Macron plaide pour une Europe souveraine dans l'espace, un «bien commun»

Le président français Emmanuel Macron assiste à une réunion informelle des ministres européens sur l'espace, à Toulouse, le 16 février (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron assiste à une réunion informelle des ministres européens sur l'espace, à Toulouse, le 16 février (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 17 février 2022

Macron plaide pour une Europe souveraine dans l'espace, un «bien commun»

  • Pour Emmanuel Macron le modèle spatial viable est celui d'un «bien commun» qui doit être utile à tous
  • Sur un échiquier mondial de plus en plus compétitif, l'Europe doit avoir sa propre «maîtrise» de l'espace

TOULOUSE: Emmanuel Macron a plaidé mercredi à Toulouse en faveur d'une Europe souveraine dans l'espace, un "bien commun" qui doit faire "rêver", et poussé les dirigeants européens à se positionner sur les vols habités vers la Lune et Mars.

Sur un échiquier mondial de plus en plus compétitif, l'Europe doit avoir sa propre "maîtrise" de l'espace si elle veut acquérir une souveraineté technologique, industrielle, militaire et scientifique, a affirmé le président lors d'une réunion "informelle" des ministres européens chargés de l'Espace et de l'ESA (Agence spatiale européenne), dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne.

L'Europe doit notamment prendre "d'urgence" son "destin en main" dans le domaine des constellations de satellites, si elle veut garder la maîtrise de ses télécommunications, a estimé Emmanuel Macron, quasi-candidat à la présidentielle d'avril.

Face aux constellations privées Starlink d'Elon Musk (42.000 satellites prévus) ou Kuiper de Jeff Bezos (3.200 satellites), Oneweb porté par le gouvernement britannique (650 satellites), l'enjeu est de se lancer avant que les orbites et fréquences ne soient trop encombrées.

La constellation européenne, dont les premiers satellites doivent être opérationnels en 2024, doit fournir un réseau internet propre à l'UE et une couverture de communications commerciales à l'échelle de l'UE et l'Afrique.

"Nous avons un accord politique" pour déployer une "constellation indépendante", s'est félicité en marge de la réunion le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, selon qui les aspects de son financement seront réglés ultérieurement.

« Marchandisation »

Mais l'Europe doit aussi investir dans "la part de rêve" que représente l'espace, au-delà de l'orbite terrestre, a poursuivi le chef de l'Etat. "Pour nous Européens, le modèle spatial viable n'est pas celui de l'exploitation, de l'augmentation du nombre de touristes spatiaux", mais celui d'un "bien commun qui doit être utile à tous", a-t-il fait valoir, opposant sa vision à une "marchandisation de l'espace".

Dans cette optique, l'Europe doit selon lui "anticiper un positionnement pour une première mission internationale humaine vers Mars, probablement à la fin de la prochaine décennie".

"L'ESA a déjà identifié des pistes en matière de sciences spatiales et de vols habités, et je propose que nous puissions accompagner cet élan en travaillant (...) d'ici l'été prochain pour formuler des propositions sur nos ambitions européennes en matière d'exploration, de vols habités", a affirmé le président.

L'objectif est "d'éclairer les décisions stratégiques" qui devront selon lui être prises en novembre, lors d'une réunion ministérielle de l'ESA qui réunira ses 22 Etats membres à Paris.

"Quelle doit être la part respective des vols habités et robotisés, notamment pour les vols à destination de la Lune ou de Mars?", s'est-il interrogé.

"Visons-nous des coopérations à la lumière de l'ISS (la station spatiale internationale) ou l'autonomie stratégique en la matière?", a ajouté M. Macron, se gardant de prendre position.

Face à la ruée vers la Lune et l'apparition d'acteurs privés du vol habité, la communauté spatiale européenne milite afin que l'Europe se dote de moyens propres pour envoyer des astronautes dans l'espace, sans dépendre d'un système de troc utilisé jusqu'ici avec les Russes ou les Américains.

"Le moment est venu d'une ambition européenne pour l'espace", a plaidé Josef Aschbacher, le directeur général de l'ESA qui compte 22 Etats membres, mercredi à l'issue du Conseil ministériel de l'ESA réuni lui aussi à Toulouse.

L'ESA a annoncé la création d'un "groupe consultatif de haut niveau" sur "l'exploration spatiale humaine pour l'Europe", qui devra livrer de premières conclusions à la réunion ministérielle de novembre. 

Ce groupe réunira des experts non-industriels (historiens, économistes, philosophes...) pour "nous aider à prendre la bonne décision", celle qui "va façonner ce à quoi l'Europe ressemblera dans la décennie à venir", s'est félicité Josef Aschbacher. 

Son ambition concernant les vols habités a reçu le soutien de 45 astronautes européens, qui ont appelé mercredi dans un manifeste les dirigeants de l'UE à prendre une décision "de toute urgence" pour "rester dans les principaux rangs des nations spatiales qui façonnent l'avenir de cette planète, ou prendre du retard dans le rôle de partenaire junior pour les décennies à venir".

"Ensemble, solidaires de nos valeurs européennes, nous le pouvons. Il est temps de mettre les voiles", a tweeté l'astronaute italien Luca Parmitano.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.