Le Kosovo commémore un passé douloureux et rêve d'un meilleur avenir, le jour de l'indépendance

Une femme du Kosovo tient une photo de son fils disparu pendant la guerre du Kosovo, lors d'une cérémonie, le 5 avril 2017 marquant le 18e anniversaire du massacre dans le village de Rezalle. (Photo, AFP)
Une femme du Kosovo tient une photo de son fils disparu pendant la guerre du Kosovo, lors d'une cérémonie, le 5 avril 2017 marquant le 18e anniversaire du massacre dans le village de Rezalle. (Photo, AFP)
Des enfants albanais du Kosovo tiennent des photos de parents tués pendant la guerre du Kosovo, alors qu'ils marquent le 15e anniversaire du massacre du village d'Izbica le 28 mars 2014. (Photo, AFP)
Des enfants albanais du Kosovo tiennent des photos de parents tués pendant la guerre du Kosovo, alors qu'ils marquent le 15e anniversaire du massacre du village d'Izbica le 28 mars 2014. (Photo, AFP)
Des enfants albanais du Kosovo tiennent des photos de parents tués pendant la guerre du Kosovo, alors qu'ils marquent le 15e anniversaire du massacre du village d'Izbica le 28 mars 2014. (Photo, AFP)
Des enfants albanais du Kosovo tiennent des photos de parents tués pendant la guerre du Kosovo, alors qu'ils marquent le 15e anniversaire du massacre du village d'Izbica le 28 mars 2014. (Photo, AFP)
Des membres des Forces de sécurité du Kosovo participent au nettoyage des rues de Pristina, le 15 septembre 2018, lors de la Journée internationale de nettoyage. (Photo, AFP)
Des membres des Forces de sécurité du Kosovo participent au nettoyage des rues de Pristina, le 15 septembre 2018, lors de la Journée internationale de nettoyage. (Photo, AFP)
Un mur commémoratif des victimes de la guerre du Kosovo de 1998-1999 dans le village d'Izbica, le 28 mars 2017. (Photo, AFP)
Un mur commémoratif des victimes de la guerre du Kosovo de 1998-1999 dans le village d'Izbica, le 28 mars 2017. (Photo, AFP)
Des membres des forces de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo assistent à la cérémonie de changement de commandement, à Pristina, le 15 octobre 2021. (Photo, AFP)
Des membres des forces de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo assistent à la cérémonie de changement de commandement, à Pristina, le 15 octobre 2021. (Photo, AFP)
Les Albanais du Kosovo rendent hommage à leurs proches et aux victimes du massacre de Racak, le 15 janvier 2022, dans le village de Racak. (Photo, AFP)
Les Albanais du Kosovo rendent hommage à leurs proches et aux victimes du massacre de Racak, le 15 janvier 2022, dans le village de Racak. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 17 février 2022

Le Kosovo commémore un passé douloureux et rêve d'un meilleur avenir, le jour de l'indépendance

  • Alors que le Kosovo célèbre sa 14e fête de l’indépendance, le pays européen le plus récent, dont la population est la plus jeune du continent, a de quoi être fier
  • Plus de 100 pays ont reconnu le Kosovo depuis qu’il a déclaré son indépendance de la Serbie le 17 février 2008

ABU DHABI: Alors que le Kosovo célèbre sa 14e fête de l’indépendance, le pays européen le plus récent, dont la population est la plus jeune du continent, a de quoi être fier. Plus de 100 pays ont reconnu le Kosovo depuis qu’il a déclaré son indépendance de la Serbie le 17 février 2008.

En dépit d’un taux élevé de renouvellement de la classe politique, le Kosovo demeure une démocratie robuste, dotée d’un vaste réseau d’institutions non gouvernementales et de groupes de la société civile. Il dispose d’une économie résiliente, de dirigeants compétents et d’excellentes relations avec l’UE, les États-Unis et les pays du Golfe.

Pourtant, il reste beaucoup à faire. Le processus d’engagement et d’intégration du Kosovo dans la région et dans les institutions européennes et euro-atlantiques est en cours. Ses relations avec ses voisins, la Serbie et la Bosnie-Herzégovine, sont loin d’être normalisées. Quant à la Russie, à la Chine et aux cinq membres de l’UE qui ne reconnaissent pas le statut d’État du Kosovo, rien n’indique pour l’instant un quelconque changement d’attitude.

Heureusement pour le Kosovo, les personnes qui occupent actuellement les deux plus hautes fonctions du pays, Albin Kurti et Vjosa Osmani, ont fait leurs armes en politique en s’attaquant à la corruption. Depuis fin mars 2021, la politique au Kosovo est façonnée conjointement par les mouvements lancés respectivement par Kurti et Osmani, Guxo et Vetevendosje.

Kurti est le sixième Premier ministre du pays, tandis que Osmani est la cinquième présidente élue de la République. Tous deux sont considérés comme des politiciens intègres, sans bagage de guerre, ayant des visions claires pour le pays et n’ayant pas peur de se prononcer sur des questions impliquant les alliés et les adversaires du Kosovo.

Ils ne se font pas non plus d’illusions sur les tâches à accomplir. Tant sur le plan régional qu’interne, le Kosovo est confronté à des défis majeurs. Si ses problèmes internes ne sont pas traités en priorité, le rêve du pays de se relever et d’augmenter ses chances d’intégrer l'UE, ce que les Kosovars souhaitent vivement, ne se réalisera jamais.

Kosovo
Dans un rapport du Pnud datant de 2021, les Serbes du Kosovo ont cité le chômage, la sécurité personnelle et le développement urbain comme leurs trois principales préoccupations. (Photo Arab News).

En tête de liste figure la corruption endémique qui sévit aussi bien dans le gouvernement que dans le secteur privé. La simple perception d’une lutte contre la corruption stimulerait les investissements étrangers, car les investisseurs évitent les pays où la corruption est généralisée et où il faut graisser la patte à tous les niveaux.

Dans un rapport du Pnud datant de 2021, les Serbes du Kosovo ont cité le chômage, la sécurité personnelle et le développement urbain comme leurs trois principales préoccupations. Pour les autres groupes ethniques, la pauvreté et l’accès régulier à l’électricité étaient les principales priorités pour le futur proche.

Kosovo
La protection des droits de l’homme, indépendamment de l’appartenance ethnique, de la religion, des convictions et de l’orientation politiques des personnes, constitue un autre défi intérieur pour le gouvernement du Kosovo. (Photo Arab News).

En revanche, tous les groupes ethniques s’accordent à dire que les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire du gouvernement sont devenus plus efficaces et moins corrompus.

Ils estiment par ailleurs qu’il est nécessaire d’accélérer le développement économique, compte tenu de la persistance des taux élevés de pauvreté et de chômage, de l’insuffisance des investissements nationaux et étrangers et des problèmes liés à l’environnement des entreprises.

La protection des droits de l’homme, indépendamment de l’appartenance ethnique, de la religion, des convictions et de l’orientation politiques des personnes, constitue un autre défi intérieur pour le gouvernement du Kosovo. Si tous les citoyens sont traités sur un pied d’égalité devant la loi, tant en théorie qu’en pratique, les chances d’intégration du Kosovo dans l’UE s’amélioreront sans aucun doute.

Le Premier ministre Albin Kurti examine la garde d'honneur du Kosovo à Pristina. (Photo, AFP)
Le Premier ministre Albin Kurti examine la garde d'honneur du Kosovo à Pristina. (Photo, AFP).

Les fondements démocratiques laïques du Kosovo ne peuvent être considérés comme acquis au vu des menaces que représentent les dirigeants autoritaires de pays de l’UE tels que la Pologne et la Hongrie. Il est tout aussi important de maintenir la religion en dehors des affaires civiles que de préserver des élections libres et équitables, la liberté de la presse et de réunion, et un système judiciaire libre de toute influence politique.

L’intégration du Kosovo à l’UE pourrait bien être le meilleur catalyseur pour transformer les conditions socio-politiques et économiques du pays. Mais jusqu’à présent, le chemin s’est avéré plus rocailleux que prévu.

L'ambassadeur kosovar Lulzim Mjeku présentant ses lettres de créance au roi Salmane lors d'une cérémonie à Riyad en janvier 2020. (Photo Twitter)
L'ambassadeur kosovar Lulzim Mjeku présentant ses lettres de créance au roi Salmane lors d'une cérémonie à Riyad en janvier 2020. (Photo Twitter)

En 2016, le Kosovo a conclu l’Accord de stabilisation et d’association avec l’UE, marquant ainsi l’étape la plus importante de son histoire vers l’intégration européenne. Deux ans plus tard, la Commission européenne a publié son plan d’élargissement de l’Union pour l’après-2025, incluant le Kosovo et cinq de ses voisins (le Monténégro, la Macédoine du Nord, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie).

En 2020, le Kosovo a levé ses droits de douanes de 100% sur les importations en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine, une mesure qui a permis de rétablir le commerce avec la Serbie et la Bosnie et de reprendre le dialogue Belgrade-Pristina facilité par l’UE. Toutefois, les efforts déployés par le Kosovo pour adhérer à l’UE ont échoué principalement en raison du refus de la Serbie de reconnaître son indépendance.

Des membres des forces de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo assistent à la cérémonie de changement de commandement, à Pristina, le 15 octobre 2021. (Photo, AFP)
Des membres des forces de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo assistent à la cérémonie de changement de commandement, à Pristina, le 15 octobre 2021. (Photo, AFP).

La Serbie, qui considère le Kosovo comme son propre territoire, continue de solliciter les pays pour qu’ils retirent leur reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, bien que deux anciennes républiques yougoslaves aient défié cette pression: la Macédoine (aujourd’hui République de Macédoine du Nord), qui est devenue membre de l'Otan en 2020, et le Monténégro.

L’un des principaux obstacles à la normalisation des relations avec la Serbie est le statut des Serbes au Kosovo (les chrétiens orthodoxes orientaux représentent 84,5% de la population de la Serbie, tandis que 95,6% de la population du Kosovo est composée de musulmans, pour la plupart d’origine albanaise).

Depuis deux décennies, Mitrovica, dans le nord du Kosovo, est à cheval sur une ligne de fracture entre les Serbes du Nord et les Albanais de souche du Sud.

Les Serbes de Mitrovica et dans d’autres enclaves refusent obstinément de reconnaître l’indépendance du Kosovo. Avant 1999, les habitants de cette ville vivaient dans des quartiers mixtes, mais dans les années qui ont suivi la guerre, les divisions profondes entre Albanais et Serbes se sont renforcées, laissant peu de place au dialogue.

L’Otan garantit une paix fragile alors que la rivière Ibar sépare effectivement les deux communautés, mais les négociations intermittentes sous l’égide de l’UE n’ont guère progressé au fil des ans.

Le Premier ministre, Kurti, a suggéré une meilleure synchronisation entre Washington et Bruxelles dans les Balkans occidentaux, tandis que le Kosovo œuvre à la réalisation de trois objectifs: renforcer l’État de droit, assurer la sécurité par l’adhésion à l’Otan et forger une plus grande unité européenne par l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE.

De plus, le Kosovo a des partenaires de longue-date au Moyen-Orient qui sont attachés à son indépendance et à son bien-être, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU). Le Royaume a été l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance du Kosovo, l’un de ses principaux défenseurs à la Cour pénale internationale et l’un des acteurs clés qui ont poussé l’OCI à reconnaître sa souveraineté en 2009.

Un an après la guerre du Kosovo, l’Arabie saoudite a dépensé au moins 12 millions de riyals saoudiens (1 riyal saoudien = 0,23 euro) pour reconstruire des maisons, des écoles et des mosquées. En 2020, le Kosovo et l’Arabie saoudite ont commencé à mettre en œuvre conjointement un accord visant à éviter la double imposition.

Lors d’une cérémonie à Riyad en janvier 2020 où le diplomate de carrière kosovar Lulzim Mjeku faisait partie d’un groupe d’ambassadeurs qui ont présenté leurs lettres de créance, le roi Salmane d’Arabie saoudite a fait part de sa volonté de travailler avec chaque pays pour améliorer et développer les relations bilatérales.

Pendant la lutte du Kosovo contre la Covid-19, la Ligue islamique mondiale a envoyé une aide humanitaire précieuse. L’année dernière, Kurti a remercié les dirigeants du Royaume pour leur soutien au Kosovo dans toutes les instances internationales et pour l’aide apportée afin d’atténuer les souffrances humaines.

Plus récemment, les pourparlers entre les deux pays ont porté sur le renforcement de la coopération dans les domaines de l’économie, du commerce, du tourisme, de l’investissement, de l’éducation, de la santé et de l’infrastructure.

Quant aux EAU, ils ont rejoint la Force pour le Kosovo (Kfor) de l’Otan en 1999 et ont entrepris une mission d’aide consistant à nourrir des milliers de réfugiés en fuite à la frontière albanaise. En collaboration avec le Croissant-Rouge, les EAU ont construit un camp qui, à son apogée, accueillait jusqu’à 15 000 personnes par jour.

Quelque 1 500 soldats émiratis ont servi au Kosovo au cours de deux opérations: l’une avec la Kfor du printemps 1999 jusqu’à la fin 2001, et l’autre était la mission d’aide White Hands de l’autre côté de la frontière, en Albanie, entre mars et fin juin 1999.

Les relations étroites que les pays du Golfe entretiennent avec les pays des Balkans occidentaux laissent entrevoir la possibilité de faciliter la normalisation des relations entre le Kosovo et tous ses voisins, et de libérer tout le potentiel humain et économique de la région.

À mesure que les liens entre le Kosovo et les pays arabes évoluent, passant de l’humanitaire et de la reconstruction à la coopération politique, économique et sécuritaire, cette transformation pourrait bien avoir un effet salutaire sur ses relations avec la Serbie également.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.