Le Kosovo commémore un passé douloureux et rêve d'un meilleur avenir, le jour de l'indépendance

Une femme du Kosovo tient une photo de son fils disparu pendant la guerre du Kosovo, lors d'une cérémonie, le 5 avril 2017 marquant le 18e anniversaire du massacre dans le village de Rezalle. (Photo, AFP)
Une femme du Kosovo tient une photo de son fils disparu pendant la guerre du Kosovo, lors d'une cérémonie, le 5 avril 2017 marquant le 18e anniversaire du massacre dans le village de Rezalle. (Photo, AFP)
Des enfants albanais du Kosovo tiennent des photos de parents tués pendant la guerre du Kosovo, alors qu'ils marquent le 15e anniversaire du massacre du village d'Izbica le 28 mars 2014. (Photo, AFP)
Des enfants albanais du Kosovo tiennent des photos de parents tués pendant la guerre du Kosovo, alors qu'ils marquent le 15e anniversaire du massacre du village d'Izbica le 28 mars 2014. (Photo, AFP)
Des enfants albanais du Kosovo tiennent des photos de parents tués pendant la guerre du Kosovo, alors qu'ils marquent le 15e anniversaire du massacre du village d'Izbica le 28 mars 2014. (Photo, AFP)
Des enfants albanais du Kosovo tiennent des photos de parents tués pendant la guerre du Kosovo, alors qu'ils marquent le 15e anniversaire du massacre du village d'Izbica le 28 mars 2014. (Photo, AFP)
Des membres des Forces de sécurité du Kosovo participent au nettoyage des rues de Pristina, le 15 septembre 2018, lors de la Journée internationale de nettoyage. (Photo, AFP)
Des membres des Forces de sécurité du Kosovo participent au nettoyage des rues de Pristina, le 15 septembre 2018, lors de la Journée internationale de nettoyage. (Photo, AFP)
Un mur commémoratif des victimes de la guerre du Kosovo de 1998-1999 dans le village d'Izbica, le 28 mars 2017. (Photo, AFP)
Un mur commémoratif des victimes de la guerre du Kosovo de 1998-1999 dans le village d'Izbica, le 28 mars 2017. (Photo, AFP)
Des membres des forces de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo assistent à la cérémonie de changement de commandement, à Pristina, le 15 octobre 2021. (Photo, AFP)
Des membres des forces de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo assistent à la cérémonie de changement de commandement, à Pristina, le 15 octobre 2021. (Photo, AFP)
Les Albanais du Kosovo rendent hommage à leurs proches et aux victimes du massacre de Racak, le 15 janvier 2022, dans le village de Racak. (Photo, AFP)
Les Albanais du Kosovo rendent hommage à leurs proches et aux victimes du massacre de Racak, le 15 janvier 2022, dans le village de Racak. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 17 février 2022

Le Kosovo commémore un passé douloureux et rêve d'un meilleur avenir, le jour de l'indépendance

  • Alors que le Kosovo célèbre sa 14e fête de l’indépendance, le pays européen le plus récent, dont la population est la plus jeune du continent, a de quoi être fier
  • Plus de 100 pays ont reconnu le Kosovo depuis qu’il a déclaré son indépendance de la Serbie le 17 février 2008

ABU DHABI: Alors que le Kosovo célèbre sa 14e fête de l’indépendance, le pays européen le plus récent, dont la population est la plus jeune du continent, a de quoi être fier. Plus de 100 pays ont reconnu le Kosovo depuis qu’il a déclaré son indépendance de la Serbie le 17 février 2008.

En dépit d’un taux élevé de renouvellement de la classe politique, le Kosovo demeure une démocratie robuste, dotée d’un vaste réseau d’institutions non gouvernementales et de groupes de la société civile. Il dispose d’une économie résiliente, de dirigeants compétents et d’excellentes relations avec l’UE, les États-Unis et les pays du Golfe.

Pourtant, il reste beaucoup à faire. Le processus d’engagement et d’intégration du Kosovo dans la région et dans les institutions européennes et euro-atlantiques est en cours. Ses relations avec ses voisins, la Serbie et la Bosnie-Herzégovine, sont loin d’être normalisées. Quant à la Russie, à la Chine et aux cinq membres de l’UE qui ne reconnaissent pas le statut d’État du Kosovo, rien n’indique pour l’instant un quelconque changement d’attitude.

Heureusement pour le Kosovo, les personnes qui occupent actuellement les deux plus hautes fonctions du pays, Albin Kurti et Vjosa Osmani, ont fait leurs armes en politique en s’attaquant à la corruption. Depuis fin mars 2021, la politique au Kosovo est façonnée conjointement par les mouvements lancés respectivement par Kurti et Osmani, Guxo et Vetevendosje.

Kurti est le sixième Premier ministre du pays, tandis que Osmani est la cinquième présidente élue de la République. Tous deux sont considérés comme des politiciens intègres, sans bagage de guerre, ayant des visions claires pour le pays et n’ayant pas peur de se prononcer sur des questions impliquant les alliés et les adversaires du Kosovo.

Ils ne se font pas non plus d’illusions sur les tâches à accomplir. Tant sur le plan régional qu’interne, le Kosovo est confronté à des défis majeurs. Si ses problèmes internes ne sont pas traités en priorité, le rêve du pays de se relever et d’augmenter ses chances d’intégrer l'UE, ce que les Kosovars souhaitent vivement, ne se réalisera jamais.

Kosovo
Dans un rapport du Pnud datant de 2021, les Serbes du Kosovo ont cité le chômage, la sécurité personnelle et le développement urbain comme leurs trois principales préoccupations. (Photo Arab News).

En tête de liste figure la corruption endémique qui sévit aussi bien dans le gouvernement que dans le secteur privé. La simple perception d’une lutte contre la corruption stimulerait les investissements étrangers, car les investisseurs évitent les pays où la corruption est généralisée et où il faut graisser la patte à tous les niveaux.

Dans un rapport du Pnud datant de 2021, les Serbes du Kosovo ont cité le chômage, la sécurité personnelle et le développement urbain comme leurs trois principales préoccupations. Pour les autres groupes ethniques, la pauvreté et l’accès régulier à l’électricité étaient les principales priorités pour le futur proche.

Kosovo
La protection des droits de l’homme, indépendamment de l’appartenance ethnique, de la religion, des convictions et de l’orientation politiques des personnes, constitue un autre défi intérieur pour le gouvernement du Kosovo. (Photo Arab News).

En revanche, tous les groupes ethniques s’accordent à dire que les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire du gouvernement sont devenus plus efficaces et moins corrompus.

Ils estiment par ailleurs qu’il est nécessaire d’accélérer le développement économique, compte tenu de la persistance des taux élevés de pauvreté et de chômage, de l’insuffisance des investissements nationaux et étrangers et des problèmes liés à l’environnement des entreprises.

La protection des droits de l’homme, indépendamment de l’appartenance ethnique, de la religion, des convictions et de l’orientation politiques des personnes, constitue un autre défi intérieur pour le gouvernement du Kosovo. Si tous les citoyens sont traités sur un pied d’égalité devant la loi, tant en théorie qu’en pratique, les chances d’intégration du Kosovo dans l’UE s’amélioreront sans aucun doute.

Le Premier ministre Albin Kurti examine la garde d'honneur du Kosovo à Pristina. (Photo, AFP)
Le Premier ministre Albin Kurti examine la garde d'honneur du Kosovo à Pristina. (Photo, AFP).

Les fondements démocratiques laïques du Kosovo ne peuvent être considérés comme acquis au vu des menaces que représentent les dirigeants autoritaires de pays de l’UE tels que la Pologne et la Hongrie. Il est tout aussi important de maintenir la religion en dehors des affaires civiles que de préserver des élections libres et équitables, la liberté de la presse et de réunion, et un système judiciaire libre de toute influence politique.

L’intégration du Kosovo à l’UE pourrait bien être le meilleur catalyseur pour transformer les conditions socio-politiques et économiques du pays. Mais jusqu’à présent, le chemin s’est avéré plus rocailleux que prévu.

L'ambassadeur kosovar Lulzim Mjeku présentant ses lettres de créance au roi Salmane lors d'une cérémonie à Riyad en janvier 2020. (Photo Twitter)
L'ambassadeur kosovar Lulzim Mjeku présentant ses lettres de créance au roi Salmane lors d'une cérémonie à Riyad en janvier 2020. (Photo Twitter)

En 2016, le Kosovo a conclu l’Accord de stabilisation et d’association avec l’UE, marquant ainsi l’étape la plus importante de son histoire vers l’intégration européenne. Deux ans plus tard, la Commission européenne a publié son plan d’élargissement de l’Union pour l’après-2025, incluant le Kosovo et cinq de ses voisins (le Monténégro, la Macédoine du Nord, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie).

En 2020, le Kosovo a levé ses droits de douanes de 100% sur les importations en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine, une mesure qui a permis de rétablir le commerce avec la Serbie et la Bosnie et de reprendre le dialogue Belgrade-Pristina facilité par l’UE. Toutefois, les efforts déployés par le Kosovo pour adhérer à l’UE ont échoué principalement en raison du refus de la Serbie de reconnaître son indépendance.

Des membres des forces de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo assistent à la cérémonie de changement de commandement, à Pristina, le 15 octobre 2021. (Photo, AFP)
Des membres des forces de maintien de la paix dirigées par l'OTAN au Kosovo assistent à la cérémonie de changement de commandement, à Pristina, le 15 octobre 2021. (Photo, AFP).

La Serbie, qui considère le Kosovo comme son propre territoire, continue de solliciter les pays pour qu’ils retirent leur reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, bien que deux anciennes républiques yougoslaves aient défié cette pression: la Macédoine (aujourd’hui République de Macédoine du Nord), qui est devenue membre de l'Otan en 2020, et le Monténégro.

L’un des principaux obstacles à la normalisation des relations avec la Serbie est le statut des Serbes au Kosovo (les chrétiens orthodoxes orientaux représentent 84,5% de la population de la Serbie, tandis que 95,6% de la population du Kosovo est composée de musulmans, pour la plupart d’origine albanaise).

Depuis deux décennies, Mitrovica, dans le nord du Kosovo, est à cheval sur une ligne de fracture entre les Serbes du Nord et les Albanais de souche du Sud.

Les Serbes de Mitrovica et dans d’autres enclaves refusent obstinément de reconnaître l’indépendance du Kosovo. Avant 1999, les habitants de cette ville vivaient dans des quartiers mixtes, mais dans les années qui ont suivi la guerre, les divisions profondes entre Albanais et Serbes se sont renforcées, laissant peu de place au dialogue.

L’Otan garantit une paix fragile alors que la rivière Ibar sépare effectivement les deux communautés, mais les négociations intermittentes sous l’égide de l’UE n’ont guère progressé au fil des ans.

Le Premier ministre, Kurti, a suggéré une meilleure synchronisation entre Washington et Bruxelles dans les Balkans occidentaux, tandis que le Kosovo œuvre à la réalisation de trois objectifs: renforcer l’État de droit, assurer la sécurité par l’adhésion à l’Otan et forger une plus grande unité européenne par l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE.

De plus, le Kosovo a des partenaires de longue-date au Moyen-Orient qui sont attachés à son indépendance et à son bien-être, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU). Le Royaume a été l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance du Kosovo, l’un de ses principaux défenseurs à la Cour pénale internationale et l’un des acteurs clés qui ont poussé l’OCI à reconnaître sa souveraineté en 2009.

Un an après la guerre du Kosovo, l’Arabie saoudite a dépensé au moins 12 millions de riyals saoudiens (1 riyal saoudien = 0,23 euro) pour reconstruire des maisons, des écoles et des mosquées. En 2020, le Kosovo et l’Arabie saoudite ont commencé à mettre en œuvre conjointement un accord visant à éviter la double imposition.

Lors d’une cérémonie à Riyad en janvier 2020 où le diplomate de carrière kosovar Lulzim Mjeku faisait partie d’un groupe d’ambassadeurs qui ont présenté leurs lettres de créance, le roi Salmane d’Arabie saoudite a fait part de sa volonté de travailler avec chaque pays pour améliorer et développer les relations bilatérales.

Pendant la lutte du Kosovo contre la Covid-19, la Ligue islamique mondiale a envoyé une aide humanitaire précieuse. L’année dernière, Kurti a remercié les dirigeants du Royaume pour leur soutien au Kosovo dans toutes les instances internationales et pour l’aide apportée afin d’atténuer les souffrances humaines.

Plus récemment, les pourparlers entre les deux pays ont porté sur le renforcement de la coopération dans les domaines de l’économie, du commerce, du tourisme, de l’investissement, de l’éducation, de la santé et de l’infrastructure.

Quant aux EAU, ils ont rejoint la Force pour le Kosovo (Kfor) de l’Otan en 1999 et ont entrepris une mission d’aide consistant à nourrir des milliers de réfugiés en fuite à la frontière albanaise. En collaboration avec le Croissant-Rouge, les EAU ont construit un camp qui, à son apogée, accueillait jusqu’à 15 000 personnes par jour.

Quelque 1 500 soldats émiratis ont servi au Kosovo au cours de deux opérations: l’une avec la Kfor du printemps 1999 jusqu’à la fin 2001, et l’autre était la mission d’aide White Hands de l’autre côté de la frontière, en Albanie, entre mars et fin juin 1999.

Les relations étroites que les pays du Golfe entretiennent avec les pays des Balkans occidentaux laissent entrevoir la possibilité de faciliter la normalisation des relations entre le Kosovo et tous ses voisins, et de libérer tout le potentiel humain et économique de la région.

À mesure que les liens entre le Kosovo et les pays arabes évoluent, passant de l’humanitaire et de la reconstruction à la coopération politique, économique et sécuritaire, cette transformation pourrait bien avoir un effet salutaire sur ses relations avec la Serbie également.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump: L'Iran « entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain»

Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains. (AFP)
Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains. (AFP)
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  • L'Iran "entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain" (mardi), a menacé lundi Donald Trump pendant une conférence de presse par ailleurs consacrée au spectaculaire sauvetage d'un aviateur américain
  • Le président a assuré que l'armée pourrait détruire en quatre heures les ponts et centrales électriques iraniennes, si l'ultimatum qu'il a fixé à Téhéran expire sans résultat, mardi à 20h00 (00h00 GMT)

WASHINGTON: L'Iran "entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain" (mardi), a menacé lundi Donald Trump pendant une conférence de presse par ailleurs consacrée au spectaculaire sauvetage d'un aviateur américain.

Le président a assuré que l'armée pourrait détruire en quatre heures les ponts et centrales électriques iraniennes, si l'ultimatum qu'il a fixé à Téhéran expire sans résultat, mardi à 20h00 (00h00 GMT).

Le républicain de 79 ans, qui a dit ne pas "s'inquiéter" de commettre des crimes de guerre si les Etats-Unis attaquaient réellement ces infrastructures civiles, a assuré que l'opération militaire américaine avait le soutien de la population iranienne.

Les Iraniens "seraient prêts à souffrir pour avoir la liberté", a déclaré Donald Trump lors d'une rare conférence de presse, en assurant que les Américains avaient intercepté de nombreux messages disant: "Continuez à bombarder".

Mais le président américain a comme à son habitude livré le même jour des propos contradictoires, certains allant dans le sens d'une aggravation, d'autres d'une résolution diplomatique du conflit débuté le 28 février.

"Bonne foi" 

Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains.

Le milliardaire a aussi décrit les difficultés de communication avec ces dirigeants en assurant que les négociations se faisaient "comme il y a 2.000 ans avec des enfants qui transportent un message dans un sens et l'autre".

Un peu plus tôt, en marge d'une célébration de la fête de Pâques dans les jardins de la Maison Blanche, il avait qualifié d'"étape très importante" une proposition de cessez-le-feu de 45 jours avancée par des pays médiateurs.

"Ce n'est pas encore assez bien", a toutefois aussi estimé le président américain sous l'oeil fixe d'une mascotte en costume de lapin.

Pendant sa conférence de presse, il a indiqué que l'une des conditions fixées à l'Iran dans les discussions était la réouverture du détroit d'Ormuz, cela après avoir plusieurs fois assuré ces derniers jours que le sort de cette artère vitale pour le commerce de pétrole lui était indifférent.

Si Donald Trump est allé à la rencontre des journalistes lundi, c'est d'abord pour vanter la spectaculaire opération de sauvetage d'un aviateur américain, qui lui a permis de chanter les louanges de l'armée alors que le conflit est impopulaire auprès de la majorité des Américains.

La mission a "capté l'attention du monde entier", s'est réjoui l'ancien animateur de téléréalité.

Il a donné de nombreux détails - ainsi sur l'engagement de plus de 170 avions militaires au total et sur la destruction de deux appareils que l'armée américaine a été contrainte d'abandonner sur place.

 "Stupides" 

Le chef du Pentagone Pete Hegseth, usant comme d'habitude d'un vocabulaire tantôt religieux tantôt viril, a dressé un parallèle entre le sauvetage de l'aviateur et la résurrection de Jésus Christ, célébrée à Pâques par les chrétiens.

Pendant sa conférence de presse, le président américain a aussi émis des menaces contre les journalistes ayant révélé la recherche en cours d'un membre d'équipage dont l'appareil avait été abattu vendredi dans le sud-ouest de l'Iran, ainsi que leur source.

Il a aussi critiqué vivement les reporters de CNN et du New York Times.

Donald Trump a par ailleurs lancé, cette fois pendant son apparition du matin dans les jardins, que "si cela ne tenait qu'à lui", il s'emparerait du pétrole iranien mais a ajouté que "malheureusement, les Américains voudraient nous voir rentrer à la maison".

"Ils sont stupides", a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait des opinions majoritairement défavorables sur la guerre.

Au pupitre de la salle de presse, l'ancien homme d'affaires a indiqué qu'il existait un plan dans lequel les Etats-Unis prélèveraient un droit de passage dans le détroit d'Ormuz, sans davantage de précisions.


Un nouveau pétrolier appartenant à une compagnie japonaise a franchi le détroit d'Ormuz

Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit. (AFP)
Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit. (AFP)
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  • Le blocage de facto de ce passage maritime du Golfe en raison de la riposte iranienne aux frappes américaines et israéliennes empêche le transit de pétrole, affectant de nombreuses économies en Asie
  • Le Japon qui dépend fortement du brut importé du Moyen-Orient

TOKYO: Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit.

Le blocage de facto de ce passage maritime du Golfe en raison de la riposte iranienne aux frappes américaines et israéliennes empêche le transit de pétrole, affectant de nombreuses économies en Asie, dont le Japon qui dépend fortement du brut importé du Moyen-Orient.

Cette quasi-fermeture a entraîné des pénuries de carburant et une flambée des prix de l'énergie à travers le monde.

Une porte-parole de l'armateur nippon Mitsui OSK Lines a indiqué à l'AFP que le méthanier GPL Green Asha avait traversé le détroit. "Le personnel à bord comme la cargaison sont en sécurité", a-t-elle déclaré.

Samedi, le gouvernement indien avait déjà annoncé que le méthanier GPL Green Sanvi, également détenu par une filiale de Mitsui OSK, avait franchi le détroit en toute sécurité.

Et la veille, trois pétroliers, dont un codétenu par le groupe nippon, avaient traversé le détroit. Le navire Sohar LNG, également codétenu par Mistui OSK, était le premier méthanier de gaz naturel liquéfié à franchir le détroit depuis le 1er mars.

Les rares navires qui ont franchi ce point d'étranglement depuis le début de la guerre au Moyen-Orient ont emprunté un itinéraire approuvé par l'Iran à travers ses eaux près de l'île de Larak, surnommé le "péage de Téhéran" par la société de données maritime Lloyd's List Intelligence.

 


Ce que l'on sait de l'opération de sauvetage d'un aviateur américain en Iran

Donald Trump a annoncé dimanche le sauvetage spectaculaire d'un aviateur américain dont l'appareil a été abattu en Iran et qui a été "gravement blessé", tandis que Téhéran entretient le doute sur le succès de l'opération menée par Washington. (AFP)
Donald Trump a annoncé dimanche le sauvetage spectaculaire d'un aviateur américain dont l'appareil a été abattu en Iran et qui a été "gravement blessé", tandis que Téhéran entretient le doute sur le succès de l'opération menée par Washington. (AFP)
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  • L'avion a été abattu vendredi dans le sud-ouest de l'Iran, selon des médias américains et iraniens - ce que l'administration Trump n'a pas officiellement confirmé
  • Les deux hommes se sont alors éjectés de l'appareil

PARIS: Donald Trump a annoncé dimanche le sauvetage spectaculaire d'un aviateur américain dont l'appareil a été abattu en Iran et qui a été "gravement blessé", tandis que Téhéran entretient le doute sur le succès de l'opération menée par Washington.

Voici ce que l'on sait, sur la base de déclarations officielles et de médias:

Que sait-on de l'aviateur ?

Il a été qualifié d'"officier membre d'équipage" par le président Donald Trump, ce qui signifie qu'il était opérateur des systèmes d'armes à bord du chasseur-bombardier F-15E.

L'avion a été abattu vendredi dans le sud-ouest de l'Iran, selon des médias américains et iraniens - ce que l'administration Trump n'a pas officiellement confirmé.

Les deux hommes se sont alors éjectés de l'appareil.

Le pilote avait été exfiltré peu après le crash lors d'une opération en plein jour des forces spéciales américaines dans la province accidentée de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest de l'Iran).

Le sort du second occupant était lui incertain. D'après le site Axios et le New York Times, il a pu échapper à une capture dans les montagnes pendant plus d'une journée, en gravissant une crête de 2.100 mètres.

Donald Trump a déclaré dimanche qu'il était "gravement blessé", alors qu'il l'avait présenté dans un premier temps comme simplement "blessé" et "sain et sauf".

Les aviateurs américains suivent une formation dite SERE  - Survival, Evasion, Resistance and Escape (survie, évasion, résistance et fuite) - en cas d'atterrissage en territoire hostile.

Leurs gilets de combat contiennent une balise radio/GPS sécurisée pour transmettre leur position, un appareil de communication, ainsi que de l'eau, de la nourriture, du matériel de premiers secours et un pistolet.

Le président américain fournira des détails lors d'une conférence de presse annoncée pour lundi "avec l'armée" dans le Bureau ovale.

Selon CBS, l'aviateur blessé a été transporté au Koweït.

Comment s'est déroulée la mission de sauvetage ?

Les autorités iraniennes ont appelé la population à participer aux recherches du pilote, conscientes de l'intérêt politique et militaire que présenterait sa capture vivant, proposant une récompense.

Une course s'est alors engagée dans un terrain montagneux tout au long du week-end, avec des images circulant sur les réseaux sociaux montrant des avions et hélicoptères américains volant à basse altitude.

La CIA a participé à sa localisation et a mené une "campagne de désinformation" visant à convaincre les autorités iraniennes qu'il avait déjà été retrouvé, ont relaté le New York Times (NYT) et le Financial Times.

Selon Axios, citant un responsable, l'aviateur - un croyant fervent qui a hurlé "Dieu est bon" sur sa radio après s'être éjecté - se trouvait "dans une cavité rocheuse, invisible sauf pour les capacités de la CIA".

L'opération de sauvetage lancée dans la nuit de samedi à dimanche a mobilisé "des dizaines d'appareils", a affirmé Donald Trump.

Selon le NYT, citant un responsable sous couvert de l'anonymat, c'est l'unité spéciale de la marine américaine SEAL Team 6 - connue pour avoir participé à l'opération contre Oussama Ben Laden en 2011 - qui a été chargée de cette difficile mission, pendant que des avions d'attaque américains assuraient la couverture.

Deux des avions censés ramener l'aviateur et ses sauveteurs en lieu sûr sont restés bloqués sur une base isolée en Iran et ont dû être détruits pour les soustraire aux forces iraniennes, d'après des médias américains. Les forces américaines ont ensuite utilisé trois autres appareils.

Trump a affirmé qu'aucun Américain n'avait perdu la vie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué lundi, sans détails, qu'Israël avait contribué à l'opération de sauvetage. "Je suis profondément fier que notre coopération (avec les Etats-Unis, ndlr), sur et en dehors du champ de bataille, soit sans précédent et qu'Israël ait pu contribuer à sauver un brave soldat américain", a-t-il écrit sur le réseau X.

Que dit l'Iran ?

L'armée iranienne assure sans plus de détails que l'opération américaine a été "déjouée". Dans la soirée, les Gardiens de la Révolution ont diffusé une photo présentée par l'agence Isna comme étant celle du "crâne d'un soldat américain au milieu des débris d'un avion détruit".

Les Gardiens n'ont donné aucune information, diffusant seulement ce message sibyllin: "une preuve supplémentaire de la défaite humiliante du menteur Trump".

Selon le porte-parole des forces armées, Ebrahim Zolfaghari, "deux hélicoptères Black Hawk et deux avions de transport militaire C-130" américains ont "été détruits".

Cinq Iraniens ont été tués lors de l'opération américaine, a annoncé l'agence de presse Tasnim.

Les médias d'Etat ont diffusé des images de débris et de moteurs calcinés éparpillés dans une zone désertique. Elles ont été prises à environ 50 kilomètres au sud de la ville d'Ispahan, selon des spécialistes de la géolocalisation.