Gambie: L’apiculture, moyen de subsistance dans les forêts des zones arides

En Gambie, la population rurale grandissante a du mal à gérer de manière durable les forêts des zones arides, dont elle dépend pour sa subsistance et sa sécurité alimentaire. Un projet de la FAO encourage la pratique de l’apiculture afin d’augmenter les revenus tout en protégeant les ressources naturelles. ©FAO/Sambou Nget
En Gambie, la population rurale grandissante a du mal à gérer de manière durable les forêts des zones arides, dont elle dépend pour sa subsistance et sa sécurité alimentaire. Un projet de la FAO encourage la pratique de l’apiculture afin d’augmenter les revenus tout en protégeant les ressources naturelles. ©FAO/Sambou Nget
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Publié le Mercredi 13 avril 2022

Gambie: L’apiculture, moyen de subsistance dans les forêts des zones arides

  • Orné d’imposants baobabs, d’étonnants kapokiers et de forêts de mangrove aux couleurs de jade, que l’on trouve à l’intérieur des terres ou le long des rives humides du fleuve Gambie, le pays compte 480 000 hectares de forêts
  • Avec le soutien de la FAO dans le cadre de ce projet financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), les groupes d’apiculteurs construisent des ruches dans la forêt afin de récolter du miel pour leur subsistance

PARIS: Ils sont parsemés de végétation bordant les fleuves, de palmiers et de feuillus. Ils sont constellés de salines, de savanes et de mangroves. À première vue, les forêts et les bois de la Gambie, teintés de différentes nuances de vert, sont à la fois menaçants et époustouflants.

Orné d’imposants baobabs, d’étonnants kapokiers et de forêts de mangrove aux couleurs de jade, que l’on trouve à l’intérieur des terres ou le long des rives humides du fleuve Gambie, le pays compte 480 000 hectares de forêts aux promesses insoupçonnées.

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Les apiculteurs faisant partie des groupes d’entreprises apicoles produisent du miel et des produits à base de miel afin de répondre à la demande croissante et de compléter leurs revenus provenant d’autres activités agricoles. ©FAO/Sambou Nget

Ces forêts et zones boisées se sont toutefois rapidement appauvries en raison de l’augmentation rapide de la population, de l’extraction non durable des ressources et des feux de forêt non maîtrisés. La population rurale grandissante de ce pays d’Afrique de l’Ouest a du mal à lutter contre la pauvreté et à gérer durablement les forêts des zones arides, dont elle dépend pour sa subsistance et sa sécurité alimentaire.

Grâce à un programme phare mené par la FAO et le Ministère des forêts de Gambie, le projet «Gestion communautaire durable des forêts des zones arides» a fourni à des groupes d’apiculteurs communautaires, connus localement sous le nom de «Honey Enterprise Groups» (groupes d’entreprises apicoles), des équipements apicoles tels que des ruches, des uniformes, des bottes, des gants et des outils pour les ruches. Avec le soutien de la FAO dans le cadre de ce projet financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), les groupes d’apiculteurs construisent des ruches dans la forêt afin de récolter du miel pour leur subsistance.

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Les abeilles et les ruches étant dépendantes des milieux forestiers, les communautés ont davantage conscience du fait que la protection de ces ressources est également bénéfique pour leurs moyens de subsistance. ©FAO/Sambou Nget

«Je n’aurais jamais pensé que notre rêve se concrétiserait et que nous pourrions mener à bien notre plan de développement d’entreprises apicoles», a déclaré l’apicultrice communautaire Kombeh Njie, qui procède avec son équipe à l’installation de 40 ruches dans un rucher du village de Jiffarong, situé dans la région inférieure du fleuve, au sud du pays.

«Le développement d’entreprises forestières a fait l’objet de nombreux débats par le passé, mais ce n’est qu’avec le soutien actuel du projet financé par le FEM que notre communauté a pu améliorer ses revenus et ses moyens de subsistance de manière concrète, grâce à la production de miel. Et cela a effectivement changé nos vies.»

Les membres des groupes d’entreprises apicoles ont récemment construit 205 ruches à travers le pays grâce à une initiative de type «travail contre rémunération» soutenue par le projet. La Natural Resource Consulting, une organisation non gouvernementale locale et l’un des partenaires d’exécution du projet, en collaboration avec l’Association nationale des apiculteurs de Gambie, a formé les groupes à la construction de ruches. La FAO et le Ministère des Forêts de Gambie prévoient de développer le commerce du miel sur l’ensemble du territoire afin de créer des emplois.

«Les niveaux élevés de déforestation et de dégradation des sols dans la région, causés principalement par les activités humaines, contribuent aux sécheresses, à l’irrégularité des précipitations, aux catastrophes, à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire», a déclaré Alpha Mariam Khan, chef de district de Kuntaya, l’une des communautés de la région du North Bank où le projet est mis en œuvre.

«L’initiative des entreprises apicoles est l’occasion de contribuer à la gestion durable des forêts des zones arides car la conservation des forêts est de la responsabilité de tous. J’appelle les habitants de notre district à mettre à profit cette opportunité pour le bien des générations actuelles et futures», a-t-il ajouté.

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Les apiculteurs faisant partie des groupes d’entreprises apicoles produisent du miel et des produits à base de miel afin de répondre à la demande croissante et de compléter leurs revenus provenant d’autres activités agricoles. ©FAO/Sambou Nget

«Quand toutes ces ruches seront colonisées, les revenus des apiculteurs augmenteront grâce à la vente du miel et de ses sous-produits. Le projet permettra de renforcer leur résilience face aux éventuels chocs climatiques tout en contribuant à la conservation des forêts et de la biodiversité», a déclaré Sambou Nget, coordonnateur du projet FEM de la FAO. 

«Il existe déjà une très forte demande de miel et de sous-produits du miel aux niveaux national et mondial, tant pour la consommation humaine que pour l’utilisation industrielle. Le marché est donc intéressant», ajoute-t-il. Au total, 10 567 personnes bénéficieront de cette initiative, soit 50 pour cent de femmes et 50 pour cent d’hommes environ, issus de 18 communautés de Gambie.

«Avant, j’étais entièrement dépendante de la production agricole saisonnière pour obtenir des revenus, mais avec l’introduction de l’apiculture dans ma communauté et grâce à la formation dispensée par le projet sur la valorisation des produits du miel, je fabrique maintenant de la crème pour le corps à partir de cire d’abeille, que je vends pour compléter mes revenus.», déclare Jarra Njie, une femme de la communauté.

La désertification et la dégradation des sols sont des problèmes environnementaux majeurs en Gambie. Ce phénomène est très prononcé dans les régions situées au nord du fleuve Gambie. Les forêts des zones arides du pays jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la désertification. Si le secteur forestier en Gambie ne contribue qu’à 1,2 pour cent du produit intérieur brut national, il revêt une importance socioéconomique considérable en termes de moyens de subsistance des populations rurales.

L’objectif général du projet est de mettre un terme à la dégradation de l’environnement et à la menace croissante que représente la désertification en Gambie, en raison de la déforestation continue. Le projet facilite les procédures juridiques en matière de propriété collective des forêts et permet aux membres de la communauté d’acquérir les compétences et les connaissances nécessaires pour gérer durablement leurs ressources naturelles et conserver la biodiversité.

«Le projet forestier mené par la FAO et le FEM est en effet une bénédiction pour les agriculteurs, pour le bétail et pour les forêts», a déclaré Tara Bah, qui préside le Comité mixte de gestion du parc forestier de Sakuru Daala et est membre du groupe d’entreprises apicoles. «Notre forêt a été sauvée des feux de brousse en 2020 grâce à la formation que les gardes forestiers du parc ont reçue dans le cadre du projet. L’initiative des entreprises apicoles, en particulier, permettra de renforcer la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et d’augmenter les revenus des ménages.»

La FAO aide la Gambie à diversifier l’agriculture, à accroître la production de la pêche et à améliorer la nutrition, tout en encourageant la gestion durable des ressources naturelles. Les projets menés dans le pays visent à consolider le secteur de l’alimentation et de l’agriculture afin que celui-ci puisse fournir des moyens de subsistance, tout en aidant les communautés à atténuer les effets du changement climatique et à s’y adapter.

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Vision Golfe 2026 confirme son rôle de moteur du partenariat économique entre la France et le CCG

L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)
L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)
  • Organisé par Business France, le forum s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques souhaitant renforcer les liens commerciaux et d’investissement entre les deux régions
  • L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité

PARIS:  L’édition 2025 de Vision Golfe a confirmé son statut de principale plateforme de coopération économique entre la France et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), réunissant à Paris plus de 1 200 participants, parmi lesquels des ministres, de hauts responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises de premier plan venus de France et de l’ensemble de la région du Golfe.

Organisé par Business France, le forum s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques souhaitant renforcer les liens commerciaux et d’investissement entre les deux régions, dans un contexte marqué par la diversification économique des pays du Golfe et la recherche de nouveaux partenariats stratégiques.

L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France.

La forte présence de responsables du Golfe a également marqué cette édition. Parmi eux figuraient Son Excellence l’ingénieur Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales, Son Excellence Mohammed Abdulrahman Al Hawi, sous-secrétaire au ministère de l’Investissement des Émirats arabes unis, ainsi que Son Excellence Khalid Ebrahim Humaidan, gouverneur de la Banque centrale de Bahreïn. Leur participation a illustré la volonté commune de franchir une nouvelle étape dans la coopération économique entre la France et les pays du CCG.

Tout au long de la journée, les échanges ont porté sur plusieurs secteurs stratégiques appelés à façonner l’économie de demain, notamment l’énergie, l’intelligence artificielle, l’industrie, la santé, la sécurité alimentaire et l’investissement. Plus de 3 500 rencontres d’affaires (B2B) ont été organisées, offrant aux entreprises françaises et du Golfe l’opportunité d’explorer de nouvelles perspectives de collaboration.

Au-delà des discussions, le forum a débouché sur des résultats concrets avec la signature de plusieurs protocoles d’accord stratégiques. Parmi les annonces marquantes figure un partenariat dans le domaine des technologies quantiques entre Quandela et Mekdam Holding Group, illustrant l’intérêt croissant du Golfe pour les technologies de pointe.

Dans le secteur de la sécurité alimentaire, un autre accord a été conclu entre SEMMARIS, gestionnaire du Marché International de Rungis, et Abu Dhabi Food Hub. Cette coopération vise à renforcer les échanges de savoir-faire et à soutenir le développement de chaînes d’approvisionnement alimentaires plus résilientes et innovantes.

Ces accords témoignent du rôle croissant de Vision Golfe en tant que catalyseur de partenariats concrets entre la France et les pays du Golfe. Alors que les économies de la région poursuivent leur transformation dans le cadre de stratégies ambitieuses telles que la Vision 2030 saoudienne ou les plans de diversification économique des Émirats arabes unis et de Bahreïn, le forum apparaît plus que jamais comme un espace privilégié pour construire des collaborations durables, fondées sur l’innovation, l’investissement et la confiance mutuelle.


Troisième édition du « French-Saudi youth business club »: un dialogue portée par l’innovation la culture et la jeunesse

Rahma Alazhrani et Caroline Petroque- Gomer s’exprimant ensemble lors de la rencontre. (Photo Arlette Khouri)
Rahma Alazhrani et Caroline Petroque- Gomer s’exprimant ensemble lors de la rencontre. (Photo Arlette Khouri)
  • Dans le prolongement de l’événement « Vision Golfe », cette rencontre a rassemblé entrepreneurs, institutions et jeunes talents autour d’une ambition commune : construire des partenariats durables tournés vers l’avenir
  • Au cœur des échanges, la transformation profonde engagée par l’Arabie saoudite dans le cadre de la Vision 2030 a occupé une place centrale, comme l’a souligné Axel Baroux, directeur régional de Business France pour le Moyen-Orient

PARIS: La troisième édition du « French-Saudi Business Youth », qui s’est tenue à Paris à l’Institut du monde arabe, a confirmé la vitalité du dialogue entre la France et l’Arabie saoudite.

Dans le prolongement de l’événement « Vision Golfe », cette rencontre a rassemblé entrepreneurs, institutions et jeunes talents autour d’une ambition commune : construire des partenariats durables tournés vers l’avenir.

Au cœur des échanges, la transformation profonde engagée par l’Arabie saoudite dans le cadre de la Vision 2030 a occupé une place centrale, comme l’a souligné Axel Baroux, directeur régional de Business France pour le Moyen-Orient.

« Ce dialogue ne cesse de se renforcer et de se structurer autour de stratégies ambitieuses », a-t-il souligné, en insistant sur le fait que le Royaume connaît « une transformation économique majeure, portée par des projets gigantesques, un développement culturel affirmé et des investissements massifs dans de nombreux secteurs ».

Dans ce contexte, les entreprises françaises disposent d’une opportunité stratégique. Business France joue un rôle clé en facilitant leur implantation, en identifiant les bons partenaires locaux et en accompagnant leur développement sur le long terme.

Les secteurs concernés sont nombreux : infrastructures, énergie, technologies, environnement, mais aussi industries culturelles.

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Le fondateur et président du « French Saudi Hoth Business Club » prononçant un mot d’ouverture. (Photo Arlette Khouri)

La dimension culturelle a également été largement mise en avant. Plusieurs interventions ont rappelé que l’architecture constitue souvent « la première impression qu’un visiteur perçoit d’un pays ».

Elle ne se limite pas à la construction de bâtiments, mais reflète une identité, une histoire et une vision. En Arabie saoudite, les nouveaux projets intègrent cette dimension en cherchant à préserver l’authenticité culturelle tout en accompagnant la modernisation.

Cette approche se traduit par une volonté de créer des espaces où « culture et hospitalité » occupent une place centrale.

Les projets sont conçus pour offrir une expérience globale, mêlant patrimoine, innovation et qualité d’accueil, dans le but de construire des environnements qui ne soient pas seulement fonctionnels, mais également porteurs de sens et d’émotion.

La coopération franco-saoudienne s’inscrit pleinement dans cette logique, et l’expertise française, notamment dans les domaines de l’architecture, du design et de la culture, est perçue comme une source d’inspiration et un partenaire naturel pour accompagner ces transformations.

Par ailleurs, les témoignages d’entrepreneuses engagées dans la cybersécurité ont apporté un éclairage concret sur les conditions de réussite de cette coopération.

Elles ont rappelé que « la cybersécurité repose avant tout sur la confiance : confiance dans les données, dans les outils et dans les partenaires ».

Construire cette confiance suppose de prendre le temps de comprendre les contextes culturels et les modes de fonctionnement de chacun, car « avant de faire du business, il faut comprendre qui nous sommes et avec qui nous travaillons », ont-elles souligné.

Trois idées fortes se dégagent de cette rencontre : la complémentarité des profils, la nécessité de comprendre les contextes et l’importance de la résilience.

Dans un environnement en mutation rapide, tous les projets n’avancent pas au même rythme, mais la persévérance reste essentielle.

Enfin, la jeunesse apparaît comme un moteur fondamental de cette dynamique. Au-delà de l’âge, elle incarne un état d’esprit fait de curiosité, d’ouverture et de capacité d’adaptation. Elle est appelée à jouer un rôle clé dans la construction de passerelles entre les deux pays.


De la sécurité hydrique à l’IA, Vision Golfe trace la prochaine étape de la coopération France-GCC

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  • Vision Golfe 2026 a mis en lumière l’attention croissante portée par la France et les pays du Golfe à la résilience, à la souveraineté et à la compétitivité, par des discussions consacrées surtout à la sécurité hydrique et à l’intelligence artificielle
  • Au-delà des débats stratégiques, les nombreuses rencontres B2B et B2G ont souligné la volonté du forum de favoriser des partenariats concrets, des investissements et une coopération économique durable

PARIS: La résilience stratégique s’est imposée comme le thème central de la première journée de Vision Golfe 2026, qui a réuni à Paris des décideurs politiques français et du Golfe, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs afin d’explorer de nouvelles perspectives de coopération dans un environnement mondial de plus en plus complexe.

Placée sous le thème « De la coopération à la transformation », cette édition du forum a mis en avant une ambition commune : dépasser les relations économiques traditionnelles pour construire des partenariats plus profonds, capables de soutenir la compétitivité à long terme, une croissance durable et la souveraineté économique.

Le forum s’est ouvert avec les interventions de Louis Margueritte, directeur général de Business France, des ministres français Roland Lescure et Nicolas Forissier, ainsi que les allocutions de Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales chargé des affaires minières, et de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français. Tous ont souligné l’importance stratégique croissante de la coopération entre la France et les pays du Golfe dans des domaines allant de l’investissement et du développement industriel à la souveraineté économique et à la croissance de long terme.

Dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques, les ruptures technologiques et les pressions croissantes sur les ressources critiques, les discussions ont porté tout au long de la journée sur les moyens de renforcer la résilience grâce à la coopération dans les domaines de l’investissement, de l’innovation, des infrastructures et du capital humain. 

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Roland Lescure, ministre français de l’Économie. (Photo fournie)

Compétitivité économique et autonomie stratégique

Un thème récurrent a émergé au fil des échanges : le lien croissant entre compétitivité économique et autonomie stratégique.

Qu’il s’agisse des ressources critiques, des infrastructures numériques, des capacités industrielles ou des chaînes d’approvisionnement, les intervenants ont souligné que la résilience économique dépend de plus en plus de la capacité à réduire les vulnérabilités tout en préservant des partenariats internationaux solides.

La notion de souveraineté dépasse désormais les seules considérations de sécurité pour englober l’accès aux technologies, aux talents, aux financements et à des écosystèmes industriels résilients. 

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Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)

Cette vision élargie de la résilience a constitué le fil conducteur de plusieurs discussions de la journée.

Lors du panel intitulé « Sécurité hydrique, décarbonation et souveraineté : des stratégies intégrées pour une gestion circulaire des ressources », la question de l’eau s’est imposée comme un enjeu central des stratégies économiques.

Les échanges ont montré que la sécurité hydrique n’est plus perçue uniquement comme un défi environnemental ou infrastructurel, mais comme un pilier stratégique du développement économique, de la croissance industrielle, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique.

Le panel réunissait Abdullah Bin Tuwaym, directeur des transactions à la Saudi Water Partnership Company (SHARAKAT), Mohammed Al-Zuabi, directeur général de Marafiq, Luis de Lope, directeur général de SAUR International, et Iheb Triki, cofondateur et directeur général de Kumulus Water.

Les discussions ont porté sur l’évolution des partenariats public-privé, le financement des infrastructures durables, le rôle des technologies numériques dans la gestion des services publics et l’importance croissante de l’économie circulaire dans la gestion des ressources.

Les intervenants ont souligné que les pays du GCC ont fait de la sécurité hydrique une priorité stratégique nationale grâce à des investissements dans le dessalement, le traitement des eaux usées et les infrastructures de services publics avancées. L’attention se porte désormais davantage sur l’efficacité, la réutilisation de l’eau, les technologies décentralisées et le renforcement de la coopération public-privé afin de consolider la souveraineté des ressources à long terme.

Complémentarité des atouts de la France et du Golfe

Ces échanges ont illustré une prise de conscience plus large parmi les acteurs français et du Golfe : la sécurité des ressources est devenue une composante essentielle de la résilience économique.

Si l’eau symbolise le défi de la rareté, l’intelligence artificielle a été présentée comme l’une des plus grandes opportunités de croissance pour les années à venir.

Le panel « IA et technologies émergentes : construire un leadership franco-golfique dans la course mondiale à l’innovation » a examiné la manière dont les deux régions peuvent renforcer leur position dans un environnement technologique mondial de plus en plus compétitif.

Les intervenants ont insisté sur le fait que l’IA n’est plus seulement une question d’innovation. Elle est devenue un facteur stratégique influençant la productivité, la compétitivité industrielle, les services publics et les capacités technologiques nationales.

Les discussions ont mis en évidence la complémentarité des atouts des deux régions. La France apporte des institutions de recherche de premier plan, un savoir-faire industriel et des écosystèmes d’innovation reconnus, tandis que les pays du Golfe disposent de stratégies nationales ambitieuses, d’importantes capacités d’investissement et d’une forte capacité de déploiement à grande échelle.

Selon les participants, un renforcement de la coopération permettrait d’accélérer l’innovation, d’attirer les talents et de consolider la souveraineté technologique à un moment où la compétition mondiale pour les technologies avancées s’intensifie.

La question de la résilience a également occupé une place importante lors du panel « Corridors stratégiques : renforcer la connectivité et la résilience dans la logistique mondiale », animé par Ali Itani, responsable d’Arab News France et Japon.

Réunissant Gérard Mestrallet, envoyé spécial du président de la République française pour le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), Charles-Emmanuel de Beauregard (QNB), Alexandre Joseph (Bahri) et Poul Hestbaek (Folk Maritime Services Company), cette discussion a mis en lumière l’importance croissante des réseaux de transport et de logistique.

Les perturbations récentes du commerce mondial ont révélé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, poussant gouvernements et entreprises à repenser les flux de marchandises, d’énergie et de ressources stratégiques entre les régions.

Les intervenants ont souligné que les corridors de transport, les routes maritimes et les plateformes logistiques sont désormais considérés comme des actifs stratégiques au service de la sécurité économique et de la compétitivité.

Selon eux, le renforcement de la connectivité entre l’Europe et le Golfe sera essentiel pour soutenir les échanges commerciaux, les investissements et le développement industriel à venir.

Si les discussions ont largement porté sur les technologies, les infrastructures et les ressources, les intervenants ont rappelé à plusieurs reprises que la transformation de long terme repose avant tout sur le capital humain.

Les systèmes éducatifs, le développement des compétences et la formation professionnelle doivent évoluer pour répondre aux besoins d’économies en mutation rapide.

Les participants ont souligné l’importance de préparer les nouvelles générations aux métiers émergents tout en favorisant l’apprentissage tout au long de la vie et l’adaptation des compétences.

Alors que la France et les pays du Golfe poursuivent d’ambitieuses stratégies de diversification économique, le capital humain apparaît comme un levier essentiel de compétitivité et d’innovation. 

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Des responsables politiques français et du Golfe, des dirigeants d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs réunis à Paris à l’occasion de Vision Golfe 2026 pour explorer de nouvelles opportunités de coopération. (Photo fournie)

Parallèlement aux sessions de conférence, une série de rencontres entre entreprises (B2B) et entre entreprises et institutions publiques (B2G) s’est tenue tout au long de la journée, renforçant la dimension concrète et opérationnelle du forum.

Si les discussions ont couvert des sujets aussi variés que la gestion de l’eau, l’intelligence artificielle, la logistique ou encore l’éducation, un même constat s’est imposé lors de cette première journée de Vision Golfe 2026 : la compétitivité économique de demain reposera sur des partenariats plus étroits dans les secteurs stratégiques.

À mesure que le forum se poursuit, l’attention devrait progressivement se déplacer de l’identification des priorités communes vers la mise en œuvre de projets, d’investissements et de collaborations capables de transformer ces ambitions en réalisations concrètes pour la France comme pour les pays du Golfe.