Nouveau tir d'un missile balistique nord-coréen, dénoncé par Séoul, Tokyo et l'ONU

La Corée du Nord a lancé mercredi ce qui a été présenté par Séoul comme un missile balistique (Photo, AFP).
La Corée du Nord a lancé mercredi ce qui a été présenté par Séoul comme un missile balistique (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 05 mai 2022

Nouveau tir d'un missile balistique nord-coréen, dénoncé par Séoul, Tokyo et l'ONU

  • Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exhorté mercredi «la Corée du Nord à s'en tenir complètement à ses obligations internationales»
  • Le porte-parole du Pentagone a affirmé mercredi être «très inquiet de ces tests et de la nature provocatrice de leur programme de missiles balistiques»

SÉOUL : La Corée du Nord a lancé mercredi ce qui a été présenté par Séoul comme un missile balistique, une semaine après la promesse faite par son dirigeant Kim Jong Un d'accélérer le développement de l'arsenal nucléaire du pays.

Ce nouveau test d'armement intervient alors que la Corée du Sud et les Etats-Unis s'attendent à une reprise par Pyongyang de ses essais nucléaires, interrompus en 2017.

Le régime nord-coréen avait déjà, en mars, rompu un moratoire de cinq ans sur ses essais de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) en lançant un puissant projectile, capable d'atteindre les Etats-Unis.

L'état-major intérarmées de la Corée du Sud a fait état mercredi dans un communiqué d'un "lancement de missile balistique par la Corée du Nord à 12h03" (03H03 GMT), a priori depuis l'aéroport de Sunan, au nord de Pyongyang.

Le projectile a parcouru 470 km et atteint une altitude de 780 km avant de tomber en mer du Japon, a ajouté l'état-major, qualifiant ce tir de "violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU".

14 tirs depuis janvier

Le ministre japonais de la Défense, Makoto Oniki, a confirmé cette trajectoire et précisé que le missile avait terminé sa course "hors de la zone économique exclusive du Japon".

"Le lancement répété de missiles balistiques menace la paix et la sécurité de notre nation, de la région et de la communauté internationale", a-t-il déploré.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exhorté mercredi "la Corée du Nord à s'en tenir complètement à ses obligations internationales". "Ce tir (...), faisant appel à de la technologie de missile balistique, ne fait qu'accroître les tensions régionales et internationales", a ajouté son porte-parole, Stéphane Dujarric. 

En dépit de sévères sanctions internationales, la Corée du Nord redouble d'efforts ces derniers mois pour moderniser son armée, et a procédé à 14 tirs d'essai depuis janvier.

Lors d'un grand défilé militaire le 25 avril, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a promis de "renforcer et développer les capacités nucléaires de notre nation à un rythme accéléré".

"Les armes nucléaires, symbole de notre force nationale et au centre de notre puissance militaire, doivent être renforcées en terme de qualité et de portée", a-t-il affirmé.

«Bouée de sauvetage»

Quelques jours plus tard, il a qualifié l'arme nucléaire de "bouée de sauvetage garantissant la sécurité de notre pays", et a menacé de l'utiliser "à titre préventif".

Les nombreux pourparlers diplomatiques visant à convaincre Pyongyang de renoncer à la bombe atomique sont au point mort depuis l'échec, en 2019, d'une rencontre entre Kim Jong Un et le président américain de l'époque Donald Trump.

"Il y a de fortes chances pour qu'ils aient testé (mercredi) un missile pouvant être équipé d'une ogive nucléaire", a déclaré Ahn Chan-il, un chercheur spécialisé dans les affaires nord-coréennes.

Le nouveau lancement intervient par ailleurs à moins d'une semaine de la prise de fonctions du nouveau président sud-coréen Yoon Suk-yeol, un conservateur qui a promis de se montrer plus ferme à l'égard de son voisin du nord.

Pendant sa campagne électorale, M. Yoon a plaidé pour que les Etats-Unis renforcent les défenses antimissiles en Corée du Sud, voire y déploient des armes nucléaires tactiques.

Le président américain Joe Biden doit se rendre en Corée du Sud fin mai. 

Washington «très inquiet»

Le porte-parole du Pentagone a affirmé mercredi être "très inquiet de ces tests et de la nature provocatrice de leur programme de missiles balistiques". John Kirby a indiqué que les Etats-Unis avaient invité Pyongyang à revenir à la table des discussions "sans condition préalable" tout en travaillant "au fait d'être prêt pour notre alliance" avec Séoul et Tokyo.

Interrogée mardi sur une mise au vote en mai d'un projet de résolution américain alourdissant les sanctions internationales contre Pyongyang, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a répondu que les Etats-Unis prévoyaient "d'aller de l'avant" ce mois-ci à ce sujet.

Mis en avril sur la table du Conseil de sécurité, le texte, obtenu par l'AFP, prévoit de réduire de quatre millions à deux millions de barils la quantité de pétrole brut que la Corée du Nord serait autorisée à importer chaque année à des fins civiles, et imposerait des restrictions sur de nouvelles exportations nord-coréennes, notamment de combustibles minéraux et d'horloges.

Selon des diplomates, la Chine et la Russie, détentrices d'un droit de veto au Conseil, ont refusé jusqu'à présent de discuter du contenu du projet. Aucune date pour un vote n'a été avancée, a précisé l'un de ces diplomates. 

Le nouveau test de missile "pourrait être un avertissement" pour M. Yoon, a estimé Hong Min, de l'Institut coréen pour l'unification nationale, selon qui Pyongyang n'acceptera jamais la principale condition posée par le nouveau dirigeant sud-coréen pour reprendre les pourparlers de paix, à savoir le renoncement à l'arme nucléaire.

"Cela pourrait aussi être un signal par Pyongyang qu'il n'a d'autre choix que celui de renforcer son arsenal si Séoul et Washington décident de déployer des armements stratégiques au Sud", a ajouté cet expert.

Selon Cheong Seong-chang, spécialiste de la Corée du Nord à l'Institut Sejong, la Corée du Nord "va essayer de tester le plus de missiles possible" afin "d'améliorer les capacités de son arsenal à un rythme rapide".


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.