Washington accuse Moscou de préparer une opération «prétexte» pour envahir l'Ukraine

«La Russie jette les bases pour avoir la possibilité de créer de toutes pièces un prétexte pour une invasion», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki. (Photo, AFP)
«La Russie jette les bases pour avoir la possibilité de créer de toutes pièces un prétexte pour une invasion», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 15 janvier 2022

Washington accuse Moscou de préparer une opération «prétexte» pour envahir l'Ukraine

  • Les Etats-Unis ont décidé de monter d'un cran dans leurs accusations contre le Kremlin
  • Le Kremlin a qualifié de «gratuites» ces affirmations, estimant qu'elles n'étaient «étayées par aucune preuve»

KIEV : Les Etats-Unis ont accusé vendredi la Russie d'avoir dépêché en Ukraine des agents chargés de mener des opérations de "sabotage" afin de créer un "prétexte" pour une invasion, renforçant encore les tensions au moment où Kiev attribuait à Moscou une cyberattaque contre ses ministères.

"La Russie jette les bases pour avoir la possibilité de créer de toutes pièces un prétexte pour une invasion", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, détaillant les renseignements dont dit disposer Washington.

"L'armée russe prévoit de commencer ces activités plusieurs semaines avant une invasion militaire, qui pourrait commencer entre mi-janvier et mi-février", a-t-elle mis en garde.

Selon les éléments invoqués par les Américains, Moscou "a déjà prépositionné un groupe d'agents", "entraînés à la guérilla urbaine et à l'utilisation d'explosifs", pour mener dans l'est de l'Ukraine des "actes de sabotage" contre les séparatistes prorusses "sous fausse bannière", c'est-à-dire en se faisant passer pour des Ukrainiens.

"Nous avons vu cette stratégie à l'oeuvre en 2014", lorsque la Russie a annexé la Crimée ukrainienne, "ils préparent cette stratégie à nouveau", avait prévenu dès jeudi le conseiller du président Joe Biden pour la sécurité nationale, Jake Sullivan.

Affirmations «gratuites»

Le Kremlin a qualifié de "gratuites" ces affirmations, estimant qu'elles n'étaient "étayées par aucune preuve".

Les Etats-Unis ont néanmoins décidé de monter d'un cran dans leurs accusations contre le Kremlin après qu'une série de rencontres de haut niveau entre Occidentaux et Russes cette semaine n'ont pas permis d'éloigner le risque d'un nouveau conflit en Ukraine.

Les Américains et les Européens affirment depuis des semaines que Moscou a déployé près de 100 000 soldats à la frontière ukrainienne en vue d'une potentielle invasion, et menacent de sanctions sans précédent s'ils passent à l'offensive. La Russie nie une telle intention et assure vouloir se défendre contre la posture jugée menaçante de l'Otan à ses portes.

Ses demandes de garanties quant à la fin de l'élargissement de l'Alliance atlantique en Europe de l'Est, et notamment à l'Ukraine, ont toutefois été balayées par les Occidentaux.

Alors que la diplomatie semble dans l'impasse, en l'attente d'une réponse formelle des deux camps rivaux sur la suite à donner à leur dialogue, Kiev a affirmé vendredi qu'une cyberattaque "massive" avait visé plusieurs de ses ministères.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a rapidement fait état d'"indices préliminaires" impliquant "des groupes de pirates informatiques associés aux services secrets russes".

Européens et Américains ont condamné le sabotage.

L'Otan a notamment annoncé la signature "dans les prochains jours" d'un accord avec l'Ukraine pour renforcer leur coopération dans ce domaine. Il "prévoit notamment l'accès de l'Ukraine à la plateforme de partage d'informations sur les logiciels malveillants de l'Otan", a précisé dans un communiqué Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Alliance.

Message menaçant

Un message menaçant – en ukrainien, russe et polonais – avait été diffusé sur la page d'accueil de la diplomatie ukrainienne par les auteurs de l'attaque.

"Ukrainiens, prenez peur et préparez-vous au pire. Toutes vos données personnelles ont été téléchargées sur le Web", pouvait-on lire.

Les autorités ont cependant démenti tout vol de données. Plus largement, l'Ukraine a assuré n'avoir pas constaté de dommages importants. Washington a aussi évoqué un impact "limité", sans se prononcer dans l'immédiat sur les auteurs du piratage.

Un sabotage informatique visant les infrastructures stratégiques ukrainiennes afin de désorganiser les autorités est l'un des scénarios évoqués comme pouvant être le signe avant-coureur d'une offensive militaire classique de la part de Moscou.

L'Ukraine a plusieurs fois été la cible de cyberattaques attribuées ces dernières années à la Russie, notamment en 2017 contre plusieurs infrastructures critiques et en 2015 contre son réseau d'électricité.

Pour tenter de désamorcer la crise explosive avec la Russie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé une rencontre à trois, éventuellement virtuelle, avec ses homologues américain Joe Biden et russe Vladimir Poutine pour faire baisser les tensions, a déclaré vendredi un de ses proches conseillers, Andrii Iermak.

Mais les Russes avaient dit, après les pourparlers de cette semaine avec les Américains et l'Otan, ne pas voir l'intérêt de reprendre ces discussions à court terme.

Dans ce contexte, le ministère russe de la Défense a diffusé vendredi des images de manoeuvres militaires avec 2 500 soldats et une centaine de chars, se déroulant à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.