Une centaine de pays à la recherche d'un accord mondial sur le plastique

Des ouvrier lavent des tongs usagées et usées à l'atelier Ocean Sole Africa, à Nairobi, le 9 février 2022. (Photo, AFP)
Des ouvrier lavent des tongs usagées et usées à l'atelier Ocean Sole Africa, à Nairobi, le 9 février 2022. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 26 février 2022

Une centaine de pays à la recherche d'un accord mondial sur le plastique

  • Des emballages aux vêtements, au matériel de construction en passant par le médical, le plastique est partout et sa production a atteint 460 millions de tonnes en 2019
  • L'assemblée des Nations unies pour l'environnement, qui se tient pendant trois jours dans la capitale kényane, devrait donc lancer des pourparlers formels sur un traité visant à réglementer le secteur

NAIROBI, Kenya : Plus d'une centaine de pays se retrouvent à partir de lundi à Nairobi pour ouvrir la voie à un traité international "historique" sur le plastique, dont des centaines de millions de tonnes finissent chaque année en déchets.

Des emballages aux vêtements, au matériel de construction en passant par le médical, le plastique est partout et sa production a atteint 460 millions de tonnes en 2019. Mais moins de 10% sont recyclés et les déchets de toutes tailles ont été retrouvés au fond des océans, dans la banquise, l'estomac des oiseaux et même dans l'air ambiant au sommet de montagnes. Sans parler des décharges sauvages.

L'assemblée des Nations unies pour l'environnement, qui se tient pendant trois jours dans la capitale kényane, devrait donc lancer des pourparlers formels sur un traité visant à réglementer le secteur, en créant un Comité intergouvernemental de négociation. Le processus pour aboutir à un texte devrait prendre au moins deux ans.

"C'est un moment pour les livres d'Histoire", s'enthousiasme Inger Andersen, directrice exécutive de l'Unep, l'agence spécialisée de l'ONU pour l'environnement. Un tel traité représenterait selon elle "la plus grande avancée multilatérale en matière d'environnement depuis l'accord de Paris" sur la lutte contre le changement climatique en 2015.

Reste à définir exactement les contours d'une future négociation et les thèmes à aborder.

Le recyclage uniquement, ou l'entièreté du "cycle du vie" du plastique? Limitation de certains produits, à l'image des pays de plus en plus nombreux à interdire les plastiques à usage unique? Voire limitations de production?

Plusieurs textes ont été déposés, parfois restreints à la pollution plastique marine dont les diplomates ont tenté en amont de la conférence de tirer une synthèse. Celle-ci sera discutée pendant l'assemblée, dans l'espoir d'arriver à une feuille de route commune pour les négociations, dont le lancement devra être décidé par consensus.

«Sans fin»

Pour Mme Andersen en tout cas, il ne fait pas de doute qu'il faut en partie "fermer le robinet" du plastique et "qu'on "ne pourra pas se sortir de cette situation juste par le recyclage". "Si on continue à polluer ici et nettoyer là, c'est sans fin".

Et très coûteux, ajoutent de nombreuses ONG environnementales, qui estiment par exemple qu'une bonne vingtaine de tonnes de plastiques se retrouvent chaque année dans les eaux de la planète, dont une bonne partie finissent ensuite dans les océans.

De nombreux pays se sont prononcés en faveur d'un cadre international, dont certain très gros utilisateurs ou producteurs, comme la Chine ou les Etats-Unis. Mais souvent sans s'engager sur des mesures précises. L'OCDE a appelé à une réponse "mondiale et coordonnée" face au problème, alors que la production de plastique pourrait encore doubler d'ici 2040 selon les estimations.

De grosses multinationales très consommatrices d'emballages se sont également prononcées pour l'élaboration d'un cadre international, Coca-Cola ou Unilever par exemple.

Plastique: Cinq choses à savoir sur le recyclage

Moins de 10% des déchets plastiques sur la planète sont recyclés, selon l'OCDE. Voici cinq choses à savoir sur les techniques de recyclage et leurs évolutions.

Recyclage mécanique

- Trier, broyer, chauffer, sont les trois étapes du recyclage mécanique, la technique utilisée dans 99% des cas dans le monde, selon l'institut de recherche IFP Energies nouvelles.

Après avoir été collectés et triés par famille de polymères avec des trieurs optiques ou des systèmes de flottaison, les plastiques sont lavés et broyés en granulés. Et ensuite fondus et réutilisés.

Cette technique ne débarrasse pas le plastique de ses additifs (couleurs..) Le plastique d'emballage alimentaire ne peut ainsi pas revenir à une qualité lui permettant un contact alimentaire. Les utilisateurs sont conduits à faire des produits de moindre qualité, comme des sacs poubelles. La boucle du recyclage n'est pas bouclée.

Du coup, les fabricants préfèrent utiliser du plastique neuf, bon marché plutôt que du recyclé. Et une grande partie des déchets des pays développés est expédiée à l'étranger, dénoncent les ONG.

Sous la pression sociétale, les procédés s'améliorent, notamment pour le PET: grâce à la poly-condensation, les molécules dégradées sont rétablies, et les impuretées évacuées, par chauffage et sous pression. On trouve depuis quelques mois en Europe des bouteilles d'eau en plastique recyclé.

Un plastique, une usine

Chaque molécule nécessite pratiquement un type d'usine et des équipements adaptés.

Or, il existe des dizaines de types de polymères: le plus répandu, le polyethylène (PE) sert pour les flacons de shampoing et les films plastique entourant un pack de bouteilles d'eau, qui, elles, sont en polyethylene terephtalate (PET), indique à l'AFP Marc Madec, expert en développement durable pour l'association des plasturgistes français Polyvia. Quant à leurs bouchons, ils sont en polypropylène (PP)!

Le polychlorure de vinyle (PVC) sert dans la construction pour des revêtements de sol ou des fenêtres.

Le polystyrène (PS) produit des pots de yaourt et, dans sa forme expansée, des barquettes, alors que le polyamide (PA) se réserve pour le textile et l'automobile. Le polyuréthane (PU ou PUR) vise mousses et isolants.

D'où l'intérêt d'investir en amont dans des équipements de tri de qualité pour séparer correctement les plastiques, comme le fait le Japon. Cela permet de limiter les pertes dans la nature, salue le WWF en déplorant toutefois que ce pays fasse plus d'incinération que de recyclage.

Depuis que la Chine a fermé ses portes aux déchets occidentaux fin 2018, quelques 70 gros "plastiqueurs" (Dow, Exxon, Henkel, TotalEnergies, Mitsui Chemicals..), réunis dans le collectif "Endplasticwaste", soutiennent des projets de collecte et de tri en Inde et en Thaïlande notamment, et de recyclage.

L'Europe, meilleure élève, mais peut mieux faire

Face à un taux de recyclage mondial de 9% des déchets plastiques, souvent par manque d'infrastructure de collecte et de tri, "un peu plus d'un tiers (34,6%)" des plastiques collectés en Europe ont été envoyés au recyclage en 2020, selon l'OCDE.

Les pays du nord -Allemagne, Suède, Norvège- sont en avance, autour de 40%. La France est à 24%, indique l'OCDE. L'annuaire spécialisé ENF recense 161 usines en Allemagne, 173 en Pologne, 132 en Italie, 89 en Espagne, et seulement 46 en France.

Mais selon l'Office européen des brevets (OEB), l'Europe et les Etats-Unis concentrent à eux deux 60% des brevets mondiaux sur le recyclage du plastique ou les bioplastiques. "Même en Europe, il y a encore une énorme marche à monter, il faudrait au moins arriver à 50-60%", estime M. Madec.

Le recyclage chimique, désirable ou pire ?

Le recyclage chimique permet de "dépolymériser" le plastique, en revenant aux molécules de base (monomères), voire de remonter plus loin en refabriquant du "naphta", composé huileux dérivé du pétrole et précurseur du plastique.

"C'est comme si en ajoutant un solvant à un gâteau, on revenait aux oeufs, farine, et beurre" explique M. Madec. "Avec les éléments de base, on refabrique du plastique de même qualité que le plastique vierge issu du pétrole".

Son avantage est de boucler la boucle du recyclage pour toutes les molécules, PET, PE, PS, PP etc..

Ses inconvénients sont d'énormes coûts d'investissement, notamment pour la collecte et le tri séparé de pièces fragiles comme les pots de yaourt. Or, le recyclage ne se fait que s'il est rentable.

Par ailleurs, il nécessite énormément d'énergie, et de nombreuses incertitudes demeurent sur ses émissions de gaz à effet de serre et de sous-produits toxiques, souligne la Fondation Heinrich Böll et d'autres experts.

Beaucoup s'inquiètent déjà d'un résultat possiblement édulcoré, à l'image de l'Ong WWF, qui réclame d'ouvrir la voie à un texte "contraignant, ambitieux (qui) oblige les États à respecter une norme d'action commune" et impose des limites de production et d'usage.

"Je pense que le monde est prêt à un changement dans notre rapport au plastique," souligne Marco Lambertini, directeur général de l'ONG internationale, qui a d'ailleurs publié juste avant la conférence les résultats d'une enquête menée dans 28 pays sur tous les continents, montrant que près de neuf personnes sur dix jugent importante la conclusion d'un tel traité.

"Il ne faut pas juste un traité que les gens puissent signer (...), mais qui n'ait pas de dents", abonde Erastus Ooko de Greenpeace Afrique.

L'assemblée, annulée l'an dernier à cause de la pandémie, se déroulera en présentiel et pour partie en format virtuel. Les délégués se pencheront aussi notamment sur les "actions pour la nature" destinées à protéger la biodiversité et à lutter contre le changement climatique.

Crise du plastique: où en est la production sur la planète ?

Toujours plus de plastique: La production mondiale ne semble pas prête de ralentir et la pollution ne cesse de croître sur la planète, même si des solutions émergent pour tenter de contenir son empreinte sur l'environnement.

Combien produit-on du plastique dans le monde ?

La production mondiale de plastique a doublé entre 2000 et 2019, à 460 millions de tonnes contre 234, selon l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE).

Dans le même temps, la production de déchets plastiques a, elle, plus que doublé, à 353 Mt en 2019.

Sur la seule année 2019, 22 millions de tonnes de plastique ont été rejetées dans l'environnement, dont 6 Mt dans les cours d'eau, lacs et océans, selon l'OCDE. Les plastiques représentent "au moins 85% du total des déchets marins", indique l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement.

Pour l'OCDE, c'est comme si le monde produisait chaque année en poids de plastique l'équivalent de 45 500 tours Eiffel, et 35 000 tours Eiffel en déchets de plastique.

En 2020, avec la pandémie, la production mondiale a légèrement fléchi (-0,5%), pour la troisième fois seulement de l'histoire industrielle moderne selon Plastics Europ, qui regroupe les principaux industriels en Europe.

Cela n'était arrivé qu'à deux occasions: en 1973 avec le premier choc pétrolier et lors de la crise financière de 2008.

Où le plastique est-il produit ?

En 2020, plus de la moitié des matières plastiques venaient d'Asie.

La production de la Chine représente à elle seule près du tiers du bilan mondial (32%). Sur la décennie 2010-2020, elle a fait un bond de 82%, de 64 Mt à 117 Mt, alors que la croissance mondiale était de l'ordre de 30%, indique un rapport de Plastics Europe.

L'Europe, elle, a produit 55 Mt de plastique en 2020, en baisse de 5% par rapport à 2019.

La croissance s'est faite essentiellement aux Etats-Unis, au Moyen-Orient, "parce que les matières premières y sont beaucoup moins chères, ou en Chine, parce que la croissance de la demande est beaucoup plus forte", souligne Jean-Yves Daclin, directeur général pour la France de Plastics Europe.

Comment va évoluer la production ?

Selon des estimations citées en septembre 2021 dans un rapport du WWF, la production de plastique dans le monde devrait doubler d'ici 2040 et "accélérer la crise climatique". L'Institut de recherches IFP Energies Nouvelles (IFPEN) évoque pour sa part des "prévisions inquiétantes", d'un milliard de tonnes par an aux alentours de 2050.

Des chiffres auxquels ne souscrivent pas les industriels.

"Compte tenu des politiques décidées partout dans le monde pour limiter l'utilisation des emballages en plastique à usage unique, il est probable que cette croissance diminue et que la production de plastiques ne double pas à nouveau d'ici 2040", souligne M. Daclin.

Principale voie envisagée pour contenir la progression: le recyclage.

Mais si l'Europe se distingue en recyclant plus du tiers de ses déchets plastiques (34,6%), au niveau mondial, seulement 33 millions de tonnes, soit 9% des déchets plastiques, ont été recyclés en 2019, selon l'OCDE.

Plus que le recyclage, qui n'est pas la panacée, les ONG comme Zero Waste plaident pour une réduction des usages pour baisser la production mondiale. Dans cette optique, elles souhaitent un développement du vrac, de la consigne, et de l'éco-conception "pour une plus grande durée de vie des produits", explique Juliette Franquet, une responsable de l'ONG.

En concevant dès le départ des produits pour la réutilisation et le recyclage, en éliminant les additifs dangereux, on pourrait réduire "de plus de 80% d'ici 2040" le volume de plastiques qui pénètrent dans les océans, et "de 55%" la production de plastique vierge, estimait la directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) Inger Andersen dans une tribune du Times le 9 février.

Des plastiques sans pétrole ?

La production de plastiques biosourcés, vantée par certains pour diminuer l'utilisation de pétrole, ne représente qu'une part infime de l'industrie. Produits à partir de sucre, amidon, maïs ou blé, ils pèsent moins de 1% de la production mondiale.

Parmi les principales limites à leur développement, l'utilisation de terres agricoles et de ressources en eau. La fondation Heinrich Böll estime par ailleurs dans son "Atlas du plastique" qu'ils ne sont pour la plupart ni complétement biodégradables ni compostables, et ne "font en réalité que contourner le problème".

D'où le développement de plastiques biosourcés de deuxième et troisième générations, à partir de déchets végétaux ou d'algues.

En France, la start-up Eranova a inauguré le 18 février un démonstrateur à côté de Marseille pour transformer des algues d'échouage de l'étang de Berre, en granulés bioplastiques.

Autre technique prometteuse, fabriquer du plastique à partir du CO2 rejeté par l'industrie dans l'atmosphère. Des usines commencent à pousser, comme en Autriche, où le groupe Covestro fabrique du polyuréthane.


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Short Url
  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Short Url
  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.