Deraz Corner: une réussite libyenne

Projet weekend mission. (Photo fournie).
Projet weekend mission. (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 14 janvier 2022

Deraz Corner: une réussite libyenne

  • Deraz Corner est devenu un hub culturel et créatif incontournable
  • L’espace de travail collaboratif a pour mission de fortifier une communauté productive, créative et joyeuse en Libye

PARIS: Espace de travail collaboratif fondé en 2017 à Tripoli, la capitale libyenne, Deraz Corner est actuellement un hub culturel et créatif incontournable, qui organise de multiples projets et ateliers de grande qualité. Arab News en français s'est entretenu avec le chef de projet, Mohammed Hamouda, pour découvrir ce lieu et appréhender sa philosophie.

Une communauté productive

Deraz Corner a su créer un environnement permettant à la jeunesse libyenne de développer ses compétences professionnelles et d'agir pour opérer un changement dans le pays. «À Deraz, nous avons des principes fondateurs. En Libye, un certain nombre de personnes ont des compétences mais ne savent pas comment les utiliser à bon escient, notamment au niveau économique. Il est important de les aider à devenir productives pour que toute la communauté puisse en bénéficier», explique Mohammed Hamouda.

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La journée internationale de la Femme par Deraz Corner. (Photo fournie).

Pour ce faire, Deraz organise des évènements comme Corner Lead. Ce projet a permis pendant deux semaines d'aider des jeunes diplômés libyens à mieux comprendre le marché du travail, et à faire davantage la distinction entre employé et entrepreneur. In fine, 140 personnes ont réussi à obtenir des entretiens avec des entreprises.

Un autre projet mérite d'être mentionné: le Weekend mission. La première édition s’est déroulée en 2019 dans un cadre somptueux – le Palais royal de Tripoli. «Le choix d’organiser nos évènements dans des endroits historiques est primordial... Nous avons été les premiers à organiser un évènement dans ce lieu si symbolique dans l'histoire libyenne», raconte-t-il.

Si la première édition a réuni des entrepreneurs tripolitains, la seconde édition, qui a eu lieu en août 2021, a opéré un changement de paradigme. Là encore, la compétition s'est déroulée dans un joyau architectural libyen – Al Saraya Al Hamra, le musée du Château rouge. Les participants sont venus des quatre coins de la Libye, ce qui doit être souligné vu les difficultés à se déplacer dans un pays qui reste encore géographiquement fortement fragmenté. Les participants ont rejoint des équipes multidisciplinaires – journaliste, activiste, photographe, écrivain, cinéaste ou encore créateur de contenu – afin de mettre en place une campagne médiatique consacrée aux effets néfastes des réseaux sociaux, notamment en raison de la désinformation et des discours d’incitation à la haine.

Une communauté artistique

Deraz Corner a pu aussi organiser plus de 150 ateliers artistiques. Les Libyens peuvent ainsi découvrir ou parfaire leurs compétences en calligraphie. Des sessions thérapeutiques par le biais du coloriage sont aussi organisées. Deraz Corner est en fin de compte un état d'esprit qui a pour mission de fortifier une communauté productive, créative et joyeuse.

Le 8 mars, à l’occasion de la Journée de la femme, neuf femmes ont ainsi participé à la construction d'œuvres artistiques. De nombreuses artistes partagent leurs compétences et expériences en dirigeant des ateliers et des projets. C'est une opportunité rare de découvrir les visages de l'actuelle Libye que l'on tend à dissimuler en raison des circonstances politiques.

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Deraz Corner a su créer un environnement permettant à la jeunesse libyenne de développer ses compétences professionnelles et d'agir pour opérer un changement dans le pays. (Photo fournie).

L'art a une mission spécifique, estime Mohammed Hamouda. «Dans notre société qui traverse des périodes difficiles, l'art reste un domaine qui permet de réunir les gens et leur faire changer d’état d'esprit. L'art peut aussi bâtir l'identité de la Libye car après la révolution, le pays n’a toujours pas d'identité claire. Avec le temps, l'art peut nous aider dans cette démarche.»

Ainsi va la Libye!


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com