Burkina: 11 soldats tués lors de l'attaque de jeudi dans l'est, selon l'armée

Onze soldats ont été tués jeudi dans l'est du Burkina lors d'une attaque de djihadistes (Photo, AFP).
Onze soldats ont été tués jeudi dans l'est du Burkina lors d'une attaque de djihadistes (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 20 mai 2022

Burkina: 11 soldats tués lors de l'attaque de jeudi dans l'est, selon l'armée

  • Le Burkina Faso, en particulier le nord et l'est, est la cible d'attaques djihadistes depuis 2015
  • Le nouveau chef de l'Etat, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré accusé d'être inefficace face à la violence djihadiste

OUAGADOUGOU: Onze soldats ont été tués jeudi dans l'est du Burkina lors d'une attaque de djihadistes présumés contre un détachement militaire, a annoncé l'état-major burkinabè des armées.

Un précédent bilan donné jeudi de sources sécuritaires et locales, faisait état d'un bilan provisoire de sept soldats tués.

"Une attaque complexe - tirs d'obus suivis de tirs directs sur la base - a visé le détachement militaire de Madjoari" de la province de la Kompienga, dans la région de l'Est, indique le communiqué, publié jeudi soir.

"Onze soldats ont perdu la vie au cours de cette attaque" et "au moins 20 militaires blessés par les éclats des obus ou par des projectiles, ont été pris en charge par les services de santé", ajoute-t-il.

Des avions de l'armée sont intervenus et ont permis "de neutraliser au moins 15 terroristes qui tentaient de s'échapper après l'attaque", selon l'armée.

Dans la même matinée de jeudi, des individus armés ont par ailleurs attaqué un autocar à Seytenga, dans la province du Séno (nord), selon des habitants de la région qui ont précisé qu'un civil avait été tué et une dizaine de passagers blessés.

Samedi, une quarantaine de supplétifs de l'armée et de civils avaient été tués lors de trois attaques menées par des djihadistes présumés dans les mêmes régions.

Le Burkina Faso, en particulier le nord et l'est, est la cible d'attaques djihadistes depuis 2015 perpétrées par des mouvements affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui ont fait plus de 2 000 morts et 1,8 million de déplacés.

Le nouveau chef de l'Etat, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré accusé d'être inefficace face à la violence djihadiste, a fait de la question sécuritaire sa "priorité".

Après une relative accalmie lors de sa prise de pouvoir, M. Damiba fait depuis face à une recrudescence d'attaques de djihadistes présumés qui ont fait près de 200 morts, civils et militaires.

Début avril, il avait annoncé la création de comités locaux de dialogue avec des groupes djihadistes pour tenter d'enrayer les violences.

Burkina: situation humanitaire et sécuritaire «difficile» selon des experts

La situation humanitaire et sécuritaire du Burkina Faso reste "difficile", ont estimé jeudi des experts de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) qui réclame à ce pays un calendrier de transition "raisonnable".

"Ce que nous avons indiqué" dans un rapport conjoint, "c'est que la situation humanitaire et sécuritaire reste difficile" au Burkina Faso, a déclaré jeudi soir le président de la commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou, qui dirigeait la délégation avec la ministre ghanéeene des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchway.

Selon lui, "il faut évidement prendre la mesure de cette situation, sur la base de ce rapport qui va être soumis aux chefs d'Etat et de gouvernement de la Cédéao".

La junte a fixé à trois ans la période de transition avant la tenue d'élections, mais la Cédéao souhaite que sa durée soit revue à la baisse. 

L'organisation ouest-africaine avait demandé fin mars au Burkina de donner un nouveau calendrier "raisonnable" de la transition d'ici le 25 avril, mais Ouagadougou a demandé un délai supplémentaire. 

Le gouvernement issu du coup d'Etat avait par la suite demandé l'envoi d'une mission "militaire, politique et humanitaire" de la Cédéao pour évaluer la situation nationale, avant de se prononcer sur sa demande d'écourter la période de transition.

A la demande du gouvernement burkinabè, la délégation d'experts de la Cédéao a évalué pendant trois jours la situation sécuritaire au Burkina et "a pu visiter certains sites", selon M. Kassi Brou.

Ces visites ont eu lieu dans les localités de Kaya et Barsalogho, épicentres de la crise dans le nord du pays, a précisé la ministre burkinabè des Affaires étrangères, Olivia Rouamba. 

"Cette mission d'évaluation constitue une étape importante dans la poursuite des consultations entre le Burkina Faso et la Cédéao" et "l'accompagnement du processus de transition", a estimé Mme Rouamba. "Les deux chefs de délégation ont réaffirmé la volonté d'œuvrer à la réussite" de ce processus, a-t-elle ajouté.

Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des mouvements armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,8 million de déplacés.

Le lieutenant-colonel Damiba a renversé Roch Marc Christian Kaboré, accusé d'avoir été incapable d'enrayer la violence jihadiste, et a fait du rétablissement de la sécurité sa "priorité".

Le Burkina Faso est suspendu des instances de la Cédéao depuis le coup d'Etat qui a porté au pouvoir fin janvier le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. 


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".