Dernier jour du quinquennat Macron 1, en attendant le casting du second

Le président français Emmanuel Macron salue de sa voiture alors qu'il quitte l'Arc de Triomphe après les cérémonies du 8 mai 2022. (Ludovic Marin/AFP/Pool)
Le président français Emmanuel Macron salue de sa voiture alors qu'il quitte l'Arc de Triomphe après les cérémonies du 8 mai 2022. (Ludovic Marin/AFP/Pool)
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Publié le Vendredi 13 mai 2022

Dernier jour du quinquennat Macron 1, en attendant le casting du second

  • En théorie, le Premier ministre peut expédier les affaires courantes jusqu'aux législatives des 12 et 19 juin
  • Emmanuel Macron a assuré lundi à Berlin qu'il savait déjà qui serait son prochain Premier ministre, doté selon lui d'un profil «social», «écologique» et productif»

PARIS : Une page se tourne vendredi avec la fin du premier quinquennat Macron. Mais persiste l'attente de la nomination du prochain Premier ministre, chargé de donner un nouvel élan pour les élections législatives de juin.

Quand le Premier ministre Jean Castex apportera-t-il sa lettre de démission au chef de l'État? Ni l'Elysée ni Matignon n'ont donné d'indication, alors que rien ne l'oblige constitutionnellement à quitter son poste avant le coup d'envoi du second quinquennat.

Ce week-end, Jean Castex a un dernier déplacement à son agenda: conduire la délégation française pour la canonisation dimanche au Vatican de l'explorateur puis ermite Charles de Foucauld.

Dès lors, le scénario d'un départ en début de semaine prochaine semble se dessiner. «La démission interviendra lundi», croit savoir un responsable de la majorité.

Reste ensuite à savoir si son successeur sera nommé dans la foulée et dans quel délai la nouvelle équipe gouvernementale sera formée.

En attendant, Jean Castex a fait ses adieux au personnel de Matignon mercredi, puis jeudi soir aux ministres, conviés à un buffet dans les jardins avec leurs conjoints.

«N'oubliez jamais que nous ne sommes que des serviteurs! L'action politique est une action collective. Les ambitions sont légitimes mais elles ne valent que si elles sont au service du collectif», a-t-il dit, selon un participant, aux ministres qui lui ont offert une ovation debout et un maillot de rugby.

Le futur chef du gouvernement --une femme a priori, selon des confidences de proches du président-- devrait donc être à pied d'oeuvre pour un premier Conseil des ministres mercredi ou les jours suivants.

- Un «techno» à Matignon? -

Mais, dans l'absolu, tout est possible, d'autant plus que le chef de l'Etat se pose toujours volontiers en «maître des horloges» et du suspense.

«C'est une coutume, une tradition républicaine qui veut que le Premier ministre présente sa démission lorsqu'un nouveau président de la République est élu. Il n'y est pas obligé mais c'est une tradition républicaine», explique Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l'université Panthéon-Sorbonne.

En cas de réélection, il peut le faire dès le lendemain du scrutin --c'est le cas au sortir d'une cohabitation-- ou au début du nouveau mandat.

En théorie, le Premier ministre peut aussi expédier les affaires courantes jusqu'aux législatives des 12 et 19 juin.

Il remettra alors sa démission au président au lendemain du scrutin. «Ce n'est pas une règle écrite, mais c'est l'usage qui a toujours été respecté depuis 1958», note le constitutionnaliste, en rappelant le précédent de Georges Pompidou après la réélection du général de Gaulle en 1965.   

Emmanuel Macron a assuré lundi à Berlin qu'il savait déjà qui serait son prochain Premier ministre, doté selon lui d'un profil «social», «écologique» et productif».

La ministre du Travail Elisabeth Borne, la directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay, l'ex-ministre socialiste des Affaires sociales Marisol Touraine.... Plusieurs noms au profil «techno» circulent.

«La partie n'est pas jouée même si les +techno+ tiennent la corde», assure un ténor de la majorité, qui plaide pour un Premier ministre plus politique à l'approche des législatives.

Certains appellent le chef de l'Etat à ne plus tarder alors que les forces de gauche, réunies derrière Jean-Luc Mélenchon, occupent le devant de la scène en ce début de campagne.

«Nommer plus tard le Premier ministre peut permettre d'avoir un petit effet de souffle à l'annonce du nouveau gouvernement», estime Benjamin Morel, maître de conférence en droit public à l'université Paris 2.

«Mais vous ne renverserez pas la table» si le choix se porte sur «des personnalités assez peu marquantes dans l'opinion», met-il en garde.

Durant la semaine, Emmanuel Macron a partagé son temps entre la préparation du second quinquennat et de nombreux appels avec les dirigeants étrangers, qui tenaient à le féliciter pour sa réélection.

Après un long échange mardi avec le président chinois Xi Jinping, il a notamment parlé avec les dirigeants de l'Union africaine, son homologue ivoirien Alassane Ouattara et le Premier ministre irakien Moustafa Al-Kazimi. Sans oublier le Premier ministre canadien Justin Trudeau, avec lequel il a réaffirmé «l'attachement à l'étroite coordination qui prévaut depuis le début du conflit en Ukraine entre partenaires du G7».


Les images du vol spectaculaire du Louvre dévoilées

Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision. (AFP)
Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision. (AFP)
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  • On y voit notamment deux des cambrioleurs: l'un porte une cagoule noire et un gilet jaune, l'autre est vêtu de noir et d'un casque de moto. Tous deux s’introduisent dans la galerie Apollon où se trouvaient les bijoux.
  • Ces images les montrent enjambant la porte-fenêtre, après être montés via un monte-charge

PARIS: Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision.

On y voit notamment deux des cambrioleurs: l'un porte une cagoule noire et un gilet jaune, l'autre est vêtu de noir et d'un casque de moto. Tous deux s’introduisent dans la galerie Apollon où se trouvaient les bijoux.

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Ces images les montrent enjambant la porte-fenêtre, après être montés via un monte-charge.

L'un des deux hommes, s'attaque, muni d'une disqueuse, à la vitrine dans laquelle se trouvait le diadème de l'Impératrice Eugénie, qu'il parvient à saisir après avoir donné des coups de poings dans le verre.

Il vient ensuite en aide au deuxième malfaiteur s'affairant sur la vitrine voisine, qui attrape plusieurs bijoux à toute vitesse.

Le tout aura duré moins de quatre minutes, sous les yeux de quelques agents impuissants, l'un d'eux brandissant un poteau de guidage sans savoir que faire, selon les images de France Télévisions.

Le butin a été estimé à 88  millions d'euros.

Les voleurs auraient pu être stoppés "à 30 secondes près", a notamment estimé mi-décembre Noël Corbin, chef de l'Inspection générale des affaires culturelles (Igac).


Budget: des chiffrages en cours pour la surtaxe des bénéfices des entreprises, dit Roland Lescure

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure (au centre), s'exprime lors d'un examen solennel et d'un vote sur le projet de loi de finances rectificative présenté par le gouvernement afin de continuer à financer provisoirement l'État et les administrations, au Sénat, la chambre haute du Parlement français, à Paris, le 23 décembre 2025. (AFP)
Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure (au centre), s'exprime lors d'un examen solennel et d'un vote sur le projet de loi de finances rectificative présenté par le gouvernement afin de continuer à financer provisoirement l'État et les administrations, au Sénat, la chambre haute du Parlement français, à Paris, le 23 décembre 2025. (AFP)
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  • Roland Lescure indique que le gouvernement finalise les chiffrages pour une éventuelle surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, en négociation avec le Sénat, tandis que l’opposition et le PS réclament des montants différents
  • La prime d’activité sera augmentée de 50 € en moyenne pour plus de trois millions de ménages, et le gouvernement décidera bientôt de recourir au 49.3 ou à une ordonnance pour faire passer le budget

PARIS: Le ministre de l'Economie et des Finances Roland Lescure a évoqué samedi des chiffrages en cours au sujet d'une éventuelle surtaxe des bénéfices des grandes entreprises samedi, une mesure réclamée par le parti socialiste mais repoussée à l'Assemblée.

"On est en train encore de caler les derniers chiffrages. Pourquoi? Parce qu'on est encore en train de négocier avec les groupes parlementaires du Sénat l'évolution des dépenses des collectivités locales", a commenté le ministre sur France info, rappelant que la mesure figurait dans le budget initial du gouvernement. "Ce n'est pas seulement une demande du PS", a-t-il ajouté.

Lors de son allocution vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'a rien dit de cette éventuelle surtaxe sur les bénéfices des entreprises, censée aider à la négociation avec le PS mais repoussée à l'Assemblée.

Opposés à cette mesure, les groupes LR et Renaissance n'ont pas apporté leur soutien à un amendement du gouvernement jeudi, qui aurait porté le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d'euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.

Les socialistes réclamaient quant à eux le maintien de la surtaxe à 8 milliards. Début janvier, Roland Lescure avait plaidé pour la réintroduction de cette surtaxe à l'Assemblée, après sa suppression au Sénat, nécessaire au compromis, selon lui.

"On est en train de caler ça. Donc on aura l'occasion de vous donner les chiffres exacts dans les 2-3 jours qui viennent au maximum", a précisé le ministre de l'Economie samedi.

M. Lescure a par ailleurs confirmé l'augmentation de 50 euros en moyenne de la prime d'activité, un complément de revenu versé aux travailleurs à revenus modestes, pour plus de trois millions de ménages, une mesure annoncée par le Premier ministre vendredi.

"Il y avait des économies prévues sur la prime d'activité (...) Tout ça, c'est terminé. Mais il y a en plus une hausse de la prime d'activité qui fait à peu près 50 euros pour quelqu'un qui gagne le SMIC", a expliqué Roland Lescure.

Le gouvernement doit trancher d'ici mardi entre un recours au 49.3 ou à une ordonnance budgétaire pour tenter de faire passer le projet de budget sans vote.

"Le vote du budget, j'allais dire traditionnel, est malheureusement proscrit du fait de la manière dont les débats se sont produits. Moi, j'ai été élu à l'Assemblée nationale. Je préfère toujours que l'Assemblée nationale puisse se prononcer. Et on verra dans les heures qui viennent ce qu'on décide", a répondu Roland Lescure, interrogé sur l'option qui sera retenue par le gouvernement.


France: le gouvernement abat ses dernières cartes pour arracher un budget

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, prononce un discours lors du débat sur le projet de loi de finances pour l'année 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 13 janvier 2026. (AFP)
Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, prononce un discours lors du débat sur le projet de loi de finances pour l'année 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 13 janvier 2026. (AFP)
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  • Sébastien Lecornu est engagé dans une phase décisive de négociations avec les socialistes pour faire adopter le budget 2026 et éviter une censure, dans un contexte d’impasse parlementaire
  • Faute d’accord, le gouvernement devra choisir entre le recours au 49.3 ou une ordonnance budgétaire inédite, au risque de provoquer une crise politique et d’éventuelles législatives anticipées

PARIS: Le premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en octobre pour sortir de l'impasse budgétaire dans laquelle la France se trouve depuis des mois, entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget 2026 avec les socialistes qui lui éviterait une censure, se résignant à une adoption sans vote.

Il s'exprimera "en fin de journée depuis Matignon afin de présenter les éléments de fond pour construire le contenu d'un accord sur le projet de loi de finances pour l'année 2026", a fait savoir vendredi matin son entourage.

Le chef du gouvernement s'est donné jusqu'à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du parti socialiste (PS) qui l'a jusqu'à présent épargné. Sur le fond mais aussi sur la forme, les deux outils constitutionnels à sa disposition - article 49.3 ou ordonnance (article 47) - étant perçus par ses opposants comme des "passages en force".

Le gouvernement a pris jeudi soir la décision de suspendre les interminables débats budgétaires à l'Assemblée nationale. Un coup de théâtre justifié par l'impossibilité d'aller à un vote sur le budget de l'État.

Le Premier ministre, qui s'est rendu vendredi matin à l'Élysée pour rencontrer le président Emmanuel Macron, a averti qu'un renversement de son gouvernement serait quasi automatiquement synonyme d'élections législatives anticipées qui pourraient coïncider avec les municipales (15 et 22 mars).

- "Saboteurs" -

"On a donné toutes ses chances au débat" mais "nous avons des saboteurs à l'Assemblée nationale", la France insoumise (LFI, gauche radicale) et le Rassemblement national (RN, extrême droite), a accusé à la télévision la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, en première ligne dans les discussions avec les forces politiques qu'elle a déjà réunies à plusieurs reprises.

La ministre a esquissé quelques pistes de propositions du gouvernement, sur les collectivités locales, en attente d'engagements financiers à quelques semaines des élections municipales, ou la fiscalité.

Pour le cadre général, Matignon a prévenu qu'il souhaitait arriver à un déficit de 5% maximum du PIB, déplorant qu'il atteigne "à ce stade" 5,3%.

Une fois les propositions sur la table, le chef du gouvernement va devoir trancher sur la manière de les faire entrer dans la loi.

Les discussions budgétaires sont théoriquement censées reprendre mardi après-midi, et le Premier ministre devrait donc avoir d'ici là choisir de recourir soit à l'article 49.3, soit à une ordonnance budgétaire.

Amélie de Montchalin a dit qu'elle n'avait "pas de préférence" mais qu'elle souhaitait "de la stabilité et un budget".

Un recours à l'article 49.3, auquel Sébastien Lecornu avait solennellement renoncé à la demande du PS pour éviter une censure, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix.

- "Heures décisives" -

Mais il devrait l'utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes, puis sur l'ensemble du texte), s'exposant à chaque fois à une censure.

L'ordonnance budgétaire, c'est-à-dire la traduction du budget dans un texte qui n'a pas besoin de passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent potentiellement lourd de conséquences.

Sauf que, contrairement au 49.3, elle permettrait de doter le pays d'un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.

Le député socialiste Emmanuel Grégoire a jugé à la télévision "inacceptable" le recours à une ordonnance qui voudrait dire "forcément censure, puisque sur les ordonnances il ne peut pas y avoir d'amendements, d'enrichissement" du texte.

Sur le 49.3, "ça dépend évidemment de la copie finale" et des propositions du gouvernement, a-t-il estimé. "Et donc nous allons vivre évidemment des heures décisives".

Pour Sébastien Lecornu, comme pour les socialistes, un recours au 49.3 aurait un goût amer. Son abandon était un marqueur d'action du Premier ministre et, pour le PS, le signe d'un retour au parlementarisme.