique du PIJ en Cisjordanie, lors d'une opération de sécurité survenue le 1er août à Jénine. Al-Saadi y vivait depuis février 2013, date à laquelle il a été libéré d'une prison israélienne après avoir servi deux ans.

Des proches de Khaled Mansour, commandant du Djihad Islamique, pleurent sa mort, le 7 août (Photo, AFP).

Jénine est une cible fréquente des opérations d'arrestation israéliennes en Cisjordanie depuis qu'une vague d'attentats meurtriers perpétrés par des Palestiniens a frappé Israël fin mars, deux des assaillants étant originaires de la ville.

«Israël aurait agi en fonction des rapports des services de renseignement indiquant que le PIJ s'apprêtait à lancer un certain nombre d'attaques contre le pays. Ainsi, Israël a voulu porter un grand coup au PIJ», a confié à Arab News Meir Javedanfar, maître de conférences et analyste du Moyen-Orient à l'Université Reichman.

«Partant de cette thèse, il était difficile pour Israël d'éviter cette action. Si vous savez que votre ennemi va attaquer, vous l'en empêcherez, et cela inversera vraiment les rôles.»

Le raisonnement d'Israël n'a cependant pas réussi à convaincre les civils palestiniens qui se trouvaient dans la ligne de mire, ni les opposants de la doctrine militaire de la force préventive, notamment le rapporteur spécial des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés.

Samedi, Francesca Albanese a tweeté: «Je condamne les frappes aériennes d'Israël à Gaza prétendument destinées à ‘dissuader’ le Djihad islamique d'exercer d'éventuelles représailles après l'arrestation de son chef. Le droit international n'autorisant le recours à la force qu'en cas de légitime défense, l'opération ‘Breaking Dawn’ est un acte d'agression flagrant. Illégal. Immoral. Irresponsable.»

Des combattants du Djihad Islamique pénètrent dans un tunnel souterrain dans la bande de Gaza, le 17 avril dernier (Photo, AFP).

En plus du contrecoup diplomatique, le gouvernement israélien, dirigé par Yaïr Lapid – un homme politique sans passé militaire ni expérience à de hauts postes de sécurité – allait tôt ou tard devoir faire face à la détérioration de la situation humanitaire à Gaza.

Il n'y a presque pas eu de reconstruction à Gaza depuis la guerre de mai 2021, et la population reste plongée dans la pauvreté, avec un taux de chômage frôlant les 50%. Israël a fermé son point de passage avec le territoire et, samedi, des rapports ont indiqué que la seule centrale électrique de la région avait été arrêtée après qu'Israël a annulé une livraison de carburant attendue.

Yahya al-Sarraj, le maire de la ville de Gaza, a déclaré dimanche que les services municipaux étaient affectés par le manque d'électricité. «Cela va limiter l'approvisionnement en eau domestique (alors que la consommation est maximale en juillet et en août)», a-t-il dit. «Les eaux usées brutes seront déversées dans la mer parce que les centrales ne fonctionnent pas à pleine capacité.»

Évidemment, les patrons du PIJ à Téhéran n'ont pas perdu de vue le potentiel d'un coup de propagande. L'agence de presse iranienne Fars a cité le président Ebrahim Raisi qui aurait dit: «La résistance de la population de Gaza accélérera le déclin de ce régime (sioniste) tueur d'enfants.»

Le président iranien Ebrahim Raisi rencontre Ziyad Nakhaleh, secrétaire général du Djihad islamique palestinien (PIJ), à Téhéran, le 4 août 2022 (Photo, WANA via Reuters).

Sur un autre plan, la télévision d'État iranienne a rapporté samedi les propos du général Hossein Salami, chef du corps des Gardiens de la Révolution islamique: «Les Israéliens paieront encore un lourd tribut pour leur dernier crime.»

Plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait également rapporté les paroles de Salami: «Au Liban, plus de cent mille missiles sont prêts à être tirés et à créer un enfer pour les sionistes.»

Javedanfar considère le lien entre le PIJ et l'Iran comme une deuxième raison probable de la décision d'Israël de sévir contre le groupe. «Étant donné que les attaques israéliennes ont eu lieu lorsque le chef du PIJ se trouvait à Téhéran, le contexte iranien de l'opération actuelle ne peut être négligé», a-t-il révélé à Arab News.

Des Palestiniens se rassemblent dans le camp de réfugiés de Burj al-Barajneh, au Liban, le 7 août 2022, pour soutenir la marche du groupe Djihad islamique dans sa lutte contre Israël. (Anwar Amro/AFP)

«Le PIJ est un mandataire iranien, beaucoup plus que le Hamas ne l'est, et il est plus dépendant de l'Iran que le Hamas. Israël refuse que l'Iran dicte les règles du jeu à travers son mandataire à Gaza. Je pense qu'Israël essaie de limiter les moyens dont dispose l'Iran pour compromettre la sécurité d'Israël à Gaza et en Syrie.»

«Israël ne s'intéresse pas à un plus grand conflit à Gaza, mais n'hésitera pas non plus à s'y engager», avait menacé le Premier ministre israélien, Lapid. Un conflit plus large exposerait certainement Israël non seulement à des pertes civiles plus importantes, mais aussi à une plus grande pression politique, qui pourrait notamment être exercée par les signataires arabes des accords d'Abraham.

Dans le meilleur des cas pour Israël, l'aile militaire du PIJ aurait été décapitée, la tempête diplomatique se serait rapidement dissipée et le nombre de victimes civiles à Gaza n'aurait pas augmenté. Mais, étant donné l'ombre que le conflit israélo-palestinien continue de projeter sur les nouveaux alignements géopolitiques au Moyen-Orient, Israël aurait très bien pu gagner la bataille mais aurait perdu la guerre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trêve précaire entre Israël et le Jihad islamique, 44 morts à Gaza en trois jours

L’armée israélienne a déclaré qu’elle frappait des « postes de lancement de roquettes présumés du Jihad islamique » (Photo, Reuters).
L’armée israélienne a déclaré qu’elle frappait des « postes de lancement de roquettes présumés du Jihad islamique » (Photo, Reuters).
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  • Jusqu'aux dernières minutes avant le début de la trêve, l'armée israélienne a dit avoir mené des frappes sur des positions du Jihad islamique à Gaza
  • Dimanche, 17 Palestiniens, dont neuf enfants, ont été tués dans les raids israéliens, notamment sur Jabaliya, la ville de Gaza et Rafah

GAZA: Une trêve précaire est entrée en vigueur dimanche à 20 h 30 GMT entre le groupe armé palestinien Jihad islamique et Israël, après trois jours d'hostilités qui ont coûté la vie à 44 Palestiniens dont des enfants dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza.

Jusqu'aux dernières minutes avant le début de la trêve, obtenue grâce à une médiation de l'Égypte, l'armée israélienne a dit avoir mené des frappes sur des positions du Jihad islamique à Gaza "en réponse à des roquettes tirées" vers le sud du territoire israélien où les sirènes d'alerte ont retenti.

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a salué sur Twitter l'accord de trêve, mais affirmé "que la situation reste très fragile". "J'exhorte toutes les parties à respecter le cessez-le-feu."

Le bureau du Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé qu'une trêve entrerait en vigueur à 23 h 30 locales, tout en soulignant que son pays "se réserve le droit de répondre fermement à toute violation". Il a également remercié l'Égypte, médiateur historique entre Israël et les groupes armés palestiniens, "pour ses efforts".

À Gaza, où il est implanté, le Jihad islamique a lui confirmé qu'il "cesserait les hostilités" à partir de cette heure-là, mais a aussi averti qu'il se réservait "le droit de répondre à toute (nouvelle) agression" israélienne.

Médicaments, électricité

L'accord de trêve prévoit entre autres "l'engagement de l'Égypte à œuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers" du Jihad islamique aux mains d'Israël, a affirmé le groupe palestinien.

Dimanche, 17 Palestiniens, dont neuf enfants, ont été tués dans les raids israéliens, notamment sur Jabaliya, la ville de Gaza et Rafah, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement armé palestinien Hamas, au pouvoir dans l'enclave sous blocus israélien depuis plus de 15 ans.

Depuis le début vendredi de l'opération israélienne dans Gaza, "44 Palestiniens sont tombés en martyrs, dont 15 enfants" et "360 ont été blessés", selon un dernier bilan du ministère, qui a fait en outre état d'immeubles entiers détruits dans les frappes.

Dans la journée et en soirée, le Jihad islamique avait lancé des salves de roquettes en direction de villes en Israël et de Jérusalem, mais la grande majorité ont été interceptées par le système de défense antimissile israélien, selon l'armée.

Les sirènes d'alarme ont retenti dans plusieurs villes, Tel-Aviv et Ashkelon (sud) pour alerter sur les tirs de roquettes et des habitants ont accouru dans les abris.

Trois personnes ont été blessées en Israël par les tirs de roquettes depuis vendredi, selon des secouristes. D'après l'armée, des centaines de roquettes ont été tirées à partir de Gaza depuis vendredi, mais la grande majorité ont été interceptées.