Macron sous l'Arc de triomphe pour commémorer la Shoah

Le président français Emmanuel Macron flanqué de la survivante du camp de concentration d'Auschwitz Esther Senot  et de la survivante du camp de concentration de Bergen-Belsen Victor Perahia au garde-à-vous sur la Tombe du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe lors d'une cérémonie pour marquer la Journée internationale de commémoration de la Shoah, le 27 janvier 2022 à Paris. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron flanqué de la survivante du camp de concentration d'Auschwitz Esther Senot et de la survivante du camp de concentration de Bergen-Belsen Victor Perahia au garde-à-vous sur la Tombe du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe lors d'une cérémonie pour marquer la Journée internationale de commémoration de la Shoah, le 27 janvier 2022 à Paris. (AFP)
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Publié le Jeudi 27 janvier 2022

Macron sous l'Arc de triomphe pour commémorer la Shoah

  • Il a ravivé la flamme en présence d'Esther Senot, déportée à l'âge de 15 ans en septembre 1943, et de Victor Perahia, déporté à Bergen-Belsen
  • La candidate LR Valérie Pecresse a elle visité le Mémorial de la Shoah à Paris

PARIS: Emmanuel Macron a ravivé jeudi soir la flamme sous l'Arc de Triomphe à Paris aux côtés de deux rescapés de la Shoah à l'occasion de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le chef de l'Etat est le premier président à participer à cette cérémonie annuelle organisée par l'Union des déportés d'Auschwitz (UDA), selon des membres.

Il a ravivé la flamme en présence d'Esther Senot, déportée à l'âge de 15 ans en septembre 1943, et de Victor Perahia, déporté à Bergen-Belsen, les deux survivants avec lesquels il s'est entretenu.

Accompagné de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, il a également rendu hommage à Raphaël Esrail, le président de l'UDA, qui est décédé samedi à 96 ans à Lannion (Côtes-d'Armor).

Dans une vidéo postée jeudi par l'Elysée, Emmanuel Macron insiste sur la nécessité de "ce travail de mémoire et d’humanisme" sur l'Holocauste. "Nous le devons en particulier aux jeunes générations: pour que jamais ne soit oubliée la mémoire de la Shoah, pour que jamais ne soit répétée l’atrocité de notre histoire, pour qu’aucun jeune Européen ne puisse l’ignorer" car "l’ignorer c’est prendre le risque de laisser certains faire réapparaitre les discours du pire, de laisser revenir les vents mauvais".

Il indique que des initiatives seront prises "dans les prochaines semaines", durant la présidence française du Conseil de l'UE, pour "lutter contre toutes les formes de discriminations et réaffirmer la spécificité de l’antisémitisme".

Le Premier ministre Jean Castex a réaffirmé en Pologne le "combat" que mène la France contre l'antisémitisme, mais aussi contre ceux qui "travestissent l'histoire" de la Shoah, à l'occasion du 77e anniversaire de la libération des camps nazis allemands d'Auschwitz-Birkenau.

La candidate d'extrême droite Marine Le Pen a rendu "hommage" dans un communiqué aux victimes de la Shoah, "pire atrocité de l’histoire humaine", et demandé que cesse "l'aveuglement" des gouvernements "face aux résurgences de l'antisémitisme" qui, avait-elle dit mercredi, est "le fait de l'islamisme".

La candidate LR Valérie Pecresse a elle visité le Mémorial de la Shoah à Paris. A la sortie, elle a fustigé ceux "qui falsifient l'histoire" en rappelant "le rôle que l'Etat français sous Pétain, avec Laval, a tenu dans cette déportation de tous les Juifs, y compris nos compatriotes". 

"Si on falsifie l'Histoire, on s'expose à ce que ça recommence", a-t-elle ajouté, après la vive polémique née des propos d'Eric Zemmour sur le maréchal Pétain "sauveur" de Juifs et qui valent au candidat d'extrême droite des poursuites en justice. Valérie Pécresse a promis d'être "implacable" contre l'antisémitisme, qui "a de multiples visages", et "contre tous les fanatismes"


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».