Pécresse dénonce des «menaces» du président azerbaïdjanais après son voyage en Arménie

La présidente de la région Ile-de-France et candidate du parti de droite Les Républicains (LR) à l'élection présidentielle française de 2022 Valérie Pecresse accompagnée du député LR Michel Barnier, s'adresse à la presse lors d'une visite en Grèce, à Athènes, le 14 janvier, 2022.(AFP)
La présidente de la région Ile-de-France et candidate du parti de droite Les Républicains (LR) à l'élection présidentielle française de 2022 Valérie Pecresse accompagnée du député LR Michel Barnier, s'adresse à la presse lors d'une visite en Grèce, à Athènes, le 14 janvier, 2022.(AFP)
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Publié le Vendredi 14 janvier 2022

Pécresse dénonce des «menaces» du président azerbaïdjanais après son voyage en Arménie

  • Mme Pécresse a dénoncé devant la presse la « gravité de cette menace sur une candidate à la présidentielle qui ne serait pas libre d'aller où elle veut »
  • La candidate Les Républicains s'est rendue avant Noël en Arménie, peu après le passage du candidat d'extrême droite Eric Zemmour, pour une visite destinée à illustrer son soutien aux Chrétiens d'Orient

ATHÈNES : La candidate de la droite à l'élection présidentielle Valérie Pécresse a dénoncé vendredi depuis Athènes, où elle est en déplacement, des "menaces" du président azerbaïdjanais Ilham Aliev après son voyage en Arménie, affirmant qu'elles ne l'"intimident pas".

Mme Pécresse a dénoncé devant la presse la "gravité de cette menace sur une candidate à la présidentielle qui ne serait pas libre d'aller où elle veut" et a jugé "le silence assourdissant du gouvernement français très choquant". "Ces menaces ne m'intimident pas et j'aurais aimé une réponse solennelle du gouvernement français à cette menace d'un chef d'état étranger sur une candidate à la présidentielle française", a-t-elle affirmé. 

La candidate Les Républicains s'est rendue avant Noël en Arménie, peu après le passage du candidat d'extrême droite Eric Zemmour, pour une visite destinée à illustrer son soutien aux Chrétiens d'Orient dans ce pays du Caucase. Elle était notamment accompagnée de l'ex-commissaire européen et ex ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier, un de ses conseillers de campagne. 

Dans un entretien mercredi à des médias locaux, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a reproché à Mme Pécresse et M. Barnier de s'être rendus "secrètement" à cette occasion dans la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, au centre d'un conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan qui a fait plus de 6.500 morts.

"En cas de visites illégales (au Karabakh) nous exprimons officiellement notre mécontentement auprès de la partie russe", qui est chargée des opérations de maintien de la paix dans la région. "On nous a répondu +on n’a rien vu, on ne savait pas, on n’a pas fait attention (...)+. Mais nous ne pouvons pas croire (cette version des faits). (...) Dans le cas présent, il s’agissait d’une visite organisée", a-t-il déclaré.

"Si nous avions su qu’ils étaient là-bas, il est évident que nous ne les aurions pas laissés revenir (en Arménie). Le couloir de Latchine (route reliant l'Arménie et le Karabakh) est sous notre contrôle. Nous pouvons y arrêter n’importe quelle voiture et personne ne peut rien nous dire", a ajouté M. Aliev.

Mme Pécresse a entamé vendredi un voyage en Grèce, où elle doit visiter samedi un camp fermé de migrants et demandeurs d'asile, sur l'île de Samos.

 


France: le Parlement adopte définitivement le projet de loi instaurant le pass vaccinal

Cette photographie prise le 16 janvier 2022 montre le résultat final du vote lors de la lecture finale du projet de loi instaurant le laissez-passer vaccins, pour renforcer les outils de gestion de la crise sanitaire dans le contexte de la pandémie de Covid-19 au Palais Bourbon, National Assemblée, à Paris.(AFP)
Cette photographie prise le 16 janvier 2022 montre le résultat final du vote lors de la lecture finale du projet de loi instaurant le laissez-passer vaccins, pour renforcer les outils de gestion de la crise sanitaire dans le contexte de la pandémie de Covid-19 au Palais Bourbon, National Assemblée, à Paris.(AFP)
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  • Le texte a été adopté par 215 voix contre 58, et 7 abstentions
  • Le Parlement français a adopté définitivement dimanche, par un dernier vote des députés, le projet de loi instaurant le pass vaccinal

PARIS : Le Parlement français a adopté définitivement dimanche, par un dernier vote des députés, le projet de loi instaurant le pass vaccinal, que le gouvernement veut mettre en oeuvre au plus vite face au regain de l'épidémie de Covid-19.

Le texte a été adopté par 215 voix contre 58, et 7 abstentions. Les parlementaires socialistes ont prévu de saisir le Conseil constitutionnel pour garantir le respect des "libertés fondamentales", ce qui va repousser de quelques jours la promulgation du projet de loi.


Pass vaccinal: l'heure de l'adoption définitive, après deux semaines épiques

Une vue d'ensemble prise le 16 janvier 2022, avant la lecture définitive du projet de loi instaurant le laissez-passer vaccins, pour renforcer les outils de gestion de la crise sanitaire face à la pandémie de Covid-19 au Palais Bourbon, Assemblée nationale française, à Paris. (AFP)
Une vue d'ensemble prise le 16 janvier 2022, avant la lecture définitive du projet de loi instaurant le laissez-passer vaccins, pour renforcer les outils de gestion de la crise sanitaire face à la pandémie de Covid-19 au Palais Bourbon, Assemblée nationale française, à Paris. (AFP)
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  • Pour ce douzième texte sanitaire en deux ans, une simple semaine d'examen était programmée initialement, pour une mise en application voulue dès le 15 janvier
  • Les députés ont déjà consacré plus de 35 heures à l'examen du texte, a indiqué Richard Ferrand (LREM) au perchoir

PARIS : C'est l'épilogue de deux semaines mouvementées: le Parlement est sur le point d'adopter dimanche, par un ultime vote de l'Assemblée, le projet de loi controversé instaurant le pass vaccinal, que le gouvernement veut voir entrer en vigueur au plus vite face au "raz-de-marée" du Covid-19.

Les Français "attendent de nous de la hauteur" et "le sens de l’intérêt général", a pressé la ministre déléguée Brigitte Bourguignon au coup d'envoi des débats, dans un hémicycle pas comble. 

Les députés ont déjà consacré plus de 35 heures à l'examen du texte, a indiqué Richard Ferrand (LREM) au perchoir.

Le ministre de la Santé Olivier Véran est absent, étant lui-même atteint par le virus depuis jeudi.

Les députés LFI ont prévu de défendre une dernière motion de rejet préalable, vouée à l'échec.  

Outre la majorité, une partie des députés LR et PS s'étaient prononcés pour le projet de loi, en première lecture la semaine dernière. La gauche de la gauche et les élus RN avaient voté contre.  

Moyennant quelques ajustements, le Sénat dominé par la droite a voté samedi soir une deuxième fois en faveur de ce pass qui va succéder au pass sanitaire, mais ce sont les députés qui ont le dernier mot.  

Alors que quelque 300.000 contaminations sont enregistrées quotidiennement en moyenne depuis une semaine, le gouvernement espère une mise en oeuvre du pass vaccinal autour du 20 janvier, après de possibles recours auprès du Conseil constitutionnel.

Il faudra alors pouvoir justifier d'un statut vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars, foires ou transports publics interrégionaux. Un test négatif ne suffira plus, sauf pour accéder aux établissements et services de santé.

Principal apport du débat parlementaire, grâce au Sénat: le nouveau pass ne s'appliquera qu'aux personnes à partir de 16 ans, âge de la "liberté vaccinale" contre le Covid-19, c'est-à-dire où il n'y a pas nécessité d'une autorisation parentale.

Les mineurs de 12 à 15 ans resteront quant à eux soumis à l'obligation de présenter l’actuel pass sanitaire.

La droite partagée 

Pour ce douzième texte sanitaire en deux ans, une simple semaine d'examen était programmée initialement, pour une mise en application voulue dès le 15 janvier. Le temps a finalement doublé, entre couacs, polémiques et rebondissements à répétition, avec en point d'orgue les déclarations d'Emmanuel Macron, décidé à "emmerder" les non-vaccinés.

Pour la deuxième fois sous la Ve République entre Noël et Nouvel An, la commission des Lois de l'Assemblée s'était réunie pour étudier ce texte présenté en urgence face à la vague Omicron. Le contexte était lourd, sur fond de recrudescence des menaces et violences envers les parlementaires de la part souvent d'"anti-vax".

Une longue nuit en séance plénière était ensuite prévue le lundi 3 janvier, mais elle a tourné court en raison d'un vote à minuit où la majorité s'est retrouvée minoritaire.

Le calendrier a continué à dérailler le jour suivant, après les propos polémiques d'Emmanuel Macron qui ont rallumé le feu dans l'hémicycle. 

Après une intervention de Jean Castex devant les députés, le projet de loi a finalement été validé en première lecture le jeudi 6 janvier au petit matin. Le vote a été marqué par un partage de la droite, bien que la candidate de LR Valérie Pécresse soit favorable au pass vaccinal.

Le deuxième round au Sénat en début de semaine a été plus paisible, et la chambre haute a marqué ses distances sur plusieurs dispositions: application du pass dans le temps, aux mineurs, contrôles d'identité par cafetiers et restaurateurs...

Un accord députés-sénateurs sur le projet de loi paraissait néanmoins jeudi à portée de main quand un tweet du patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, clamant une "victoire du bon sens" des siens, a fait voler en éclats cette perspective.

La présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) a dénoncé "une atteinte intolérable aux institutions", le rapporteur LR du Sénat Philippe Bas déploré une "réaction excessive" de la majorité. 

Et alors que chaque camp s'accusait de calculs à l'approche de la présidentielle, le projet de loi est reparti pour une dernière navette entre les deux assemblées, aboutissant à cette convocation dimanche des députés. 


Boris Cyrulnik exhorte Macron à rapatrier les enfants de djihadistes en Syrie

Photo d'archive prise le 19 septembre 2019, montrant le président français Emmanuel Macron et le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik avec les membres de la commission intitulée «les 1000 premiers jours de l'enfant.» (Photo, AFP)
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  • Environ 80 femmes françaises, qui avaient rejoint l'organisation Etat islamique, et 200 enfants sont détenus dans les camps kurdes du nord-est syrien
  • Des avocats, parlementaires, ONG ou encore la Commission nationale consultative des droits humains exhortent régulièrement les autorités françaises à les rapatrier

PARIS : Un célèbre neuropsychiatre français, Boris Cyrulnik, a exhorté dimanche le président Emmanuel Macron à rapatrier les quelque 200 enfants français de djihadistes détenus en Syrie, ainsi que leurs mères, estimant qu'ils constituent sur place "une menace pour notre sécurité".

"Plus ils restent là-bas, moins ils aimeront la France. Ils sont récupérables si on s'en occupe maintenant", affirme Boris Cyrulnik dans les colonnes du Journal du dimanche.

"Je pense que le président craint que ces enfants rapatriés deviennent des djihadistes. Mais j'affirme que non, et mon idée ne tombe pas du ciel, elle se fonde sur des observations scientifiques (...) si on s'en occupe très tôt, ils ne deviendront pas dangereux", ajoute le médecin et auteur de 84 ans.

Président de la commission sur les "1 000 premiers jours de l'enfant", qui a rendu en septembre 2020 un rapport au chef de l'Etat sur cette période cruciale - allant de la conception aux deux ans du nourrisson - pour le développement de l'enfant, Boris Cyrulnik plaide pour rapatrier également les mères de ces enfants.

"Pour ces enfants, leur mère est la seule base de sécurité. Les rapatrier seuls est une agression et un isolement supplémentaire. Ils vont probablement haïr le pays qui leur a infligé cette souffrance. C'est une fabrique de délinquants, très faciles à récupérer par des idéologies extrêmes. On risque d'en faire des bombes", explique Boris Cyrulnik.

Selon lui, rapatrier ensemble mères et enfants "pourrait déclencher (chez les enfants) le processus de résilience neuronale", par lequel le cerveau peut surmonter un traumatisme. Et "plus c'est tôt, plus c'est facile".

"La non-stimulation du cerveau entraîne (...) une hypertrophie de la zone qui génère des pulsions. Chez le petit enfant, cela se traduit par des colères, qui se muent en incivilités et finissent par coûter très cher à l'Etat", développe-t-il.

"Si on attend trop longtemps, les modifications vont s'inscrire trop longtemps (...) ils (les enfants) n'auront comme seule expression que la violence", ajoute-t-il.

Environ 80 femmes françaises, qui avaient rejoint l'organisation Etat islamique, et 200 enfants sont détenus dans les camps kurdes du nord-est syrien.

Des avocats, parlementaires, ONG ou encore la Commission nationale consultative des droits humains exhortent régulièrement les autorités françaises à les rapatrier.

Celles-ci maintiennent une politique de retour au cas par cas pour ces enfants - 35, majoritairement des orphelins, ont été rapatriés jusqu'ici - et considèrent que les adultes devraient être jugés sur place.