L'augmentation du nombre de véhicules électriques dans le CCG, un bon signe pour un avenir écologique

Les consommateurs de la région du CCG sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée, mais des obstacles subsistent, préviennent les experts. (Photo: municipalité de Médine)
Les consommateurs de la région du CCG sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée, mais des obstacles subsistent, préviennent les experts. (Photo: municipalité de Médine)
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Publié le Mercredi 27 avril 2022

L'augmentation du nombre de véhicules électriques dans le CCG, un bon signe pour un avenir écologique

  • Les consommateurs régionaux sont attirés par les véhicules électriques pour leur ingénierie avancée et leurs faibles émissions de carbone
  • La montée en flèche de la popularité des véhicules électriques rapproche les tendances du CCG de celles qui règnent sur les marchés occidentaux

DUBAÏ: Parmi les nombreuses industries qui sont confrontées à des pressions pour qu’elles apportent des changements fondamentaux à leurs processus de production figure le secteur automobile, l'un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique.

Selon l'Agence américaine pour la protection de l'environnement, un véhicule de tourisme type émet environ 4,6 tonnes métriques de dioxyde de carbone par an.

Cela suppose que le véhicule à essence moyen qui est en circulation aujourd'hui consomme environ 35,5 kilomètres par gallon (4,5 litres) et parcourt 18 507 kilomètres par an. Chaque gallon d'essence brûlé ajoute quelque 8 887 grammes de dioxyde de carbone à l'atmosphère.

De tels chiffres amènent même à se demander s'il est possible pour les géants de l'industrie automobile de réduire de manière considérable leur empreinte carbone afin de respecter leurs critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Heureusement, un regain de popularité des véhicules électriques (VE) dans les pays relativement riches du Conseil de coopération du Golfe (CCG) rapproche la région des tendances qui caractérisent les marchés occidentaux.

En pleine croissance au cours de la dernière décennie, le marché mondial des VE était évalué à 370,86 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) en 2021 et devrait atteindre plus de 1 200 milliards de dollars d'ici à 2027.

En outre, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021, selon l'Agence internationale de l'énergie, la mobilité verte représentant 9% de la part de marché de l'industrie automobile mondiale. C'est plus du double de la part qu'elle détenait en 2020 et le triple de ce qu'elle avait en 2019.

Au Moyen-Orient, l'intérêt pour les alternatives écologiques au véhicule à moteur à combustion interne s'accroît lentement, alors que les constructeurs automobiles font la course pour mettre sur le marché davantage de modèles de véhicules électriques chaque année.

L'Arabie saoudite vise à ce qu'au moins 30% de ses voitures soient électriques d'ici à 2030, conformément à son engagement qui consiste à atteindre des émissions nettes de carbone nulles d'ici à 2060. L'année dernière, le fabricant de VE Lucid a annoncé un plan à long terme qui vise à construire la première usine de fabrication internationale en Arabie saoudite, avec pour objectif de produire 150 000 véhicules par an dans la Ville économique du roi Abdallah (Kaec).

L'Arabie saoudite prévoit de nouvelles usines de production de véhicules électriques (VE) capables de fabriquer 150 000 modèles par an et une infrastructure de VE pour les soutenir. (Photo: municipalité de Médine)
L'Arabie saoudite prévoit de nouvelles usines de production de véhicules électriques (VE) capables de fabriquer 150 000 modèles par an et une infrastructure de VE pour les soutenir. (Photo: municipalité de Médine)

Pendant ce temps-là, les Émirats arabes unis (EAU) font pression pour que 42 000 véhicules électriques circulent dans leurs rues au cours de la prochaine décennie. Pour répondre à la hausse de la demande de mobilité verte, les EAU ont ouvert le mois dernier leur première usine de fabrication de véhicules électriques dans la cité industrielle de Dubaï, construite pour un coût total de 408 millions de dollars. Cette usine devrait produire 55 000 voitures par an.

La concurrence est rude pour s'approprier une part du marché des véhicules électriques dans la région du CCG, avec des marques telles que Tesla qui mènent la charge, et d'autres, comme BMW, Audi et Mercedes-Benz, qui les suivent de près.

Noor Hajir, responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East, affirme qu'il existe des signaux positifs sur le marché du Golfe avec de nombreux promoteurs, en particulier en Arabie saoudite, qui adoptent des alternatives plus vertes et des solutions de mobilité futures telles que les véhicules électriques pour les aider à atteindre leurs futurs objectifs de zéro émission.

«Nous constatons que les promoteurs privés ont tendance à utiliser les stations de recharge pour véhicules électriques comme outil de promotion de l'image de marque et d'incitation des clients dans des actifs tels que les grands centres commerciaux et les quartiers d'affaires», souligne-t-elle.

Au-delà du défi qui consiste à disposer d'un nombre suffisant de bornes de recharge, les véhicules électriques doivent également faire face au climat d'accueil aride de la région. (Photo: AFP)
Au-delà du défi qui consiste à disposer d'un nombre suffisant de bornes de recharge, les véhicules électriques doivent également faire face au climat d'accueil aride de la région. (Photo: AFP)

Mme Hajir estime néanmoins que la région a encore un long chemin à parcourir avant que l'infrastructure nécessaire à l'adoption généralisée des véhicules électriques par les secteurs privé et public ne soit véritablement mise en place.

«Le Moyen-Orient est peut-être à la traîne par rapport aux économies plus développées en ce qui concerne la fourniture d'infrastructures routières pour faciliter et encourager la généralisation de la propriété privée des véhicules électriques, qui dépend largement de l'appui du secteur public», explique-t-elle à Arab News.

Le Dr Hamid Haqparwar, directeur général de BMW Group Middle East, a signalé que le développement des infrastructures pour les véhicules électriques dans la région varie d'un pays à l'autre, ce qui entraîne des taux d'adoption différents selon les marchés.

Toutefois, comme beaucoup d'autres experts dans ce domaine, il pense que l'orientation générale de la région est claire. Les modes de transport plus écologiques sont un élément clé des visions de durabilité établies par les gouvernements et l'adoption massive de véhicules électrifiés par marché est «une question de temps, pas de possibilité».

Le Dr Haqparwar affirme que, au cours de la phase de «transition» actuelle, la région voit une gamme plus large de véhicules électriques entrer sur ses marchés, confirmant que les fabricants continueront à élargir leur portefeuille de véhicules électriques.

«Cette croissance de l'offre ainsi que l'expansion de l'infrastructure requise vont progressivement augmenter la demande au Moyen-Orient. Je m'attendrais à ce que les ventes de véhicules électriques connaissent une croissance plus importante au cours des cinq prochaines années», souligne-t-il à Arab News.

Aussi souhaitable que puisse être la viabilité des véhicules électriques sur le marché du Moyen-Orient, elle n'est pas exempte de défis.

En chiffres

- 33% de dommages environnementaux sont causés par une automobile avant même qu'elle ne soit vendue et conduite. 
- 3%: c’est la part des véhicules hybrides et électriques dans les ventes totales de véhicules neufs en Arabie saoudite. 
- 8% de Saoudiens estiment que les véhicules électriques seront de plus en plus courants à l'avenir.

Selon Mme Hajir, l'une des principales lacunes réside dans le cadre réglementaire, tant au niveau de l'économie de base que des autorités locales.

Par exemple, en Arabie saoudite, où le déploiement des véhicules électriques n'en est qu'à ses débuts, des mises à jour de ces cadres réglementaires sont nécessaires afin de rationaliser les processus de certification et encourager l'adoption de ces véhicules, indique-t-elle à Arab News.

En outre, elle identifie les problèmes de la chaîne d'approvisionnement mondiale et les délais de fabrication qui en découlent comme un défi majeur auquel sont actuellement confrontés les constructeurs automobiles.

Ces retards risquent d’entraîner des répercussions sur certains des projets immédiats de véhicules électriques mis en œuvre au Moyen-Orient.

«L'approvisionnement et la livraison des VE peuvent prendre entre six et dix-huit mois en moyenne», précise Mme Hajir, qui souligne que les fournisseurs de services de mobilité doivent envisager une planification adéquate de la mise en œuvre et un engagement précoce des opérateurs et des fabricants.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021. (Photo: AFP)
Selon l'Agence internationale de l'énergie, les ventes mondiales de véhicules électriques ont plus que doublé pour atteindre 6,6 millions de dollars en 2021. (Photo: AFP)

Ensuite, il y a le climat chaud et aride du Moyen-Orient, qui pourrait nuire à la longévité des batteries des véhicules électriques. Selon Mme Hajir, il est urgent de disposer davantage de données centrées sur le Moyen-Orient au sujet de l'impact total de la chaleur sur les batteries des VE.

Pour cette raison, et pour bien d'autres encore, les moteurs à combustion interne seront certainement encore présents sur nos routes, affirme M. Haqparwar. D’après lui, la conduite automobile continuera à occuper une place importante dans la vie des habitants du CCG.

«Alors que d'autres parties du monde verront moins de voitures sur les routes, cette région est plus susceptible de voir de nouveaux modèles écologiques sur nos routes, dans la mesure où la mobilité individuelle entre dans une nouvelle ère», estime-t-il.

M. Haqparwar souligne encore que, si la croissance des ventes de véhicules électriques dans l'ensemble de l'industrie est conforme à l'évolution des valeurs de durabilité de la jeune population de la région, les facteurs émotionnels jouent toujours un rôle majeur dans leur décision d'achat.

Au même moment, la conscience environnementale croissante de la jeune génération de la région se reflète dans les conversations en ligne concernant les véhicules électriques dans le CCG.

Rami Deeb, directeur marketing Ceemea chez Talkwalker, la plate-forme de renseignements sur les consommateurs qui est le leader du secteur, pense que les données en temps réel joueront un rôle essentiel dans le développement de l'industrie régionale des véhicules électriques.

L'entreprise, qui suit les conversations sur les blogs, les réseaux sociaux, les vidéos, l'audio, les forums et les sites d'évaluation dans six pays – l’Arabie saoudite, les EAU, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman –, rapporte une tendance positive autour des véhicules électriques dans la région du CCG au cours des treize derniers mois.

Pendant cette période, il y a eu plus de 133 000 conversations en ligne autour des véhicules électriques dans la région du CCG. 21% d’entre elles expriment un sentiment positif et tournent autour des engagements des gouvernements à atteindre l’objectif de net zéro dans un avenir proche.

Noor Hajir (à gauche), responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East et le Dr Hamid Haqparwar (à droite), directeur général de BMW Group Middle East. (Photo fournie)
Noor Hajir (à gauche), responsable de la planification des transports et de la mobilité chez WSP Middle East et le Dr Hamid Haqparwar (à droite), directeur général de BMW Group Middle East. (Photo fournie)

Les 25-34 ans ont débattu des dernières innovations technologiques et se sont principalement intéressés aux commentaires vidéo des clients sur les véhicules électriques.

Les 18-24 ans ont surtout partagé leur enthousiasme pour l'avenir et la façon dont des entreprises technologiques comme Apple et Sony explorent l'espace des véhicules électriques avec des voitures conceptuelles et des rendus 3D, indique M. Deeb.

Cette même tranche d'âge a également évoqué l'impact environnemental néfaste de la fabrication de batteries et de l'extraction du lithium.

Dans une étude menée dans le Royaume par le cabinet de conseil Kearney à la fin de l'année dernière, 15% des Saoudiens interrogés ont fait savoir qu'ils avaient l'intention de se procurer un véhicule électrique dans les trois prochaines années, tandis que 33% d’entre eux ont confié que la disponibilité d'un plus grand nombre de stations de recharge augmenterait leur intérêt pour un tel achat.

Par ailleurs, 23% des personnes interrogées ont révélé que la fourniture d’informations supplémentaires et l'exonération des frais par le gouvernement pourraient rendre la possession d'un véhicule électrique plus attrayante.

«Les consommateurs du CCG réagissent positivement au potentiel des véhicules électriques à réduire les émissions de carbone, ainsi qu'au niveau d'innovation qu'ils apportent», reconnaît M. Deeb.

Simultanément, «les grands constructeurs automobiles du monde entier élaborent une feuille de route claire pour adapter leurs usines à l'avenir des véhicules électriques et annoncent leur intention de ne construire que des véhicules électriques», ajoute-t-il.

Dans une poignée de pays, plusieurs mesures d’incitation sont mises en œuvre pour accroître la demande et l'intérêt des consommateurs, comme des places de stationnement gratuites réservées aux véhicules électriques, des badges de péage gratuits et la recharge gratuite via le réseau public de recharge des VE.

Compte tenu de l'abondance des signaux du marché, M. Deeb estime que la véritable «menace» pour le secteur serait toute résistance au changement ou tout irrespect des préférences des consommateurs.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rachat de SFR en France: la fin des négociations entre opérateurs attendue vendredi

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
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  • Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros
  • Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours

PARIS: Après un premier report, la période de négociations exclusives sur la vente de l'opérateur SFR à ses trois concurrents français doit s'achever vendredi, avec en ligne de mire un possible accord et une reconfiguration du marché à trois opérateurs.

Le secteur des télécoms s'offre un deuxième moment de suspens avec cette nouvelle échéance.

Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros, mais de nombreux détails du contrat restaient à finaliser.

Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours.

"Ce type de dossier est d'une complexité sans nom", estime auprès de l'AFP une source proche des négociations.

Selon cette même source, si "tout le monde bosse dans un esprit constructif" pour parvenir à un accord rapidement, "plus personne n'est à deux jours près".

Deux issues sont privilégiées: un accord, ou une nouvelle extension de la période de négociations.

L'hypothèse d'un recul avec abandon des discussions apparaît quant à elle comme très improbable, après des mois d'échanges entre les trois potentiels acheteurs, regroupés au sein d'un consortium, et la maison mère de SFR, Altice France.

Accord inédit 

"Si ça devait être le cas, j'imagine qu'ils auraient jeté l'éponge il y a quelques semaines déjà", dit à l'AFP Renaud Kanayakis, associé au sein du cabinet 2023 Conseil.

"Côté Altice France, Patrick Drahi doit trouver une solution pour les actifs de SFR, toujours dans cette logique de réduction de sa dette", poursuit le spécialiste des télécoms.

D'après plusieurs sources proches du dossier, l'un des points sensibles des négociations concerne les contours de la clause d'"earn out", qui définit un complément de prix en fonction de certains paramètres liés à l'entreprise rachetée.

Si les contours de l'éventuel deal final n'ont pas encore été réglés, ce premier accord sur le prix de vente, officialisé mi-avril avec l'ouverture de la période de négociations exclusives, constitue déjà un événement inédit dans un secteur des télécoms très compétitif.

La réunion de trois concurrents au sein d'un même consortium d'acheteurs, puis la poursuite des discussions avec le groupe du milliardaire Patrick Drahi, après le refus d'une première offre de rachat à hauteur de 17 milliards d'euros, augurent d'une possible reconfiguration du marché.

Millions d'abonnés 

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.

Les 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions de clients fixes seront répartis à terme vers Free, Bouygues ou Orange.

Si elle aboutit, l'opération restera soumise au contrôle des autorités de concurrence. La compétence de Bruxelles ou de Paris devra alors être tranchée, avant que ne s'ouvre une phase d'évaluation du dossier qui devrait prendre environ 18 mois.

Sur un marché à trois opérateurs, les observateurs du secteur s'attendent à une hausse des prix, qui devrait être relativement modérée selon de nombreux spécialistes.

En parallèle, les salariés de SFR, mais également ceux des autres opérateurs, ont émis des craintes au sujet de leurs emplois.

Tandis que le syndicat CFE-CGC Télécoms s'est inquiété d'une "casse sociale annoncée", les représentations syndicales CFDT chez Bouygues Telecom et SFR ont quant à elle demandé des "garanties concrètes pour l'emploi".


Choose France: 93 milliards d'euros d'investissements, un enjeu de "crédibilité" pour Macron

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors du sommet économique « Choose France », visant à attirer les investisseurs étrangers dans le pays, au château de Versailles à Versailles, le 1er juin 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors du sommet économique « Choose France », visant à attirer les investisseurs étrangers dans le pays, au château de Versailles à Versailles, le 1er juin 2026. (AFP)
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  • Le sommet Choose France à Versailles a enregistré un record de 93 milliards d’euros d’investissements annoncés, principalement portés par l’IA et les centres de données, avec environ 15.600 emplois attendus
  • Emmanuel Macron met en avant la crédibilité des engagements et l’attractivité de la France, notamment dans l’IA, tout en appelant à poursuivre les réformes et la simplification pour renforcer la compétitivité

VERSAILLES: Le sommet Choose France, grand-messe des investissements étrangers, a engrangé une moisson record de projets grâce à l'IA et aux centres de données, Emmanuel Macron engageant sa "crédibilité" sur leur mise en oeuvre lors de cette dernière édition sous sa présidence.

Organisée sous les ors du château de Versailles, cette neuvième édition a enregistré 93 milliards d'euros d'investissements annoncés, représentant la création de 15.600 emplois.

"Tout ce que vous avez signé ici, tout ce qui a été annoncé aujourd’hui  (...)  sera mis en œuvre et livré dans les délais", a déclaré le président de la République devant un parterre de dirigeants d'entreprises étrangers rassemblés dans les jardins, après des bilatérales et tables rondes.

"Je mets ma crédibilité sur la table", a-t-il ajouté alors que l'incertitude demeure sur la suite de cet événement après son départ en 2027.

Cette édition dépasse les promesses d'investissements cumulées des huit précédents Choose France ("Choisissez la France"), qui atteignaient 87 milliards d'euros.

"c'est le fruit des réformes, de la constance, d'un écosystème qu'on a su bâtir", a avancé Emmanuel Macron, vantant les réformes fiscales et du droit du travail engagées depuis son premier mandat en 2017, ainsi qu'une énergie nucléaire décarbonée "très compétitive" en pleine crise énergétique mondiale.

A lui seul, SoftBank représente près de la moitié des investissements annoncés. Le géant japonais prévoit, en partenariat avec le groupe français Schneider Electric, des centres de données dans les Hauts-de-France représentant 45 milliards d'euros d'ici à 2031, et 75 milliards d'euros à terme.

- L'IA "source de prospérité" -

Toujours dans le domaine numérique, le gestionnaire d'actifs canadien Brookfield investira 10 milliards d'euros supplémentaires dans les infrastructures liées à l'IA en France pour atteindre jusqu'à 30 milliards au total.

"La France est une bonne destination pour les infrastructures d'intelligence artificielle", a expliqué à des journalistes Sikander Rashid, responsable pour l'Europe de Brookfield. Le pays "bénéficie d'une administration très favorable" et d'une "importante production d'énergie nucléaire".

"L'intelligence artificielle, ça doit être une source de prospérité pour la France", a souligné le ministre de l'Economie Roland Lescure, disant vouloir "créer des chaînes de valeur complètes".

D'autres investissements importants dans le domaine ont aussi été annoncés par le fonds émirati MGX et Bpifrance, en en partenariat avec Mistral et Nvidia, ainsi que par la société d'investissement Ardian et la plateforme nordique de centres de données Verne et par le groupe informatique américain Salesforce.

Ces projets vont permettre "de faire de la France de très loin le premier pays accueillant des centres de données (...) et des capacités de calcul en Europe, et de faire de la France aussi le point avancé de la production de robots IA, d'industrialisation par l'IA", s'était félicité Emmanuel Macron en matinée à l'Elysée, où il a reçu le dirigeant de Softbank.

"Nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe" par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, avait-il affirmé.

- "Faire mieux" -

Des investissements ont également été annoncés dans les semi-conducteurs, les minerais critiques, la santé ou l'acier.

Comme atout, Emmanuel Macron a vanté la grande prévisibilité de la France et de l'Europe. "Aucun d’entre nous ne peut changer les règles du jour au lendemain", a-t-il dit dans une allusion au président américain Donald Trump.

Mais le chef de l'Etat a appelé à poursuivre sur la voie de la simplification réglementaire et de l'accélération des prises de décision en France comme en Europe.

"Nous sommes les premiers de la classe en Europe", a-t-il souligné, en référence à un baromètre EY faisant de la France la championne de l'attractivité sur le continent, "mais quand je compare avec le reste du monde, nous pouvons faire mieux encore", a-t-il lancé.

Créé en janvier 2018 par Emmanuel Macron, Choose France a depuis été institué comme le rendez-vous annuel emblématique de sa politique pro-entreprise.

Depuis le premier sommet, plus de 230 projets ont été annoncés, représentant selon Emmanuel Macron 50.000 emplois industriels nouveaux.

L'édition 2025 du sommet avait déjà battu un record avec 20 milliards d'euros de projets annoncés, et 20,8 milliards d'euros d'engagements sur l'IA entérinés.

L'économiste Sylvain Bersinger a toutefois estimé que les annonces de Versailles "ne doivent pas masquer le fait que l'investissement total des entreprises en France est déprimé".


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.