Des archives libanaises retracent l'immigration arabe en Amérique latine

Des membres de la communauté libanaise défilent et agitent des drapeaux dans le centre-ville de Sao Paulo, Brésil. (Photo, AFP)
Des membres de la communauté libanaise défilent et agitent des drapeaux dans le centre-ville de Sao Paulo, Brésil. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 06 mai 2022

Des archives libanaises retracent l'immigration arabe en Amérique latine

  • La plupart des vagues migratoires ont eu lieu au cours des dernières décennies du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle
  • Le projet de l'Université Saint-Esprit de Kaslik à Jounieh met en lumière les parcours individuels des pionniers arabes

SAO PAULO, Brésil: Bien que l'on estime à 18 millions le nombre de Latino-Américains dont les ancêtres sont originaires de la région arabe, peu d'efforts ont été déployés pour recenser et conserver les écrits, les photographies et les coupures de presse qui documentent l'histoire de leur migration et de leur installation, jusqu'à présent.
La plupart des Arabes qui se sont rendus en Amérique latine l'ont fait dans les dernières décennies du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. La majorité d'entre eux ont quitté la Syrie et le Liban en quête de fortune et d'un nouveau départ loin de l'Empire ottoman.
Afin de recueillir et de mettre en lumière les parcours individuels de ces pionniers arabes et leur contribution au Nouveau Monde, des archives consacrées à leur histoire ont été créées par l'Université Saint-Esprit de Kaslik, également connue sous le nom d'USEK, une université catholique privée à but non lucratif située à Jounieh, au Liban.
Inaugurée à la fin du mois de mars de cette année, la collection comprend actuellement environ 200 000 pages de journaux et de magazines arabes, des piles de photographies et d'autres documents éclairants qui contribuent à faire la lumière sur la présence de la diaspora arabe en Amérique latine.
D'origine brésilienne, Roberto Khatlab, directeur du Centre d'études et de cultures latino-américaines de l'USEK (CECAL), a conçu le projet après avoir passé plusieurs années à travailler au service culturel de l'ambassade du Brésil à Beyrouth et à mener des recherches indépendantes sur la migration libanaise vers le Brésil.

Certains des documents qui ont été numérisés et font désormais partie des archives de l'USEK, notamment les magazines Oriente et A Vinha. (Chambre de commerce arabo-brésilienne (CCAB) / USEK / Photo fournie)


«Au fil des ans, j'ai rassemblé de nombreux documents concernant cette histoire», a-t-il déclaré à Arab News.
Lors d'un voyage en Amérique latine il y a quelques années, Khatlab s'est rendu compte que de nombreux documents historiques importants risquaient d'être perdus s'ils n'étaient pas correctement collectés et rassemblés.
«Avec le temps, ces documents se retrouvent entre les mains de petits-enfants ou d'arrière-petits-enfants qui ne parlent pas arabe et ne savent pas quoi en faire», a-t-il prévenu.
En conséquence, de nombreuses personnes finissent par jeter leurs collections familiales ou les donnent aux bibliothèques locales, qui ne sont pas toujours équipées ou qualifiées pour les cataloguer correctement.
En outre, les journaux produits par les premiers immigrants arabes étaient souvent imprimés sur du papier bon marché et de mauvaise qualité qui ne résiste pas toujours à l'épreuve du temps, de sorte que les exemplaires survivants peuvent être extrêmement fragiles.
«J'ai reçu des journaux vieux de cent ans qui se sont complètement désintégrés lorsque nous avons essayé de les sortir de l'enveloppe», a expliqué Khatlab.
Des immigrants syro-libanais ont créé le premier journal latino-américain en langue arabe, appelé Al-Fayha, en 1893 dans la ville brésilienne de Campinas.

L'Amérique latine compte près de 18 millions de personnes d'origine arabe, la plupart au Brésil. (Photo, AFP)


Dans la langue portugaise locale, son nom était Mundo Largo, qui se traduit par «Monde large». En tant qu'auteur de plusieurs ouvrages sur les relations historiques du Brésil avec le Liban et le monde arabe en général, Khatlab reconnaît la valeur de ces documents historiques pour les études universitaires et les générations futures.
Khatlab a expliqué: «Sous l'Empire ottoman, de nombreux intellectuels n'ont pas pu publier leurs idées dans le monde arabe à la fin du XIXe siècle. Dans la presse arabe naissante, dans des pays comme le Brésil et l'Argentine, ils ont trouvé l'espace dont ils avaient besoin.
«Bien souvent, les articles publiés dans la presse arabe en Amérique latine par ces penseurs étaient renvoyés dans le monde arabe et y étaient diffusés dans les milieux intellectuels et politiques.»
La plupart des premiers journaux arabes en Amérique latine étaient produits par des migrants syriens ou libanais, mais il y avait également un certain nombre de publications égyptiennes. Au fil des ans, la communauté arabe a lancé des journaux qui reflétaient une variété de points de vue autour des idéologies politiques, des croyances religieuses, des clubs sociaux et des arts.
Khatlab a également signalé: «De nombreux poètes et écrivains ont publié des œuvres dans la presse arabe latino-américaine. Certains d'entre eux étaient renommés dans le monde arabe, tandis que d'autres ont disparu. Mais leurs publications et les idées transmises dans leurs textes ont une grande importance pour les Arabes, même aujourd'hui.»
Ces archives ont attiré le soutien d'institutions à travers l'Amérique latine qui ont des liens avec la communauté arabe et qui ont fourni de petites équipes qui aident à collecter et à numériser les documents, en utilisant l'équipement donné par l'USEK.

En Chiffres

Estimation de la population arabe par pays
Brésil: 7-12 millions
Argentine: 4,5 millions
Venezuela: 1,6 million
Mexique: 1,5 million
Colombie: 1,5 million
Chili: 800 000

Source: Atlantic Council

L'une de ces institutions est la Chambre de commerce arabo-brésilienne (CCAB), qui a contribué à rassembler des collections complètes de magazines, dont Revista Oriente (Orient Magazine), l'une des publications les plus importantes produites par la diaspora arabe au Brésil, au cours du XXe siècle.
Silvia Antibas, directrice du département culturel du CCAB, a déclaré à Arab News: «Différentes bibliothèques et institutions avaient des collections partielles d'Oriente. Maintenant, nous avons réussi à les rassembler et à les numériser tous pour la première fois.»
L'équipe brésilienne a également réussi à rassembler une collection du magazine Al-Carmat, connu en portugais sous le nom de A Vinha (Le Vignoble). Il a été édité pendant de nombreuses années par une femme auteur syro-brésilienne appelée Salwa Atlas.
La CCAB a de plus contribué à l'archivage d'une collection éclairante de photographies qui offrent une vue sur la vie sociale et familiale de la diaspora au fil des ans.

La couverture d'une édition du magazine A Vinha, publiée pendant des années par l'intellectuelle syro-brésilienne Salwa Atlas, qui a été une pionnière parmi les intellectuelles de la communauté syro-libanaise au Brésil. (Clube Homs / USEK / Photo fournie)


Antibas a aussi indiqué: «Les photos que nous avons recueillies montrent non seulement les événements sociaux de la communauté, mais aussi l'architecture des maisons, les tendances de la mode de ces années-là, et la manière dont les immigrants ont progressé financièrement et se sont intégrés à la société brésilienne à travers les années.»
La famille Jafet, qui comptait parmi les familles les plus illustres de Sao Paulo au début du XXe siècle, a fourni une superbe collection de photographies représentant les maisons somptueuses construites à cette époque par la bourgeoisie industrielle de la ville.
«Benjamin Jafet, mon arrière-grand-père, est arrivé au Brésil en 1890 et a travaillé comme “mascate” (terme utilisé au Brésil pour désigner un vendeur arabe faisant du porte-à-porte) pendant quelques années dans la campagne, jusqu'à ce qu'il fonde sa première boutique dans le centre-ville de Sao Paulo», a déclaré Arthur Jafet, avocat et homme d'affaires de 38 ans, à Arab News.
Au fil des ans, Benjamin et ses frères ont fondé l'une des plus grandes entreprises de textiles du Brésil et sont devenus de riches dirigeants de la communauté libanaise du pays.
En tant que philanthropes importants à Sao Paulo, la famille Jafet a contribué à financer non seulement des institutions arabes telles que la cathédrale orthodoxe locale, l'hôpital syro-libanais et le Mount Lebanon Club, mais aussi des publications telles que Revista Oriente.
«Leurs petits palais indiquaient un goût plutôt européen, avec des influences visibles du style néoclassique français mais aussi des aspects orientaux», a déclaré Jafet.
L'une des photos de la collection montre Camille Chamoun, président du Liban entre 1952 et 1958, séjournant dans l'une des somptueuses maisons de la famille Jafet lors d'un voyage au Brésil.
En tant que directeur de l'Institut de la culture arabe de Sao Paulo et conseiller de la CCAB, Jafet fait partie d'une nouvelle génération d'Arabes latino-américains qui s'intéressent de nouveau à leurs origines culturelles.
Paulo Kehdi est le directeur exécutif du magazine Chuf, la publication interne du Mount Lebanon Club. Il fait partie des leaders de la communauté libanaise qui ont lancé «Lebanity» (Libanité), un mouvement visant à encourager les Libanais-Brésiliens à redécouvrir leurs racines culturelles.

Le président libanais Camille Chamoun avec des membres de la famille Jafet à São Paulo. Il a visité le Brésil en 1954 et a séjourné dans l'un des palais de la famille. (Arthur Jafet / Photo fournie)


«Il y a eu un effort délibéré pour reconnecter les Libanais-Brésiliens à leur patrie, en les incitant à obtenir la citoyenneté libanaise, à visiter le pays et à l'aider lors des campagnes de dons», a-t-il déclaré à Arab News.
La situation est similaire en Argentine, qui compte environ 3 millions de personnes d’origine syrienne ou libanaise.
Pendant plusieurs années, Ninawa Daher, journaliste d'origine libanaise, a animé dans le pays une émission télévisée consacrée à raviver l'intérêt des jeunes générations pour leurs origines libanaises. Après sa mort dans un accident de voiture à l'âge de 31 ans seulement en 2011, sa mère, Alicia, a créé la Fondation Ninawa Daher pour perpétuer son héritage, et elle s'est associée à l'USEK pour le projet d'archives.
«Grâce aux contacts de Ninawa, en très peu de temps, nous avions déjà pu obtenir l'accès à plusieurs collections merveilleuses de la communauté en Argentine», a déclaré Alicia Daher à Arab News.
L'équipe a rassemblé des piles de journaux, de photographies et d'autres documents rares, dont deux livres écrits et dédicacés par le célèbre écrivain, poète et artiste visuel libano-américain Khalil Gibran.
«Les Syriens et les Libanais ont eu un impact culturel considérable en Argentine», a souligné Daher. «Actuellement, de plus en plus de personnes et d'institutions nous approchent afin de proposer des documents sur l'immigration.»
À Beyrouth, pendant ce temps, Khatlab espère que les archives continueront de s’enrichir à mesure que les travaux s'étendront à d'autres pays d'Amérique latine et qu'elles incluront d'autres types de documents, comme des lettres, des séquences filmées et même les listes de passagers des navires qui ont amené des Arabes dans la région.
L'accès aux archives est gratuit et elles sont ouvertes au grand public.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
Short Url
  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.

 


Trois touristes français tués dans le naufrage d'un bateau au large d'Oman

Des habitants et des touristes font du bateau à moteur à Wadi Darbat (vallée de Darbat), près de Salalah, dans la province méridionale d'Oman, à Dhofar, le 21 juillet 2022. (AFP)
Des habitants et des touristes font du bateau à moteur à Wadi Darbat (vallée de Darbat), près de Salalah, dans la province méridionale d'Oman, à Dhofar, le 21 juillet 2022. (AFP)
Short Url
  • Trois touristes français ont été tués et deux autres blessés dans le naufrage d’un bateau transportant 25 personnes au large de Mascate, Oman
  • Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident, alors qu’Oman voit croître son tourisme, qui a atteint près de 4 millions de visiteurs en 2024

MASCATE: Trois touristes français ont été tués et deux autres blessés dans le naufrage d'un bateau au large d'Oman, a annoncé mardi la police du pays du Golfe.

Un bateau transportant 25 touristes français, parmi lesquels le guide touristique et le capitaine, "a chaviré à 2,5 milles nautiques du port Sultan Qaboos" à Mascate, la capitale du sultanat, a indiqué la police omanaise dans un communiqué publié sur X.

"L'incident a entraîné la mort de trois touristes et des blessures légères pour deux autres", a-t-elle poursuivi en ajoutant qu'une enquête était en cours pour déterminer les circonstances de l'accident.

Longtemps en marge des grands circuits touristiques, Oman attire désormais un public croissant en quête de nature préservée et d'authenticité.

Le pays a accueilli près de 4 millions de touristes en 2024 et le gouvernement vise à tripler ce chiffre d'ici 2040 en misant sur un tourisme durable.


Soudan: l'armée affirme avoir rompu le siège d'une ville du Kordofan

L'armée soudanaise tente d'endiguer l'avancée fulgurante des forces paramilitaires RSF dans toute la région du Kordofan. (AFP/Archives)
L'armée soudanaise tente d'endiguer l'avancée fulgurante des forces paramilitaires RSF dans toute la région du Kordofan. (AFP/Archives)
Short Url
  • L’armée soudanaise annonce avoir brisé le siège de Dilling (Kordofan-Sud) imposé depuis plus d’un an et demi par les Forces de soutien rapide (FSR), sécurisant les approches nord et sud de la ville
  • La région reste instable et stratégique, avec des opérations paramilitaires soutenues par le SPLM-N, et des déplacements massifs de civils soulignant le risque de famine et d’exactions similaires à celles du Darfour

KHARTOUM: L'armée soudanaise a annoncé lundi avoir brisé le siège de la ville de Dilling dans le sud du Soudan, au Kordofan, imposé depuis plus d'un an et demi par les forces paramilitaires.

Les forces gouvernementales ont "réussi à ouvrir la route de Dilling après avoir mené une opération militaire couronnée de succès", a affirmé l'armée dans un communiqué, assurant avoir infligé "de lourdes pertes" aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Dans son communiqué, l'armée explique que son avancée a permis de sécuriser les approches nord et sud de Dilling, ville de l'Etat du Kordofan-Sud sous son contrôle.

L'AFP n'a pas pu vérifier de manière indépendante ces affirmations. De leur coté, les FSR n'ont pas encore fait de commentaires.

Depuis la prise d'El-Facher, qui était le dernier bastion de l'armée dans la vaste région voisine du Darfour (ouest du pays), les paramilitaires ont recentré leurs opérations sur la région du Kordofan, zone stratégique qui fait la jonction entre les zones tenues par l'armée dans le nord, l'est et le centre, et le Darfour.

Les FSR y ont pris la ville de Heglig, où se trouve le plus grand champ pétrolifère du Soudan, et intensifié leur siège de Kadougli qui dure depuis plus d'un an et demi.

Une mission d'évaluation avec l'ONU a déjà confirmé la famine à Kadougli l'année dernière. La situation à Dilling pourrait bientôt être similaire, mais l'insécurité et le manque d'accès ont empêché toute remontée d'information.

L'offensive des paramilitaires au Kordofan, région fertile, riche en pétrole et en or, est appuyée par une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), dirigée par Abdelaziz al-Hilu, qui contrôle de larges portions du Kordofan-Sud et certaines zones de l'Etat voisin du Nil Bleu.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit brutal entre l'armée et les FSR, qui a fait des dizaines de milliers de morts et quelque 11 millions de déplacés.

Les atrocités se sont multipliées après la prise d'El-Facher au Darfour par les FSR, des informations faisant état de massacres, de violences sexuelles, d'enlèvements et de pillages généralisés.

L'ONU a averti que des exactions similaires pourraient se propager au Kordofan. Selon les derniers chiffres de l'ONU, plus de 65.000 personnes ont fui cette région depuis octobre.