Les militantes saoudiennes se mobilisent à l’occasion du mois de sensibilisation au cancer du sein

Reconnu pour être le cancer le plus répandu chez les femmes dans le monde, il est la principale cause de décès chez les femmes saoudiennes, selon une étude épidémiologique rétrospective menée en 2012. (Shutterstock)
Reconnu pour être le cancer le plus répandu chez les femmes dans le monde, il est la principale cause de décès chez les femmes saoudiennes, selon une étude épidémiologique rétrospective menée en 2012. (Shutterstock)
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Publié le Jeudi 01 octobre 2020

Les militantes saoudiennes se mobilisent à l’occasion du mois de sensibilisation au cancer du sein

  • Des dépistages réguliers sont indispensables pour détecter et lutter contre le cancer du sein à un stade précoce
  • La Zahra Breast Cancer Association en Arabie saoudite a mené de nombreuses campagnes de sensibilisation, et encourage les femmes survivantes à raconter leurs histoires de rémission

DJEDDAH: Le cancer du sein, autrefois sujet tabou dans la société saoudienne, est maintenant ouvertement discuté grâce à des années de campagnes de sensibilisation menées par une organisation portant le nom d'une victime de la maladie, Zahra.

Alors que le mois de sensibilisation au cancer du sein débute, les militantes du Royaume pousseront les gens à penser au rose, la couleur qui symbolise internationalement la lutte contre le cancer du sein en octobre, et qui a aussi été adoptée par la Zahra Breast Cancer Association en Arabie saoudite.

L'association a été l'une des premières organisations du pays à se consacrer à la sensibilisation à la maladie et à fournir un soutien aux patientes et aux survivantes. Sa mission est loin d'être achevée, avec d'autres programmes et initiatives de sensibilisation en cours de préparation.

Alors que la plupart des personnes sont conscientes du cancer du sein, beaucoup oublient pourtant de suivre les étapes indispensables pour détecter la maladie à un stade précoce. L'association se bat pour rappeler l’importance de faire des examens médicaux réguliers.

Première cause de décès chez les femmes saoudiennes

Reconnu pour être le cancer le plus répandu chez les femmes dans le monde, il est la première cause de décès chez les femmes saoudiennes, selon une étude épidémiologique rétrospective menée en 2012.

Les résultats ont montré des taux d'incidence élevés survenant à un âge plus précoce chez les femmes saoudiennes que dans les pays occidentaux.

Il y a plus de 25 ans, Dr Souad ben Amer, responsable de la recherche sur le cancer du sein à l'hôpital spécialisé et au centre de recherche du Roi Faysal, a eu du mal à comprendre la maladie dont souffrait sa mère, Zahra bint Ali ben Harfash.

Afin de comprendre la grave situation et le traitement de sa mère, qui a duré plusieurs années, le Dr Amer est partie à la recherche d’informations et a pu répondre aux questions de sa mère malade, qui a succombé à la maladie des années plus tard.

Depuis le début de l’année 2003, des ateliers et des séminaires de sensibilisation ont été organisés dans un certain nombre d'institutions à Riyad, et les campagnes de sensibilisation menées dans les centres commerciaux se sont ensuite répandues dans tout le Royaume.

Dans l’objectif de fournir une meilleure compréhension de la maladie, de soutenir les patientes et de les aider à vivre une vie proactive après la guérison, le Dr. Amer a cofondé Zahra Breast Cancer Association en 2007, en hommage à sa mère.

Dans le cadre de son travail de sensibilisation, elle a pris à cœur les paroles de sa mère qui disait que « les femmes doivent être sensibilisées à cette maladie, doivent rechercher par elles-mêmes des connaissances et des informations sur ce sujet et doivent faire un dépistage. »

Avec ce message en tête, Souad Amer a débuté sa mission de sensibilisation dans le Royaume en insistant sur l'importance de la détection précoce du cancer avec une équipe de cofondatrices et de membres dévouées.

La PDG et cofondatrice, Hanadi Al-Outhah, affirme à Arab News que le mois de sensibilisation au cancer du sein se poursuivrait malgré la pandémie de coronavirus, en utilisant des plateformes numériques pour atteindre le plus large public possible, y compris au-delà des frontières saoudiennes.

« Cette année, nous nous concentrons sur les quatre principaux piliers de la pensée, des priorités, du comportement et de la gratitude envers la santé et comment les événements de l’année ont pu changer l’état d’esprit des patientes et des survivantes. Nous nous concentrons sur leur renaissance et leur fournissons le soutien dont elles ont besoin après leur rétablissement », soutient-elle.

Hanadi Al-Outhah a ajouté que l'organisation participerait au prochain événement Civil20 (C20) au cours duquel l’on discutera de l'importance de soutenir les survivantes du cancer, une fois le traitement achevé.

Le rôle crucial des survivantes dans la sensibilisation

« C’est un sujet sur lequel nous avons pris beaucoup de retard dans le Royaume et au niveau régional. Cela n’a jamais été discuté auparavant et l’objectif est de cibler les pays du G20 et de les encourager à soutenir les femmes après leur traitement, tout en insistant sur le rôle qu’elles peuvent jouer en tant que survivantes. Cela aurait plus d’impact, car de nombreuses ONG sont fondées par des survivantes elles-mêmes », explique t-elle.

Hala Aseel, cofondatrice de l'association et conseillère en santé mentale, raconte son expérience personnelle. « Comme tout le monde à l'époque, je n'étais pas consciente de ce qu'était le cancer du sein, mais je l'ai compris avec le temps car je suis la fille d'une survivante du cancer. »

« Je croyais en la mission de Zahra parce que les gens devaient changer leur vision de la maladie avec des survivantes capables de vivre pour raconter leur histoire. Avec suffisamment de soutien, elles pourront le faire, et elles trouveront un groupe de soutien plus large qui comprendra également des survivantes pour les aider. »

Un changement des mentalités

Une autre co-fondatrice et psychologue clinicienne, Ahlam Al-Shamsi, estime que les mentalités ont changé. « Auparavant, nous frappions aux portes des gens, et maintenant ce sont eux qui frappent à la nôtre. Avec l'aide du ministère de la Santé, cet objectif a été atteint. Avec l'aide de Zahra, notre but est de rendre les femmes survivantes plus autonomes, de les encourager à sortir, à sensibiliser au dépistage et à parler de leurs expériences. »

« Avec du soutien, nous serons en mesure de faire plus pour aider et garantir que les patientes et les survivantes reçoivent un accompagnement moral et psychologique approprié qui leur permettra de poursuivre leur cheminement dans la vie », raconte la psychologue clinicienne.

L'acceptation et la reconnaissance par le public de l'importance du dépistage ont encouragé beaucoup de femmes et ont contribué à une meilleure compréhension des facteurs de risque pertinents pour les patients.

« L'un des principaux objectifs est maintenant de combler une lacune et d’en mesurer l'impact, pour s'assurer qu'il y a suffisamment de personnes pour continuer à fournir un soutien psychologique et social. Il s’agit de former des spécialistes dans le Royaume, soutenir des projets de recherche et responsabiliser le corps médical et lui fournir l’éducation dont ils a besoin », a déclaré Al-Shamsi.

Les projets de Zahra pour l’avenir comprennent l’établissement d’une présence constante dans les hôpitaux spécialisés dotés de centres de traitement du cancer ainsi que le recrutement de personnalités de la société de façon à ce que les actions soient davantage locales.

Une survivante du cancer du sein, Awatif Al-Hoshan, membre du conseil et ambassadrice de Zahra, explique que les femmes sont souvent perdues et trouvent intimidant de se renseigner de la maladie, craignant parfois le pire. « Lorsque les patientes atteintes de cancer et les survivantes voient d'autres femmes s’exprimer, cela leur apporte une sensation de bien être et de réconfort. Les ambassadrices de Zahra suivent un chemin thérapeutique simple et important, pour donner un coup de main. »

« Il est prouvé scientifiquement que la détection précoce sauve des vies. Nous avons parcouru un long chemin en coopérant avec de nombreuses organisations de santé pour essayer de boucler la boucle, au niveau de la santé et au niveau mental et physique. »

« Le soutien que j’ai obtenu pendant le traitement n’était pas celui dont j'avais besoin. J'ai compris cela et j'ai appris de mon expérience. Je suis maintenant une fière ambassadrice de Zahra en aidant les patientes et en créant une communauté de soignantes dans l'espoir que plus de personnes nous rejoignent », ajoute Awatif Al-Hoshan.

La mission de l’association est loin d’être terminée, mais sa portée s’est étendue dans tout le Royaume et sa participation au C20 de cette année fournira une plateforme pour que son message soit entendu dans le monde entier. « Travailler avec diverses entités au fil des années a contribué à accroître la sensibilisation à des niveaux sans précédent. Mais le soutien est indispensable », conclut Hanadi Al-Outhah, la PDG de Zahra.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.