Shédio, la start-up qui valorise le patrimoine algérien

Doria et Feriel Tounsi.  (Photo fournie).
Doria et Feriel Tounsi. (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 05 mai 2022

Shédio, la start-up qui valorise le patrimoine algérien

  • «Notre idée est de cibler les jeunes adeptes de jeux vidéo qui ne vont pas forcément aux musées, de s’intéresser de façon virtuelle aux sites historiques de notre pays»
  • «Nous proposons un service touristique digital alliant la conception 3D, la visite virtuelle et la réalité virtuelle augmentée»

PARIS : Fondée par les sœurs Feriel et Doria Tounsi, Shédio («design» en grec), une start-up algérienne spécialisée dans la réalité virtuelle, propose, entre autres, des reconstitutions des sites historiques en 3D. Son objectif: valoriser le patrimoine algérien et le rendre plus attractif à l’aide des outils numériques.

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Les fresques reconstituées. (Photo fournie).

«Shédio est entreprise dotée d’une vision orientée vers les technologies virtuelles et leur utilisation et intégration dans le monde des entreprises, de la culture et du tourisme», précise à Arab News en français Feriel Tounsi. Elle cite l’exemple de l’usage de la réalité virtuelle par les entreprises qui souhaiteraient organiser des visites virtuelles de leurs locaux, de leurs usines ou encore pour les besoins de production de documents publicitaires ou promotionnels.

L’idée est née chez Doria lorsqu’elle était étudiante à l’École supérieure des beaux-arts d’Alger. Après un master en marketing digital et en nouvelles technologies, elle s’est intéressée à la question de la vulgarisation et de la sauvegarde du patrimoine en y associant les nouvelles technologies. «Notre cœur de métier est le marketing immersif dans lequel le consommateur ou le client est en immersion dans l'univers de la marque ou du produit par le biais du casque de réalité virtuelle», explique Feriel Tounsi, cofondatrice de Shédio.

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Basilique Sainte Salsa reconstituée.  (Photo fournie).

Composée d’une équipe de designers, de concepteurs 3D, de spécialistes du marketing diplômés de grandes écoles de commerce et de l’École supérieure des beaux-arts d’Alger, Shédio a voulu répondre à un besoin de renouveau en matière de marketing. «Notre idée est de cibler les jeunes adeptes de jeux vidéo qui ne vont pas forcément aux musées, de s’intéresser de façon virtuelle aux sites historiques de notre pays et d’en découvrir leurs origines et leur état au moment de leur construction», explique Feriel Tounsi.

Divers formats pour vulgariser la culture

Selon les fondatrices de Shédio, l’objectif de la start-up est de produire des documentaires à destination du grand public qui pourraient être diffusés sur les chaînes de télévision, dans les sites touristiques, dans les musées ou encore lors des expositions. «L’entreprise envisage de créer des musées virtuels interactifs en 3D ainsi d’une application de visite 360 sur le Web et sur mobile. L’intégration de notre technologie dans les casques de la réalité virtuelle pourrait permettre aux touristes visitant un site de s’y promener tout en le découvrant au moment de sa construction, c’est ce qu’on appelle le contenu immersif», indique Feriel Tounsi.

Selon elle, la reconstitution 3D des sites archéologiques et historiques et des différents monuments et objets du patrimoine algérien est aussi profitable aux entités du secteur touristique, aux professionnels de la culture ainsi qu’aux entreprises qui souhaitent présenter leurs projets. «Nos objectifs sont de créer des contenus immersifs pour la réalité virtuelle et augmentée au service du tourisme et du patrimoine culturel et de démocratiser l’accès au patrimoine culturel algérien», déclare Feriel Tounsi.

Des contenus documentés et validés par les spécialistes

Pour les documentaires, Feriel et Doria Tounsi utilisent les archives et elles font appel aux spécialistes du patrimoine culturel que sont les archéologues et les historiens. «Notre démarche a un objectif pédagogique. La conception de nos documents est menée de façon très rigoureuse afin que le résultat soit le plus fidèle possible à l’aspect d’origine», poursuit la cofondatrice de Shédio. «Dans ce but, nous engageons en amont un long travail de recherche avec les professionnels et les spécialistes du secteur concerné.»

Selon elles, l’Algérie dispose de mille trente-huit sites historiques et touristiques dont sept sont classés au patrimoine mondial de l’Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). «Nous avons décidé d’utiliser la technologie pour surmonter les obstacles d’accès aux sites comme la dégradation des bâtiments ou encore l’occupation des lieux par l’administration publique», explique Feriel Tounsi. «Nous proposons un service touristique digital alliant la conception 3D, la visite virtuelle et la réalité virtuelle augmentée», souligne-t-elle.

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Remise des prix Algeria Tourism Awards.  (Photo fournie).

La villa des fresques de Tipaza reconstituée en 3D

Pour la première fois en Algérie, les touristes pourront découvrir en reconstitution 3D la villa des fresques située sur les ruines romaines de la ville de Tipaza, une ville côtière située à soixante kilomètres à l’ouest d’Alger.

Parrainée par le ministère de la Culture et l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGEBC), et organisée par Shédio Design en partenariat avec Macir Vie, cette opération va permettre aux touristes de visiter ce lieu historique au moyen d’un casque de réalité virtuelle.

Les deux sœurs travaillent sur d’autres projets comme la reconstitution de la mosquée de Ketchaoua (Alger) et des sites de ruines romaines de Timgad, surnommée la «Pompéi de l'Afrique du Nord». Il s’agit d’une cité antique située dans la commune éponyme, dans la wilaya de Batna (région des Aurès, au nord-est de l'Algérie). Leurs projets concernent également Djemila, une cité antique située dans la commune du même nom, dans la wilaya de Sétif, au nord-est du pays. Le site de Djemila abrite les vestiges de l'antique Cuicul, cité romaine, classée patrimoine mondial par l'Unesco.

La start-up Shédio a été finaliste de l’édition d’Emerging Valley en 2021 et elle a reçu le premier prix au Trophée de la meilleure start-up lors de la deuxième édition des Algeria Tourism Awards 2021.


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.


Al-Nassr entre dans le top 10 mondial des clubs en termes de ventes de maillots

Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
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  • Une étude souligne l'influence de Cristiano Ronaldo sur les marchés commerciaux
  • Les nouveaux champions saoudiens ont vendu plus de 1,2 million de maillots au cours de la saison 2025-26

RIYAD: Al-Nassr s'est assuré une place parmi les 10 clubs de football les plus vendus au monde en termes de ventes de maillots, ayant vendu plus de 1,2 million de maillots dans le monde entier au cours de la saison actuelle, au cours de laquelle il a remporté le titre de Roshn Saudi League, selon une étude menée par Euromericas Sport Marketing.

L'étude attribue l'ascension du club à l'influence de Cristiano Ronaldo, dont les millions d'adeptes sur les médias sociaux ont contribué à transformer le maillot d'Al-Nassr en une icône marketing mondiale qui s'est étendue au-delà du Moyen-Orient, attirant des milliers de fans et de collectionneurs à travers les Amériques, l'Asie et l'Australie.

Les données publiées par Euromericas Sport Marketing montrent une nette avance pour le Real Madrid d'Espagne, qui a pris la tête du classement mondial avec des ventes dépassant les 3,13 millions de maillots, grâce au pouvoir des stars française Kylian Mbappé et brésilienne Vinicius Junior.

Euromericas Sport Marketing fait partie des agences et des sociétés de conseil spécialisées dans le marketing et la recherche dans le domaine du sport, se classant parmi les cinq premières sociétés dans ce domaine et étant la première de son genre en Amérique latine.

La deuxième place revient au FC Barcelone, avec des ventes atteignant 2,94 millions de maillots, tandis que le Paris Saint-Germain se classe troisième avec 2,54 millions de maillots vendus à la suite de la victoire en Ligue des champions de l'UEFA.

Le Bayern Munich (Allemagne) s'est classé quatrième avec 2,3 millions de maillots vendus, suivi de l'Inter Miami (États-Unis) avec 2,1 millions, du Boca Juniors (Argentine) avec 1,9 million, du Manchester United (Angleterre) avec 1,85 million, du CR Flamengo (Brésil) avec 1,6 million, et du Chelsea (Angleterre) à la neuvième place avec 1,4 million de maillots vendus.

Al-Nassr s'est classé 10e au niveau mondial et 4e parmi les clubs non européens, devenant ainsi le seul club arabe et asiatique à figurer dans le prestigieux classement international, dépassant des géants du football européen établis de longue date.

La liste met également en lumière un phénomène marketing similaire à celui d'Al-Nasser, à savoir la remarquable ascension de l'Inter Miami, qui s'est hissé à la cinquième place mondiale avec 2,16 millions de maillots vendus, grâce à la présence de la star argentine Lionel Messi.

En revanche, les clubs de football historiques italiens sont absents du top 10, ce que le rapport décrit comme une indication du fossé commercial et marketing qui se creuse entre la ligue italienne et les ligues émergentes menées par la ligue saoudienne, qui sont de plus en plus en concurrence pour obtenir des parts importantes dans l'industrie mondiale du sport.


Bercy missionne quatre économistes pour plancher sur les finances publiques

Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
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  • "On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5
  • Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques"

PARIS: Les ministres de l'Economie et des Comptes publics ont confié une mission à quatre économistes pour analyser les enjeux des finances publiques à l'horizon 2030 et plancher sur des scénarios de redressement dès 2027, a annoncé Bercy mardi.

Les économistes Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel et Natacha Valla mèneront ces travaux avec l'appui de l'Inspection générale des finances (IGF). Les conclusions de leur mission indépendante sont attendues en juillet, a précisé le ministère.

"On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5.

"C'est la raison pour laquelle, parce qu'on ne peut pas se permettre d'aller en somnambules d'abord vers le débat budgétaire pour 2027, ensuite vers l'élection présidentielle, que j'ai décidé, avec mon collègue Roland Lescure, de faire une opération de transparence inédite en confiant à quatre économistes indépendants le soin de faire un état des lieux", a-t-il ajouté.

Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques".

"Vous vous attacherez à construire l'évolution probable des finances publiques entre 2027 et 2030" et à élaborer "différents scénarios de redressement des finances publiques en 2027, dont des cibles souhaitables de déficit pour 2027", poursuivent-ils.

Ils précisent que ces travaux participeront "au cadrage des réflexions relatives à la construction du projet de loi de finances pour 2027".

Selon Bercy, "cet exercice inédit permet de poser les bases du débat parlementaire avec des données objectives en amont du début de la discussion".

Xavier Ragot est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Natacha Valla doyenne de l'École du management de Sciences Po, Xavier Jaravel président délégué du Conseil d'Analyse Économique (CAE), et Jean-Luc Tavernier inspecteur général des finances et ex-directeur général de l'Insee (de 2012 à 2025).

Le gouvernement, qui travaille à la préparation du projet de loi de finances pour 2027, souhaite éviter les difficiles négociations de l'an dernier. Il a aussi a chargé l'IGF de plancher sur les conséquences économiques d'une reconduction l'an prochain du budget actuel par une loi spéciale.

Le gouvernement vise un déficit public à 5% du PIB cette année, après 5,1% en 2025. Il s'est engagé à faire passer le déficit sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.