PARIS: Dernières caisses à transporter, ultimes pièces de musée à poser dans les vitrines: le « déménagement du siècle » s'achève pour le berceau historique de la Bibliothèque nationale de France (BnF), situé au cœur de Paris, qui fait peau neuve.
Installé au XVIIIe siècle dans un ensemble de bâtiments prestigieux près du jardin du Palais Royal, le site abrite des collections exceptionnelles: manuscrits, estampes, photographies, collections liées à la musique et aux arts du spectacles, cartes ou encore monnaies, médailles et antiques.
Pour écrire son roman « Salammbô », l'écrivain Gustave Flaubert (1821-1880) avait ainsi effectué plusieurs visites au Cabinet des médailles pour examiner des monnaies antiques.
Mais le site, vétuste, traînait une image austère de trou à rats de bibliothèque.
Au terme de longs travaux, débutés en 2010 et qui ont coûté 248 millions d'euros, selon le site internet de la BnF, il rouvrira complètement au public le 17 septembre, avec des salles plus ouvertes, fonctionnelles et aérées.
Une majestueuse salle de lecture, la salle Ovale, proposera par exemple 9 000 bandes dessinées en accès libre.
Par ailleurs, « (des) salles, dont certaines étaient accessibles au public, n'étaient pas pensées comme musée. Cette fois, c'est exposé et ouvert à tous », explique la présidente de la BnF, Laurence Engel.
Parmi les trésors exposés: le trône du roi Dagobert (« fin VIIIe siècle-IXe siècle », lit-on), en bronze, abîmé par Napoléon Ier et réparé comme il le pouvait par son ferronnier.
Un des espaces phares sera la galerie Mazarin entièrement rénovée, longue de 46 mètres, avec des fresques baroques. Chez le cardinal Jules Mazarin, où déambulaient les hôtes de marque au XVIIe siècle, Parisiens et touristes pourront observer des joyaux tirés des collections, qui changeront régulièrement.
Travail titanesque
La vocation muséale du site remonte à loin, rappelle Mme Engel: « l'idée de montrer au public des collections, à l'époque royales, idée qui est à l'origine du concept de musée, date de Louis XV ». Et « ce public de curieux n'est pas celui de la Cour de Versailles », souligne-t-elle.
Le site, s'il est le berceau historique de la BnF, n'en en plus aujourd'hui qu'un pôle, depuis l'ouverture en 1998 de la Grande Bibliothèque François-Mitterrand, sur les quais de Seine, dans le sud-est de Paris.
Pour moderniser les lieux, il a fallu d'abord les vider avant de faire faire le chemin inverse aux objets ou documents.
Pour les plus précieuses, les caisses remplies de volumes ont été suivies des yeux du début à la fin par un conservateur.
Ce travail, qui approche son terme, fut titanesque.
Exemple: « Le Département des estampes et photographies, c'est aux alentours de 15 millions d'images », détaille Corinne Le Bitouzé, conservatrice au sein de cette division.
En montrant une boîte de chefs-d'œuvre du peintre Katsushika Hokusai (1760–1849), découverts à Paris, elle souligne que des experts japonais « ne les connaissaient pas ».
Richelieu renferme nombre de ces perles du patrimoine culturel mondial.
Quand le président français Emmanuel Macron était venu visiter le chantier en septembre 2021, on lui avait par exemple présenté un plat romain en argent du Ier siècle, ou le manuscrit de « Don Giovanni » de Mozart, où apparaissent la précision de l'écriture et le souci du détail du compositeur autrichien.
Julie Garel-Grislin, du Département des cartes et plans, ouvre une boîte: c'est le Globe vert de 1507, le premier où est inscrit « America ». Très fragile, il bénéficiera de conditions de température et d'hygrométrie idéales.
Et « maintenant, nous avons la place pour exposer verticalement nos cartes très grand format, au lieu de devoir les laisser en permanence dans des rouleaux. Ça change tout », se félicite-t-elle.
La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce.
Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque" par le groupe slovène RTV.
Les trois pays ont décidé de ne pas envoyer de candidat en raison de la présence d'Israël à qui ils reprochent la conduite de la guerre à Gaza en représailles à l'attaque le 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol.
Tout comme l'Islande et les Pays-Bas, qui en revanche diffuseront l'événement auquel 35 pays au total prennent part.
Lors de la seconde demi-finale le 14 mai, l'Albanie, le Danemark, l'Arménie, la Roumanie, Chypre, la Suisse, la Norvège, l'Azerbaïdjan, le Luxembourg, Malte, la Bulgarie, l'Australie, l'Ukraine, la République tchèque et la Lettonie tenteront leur chance.
Les points des jurys seront combinés aux résultats d'un vote du public, pour déterminer les dix chansons qualifiées lors de chaque demi-finale.
Ces 20 chansons rejoindront les titres présélectionnés de l'Autriche, gagnante de l'année dernière à Bâle, en Suisse, et qualifiée d'office pour la finale samedi.
La France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni viennent automatiquement compléter le tableau, en raison de leur statut de principaux contributeurs financiers.
Cercueils
Le député français Thomas Portes (gauche radicale) a aussi évoqué l'Eurovision mardi en conférence de presse à l'Assemblée nationale à Paris.
"Laisser Israël sur la scène de l'Eurovision n'est pas neutre", a-t-il déclaré. "C'est laisser faire, c'est banaliser les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité".
Quelques dizaines de militants propalestiniens ont déposé des cercueils dans le centre de la capitale autrichienne pour protester contre la participation d'Israël.
"Bien sûr, la musique devrait être quelque chose d'universel. La musique devrait rassembler les gens, mais pas de cette manière", a déclaré à l'AFP Karin Spindlberger, une manifestante de 67 ans.
Pour Martin Green, le directeur de l'Eurovision, "c'est très sain que deux points de vue puissent s'exprimer simultanément dans la même ville".
"Chacun respecte l’espace de l’autre, l'Autriche étant un pays qui permet à chacun d'exprimer son point de vue, et je pense qu'elle peut en être très fière", a-t-il déclaré mardi en conférence de presse.
Amichai Chikli, le ministre israélien des Affaires étrangères, s'est inquiété lundi dans un communiqué d'une "forte poussée, coordonnée, de discours antisémites et anti-israéliens autour de l'Eurovision 2026".
"J'ai donné instruction d'élargir la surveillance et les alertes en temps réel", a-t-il ajouté.
Boy George
Parmi les favoris du concours, le candidat israélien Noam Bettan, chante en hébreu, français et anglais. Sa vidéo a été vue 3,4 millions de fois sur la chaîne YouTube officielle de l'Eurovision, une performance bien au-dessus de la moyenne.
La Finlande et la Grèce devraient aussi passer l'étape de ces demi-finales comme une formalité.
Akylas Mytilineos, le candidat envoyé par Athènes, 27 ans, raconte avoir dû faire de la musique dans la rue pour payer les factures.
Il se définit comme queer et sa chanson, "Ferto", soit "Ramène ça!", est un morceau électro-pop sur la cupidité et la quête de richesse matérielle.
Interrogés par l'AFP dimanche, Linda Lampenius et Pete Parkkonen, les candidats de la Finlande, n'ont pas semblé stressés par leur statut de chouchous des parieurs.
"Le ressenti doit venir du cœur", explique ce duo composé d'une violoniste de 56 ans et d'un chanteur de 36 ans qui fait mouche avec un titre, "Liekinheitin", "Lance-flamme", interprété en finnois.
Boy George, star des années 1980, va faire une apparition lors du passage de la chanteuse Senhit, qui représente Saint-Marin.







