Un modérateur de contenu porte plainte contre Meta au Kenya

Un ancien modérateur de contenus pour Facebook au Kenya a porté plainte mardi contre Meta, la maison mère du réseau social (Photo, AFP).
Un ancien modérateur de contenus pour Facebook au Kenya a porté plainte mardi contre Meta, la maison mère du réseau social (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 11 mai 2022

Un modérateur de contenu porte plainte contre Meta au Kenya

  • La plainte assure que Sama choisit les candidats en fonction de leurs origines modestes au prétexte de les sortir de la pauvreté
  • La plainte détaille aussi des mauvaises conditions de travail, non adaptées à la difficulté et à la pénibilité des tâches, et le non-respect des droits des employés, comme celui de se syndiquer

SAN FRANCISCO: Un ancien modérateur de contenus pour Facebook au Kenya a porté plainte mardi contre Meta, la maison mère du réseau social, qu'il accuse d'exploitation, un nouveau contentieux pour la plateforme mondiale critiquée par de nombreuses ONG.

La plainte décrit des conditions de travail "indignes", des méthodes d'embauches trompeuses aux rémunérations irrégulières et insuffisantes, en passant par le manque de soutien psychologique, la pression du rendement et des atteintes à la vie privée et à la dignité, en violation de la constitution kényane.

Elle a été déposée par Daniel Motaung, un Sud-Africain qui a travaillé pour Sama, un sous-traitant de Meta chargé de la modération des contenus sur Facebook pour des pays d'Afrique de l'Est et du Sud, une activité essentielle pour retirer de la plateforme les contenus problématiques (violence, harcèlement, désinformation...).

"La première vidéo que j'ai vue, c'était une décapitation en direct", a raconté M. Motaung mardi lors d'une conférence de presse organisée par le "Real Facebook oversight board", une association anti-Facebook.

"Imaginez ce que ça peut faire à une personne normale, si ensuite vous regardez d'autres vidéos et images et contenus similaires, tous les jours", a continué le jeune homme, qui dit souffrir d'un syndrome post-traumatique.

"Nous prenons au sérieux notre responsabilité envers les personnes qui examinent les contenus pour Meta et exigeons de nos partenaires qu'ils fournissent des salaires, des avantages sociaux et un soutien parmi les meilleurs de l'industrie", a réagi un porte-parole de Meta, contacté par l'AFP.

"Nous encourageons les modérateurs à parler des problèmes quand ils surviennent et nous menons régulièrement des audits indépendants pour nous nous assurer que nos partenaires respectent des standards élevés, conformes à nos attentes", a-t-il ajouté.

«Esclavage moderne»

Selon Daniel Motaung et ses avocats, qui disent représenter 240 modérateurs de contenu de Sama au bureau de Nairobi, le sous-traitant recrute des employés sans leur dire précisément quel sera leur travail, évoquant des "tâches administratives".

La plainte assure que Sama choisit les candidats en fonction de leurs origines modestes au prétexte de les sortir de la pauvreté, et venus de différents pays, pour qu'ils comprennent les différentes langues parlées sur le continent et donc sur Facebook.

Meta et Sama "recrutent les modérateurs via des méthodes frauduleuses et trompeuses, relevant de l'abus de pouvoir, exploitant la vulnérabilité des candidats jeunes, pauvres et désespérés", affirment les avocats dans le document judiciaire.

"Beaucoup ont été embauchés et amenés au Kenya avant d'avoir compris la nature de leur travail. (...) Ils ont donc été victimes de trafics d'êtres humains selon une forme moderne d'esclavage interdite par l'article 30 de la Constitution", continuent-ils.

"Ils nous disaient qu'ils pouvaient facilement nous remplacer. Ils nous disaient, on vous rend un service. (...) Prenez ce qu'on vous donne et fermez-la", a relaté Daniel Motaung.

La plainte détaille aussi des mauvaises conditions de travail, non adaptées à la difficulté et à la pénibilité des tâches, et le non-respect des droits des employés, comme celui de se syndiquer.

Les avocats y précisent que Sama embauche des "coachs bien-être", dont la formation n'est pas suffisante pour les besoins des modérateurs en matière de santé mentale, et qui n'offrent pas une "relation confidentielle" aux salariés.

Il y a deux ans, Facebook a été condamné à payer 52 millions de dollars à des milliers de modérateurs de contenu aux Etats-Unis, en guise de compensation pour les traumatismes liés à leur travail.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.