Des questions régionales et mondiales cruciales débattues lors du Forum des femmes arabes

Des discussions approfondies ayant trait à des questions régionales et mondiales cruciales se sont tenues lors de l’édition 2022 du Forum des femmes arabes. (Photo AN/Zubiya Shaikh)
Des discussions approfondies ayant trait à des questions régionales et mondiales cruciales se sont tenues lors de l’édition 2022 du Forum des femmes arabes. (Photo AN/Zubiya Shaikh)
Des discussions approfondies ayant trait à des questions régionales et mondiales cruciales se sont tenues lors de l’édition 2022 du Forum des femmes arabes. (Photo AN/Zubiya Shaikh)
Des discussions approfondies ayant trait à des questions régionales et mondiales cruciales se sont tenues lors de l’édition 2022 du Forum des femmes arabes. (Photo AN/Zubiya Shaikh)
Des discussions approfondies ayant trait à des questions régionales et mondiales cruciales se sont tenues lors de l’édition 2022 du Forum des femmes arabes. (Photo AN/Zubiya Shaikh)
Des discussions approfondies ayant trait à des questions régionales et mondiales cruciales se sont tenues lors de l’édition 2022 du Forum des femmes arabes. (Photo AN/Zubiya Shaikh)
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Publié le Mercredi 18 mai 2022

Des questions régionales et mondiales cruciales débattues lors du Forum des femmes arabes

  • Programmé en Arabie saoudite en 2018, le Forum des femmes arabes est une plate-forme pour améliorer et soutenir la contribution croissante des femmes arabes à l’économie et à la société de la région
  • Pour Arizh Mukhammed, correspondante de guerre, c’est le cœur et les émotions d’une femme qui rendent sa couverture des conflits si particulière

DUBAÏ: Les femmes arabes brisant les barrières traditionnelles, les arnaques des rencontres en ligne, le coût économique des fausses nouvelles et le potentiel des femmes au Moyen-Orient ainsi qu’en Afrique du Nord figuraient parmi les nombreuses questions débattues lors du Forum des femmes arabes à Dubaï mardi.

Programmé en Arabie saoudite en 2018, le Forum des femmes arabes est une plate-forme pour améliorer et soutenir la contribution croissante des femmes arabes à l’économie et à la société de la région.

Des discussions approfondies se tiennent lors du forum pour explorer la dynamique commerciale régionale et mondiale, tout en mettant l’accent sur l’autonomisation des femmes.

L’événement de cette année, organisé à l’hôtel Palazzo Versace sur le front de mer de Jaddaf, rassemble des intervenants de diverses professions, industries et expériences. Il a débuté par une allocution spéciale de la princesse Rima bent Bandar, ambassadrice d’Arabie saoudite aux États-Unis, prononcée par vidéo depuis la capitale américaine, Washington.

La princesse Rima, également entrepreneuse, a partagé ses réflexions sur les scénarios commerciaux postpandémiques et le plan du Royaume en matière de diversification économique, de durabilité environnementale et de diversité des genres dans le cadre de l’initiative Vision 2030, une stratégie de réforme introduite par le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, en 2016.

Dans une allocution spéciale intitulée «Au-delà de la réinitialisation de l’entreprise», elle insiste sur l’importance non seulement d’ouvrir la voie aux femmes pour leur permettre d’entrer sur le marché du travail, mais aussi de bien les intégrer. «Nous avons des millions de femmes talentueuses et motivées désireuses de contribuer. Elles sont la clé du progrès social, culturel et économique au sein du Royaume et, à vrai dire, dans les pays arabes et à travers le monde», déclare-t-elle.

L’Arabie saoudite a effectué une «réinitialisation importante» en se transformant. Le pays entre dans la phase de «redémarrage» après avoir géré avec succès les répercussions de la pandémie de Covid-19, souligne-t-elle. «Après la pandémie, il y a moins de réinitialisation et plus de redémarrage», précise la princesse Rima.

De l’adoption des technologies, la réduction des émissions de carbone et la protection de l’environnement, à l’autonomisation et aux progrès des femmes dans différents domaines, l’Arabie saoudite ouvre grand la porte à un meilleur avenir, construit par les hommes et les femmes, indique-t-elle.

«Je n’ai pas vu le changement; je l’ai vécu. Je sais à quel point il est important d’ouvrir le marché du travail aux femmes. Quand les portes étaient sur le point de s’ouvrir, j’ai réalisé que cela ne suffisait pas; les femmes doivent être prêtes à tirer profit de ces ouvertures. Nous devons les doter des compétences nécessaires», soutient-elle.

S’adressant à Arab News, Nora al-Dabal, directrice exécutive des arts et de la planification créative au sein de la Commission royale pour AlUla, souligne que les Saoudiennes ont toujours joué un rôle dans le développement de l’Arabie saoudite, «mais la Vision 2030 a libéré le plein potentiel, mettant à la disposition des femmes de plus grandes possibilités».

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Nora al-Dabal, directrice exécutive des arts et de la planification créative au sein de la Commission royale pour AlUla. (Photo AN)

Au cours des quatre dernières années, la participation des femmes à la population active a augmenté de 130 %, en particulier dans le secteur privé, indique-t-elle.

«Désormais, les femmes constituent 30 % de la main-d’œuvre du secteur privé. Au cours des deux dernières années, le nombre d’entreprises détenues par des femmes a augmenté de 60 %», poursuit-elle.

Le discours de la princesse Rima reflète la détermination des dirigeants saoudiens à transformer le Royaume, à diversifier son économie et à exploiter le potentiel de tous ses citoyens, affirme Dipali Janin, une femme d’affaires indienne qui a participé à l’événement.

Directrice de Meraki, une entreprise familiale de diamants créée en Inde il y a près de sept décennies, Mme Janin est arrivée à Dubaï en 2011 et s’intéresse désormais au marché saoudien.

«Je pense que les dirigeants saoudiens sont dévoués et sérieux dans leur planification et leur réflexion. Ce sera un long voyage, ce qui signifie plus de force, plus de confiance et plus d’influence.»

Conteurs du front de guerre

Certains estiment que les femmes journalistes réussissent grâce à leur souci du détail. Mais pour Arizh Mukhammed, correspondante de guerre, c’est le cœur et les émotions d’une femme qui rendent sa couverture des conflits si particulière.

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Arizh Mukhammed. (Photo AN)

«Il n’est pas facile de couvrir la guerre, car, comme tout être humain, vous ressentez la peur. Moi, je ressens la peur», souligne Arizh Mukhammed, journaliste chez Sky News qui, avec Christiane Baissary, présentatrice du journal télévisé sur la chaîne d’information Al-Hadath, ont participé à une session intitulée «Les conteurs du front de guerre».

Reconnaissant que «la peur est toujours présente dans l’esprit des correspondants lorsqu’ils couvrent la guerre», Arizhz Mukhammed précise: «Votre courage doit avoir des limites. Quand vous couvrez la guerre, vous luttez avec vos peurs, mais il faut savoir les maîtriser.» 

Après la table ronde, elle a confié qu’elle ne pouvait pas ignorer la souffrance humaine et l’agonie dans ses propres reportages de guerre. «Les femmes journalistes de guerre trouvent une dimension plus profonde dans la souffrance humaine». Elle ajoute que les hommes peuvent avoir l’impression qu’ils sont «forts et intrépides, mais les femmes sont en réalité beaucoup plus patientes et suffisamment fortes».

Pour sa part, Christiane Baissary soutient qu’il existe une idée reçue selon laquelle les femmes ne peuvent s’adapter au reportage de guerre, car certains considèrent que les femmes sont émotives et plus sensibles que les hommes. «Un soldat m’a dit un jour que les femmes ne devraient pas être dans une zone de guerre. Il essayait de me convaincre que je ne devais pas rester pour couvrir la guerre», renchérit-elle.

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Christiane Baissary (à droite), présentatrice du journal télévisé sur la chaîne Al-Hadath, et Arizh Mukhammed de Sky News (au centre) participent à des tables rondes animées par Noor Nugali, rédactrice en chef adjointe d’Arab News. (Photo AN)

«Cette mentalité n’est pas propre au Moyen-Orient, mais on la retrouve partout», souligne-t-elle. Elle ajoute que la situation a changé et que les femmes ont plus de possibilités pour couvrir les zones de conflit.

L’animatrice du débat, Noor Nugali, rédactrice en chef adjointe d’Arab News, salue le rôle des femmes journalistes déployées dans les zones de guerre, citant la carrière de la correspondante d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, tuée dans l’exercice de ses fonctions le 11 mai dans la ville cisjordanienne de Jénine.

«Je pense qu’il était vraiment important pour nous de mettre en lumière les correspondantes de guerre et les femmes correspondantes, car elles font un travail extraordinaire», commente Noor Nugali après la table ronde. «Habituellement, quand les gens pensent aux correspondants, la première chose qui leur vient à l'esprit, c’est que les femmes sont trop douces et incapables de gérer de telles situations. Mais la réalité montre que les correspondantes de guerre sont résilientes, fortes et compétentes.»

Alerte aux fausses nouvelles

Les fausses nouvelles prennent une place considérable dans notre vie quotidienne. Il peut s’agir de rumeurs sur les réseaux sociaux ou d’images d’incidents prises hors contexte.

«Il est indispensable de comprendre que les fausses nouvelles n’ont pas été inventées avec l’essor des réseaux sociaux», déclare Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d’Arab News, lors d’une table ronde sur le sujet, au Forum des femmes arabes.

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«Il est impossible de mettre un terme à la propagation de fausses nouvelles, mais nous devons continuer de les combattre», indique Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d’Arab News, lors d’une table ronde au forum organisé à Dubaï le 17 mai. (Photo AN)

«Les fausses nouvelles ont commencé avec le début de l’humanité», déclare-t-il en faisant allusion à la manipulation d’Adam et Ève par Satan, qui les a poussés à manger le fruit défendu.

Les intervenants ont discuté des tentatives de définition des fausses nouvelles et de l’identification des personnes chargées d’empêcher leur propagation dans le monde, et en particulier dans la région arabe, connue pour sa forte dépendance aux réseaux sociaux.

Hussein Freijeh, directeur général de Snap Inc Mena, a souligné que les efforts des autorités pour réglementer les réseaux sociaux «n’éliminent pas la responsabilité des plates-formes technologiques» dans la lutte contre le problème des fausses nouvelles.

L’intervenant Khaled Abdallah Janahi, président de Vision 3, affirme que même l’omission d’une toute petite partie des faits équivaut à la diffusion de fausses nouvelles.

«Les gens sont parfois frustrés et ils cherchent un moyen d’exprimer leur colère. Mais il est important que les gens puissent exprimer leurs points de vue», poursuit-il.

M. Abbas soutient que le contenu qui inclut ou reflète la colère, la haine et le racisme génère du trafic. Il déclare: «Personne n’est contre la liberté. Nous sommes contre le chaos.»

Le discours d’ouverture du Forum des femmes arabes a été prononcé par Cecilie Fjellhøy et Pernilla Sjöholm, vedettes du récent documentaire à succès de Netflix, The Tinder Swindler.

Elles ont parlé de leur parcours: de victimes d’arnaques amoureuses, elles sont devenues une source d’inspiration pour les femmes du monde entier. Au lieu de sombrer dans l’oubli, ces femmes ont acquis le statut d’icônes mondiales contre la fraude sentimentale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


 


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires »

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.