L'augmentation du nombre de véhicules électriques dans le CCG, un bon signe pour un avenir écologique

Les consommateurs de la région du CCG sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée, mais des obstacles subsistent, préviennent les experts. (Photo: municipalité de Médine)
Les consommateurs de la région du CCG sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée, mais des obstacles subsistent, préviennent les experts. (Photo: municipalité de Médine)
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Publié le Mercredi 27 avril 2022

L'augmentation du nombre de véhicules électriques dans le CCG, un bon signe pour un avenir écologique

  • Les consommateurs régionaux sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée et leurs faibles émissions de carbone
  • La montée en flèche de la popularité des véhicules électriques rapproche les tendances du CCG de celles qui règnent sur les marchés occidentaux

DUBAÏ: Parmi les nombreuses industries qui sont confrontées à des pressions pour qu’elles apportent des changements fondamentaux à leurs processus de production figure le secteur automobile, l'un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique.

Selon l'Agence américaine pour la protection de l'environnement, un véhicule de tourisme type émet environ 4,6 tonnes métriques de dioxyde de carbone par an.

Cela suppose que le véhicule à essence moyen qui est en circulation aujourd'hui consomme environ 35,5 kilomètres par gallon (4,5 litres) et parcourt 18 507 kilomètres par an. Chaque gallon d'essence brûlé ajoute quelque 8 887 grammes de dioxyde de carbone à l'atmosphère.

De tels chiffres amènent même à se demander s'il est possible pour les géants de l'industrie automobile de réduire de manière considérable leur empreinte carbone afin de respecter leurs critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Heureusement, un regain de popularité des véhicules électriques (VE) dans les pays relativement riches du Conseil de coopération du Golfe (CCG) rapproche la région des tendances qui caractérisent les marchés occidentaux.

En pleine croissance au cours de la dernière décennie, le marché mondial des VE était évalué à 370,86 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) en 2021 et devrait atteindre plus de 1 200 milliards de dollars d'ici à 2027.

En outre, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021, selon l'Agence internationale de l'énergie, la mobilité verte représentant 9% de la part de marché de l'industrie automobile mondiale. C'est plus du double de la part qu'elle détenait en 2020 et le triple de ce qu'elle avait en 2019.

Au Moyen-Orient, l'intérêt pour les alternatives écologiques au véhicule à moteur à combustion interne s'accroît lentement, alors que les constructeurs automobiles font la course pour mettre sur le marché davantage de modèles de véhicules électriques chaque année.

L'Arabie saoudite vise à ce qu'au moins 30% de ses voitures soient électriques d'ici à 2030, conformément à son engagement qui consiste à atteindre des émissions nettes de carbone nulles d'ici à 2060. L'année dernière, le fabricant de VE Lucid a annoncé un plan à long terme qui vise à construire la première usine de fabrication internationale en Arabie saoudite, avec pour objectif de produire 150 000 véhicules par an dans la Ville économique du roi Abdallah (Kaec).

L'Arabie saoudite prévoit de nouvelles usines de production de véhicules électriques (VE) capables de fabriquer 150 000 modèles par an et une infrastructure de VE pour les soutenir. (Photo: municipalité de Médine)
L'Arabie saoudite prévoit de nouvelles usines de production de véhicules électriques (VE) capables de fabriquer 150 000 modèles par an et une infrastructure de VE pour les soutenir. (Photo: municipalité de Médine)

Pendant ce temps-là, les Émirats arabes unis (EAU) font pression pour que 42 000 véhicules électriques circulent dans leurs rues au cours de la prochaine décennie. Pour répondre à la hausse de la demande de mobilité verte, les EAU ont ouvert le mois dernier leur première usine de fabrication de véhicules électriques dans la cité industrielle de Dubaï, construite pour un coût total de 408 millions de dollars. Cette usine devrait produire 55 000 voitures par an.

La concurrence est rude pour s'approprier une part du marché des véhicules électriques dans la région du CCG, avec des marques telles que Tesla qui mènent la charge, et d'autres, comme BMW, Audi et Mercedes-Benz, qui les suivent de près.

Noor Hajir, responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East, affirme qu'il existe des signaux positifs sur le marché du Golfe avec de nombreux promoteurs, en particulier en Arabie saoudite, qui adoptent des alternatives plus vertes et des solutions de mobilité futures telles que les véhicules électriques pour les aider à atteindre leurs futurs objectifs de zéro émission.

«Nous constatons que les promoteurs privés ont tendance à utiliser les stations de recharge pour véhicules électriques comme outil de promotion de l'image de marque et d'incitation des clients dans des actifs tels que les grands centres commerciaux et les quartiers d'affaires», souligne-t-elle.

Au-delà du défi qui consiste à disposer d'un nombre suffisant de bornes de recharge, les véhicules électriques doivent également faire face au climat d'accueil aride de la région. (Photo: AFP)
Au-delà du défi qui consiste à disposer d'un nombre suffisant de bornes de recharge, les véhicules électriques doivent également faire face au climat d'accueil aride de la région. (Photo: AFP)

Mme Hajir estime néanmoins que la région a encore un long chemin à parcourir avant que l'infrastructure nécessaire à l'adoption généralisée des véhicules électriques par les secteurs privé et public ne soit véritablement mise en place.

«Le Moyen-Orient est peut-être à la traîne par rapport aux économies plus développées en ce qui concerne la fourniture d'infrastructures routières pour faciliter et encourager la généralisation de la propriété privée des véhicules électriques, qui dépend largement de l'appui du secteur public», explique-t-elle à Arab News.

Le Dr Hamid Haqparwar, directeur général de BMW Group Middle East, a signalé que le développement des infrastructures pour les véhicules électriques dans la région varie d'un pays à l'autre, ce qui entraîne des taux d'adoption différents selon les marchés.

Toutefois, comme beaucoup d'autres experts dans ce domaine, il pense que l'orientation générale de la région est claire. Les modes de transport plus écologiques sont un élément clé des visions de durabilité établies par les gouvernements et l'adoption massive de véhicules électrifiés par marché est «une question de temps, pas de possibilité».

Le Dr Haqparwar affirme que, au cours de la phase de «transition» actuelle, la région voit une gamme plus large de véhicules électriques entrer sur ses marchés, confirmant que les fabricants continueront à élargir leur portefeuille de véhicules électriques.

«Cette croissance de l'offre ainsi que l'expansion de l'infrastructure requise vont progressivement augmenter la demande au Moyen-Orient. Je m'attendrais à ce que les ventes de véhicules électriques connaissent une croissance plus importante au cours des cinq prochaines années», souligne-t-il à Arab News.

Aussi souhaitable que puisse être la viabilité des véhicules électriques sur le marché du Moyen-Orient, elle n'est pas exempte de défis.

En chiffres

- 33% de dommages environnementaux sont causés par une automobile avant même qu'elle ne soit vendue et conduite. 
- 3%: c’est la part des véhicules hybrides et électriques dans les ventes totales de véhicules neufs en Arabie saoudite. 
- 8% de Saoudiens estiment que les véhicules électriques seront de plus en plus courants à l'avenir.

Selon Mme Hajir, l'une des principales lacunes réside dans le cadre réglementaire, tant au niveau de l'économie de base que des autorités locales.

Par exemple, en Arabie saoudite, où le déploiement des véhicules électriques n'en est qu'à ses débuts, des mises à jour de ces cadres réglementaires sont nécessaires afin de rationaliser les processus de certification et encourager l'adoption de ces véhicules, indique-t-elle à Arab News.

En outre, elle identifie les problèmes de la chaîne d'approvisionnement mondiale et les délais de fabrication qui en découlent comme un défi majeur auquel sont actuellement confrontés les constructeurs automobiles.

Ces retards risquent d’entraîner des répercussions sur certains des projets immédiats de véhicules électriques mis en œuvre au Moyen-Orient.

«L'approvisionnement et la livraison des VE peuvent prendre entre six et dix-huit mois en moyenne», précise Mme Hajir, qui souligne que les fournisseurs de services de mobilité doivent envisager une planification adéquate de la mise en œuvre et un engagement précoce des opérateurs et des fabricants.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021. (Photo: AFP)
Selon l'Agence internationale de l'énergie, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021. (Photo: AFP)

Ensuite, il y a le climat chaud et aride du Moyen-Orient, qui pourrait nuire à la longévité des batteries des véhicules électriques. Selon Mme Hajir, il est urgent de disposer davantage de données centrées sur le Moyen-Orient au sujet de l'impact total de la chaleur sur les batteries des VE.

Pour cette raison, et pour bien d'autres encore, les moteurs à combustion interne seront certainement encore présents sur nos routes, affirme M. Haqparwar. D’après lui, la conduite automobile continuera à occuper une place importante dans la vie des habitants du CCG.

«Alors que d'autres parties du monde verront moins de voitures sur les routes, cette région est plus susceptible de voir de nouveaux modèles écologiques sur nos routes, dans la mesure où la mobilité individuelle entre dans une nouvelle ère», estime-t-il.

M. Haqparwar souligne encore que, si la croissance des ventes de véhicules électriques dans l'ensemble de l'industrie est conforme à l'évolution des valeurs de durabilité de la jeune population de la région, les facteurs émotionnels jouent toujours un rôle majeur dans leur décision d'achat.

Au même moment, la conscience environnementale croissante de la jeune génération de la région se reflète dans les conversations en ligne concernant les véhicules électriques dans le CCG.

Rami Deeb, directeur marketing Ceemea chez Talkwalker, la plate-forme de renseignements sur les consommateurs qui est le leader du secteur, pense que les données en temps réel joueront un rôle essentiel dans le développement de l'industrie régionale des véhicules électriques.

L'entreprise, qui suit les conversations sur les blogs, les réseaux sociaux, les vidéos, l'audio, les forums et les sites d'évaluation dans six pays – l’Arabie saoudite, les EAU, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman –, rapporte une tendance positive autour des véhicules électriques dans la région du CCG au cours des treize derniers mois.

Pendant cette période, il y a eu plus de 133 000 conversations en ligne autour des véhicules électriques dans la région du CCG. 21% d’entre elles expriment un sentiment positif et tournent autour des engagements des gouvernements à atteindre l’objectif de net zéro dans un avenir proche.

Noor Hajir (à gauche), responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East et le Dr Hamid Haqparwar (à droite), directeur général de BMW Group Middle East. (Photo fournie)
Noor Hajir (à gauche), responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East et le Dr Hamid Haqparwar (à droite), directeur général de BMW Group Middle East. (Photo fournie)

Les 25-34 ans ont débattu des dernières innovations technologiques et se sont principalement intéressés aux commentaires vidéo des clients sur les véhicules électriques.

Les 18-24 ans ont surtout partagé leur enthousiasme pour l'avenir et la façon dont des entreprises technologiques comme Apple et Sony explorent l'espace des véhicules électriques avec des voitures conceptuelles et des rendus 3D, indique M. Deeb.

Cette même tranche d'âge a également évoqué l'impact environnemental néfaste de la fabrication de batteries et de l'extraction du lithium.

Dans une étude menée dans le Royaume par le cabinet de conseil Kearney à la fin de l'année dernière, 15% des Saoudiens interrogés ont fait savoir qu'ils avaient l'intention de se procurer un véhicule électrique dans les trois prochaines années, tandis que 33% d’entre eux ont confié que la disponibilité d'un plus grand nombre de stations de recharge augmenterait leur intérêt pour un tel achat.

Par ailleurs, 23% des personnes interrogées ont révélé que la fourniture d’informations supplémentaires et l'exonération des frais par le gouvernement pourraient rendre la possession d'un véhicule électrique plus attrayante.

«Les consommateurs du CCG réagissent positivement au potentiel des véhicules électriques à réduire les émissions de carbone, ainsi qu'au niveau d'innovation qu'ils apportent», reconnaît M. Deeb.

Simultanément, «les grands constructeurs automobiles du monde entier élaborent une feuille de route claire pour adapter leurs usines à l'avenir des véhicules électriques et annoncent leur intention de ne construire que des véhicules électriques», ajoute-t-il.

Dans une poignée de pays, plusieurs mesures d’incitation sont mises en œuvre pour accroître la demande et l'intérêt des consommateurs, comme des places de stationnement gratuites réservées aux véhicules électriques, des badges de péage gratuits et la recharge gratuite via le réseau public de recharge des VE.

Compte tenu de l'abondance des signaux du marché, M. Deeb estime que la véritable «menace» pour le secteur serait toute résistance au changement ou tout irrespect des préférences des consommateurs.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La France mobilise 98 entreprises au World Health Expo Dubai 2026

Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
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  • 98 entreprises françaises présentent leurs innovations en santé au World Health Expo Dubai 2026, principal salon médical du Moyen-Orient
  • La coopération franco-émirienne s’intensifie autour de l’IA, des biotechnologies et de la modernisation des infrastructures de santé

DUBAÏ: À l’occasion de la 50e édition du World Health Expo Dubai (anciennement Arab Health), qui s’est tenue du 9 au 12 février 2026 au Dubai Exhibition Center – Expo City, la France a déployé une délégation exceptionnelle de 98 entreprises réunies sous la bannière French Healthcare. Une présence stratégique au cœur du principal rendez-vous de la santé au Moyen-Orient.

Réparties dans les halls Medical Devices (S5), Orthopedics & Rehabilitation (N37) et Radiology & Medical Imaging (N21), les entreprises françaises présentent un éventail complet d’innovations couvrant les technologies médicales, l’ingénierie hospitalière, les produits pharmaceutiques et la e-santé. L’objectif : illustrer l’engagement français en faveur d’une médecine de précision, durable et centrée sur le patient.

Cette mobilisation intervient alors que les Émirats arabes unis accélèrent la transformation de leur système de santé dans le cadre de la Vision 2071. En 2025, Dubaï comptait près de 5 000 établissements de santé, confirmant son ambition de devenir un hub mondial de l’excellence médicale et du tourisme de santé. Intelligence artificielle, plateformes numériques unifiées et automatisation réglementaire façonnent désormais l’écosystème sanitaire local.

Dans ce contexte, la France renforce son rôle de partenaire clé. En 2024, elle s’est hissée au quatrième rang des fournisseurs pharmaceutiques des Émirats, avec 298,5 millions de dollars d’exportations, en nette progression. Ses expertises en génomique, biotechnologies, IA et santé prédictive répondent directement aux priorités stratégiques émiriennes.

Les relations institutionnelles se sont intensifiées ces dernières années. Le 16e Dialogue stratégique UAE–France, organisé à Abu Dhabi en mai 2024, a consolidé les coopérations dans la santé, les technologies avancées et la recherche. En avril 2025, les French Healthcare Days, organisés lors de l’Abu Dhabi Global Health Week, ont permis à six innovateurs français de multiplier visites hospitalières et rencontres B2B avec le Department of Health – Abu Dhabi.

En mai 2025, le 17e Dialogue stratégique, à Paris, a confirmé la santé parmi les six priorités communes, ouvrant la voie à de nouveaux programmes académiques conjoints et projets de recherche.

Des innovations intégrées au service de la pratique clinique

Au pavillon France, plusieurs entreprises illustrent cette approche intégrée :

  • DMS Imaging et Delmont Imaging présentent des plateformes avancées en radiologie et hystéroscopie, intégrant des analyses pilotées par IA pour favoriser la détection précoce et les interventions mini-invasives.
  • Nutrisens propose des solutions de nutrition médicale fondées sur des preuves scientifiques, essentielles en périopératoire et dans la gestion des maladies chroniques.
  • DessinTey développe des systèmes de rééducation destinés à restaurer la mobilité fonctionnelle et accélérer la récupération post-traumatique.
  • Nateosanté intègre la qualité de l’air dans les parcours cliniques grâce à des dispositifs connectés, contribuant à réduire les risques infectieux nosocomiaux.
  • Praticima optimise la logistique hospitalière et la gestion des médicaments, renforçant sécurité et efficience.

« La France est reconnue pour ses normes de qualité exigeantes, ses cadres réglementaires robustes et sa culture d’innovation fondée sur la recherche. Ces atouts en font un partenaire fiable pour les Émirats arabes unis et l’ensemble du Moyen-Orient », souligne Axel Baroux, directeur Business France Proche et Moyen-Orient.

Portée par l’innovation opérationnelle, la participation française au World Health Expo Dubai 2026 reflète une ambition commune : bâtir des systèmes de santé performants, durables et centrés sur le patient pour les décennies à venir.


ArcelorMittal confirme la construction à Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
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  • ArcelorMittal investit 1,3 milliard d’euros dans un four électrique de 2 Mt/an à Dunkerque, le plus grand d’Europe, avec un démarrage prévu en 2029 et un financement public couvrant 50 % via les CEE
  • Le projet marque un tournant vers la décarbonation de l’acier (60 % recyclé), tout en maintenant une production stable du site, soutenu par des mesures européennes de protection du marché et un contrat énergétique de long terme avec EDF

DUNKERQUE: Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé mardi la construction d'un four électrique d'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an sur son site de Dunkerque, ce qui en fait son plus gros en Europe, destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site.

Le projet annoncé en janvier 2024 par le géant de l'acier, comprenant initialement deux fours et chiffré jusqu'à 1,8 milliard d'euros, concerne finalement un four électrique, pour un montant de 1,3 milliard d'euros, a précisé ArcelorMittal.

Le début des travaux est prévu "dans les semaines qui viennent" et le démarrage du four "courant 2029" a précisé le président d'ArcelorMittal Fance, Alain Grix de la Salle peu avant l'annonce officielle en présence du président Emmanuel Macron.

L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.

L'un des deux haut-fourneaux de Dunkerque sera arrêté lorsque le four électrique sera "en rythme de production normale", c'est-à-dire dans les "années à peu près 2030", a-t-il précisé, ajoutant que le site doit garder "un niveau total de production stable" à 5,5 millions de tonnes.

Les hauts-fourneaux fabriquent de l'acier à partir de matières premières brutes, tandis que le four annoncé fonctionnera à 60% avec de l'acier recyclé.

ArcelorMital a salué dans un communiqué "les progrès accomplis par la Commission européenne", citant les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur soutien, et en particulier leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe, à commencer par Dunkerque".

Avec deux fours électriques en cours d'agrandissement à Sestao en Espagne, ArcelorMittal prévoit d'avoir "une capacité proche de 5 millions de tonnes d'acier en acier décarboné".

En France, ArcelorMittal et EDF ont signé en décembre 2025 "un contrat sur 18 ans pour les sites français du groupe" lui garantissant un accès à l'énergie "à un coût compétitif", a souligné l'Elysée.


Les chemins de fer saoudiens battent des records en 2025 : 14 millions de passagers et 30 millions de tonnes de fret

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
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  • Le transport de 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025 a permis de supprimer 2 millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume et d’économiser 139 millions de litres de carburant
  • Cela a également entraîné une réduction des émissions de carbone de 364 000 tonnes, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne

​​​​​​RIYAD : Les chemins de fer saoudiens (Saudi Arabia Railways, SAR) ont annoncé des résultats opérationnels record pour l’année 2025, consolidant leur position comme un pilier des secteurs logistique et touristique du Royaume.

SAR a transporté plus de 14 millions de passagers, soit une augmentation significative par rapport aux 11,2 millions de passagers enregistrés en 2023, soulignant l’adoption croissante du rail tant pour les déplacements quotidiens que pour les pèlerinages, rapporte l’Agence de presse saoudienne.

De même, le transport de fret a fortement progressé, passant d’environ 24 millions de tonnes en 2023 à 30 millions de tonnes en 2025, stimulé par la demande industrielle accrue et la logistique minière.

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail, le réseau a permis de supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume, entraînant une économie de 139 millions de litres de carburant.

Cela s’est également traduit par une réduction de 364 000 tonnes d’émissions de carbone, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne.

Ces chiffres soulignent le rôle central de SAR dans la réalisation de la Stratégie nationale des transports et de la logistique (NTLS) et de la Vision 2030 de l’Arabie Saoudite, en offrant un réseau à la fois efficace et durable sur le plan environnemental.

“Dream of the Desert”

Une réalisation marquante de 2025 a été le lancement officiel du Dream of the Desert, le premier train de luxe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Le ministre des Transports et des Services Logistiques et président de SAR, Saleh Al-Jasser, a dévoilé le premier wagon du “Dream of the Desert” en octobre dernier lors du FII9. (Photo SPA)

Développé en partenariat avec le groupe italien de luxe Arsenale, ce service a redéfini le tourisme ferroviaire. Le train comprend 40 cabines de luxe sur mesure, offrant une expérience de « croisière ferroviaire » inspirée de l’Orient Express classique, mais avec une identité saoudienne unique. L’itinéraire traverse le Royaume de Riyadh à Al Qurayyat, en s’arrêtant sur des sites culturels clés tels que Ha’il et Al-Jouf, transformant ainsi le voyage lui-même en destination.

Dans un mouvement majeur pour tirer parti du Transit-Oriented Development (TOD), SAR a annoncé la création d’un fonds immobilier de 6 milliards SAR axé sur La Mecque.

Ce fonds est dédié au développement de terrains premium adjacents à la gare du Haramain High Speed Railway à La Mecque. L’initiative vise à améliorer l’expérience des pèlerins en construisant des hôtels à grande capacité, des centres commerciaux et des unités résidentielles directement connectés à la gare. Ce développement permet non seulement de diversifier les sources de revenus de SAR, mais soutient également l’objectif du gouvernement d’accueillir 30 millions de pèlerins pour la Omra chaque année en intégrant parfaitement transport et hébergement.

Reconnaissance internationale

À l’international, l’engagement de SAR pour l’excellence a été reconnu. SAR est devenue la première entreprise à recevoir le prestigieux prix de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour les trains touristiques longue distance.

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Union à Paris, en France, avec la participation de grandes compagnies ferroviaires mondiales.

L’UIC, organisation ferroviaire mondiale, a décerné le prix en reconnaissance de l’innovation de SAR dans l’intégration du tourisme de luxe à l’infrastructure ferroviaire lourde.

Cette distinction consolide la réputation de SAR pour la qualité de ses services et place le Royaume comme destination de premier plan pour les passionnés de chemins de fer et les voyageurs de luxe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com