La vente aux enchères d'un Caravage exceptionnel fait des vagues à Rome

Photographie prise le 15 janvier 2022 montrant l'entrée du Casino dell'Aurora di Villa Ludovisi Boncompagni, à Rome. (Photo, AFP)
Photographie prise le 15 janvier 2022 montrant l'entrée du Casino dell'Aurora di Villa Ludovisi Boncompagni, à Rome. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 16 janvier 2022

La vente aux enchères d'un Caravage exceptionnel fait des vagues à Rome

  • La résidence romaine des princes Ludovisi Boncompagni, ornée de l'unique peinture murale signée du Caravage, sera mise aux enchères mardi à Rome
  • La vente aux enchères a été décidée par un tribunal de Rome pour mettre fin aux bisbilles entre les héritiers du prince Nicolo Ludovisi Boncompagni

ROME : La résidence romaine des princes Ludovisi Boncompagni, ornée de l'unique peinture murale signée du Caravage, sera mise aux enchères mardi à Rome, au grand dam d'amoureux de l'art qui demandent à l'Etat italien de s'en porter acquéreur.

Outre la peinture exceptionnelle, cette demeure de 2 800 m2, située en plein centre de Rome entre la célèbre via Veneto, berceau de la Dolce Vita, et la place d'Espagne, vante des fresques du Guerchin (1591-1666) et un somptueux jardin.

La presse italienne, qui n'hésite pas à parler de "la vente aux enchères du siècle", bruisse de rumeurs sur les noms des potentiels acquéreurs de ce trésor artistique et architectural, citant entre autres Bill Gates ou encore le sultan de Brunei.

Le Casino de l'Aurore, nom officiel de ce palais hors normes, est estimé dans son ensemble à 471 millions d'euros, ce qui représente un quart du budget annuel du ministère italien de la Culture.

La vente aux enchères a été décidée par un tribunal de Rome pour mettre fin aux bisbilles entre les héritiers du prince Nicolo Ludovisi Boncompagni, chef de cette antique famille de la noblesse romaine décédé en 2018.

Le litige oppose la troisième et dernière épouse du prince, Rita Jenrette Boncompagni Ludovisi, une Américaine de 72 ans haute en couleurs ayant posé pour Playboy, aux enfants nés de son premier mariage.

Beaucoup souhaiteraient profiter de cette occasion unique pour que ce joyau soit racheté par l'Etat italien, comme le demande une pétition publiée sur le site change.org, intitulée "SOS culture vendue au rabais" et qui a déjà recueilli près de 35 000 signatures.

"Le Casino de l'Aurore, c'est-à-dire ce qui reste de la Villa Ludovisi, chanté par (les écrivains) Nicolas Gogol, Henry James et Gabriele D'Annunzio comme une merveille de l'Italie (...) sera vendu aux enchères à des particuliers, alors que l'Etat aurait dû exercer son droit de préemption sur la peinture inestimable du Caravage évaluée à 350 millions d'euros", dénonce la pétition.

Un musée?

Selon les médias italiens, le ministre de la Culture Dario Franceschini a écrit courant janvier au Premier ministre Mario Draghi et à son collègue de l'Economie Daniele Franco pour les sensibiliser à l'affaire.

En vertu de la législation italienne, le gouvernement ne peut exercer son droit de préemption qu'après son acquisition effective par un particulier, dans un délai de 60 jours après la conclusion de la vente et en proposant le même prix d'achat.

L'oeuvre du Caravage (de son vrai nom Michelangelo Merisi, 1571-1610), qui daterait de 1597, se trouve au première étage de la demeure. Cette peinture à l'huile du maître du clair-obscur, mort prématurément à 38 ans, représente Jupiter, Pluton et Neptune avec au centre le globe terrestre et les signes du zodiaque.

"Il s'agit probablement d'une de ses premières œuvres (...) et elle est très intéressante parce qu'elle traite un sujet mythologique alors que le Caravage a peint quasi exclusivement des œuvres de caractère religieux", estime l'historien d'art et ex-conservateur de musée Claudio Strinati dans un entretien avec l'AFP.

Le nom du Casino de l'Aurore, né comme une dépendance de la Villa Ludovisi aujourd'hui disparue, est dû en revanche à la fresque du Guerchin représentant la déesse Aurore sur son char.

"Il s'agit d'un édifice très beau, très important, avec la présence de ces peintures très belles, donc ce serait très positif qu'il devienne un bien public et puisse accueillir un musée et des activités culturelles", juge le Pr Strinati.

La vente aux enchères, à laquelle ont été invités des milliardaires du monde entier dont la liste est tenue secrète, débutera mardi à 15H00 locales (14H00 GMT) et durera 24 heures. Le prix minimal de départ a été fixé à 353 millions d'euros. Ne seront admis à enchérir que les amateurs ayant versé 10% de l'enchère de départ.


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.