Sir David Attenborough et la sauvegarde des plantes dans “The Green Planet” sur la BBC

La série de la BBC en cinq épisodes du célèbre naturaliste anglais Sir David Attenborough, The Green Planet, sera présentée au Moyen-Orient le 10 janvier. (Photo fournie/BBC)
La série de la BBC en cinq épisodes du célèbre naturaliste anglais Sir David Attenborough, The Green Planet, sera présentée au Moyen-Orient le 10 janvier. (Photo fournie/BBC)
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Publié le Mercredi 05 janvier 2022

Sir David Attenborough et la sauvegarde des plantes dans “The Green Planet” sur la BBC

  • La série de la BBC en cinq épisodes du célèbre naturaliste anglais sera diffusée au Moyen-Orient le 10 janvier
  • La série The Green Planet est produite au moment où de nombreux écosystèmes de la planète sont au bord de l'effondrement

BOGOTA: S'élevant à plus de 250 pieds au-dessus du sol de la forêt, les séquoias de Californie sont les plus grands êtres vivants de la planète.

C'est au pied de l'un de ces géants vieux de trois mille ans que le présentateur et naturaliste anglais Sir David Attenborough commence sa nouvelle série, The Green PlanetLa planète verte»), qui sera diffusée au Moyen-Orient sur beIN à partir du 10 janvier.

«Les plantes, qu'elles soient énormes comme celle-ci ou microscopiques, sont la base de toute vie, y compris la nôtre», affirme le présentateur âgé de 95 ans dans les premières minutes du premier épisode, intitulé «Tropical».

«Nous dépendons d'elles pour chaque bouchée de nourriture que nous mangeons et chaque bouffée d'air que nous respirons», poursuit-il. «Les plantes s'épanouissent de manière étonnante. Pourtant, pour la plupart, les secrets de leur monde nous ont été cachés. Jusqu'à maintenant.»

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La série en cinq épisodes de la BBC cherche à offrir un regard nouveau sur le monde extraordinaire des plantes. Pour ce faire, un éventail de technologies pionnières, allant des plates-formes robotiques et caméras de drones à la photographie accélérée en mouvement, aux caméras thermiques ultradétaillées, à l'empilement d'images macro à mise au point profonde, ainsi qu’à la photographie ultrarapide et au dernier cri de la microscopie, a été utilisé.

Le résultat est une série qui transforme le monde apparemment statique des arbres et des plantes en un voyage dynamique à travers un univers parallèle dans lequel les plantes sont aussi combatives, compétitives et spectaculaires que les animaux sauvages, engagées dans une lutte à mort pour la nourriture, la lumière et la reproduction.

L’une des séquences du premier présente des images accélérées de fourmis coupeuses de feuilles détruisant les feuilles succulentes poussant sur une branche et les emportant dans leur repaire souterrain, où un champignon géant attend pour se régaler du paillage. Les fourmis sont récompensées pour leurs efforts par le champignon avec un approvisionnement constant de minuscules champignons.

La séquence illustrant cette étrange symbiose a été filmée sur une période de trois semaines au plus profond de la forêt tropicale du Costa Rica, où les caméramans ont lutté avec leur équipement lourd à travers une jungle dense, affrontant des périodes de pluie torrentielle.

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Sir David s'exprimant lors d'un événement pour lancer la conférence des Nations unies sur le changement climatique, COP26, dans le centre de Londres, en février 2020. (AFP/Fichier Photo)

 

Selon les producteurs, la météo n'était pas le seul défi à relever. Une équipe filmant des séquences à Bornéo, par exemple, a dû faire face à son lot d'adversité après avoir accidentellement dérangé un nid de frelons géants asiatiques, provoquant de vilaines piqûres.

Plus tard au cours du tournage, Sir David lui-même a passé un mauvais moment à cause d'un cactus particulièrement épineux connu sous le nom de cholla. En dépit du fait qu'il portait un sous-gant en Kevlar avec un gant de soudage au-dessus, la dense rosace d'épines de la plante a pu percer la protection.

Dans une autre scène de l'épisode 1, les téléspectateurs pourront découvrir une espèce de chauve-souris qui, de la même manière que les fourmis et leur sympathique champignon, vit en parfaite symbiose avec une fleur à floraison nocturne. Elle offre aux petits mammifères des gouttes de son précieux nectar en échange de leurs services en tant que principaux pollinisateurs.

Les téléspectateurs pourront également découvrir une plante parasite d'un mètre de large à l'aspect plutôt repoussant, connue sous le nom de fleur de cadavre, qui imite à la fois l'apparence et la puanteur de la viande en décomposition – avec de la fourrure et des dents – pour attirer les mouches pollinisatrices.

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En coulisses. Le caméraman Oliver Mueller utilisant un système de caméra robotique spécial, connu sous le nom de Triffid, pour filmer la fleur de cadavre (Rafflesia keithii), Bornéo. (Photo fournie/BBC)

 

Couvrant 27 pays et produite sur une période de quatre ans, The Green Planet cherche à offrir le premier aperçu complet du monde des plantes depuis la diffusion de la précédente série de Sir David, The Private Life of Plants, il y a vingt-six ans.

«Dans The Private Life of Plants, nous étions alourdis par tout un équipement primitif, alors qu’aujourd’hui nous pouvons prendre les caméras partout», a déclaré Sir David dans une récente interview.

«Vous avez donc maintenant la possibilité d'aller dans une vraie forêt, vous pouvez voir une plante pousser avec ses voisines, se battre ou se déplacer avec elles, et même mourir. C'est, à mon sens, ce qui donne vie à la chose et qui devrait faire dire aux gens: “Mon Dieu, ces organismes extraordinaires sont comme nous!’’»

Au cours de la série, Sir David a voyagé aux États-Unis, au Costa Rica, en Croatie et en Europe du Nord, des déserts à la montagne et des forêts tropicales au Nord gelé, pour créer une nouvelle compréhension de la façon dont les plantes existent, vivent les saisons et interagissent avec le monde animal, dont les humains.

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En coulisses. Le médecin de l'équipe, le Dr Patrick Avery, dans un tramway à cabine suspendue au Costa Rica avec Sir David et le pilote de drone Louis Rummer-Downing. Patrick vient de lancer un drone comportant une caméra, qui filmera le voyage de David à travers la canopée. (Photo fournie/BBC)

 

Le moment de la diffusion de The Green Planet ne pourrait être plus adéquat, car de nombreux écosystèmes du monde semblent sur le point de s'effondrer, le changement climatique, la déforestation et la pollution provoquant des événements météorologiques de plus en plus extrêmes ainsi que la perte d'une biodiversité précieuse.

À titre d’exemple, au Moyen-Orient, où les températures dépassent régulièrement les 40oC pendant plusieurs mois de l'année, les experts mettent en garde sur le fait que le changement climatique pourrait bientôt rendre certaines parties de la région inhabitables pour l'homme.

En réponse au défi qui se profile, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont lancé des initiatives d'énergie renouvelable, en adoptant des carburants verts tels que l'énergie éolienne, solaire et à hydrogène. Les deux pays ont également participé avec enthousiasme en novembre à la COP26, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, à Glasgow, en Écosse.

Le mois précédent, l'Arabie saoudite a lancé ses initiatives Saudi Green et Middle East Green, et s’est engagée à atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2060 et à planter 10 milliards d'arbres au cours des prochaines décennies, réhabilitant ainsi 8 millions d'hectares de terres dégradées et créant de nouvelles zones protégées.

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Dans les coulisses. Sir David debout parmi les séquoias géants, Sequoiadendron giganteum, les plus grands arbres au monde. Californie, États-Unis. (Photo fournie/BBC)

 

Sir David s'est adressé aux dirigeants mondiaux lors de la COP26 pour insister sur la nécessité de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre et d'empêcher une hausse des températures mondiales dépassant 1,5oC au-dessus des niveaux préindustriels.

«Le fait que les personnes les plus touchées par le changement climatique ne sont plus des générations futures imaginaires, mais des jeunes vivant aujourd'hui […] nous donnera peut-être l'élan dont nous avons besoin pour réécrire notre histoire et pour transformer cette tragédie en un triomphe», a-t-il déclaré aux délégués.

«Notre consommation de combustibles fossiles, notre destruction de la nature, notre approche de l'industrie, de la construction et de l'apprentissage libèrent du carbone dans l'atmosphère à un rythme et une échelle sans précédent. Nous sommes déjà en difficulté. La stabilité dont nous dépendons tous est en train de se fissurer.»

Sir David est bien placé pour le savoir. Au cours d'une carrière de près de sept décennies durant laquelle il a présenté certains des documentaires sur la nature les plus mémorables, il a été témoin de cette destruction progressive.

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Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du bas: la famille Khasi utilise un pont racinaire vivant. Meghalaya, Inde; Cactus Saguaro (Carnegiea gigantea), désert de Sonora, Arizona. Un saguaro mature peut stocker 5 000 litres d'eau; et l'hiver dans les forêts boréales de Finlande. L'épicéa, le pin et le bouleau dominent ce paysage. (Photos fournies/BBC)

 

En 1937, alors qu'il était âgé de 11 ans, la population mondiale s'élevait à 2,3 milliards et la quantité de carbone dans l'atmosphère à 280 parties par million. Aujourd'hui, il y a près de 7,8 milliards de personnes sur la planète et le niveau de carbone dans l'atmosphère s'élève à environ 415 parties par million.

Sir David a rejoint la BBC en 1952 en tant que producteur stagiaire. Alors qu'il travaillait sur une série intitulée Zoo Quest, entre 1954 et 1964, il a eu l’opportunité de visiter des coins reculés du globe et de saisir des images de la faune dans son habitat naturel.

Il a quitté le cinéma en 1965 pour devenir le contrôleur de BBC2, période au cours de laquelle il a aidé à introduire la télévision en couleurs au Royaume-Uni, avant de devenir directeur des programmes de BBC Television.

En 1973, il décide toutefois d’abandonner le côté administratif de la télévision et de revenir à la réalisation de documentaires.

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Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir de la gauche: Un séquoia géant, Sequoiadendron giganteum, les plus grands arbres de la Terre; des fleurs de la «fleur de 7 heures», Merinthopodium neuranthom, sont pollinisées par la chauve-souris à longue langue d'Underwood (Hylonycteris underwoodi); et un nénuphar géant, de l’espèce Victoria, dans la région du Pantanal au Brésil. (Photos fournies/BBC/Paul Williams)

 

Il s'est rapidement imposé comme le présentateur d'histoire naturelle le plus connu de Grande-Bretagne, présentant Life on Earth en 1979 et The Blue Planet en 2001.

C'est grâce à cette vie consacrée au cinéma mais aussi à sa façon particulière de s’exprimer qui est immédiatement reconnaissable que Sir David est désormais une référence dans les questions liées à la conservation et au déclin des espèces de la planète, et qu’il est considéré comme un trésor national britannique.

«Du jour au lendemain, le monde est devenu conscient des plantes, a-t-il déclaré récemment. J’ai assisté à une révolution dans le monde entier au niveau des attitudes envers le monde naturel; un éveil et une prise de conscience de l'importance du monde naturel pour nous tous. Une prise de conscience du fait que sans les plantes on meurt de faim et on ne peut pas respirer.»

Sir David estime que la pandémie de la Covid-19 et les confinements ont encouragé les gens à porter une plus grande attention à la vie végétale qui les entoure.

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Sir David, qui est très impliqué dans les problématiques liées à la conservation et au déclin des espèces de la planète, est considéré comme un trésor national britannique. (AFP/Fichier Photos)

 

«Je pense qu'être enfermé et confiné dans son jardin, si l'on a la chance d’en avoir un – et sinon d'avoir des plantes sur une étagère – a changé le regard des gens et permis une réelle prise de conscience de l’existence d’un autre monde auquel nous ne prêtons presque jamais attention», a-t-il affirmé.

Alors, qu'espère-t-il que le public retiendra de The Green Planet?

«Qu'il existe un monde parallèle dont nous dépendons et que, jusqu'à présent, nous avons largement ignoré, si je parle au nom de l'homme urbanisé», a-t-il précisé.

«Plus de la moitié de la population mondiale, selon l'ONU, est urbanisée, vit dans des villes, ne voit que des plantes cultivées, jamais une communauté sauvage de plantes.

«Mais cette communauté sauvage est là, hors du milieu urbain, et nous en dépendons. Nous ferions mieux d'en prendre soin.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Liban dans toute sa complexité, au festival de Saint-Malo

À Saint-Malo, pays breton jadis bastion des corsaires, le festival Étonnants Voyageurs s’apprête une nouvelle fois à faire dialoguer les imaginaires du monde, en mettant à l’honneur le paysage littéraire et culturel libanais. (Photo Etonnants Voyageurs)
À Saint-Malo, pays breton jadis bastion des corsaires, le festival Étonnants Voyageurs s’apprête une nouvelle fois à faire dialoguer les imaginaires du monde, en mettant à l’honneur le paysage littéraire et culturel libanais. (Photo Etonnants Voyageurs)
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  • Cette année, le Liban s’impose avec une intensité particulière. C’est un choix assumé, réfléchi, presque évident pour le directeur du festival, Jean-Michel Le Boulanger
  • Ce choix, indique Le Boulanger à Arab News en français, découle d’une conviction simple : « Le Liban est un carrefour », un carrefour d’histoires, de cultures, de religions, mais surtout un carrefour du monde contemporain

PARIS: À Saint-Malo, pays breton jadis bastion des corsaires, le festival Étonnants Voyageurs s’apprête une nouvelle fois à faire dialoguer les imaginaires du monde, en mettant à l’honneur le paysage littéraire et culturel libanais.

Cette année, le Liban s’impose avec une intensité particulière. C’est un choix assumé, réfléchi, presque évident pour le directeur du festival, Jean-Michel Le Boulanger.

Ce choix, indique Le Boulanger à Arab News en français, découle d’une conviction simple : « Le Liban est un carrefour », un carrefour d’histoires, de cultures, de religions, mais surtout un carrefour du monde contemporain.

Depuis toujours, Étonnants Voyageurs revendique une approche singulière qui consiste à regarder le monde à travers les écrivains et privilégie l’écoute des romanciers, des poètes et des artistes.

C’est également un concentré des tensions et des espoirs qui traversent notre époque, ajoute-t-il. En invitant 21 auteurs et artistes libanais à participer à son édition 2026, qui se tient du 23 au 25 mai, le festival ne cherche pas à illustrer une actualité, mais à faire entendre une expérience du monde.

Depuis toujours, Étonnants Voyageurs revendique une approche singulière qui consiste à regarder le monde à travers les écrivains et privilégie l’écoute des romanciers, des poètes et des artistes.

« Ce qui nous intéresse, c’est ce que les écrivains font de cette matière complexe », indique Le Boulanger. Et le Liban, plus que tout autre pays peut-être, incarne cette complexité.

Au Liban, précise-t-il, « le pluriel n’est pas une abstraction, il est une réalité quotidienne », avec des identités multiples, des appartenances croisées, des territoires fragmentés. « Les auteurs libanais vivent et écrivent au cœur de ces tensions. »

Parmi eux, Sabyl Ghoussoub, prix Goncourt des lycéens, qui explore les liens entre Beyrouth et Paris ; Charif Majdalani, dont l’œuvre interroge l’histoire et la mémoire ; ou encore Souhaib Ayoub, figure d’une nouvelle génération hybride et audacieuse.

À leurs côtés, des voix singulières comme Sofía Karámpali Farhat, Hala Moughanie ou Lena Merhej dessinent un paysage littéraire en mouvement, traversé par le doute, la colère, mais aussi une formidable énergie créatrice.

Le fil qui relie ces auteurs tient en deux mots : territoire et complexité. Un thème à la fois intime et politique. « Ce sont des relations complexes au territoire », explique le directeur du festival : des territoires multiples, parfois brisés, que chacun tente de se réapproprier.

À travers leurs récits, ces écrivains interrogent une question universelle : « Comment vivre avec l’autre ? Comment maintenir une relation dans un monde fragmenté ? »

Pour donner toute sa place à cette richesse, le festival a imaginé une programmation foisonnante, fidèle à son esprit d’ouverture.

Des formats plus intimes

Les formes se multiplient : il y aura bien sûr les grands entretiens, ces moments où un auteur se livre en profondeur, accompagné d’un modérateur, mais aussi des tables rondes réunissant deux ou trois écrivains pour des échanges croisés.

Il y aura également des formats plus intimes : des petits-déjeuners avec les auteurs, des ateliers d’écriture, autant d’occasions de faire tomber la distance et de créer un lien direct entre les écrivains et leur public.

Étonnants Voyageurs, malgré tout, « reste une fête, celle des livres, des idées, des rencontres », et réunit chaque année près de cinquante mille visiteurs en quête de découvertes et d’émotions.

La poésie trouvera une place particulière avec un « Rima Poésie Club », animé par l’ancienne ministre de la Culture Rima Abdul Malak, consacré aux voix libanaises, ainsi qu’un hommage vibrant à Vénus Khoury-Ghata, décédée récemment.

Le cinéma, lui aussi, participera à cette immersion. Des films de réalisatrices libanaises seront projetés, accompagnés de rencontres, notamment avec Danielle Arbid et Mounia Akl, figures marquantes de la scène cinématographique libanaise.

Reste une question, presque évidente : comment accueillir une telle programmation dans un festival qui se veut aussi festif ? Le Boulanger ne l’élude pas, mais parle d’un « point d’équilibre » à trouver entre « la gravité du monde et le plaisir d’être ensemble ».

Car Étonnants Voyageurs, malgré tout, « reste une fête, celle des livres, des idées, des rencontres », et réunit chaque année près de cinquante mille visiteurs en quête de découvertes et d’émotions.

Et il y a, insiste Le Boulanger, « beaucoup de sourires » et la joie simple de rencontrer un auteur, d’échanger, de partager un moment.

Même lorsque les sujets sont graves, quelque chose circule, souligne-t-il : « une forme d’espoir, peut-être, ou simplement la sensation de ne pas être seul face au monde »


Tunisie: à Djerba, un début de saison touristique ralenti par la crise au Moyen-Orient

Des chameaux attendent les touristes pour des promenades payantes sur la plage le long d’une lagune sur l’île touristique tunisienne de Djerba, dans le sud du pays, le 2 mai 2026. (AFP)
Des chameaux attendent les touristes pour des promenades payantes sur la plage le long d’une lagune sur l’île touristique tunisienne de Djerba, dans le sud du pays, le 2 mai 2026. (AFP)
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  • La saison touristique à Djerba ralentit malgré un bon démarrage, en raison des tensions au Moyen-Orient qui augmentent les coûts des vols et réduisent les réservations
  • Malgré ce contexte, la Tunisie conserve des atouts compétitifs grâce à sa proximité avec l’Europe, ses vols low-cost et son image de destination sûre en Méditerranée

DJERBA: Sable blanc et palmiers: la saison touristique sur l'île de Djerba en Tunisie a démarré début mai mais le secteur tourne au ralenti en raison des tensions au Moyen-Orient, selon des responsables rencontrés par l'AFP.

Avant les premières frappes israélo-américaines sur l'Iran fin février suivies d'attaques iraniennes sur les infrastructures du Golfe, "nous recevions par exemple 100 nouvelles réservations par jour, maintenant c'est seulement 50", explique à l'AFP Anane Kamoun, directeur de l'hôtel Royal Garden Palace, un établissement 5 étoiles situé dans le nord-est de l'île, tout près d'une longue plage.

Pendant qu'un groupe de touristes déambule à dos de cheval ou dromadaire, l'hôtelier se réjouit qu'il n'y ait "pas eu d'annulations" dans son établissement. Mais à ses yeux, il est clair que la machine tourne moins vite qu'avant les perturbations provoquées par le conflit.

Selon M. Kamoun, ce ralentissement s'explique par le renchérissement des coûts, à cause de la flambée des cours du pétrole. "Quand les billets d'avion coûtent en moyenne 70 à 80 euros de plus, ce n'est pas rien, et le touriste commence à chercher une alternative" pour ses vacances, observe-t-il.

En Tunisie, où le tourisme est un pilier essentiel de l'économie (environ 10% du PIB et quelque 400.000 emplois), la saison débute traditionnellement à Djerba, une grande île à 500 km au sud de Tunis, et au climat ensoleillé toute l'année.

- Avantage compétitif ? -

En 2025, "Djerba la douce" a accueilli 1,23 million de touristes, "en hausse de 5% par rapport à l'année précédente et de 1,1% par rapport au record de 2019", peu avant la pandémie de Covid-19, explique Hichem Mahouachi, délégué régional de l'Office de tourisme ONTT.

"Cette année, on espérait avoir une hausse de 7 à 8%", souligne-t-il à l'AFP, à propos de prévisions formulées avant que les tensions au Moyen-Orient ne commencent à perturber le trafic aérien et l'économie mondiale. Le cours du kérosène a doublé depuis le début de l'année, forçant les compagnies à augmenter leurs prix, voire à annuler les vols les moins rentables.

M. Mahouachi se dit néanmoins rassuré par la programmation par les compagnies (charters et régulières) de 5.600 vols entre avril et septembre, en hausse de 3,3% sur un an, et en provenance de 16 pays surtout européens.

Selon lui, "certaines destinations vont être affectées plus que d'autres", en particulier les dessertes éloignées et qui nécessitent un déplacement en long-courrier, ce qui n'est pas le cas de la Tunisie, située à "seulement deux heures" de toutes les capitales européennes, et souvent desservie par des compagnies low-cost.

"La hausse des prix du kérosène ne sera pas ressentie de la même façon que pour un long-courrier, la Tunisie va peut-être bénéficier de ça", espère-t-il.

Autre avantage, selon le dirigeant de l'ONTT, "la Tunisie est considérée comme l'une des destinations les plus sûres du bassin méditerranéen", un avantage compétitif face à des pays touchés de plein fouet par les répercussions du conflit comme la Turquie ou l'Egypte.


Festival de Cannes: des stars en nombre, la compétition s'accélère

Le producteur français Alexandre Mallet-Guy, l’acteur franco-tunisien Adam Bessa, l’actrice française Isabelle Huppert, le réalisateur et scénariste iranien Asghar Farhadi, une invitée, l’actrice belge Virginie Efira, l’acteur français Vincent Cassel et l’acteur français Pierre Niney assistent à une conférence de presse pour le film « Histoires parallèles » lors de la 79e édition du Festival de Cannes, à Cannes, dans le sud de la France, le 15 mai 2026. (AFP)
Le producteur français Alexandre Mallet-Guy, l’acteur franco-tunisien Adam Bessa, l’actrice française Isabelle Huppert, le réalisateur et scénariste iranien Asghar Farhadi, une invitée, l’actrice belge Virginie Efira, l’acteur français Vincent Cassel et l’acteur français Pierre Niney assistent à une conférence de presse pour le film « Histoires parallèles » lors de la 79e édition du Festival de Cannes, à Cannes, dans le sud de la France, le 15 mai 2026. (AFP)
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  • Le Festival de Cannes accélère avec trois films en compétition pour la Palme d’or, dont les très attendus « Paper Tiger » de James Gray, « Sheep in The Box » de Hirokazu Kore-eda et « L’être aimé » de Rodrigo Sorogoyen
  • Le tapis rouge accueillera de nombreuses stars internationales comme Javier Bardem, Adam Driver, Kristen Stewart et Woody Harrelson, tandis que Quentin Dupieux et Judith Godrèche présenteront leurs nouveaux films dans les sections parallèles

CANNES: Après trois jours de festival, la compétition s'accélère samedi à Cannes avec trois films en lice pour la Palme d'or projetés sur la Croisette, un défilé de stars internationales et quelques longs-métrages très attendus dans les sections parallèles.

- Du glamour sur le tapis rouge

Jeudi, un premier film au casting clinquant avait monté les marches du Palais des festivals. Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Vincent Cassel ou encore Pierre Niney sont venus défendre "Histoires parallèles", le dernier film de l'Iranien Asghar Farhadi, fraîchement accueilli par la critique.

Samedi, la température va monter d'un cran avec plusieurs vedettes internationales à la carrière hollywoodienne bien remplie.

Javier Bardem, Adam Driver, Kristen Stewart, Woody Harrelson sont attendus sur les mythiques marches cannoises.

Scarlett Johansson, à l'affiche de "Paper Tiger" aux côtés d'Adam Driver, sera en revanche absente. Elle est accaparée par le tournage d'une nouvelle version de "L'Exorciste" qui sortira l'année prochaine.

- Des grands auteurs au programme

Les films projetés en compétition samedi sont très attendus, à commencer par le dernier de James Gray, dont c'est la sixième sélection à Cannes.

L'Américain revient au polar avec "Paper Tiger", dans la veine de ses premiers films "Little Odessa" ou "The Yards", des œuvres célébrées par la critique. Son film suit deux frères qui se retrouvent mêlés à une affaire douteuse avec la mafia russe, les entrainant dans l'abime.

Un ancien lauréat de la Palme d'or foulera aussi le tapis rouge avec son équipe. Le Japonais Hirokazu Kore-eda présentera "Sheep in The Box", sur un couple qui accueille un enfant-robot humanoïde ressemblant exactement à leur fils décédé.

Enfin, le cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen, salué pour son dernier film "As Bestas" (2022) et la série "Los años nuevos", va chercher à confirmer qu'il est la relève du cinéma espagnol avec "L'être aimé".

Javier Bardem y incarne un réalisateur espagnol à la renommée internationale, de retour dans son pays pour tourner un film. Il tente de renouer avec sa fille, qu'il n'a quasiment pas vue grandir, en lui proposant un rôle.

- Dupieux et Godrèche attendus

Les sections parallèles du festival accueilleront plusieurs longs-métrages de réalisateurs français renommés, à commencer par Quentin Dupieux. "Full Phil", le dernier film de l'ovni du cinéma hexagonal, doit être projeté en séance de minuit.

Woody Harrelson et Kristen Stewart jouent un père et sa fille en pleine crise dans une ville assiégée par les gilets jaunes dans une sorte d'anti-"Emily in Paris".

Judith Godrèche fait son retour sur la Croisette, deux ans après son coup d'éclat sur les marches du Palais pour la présentation de son film "Moi aussi". Elle et l'équipe du film avaient croisé leurs mains devant leur bouche pour symboliser le silence imposé aux victimes de violences sexuelles.

Avec "Mémoire de fille", la réalisatrice adapte le roman autobiographique d'Annie Ernaux qui raconte le viol dont elle a été victime à 18 ans.