Législatives libanaises: plus de mille observateurs déployés pour surveiller un vote crucial

Observateurs de la LADE lors du vote des fonctionnaires du personnel à la veille des élections législatives (photo, LADE)
Observateurs de la LADE lors du vote des fonctionnaires du personnel à la veille des élections législatives (photo, LADE)
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Publié le Samedi 14 mai 2022

Législatives libanaises: plus de mille observateurs déployés pour surveiller un vote crucial

  • L’Association libanaise pour les élections démocratiques (Lade) mobilise plus de 900 observateurs le jour du vote
  • L’une des missions primordiales de la Lade, selon son directeur exécutif, «est de protéger les femmes, très exposées aux pressions exercées par les hommes»

BEYROUTH: Depuis le 6 mai dernier, le Liban est officiellement entré dans une dynamique électorale pour choisir un nouveau Parlement qui aura lui-même la tâche d’élire un président de la république au cours de l’automne prochain.

Après le vote des expatriés, les 6 et 8 mai, c’était au tour, jeudi dernier, des employés du Parlement et des personnes qui seront responsables des bureaux de vote dimanche prochain de glisser leur bulletin dans l’urne.

Au Liban, le processus électoral des 6, 8, 12 et 15 mai est surveillé par une délégation de l’Union européenne (UE) ainsi que par des membres de l’Association libanaise pour les élections démocratiques (Lade). L’UE déploie 170 observateurs qui n’interviennent pas en cas de fraude, mais assurent une surveillance générale du processus et signalent toute tentative de violence ou tout imprévu si nécessaire. Ils ont le droit d’assister au dépouillement à l’issue des élections. De son côté, la Lade mobilise plus de 900 observateurs qui ont pour mission de documenter toute fraude, de la signaler aux directeurs des bureaux de vote et de la reporter à leur centre d’observation principal. Ce dernier pourra à son tour en référer au ministère de l’Intérieur.

Dans une interview accordée à Arab News en français, le directeur exécutif de la Lade, Ali Slim, a affirmé que les membres de l’association étaient présents sur le terrain durant le vote de jeudi dernier et qu’ils le seront le 15 mai. «Nos représentants couvriront l’ensemble des districts et des gouvernorats libanais avec la mission de surveiller les cas de fraude ou de pression exercée sur les électeurs». Selon M. Slim, «les compétences des équipes de la Lade s’étendent également à l’observation de la transparence, du dynamisme des représentants des candidats et des employés aux bureaux de vote, ainsi qu’au respect du silence électoral».

L’une des missions primordiales de la Lade, selon son directeur exécutif, «est de protéger les femmes, très exposées aux pressions exercées par les hommes et qui, très souvent, sont accompagnées par des partisans jusque dans l’isoloir, pour s’assurer que le vote qu’elles glissent dans l’urne correspond à la tendance politique qu’ils soutiennent».

Vote des expatriés: clarifications

Au sujet des électeurs libanais de l’étranger qui ont exprimé des craintes de voir leurs voix échangées contre d’autres au profit des partis libanais au pouvoir, M. Slim affirme que les observateurs de la Lade ont été présents dans plus de vingt-neuf pays à l’étranger et qu’ils ont assisté à l’ouverture et à la clôture des bureaux de vote. «Même dans les pays où aucun représentant de notre part n'était présent, nous avions accès aux caméras branchées à l'intérieur des ambassades et nous avons surveillé les élections à distance», nous confie-t-il.

Interrogé sur un cas de fraude signalé au Qatar, où les électeurs ont remarqué une urne «trouée», M. Slim a confirmé que les membres de la Lade présents se sont assurés qu’elle avait été bien emballée par l’ambassade concernée avant d'être envoyée au Liban. «Toutes les urnes sont mises sous scellés sous la supervision de nos membres au moment de la clôture du processus électoral, avec, à l'intérieur, des appareils GPS pour l’acheminement vers l'aéroport, puis de l'aéroport à la Banque du Liban», déclare M. Slim. Ce dernier a confirmé que «chaque urne contient un rapport signé par les représentants de l’ambassade concernée et cette signature est vérifiée avant le début de la procédure de dépouillement, le 15 mai».

En Grèce, des sources proches d’Arab News en français ont déclaré que les urnes étaient restées sur place jusqu'au lendemain matin, vers 11 heures et qu’elles n’avaient pas été déplacées à l'aéroport. M. Slim révèle que, à partir du moment où les urnes ont été fermées jusqu'à l'arrivée de l'équipe de DHL chargée de les transporter au Liban, les caméras auxquelles la Lade a accès se sont focalisées sur ces urnes pour noter d'éventuelles erreurs.

L’acheminement des urnes jusqu’à la capitale libanaise et leur passage par l’aéroport international de Beyrouth, dont la sécurité fait débat, sont des sujets qui inquiètent dans certains milieux libanais. À cet égard, la Lade affirme «ne pas avoir d’observateurs au sein de l’aéroport», mais déclare toutefois que «les médias présents constituent sans aucun doute une source de surveillance».

«Aujourd’hui, la Lade demande aux autorités compétentes de mettre en place un système de supervision électorale qui ne soit gouverné par aucun ministère, d’autant plus que, au Liban, les ministères sont partagés selon des quotas politiques», précise M. Slim.


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
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  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.