Sir David Attenborough et la sauvegarde des plantes dans “The Green Planet” sur la BBC

La série de la BBC en cinq épisodes du célèbre naturaliste anglais Sir David Attenborough, The Green Planet, sera présentée au Moyen-Orient le 10 janvier. (Photo fournie/BBC)
La série de la BBC en cinq épisodes du célèbre naturaliste anglais Sir David Attenborough, The Green Planet, sera présentée au Moyen-Orient le 10 janvier. (Photo fournie/BBC)
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Publié le Mercredi 05 janvier 2022

Sir David Attenborough et la sauvegarde des plantes dans “The Green Planet” sur la BBC

  • La série de la BBC en cinq épisodes du célèbre naturaliste anglais sera diffusée au Moyen-Orient le 10 janvier
  • La série The Green Planet est produite au moment où de nombreux écosystèmes de la planète sont au bord de l'effondrement

BOGOTA: S'élevant à plus de 250 pieds au-dessus du sol de la forêt, les séquoias de Californie sont les plus grands êtres vivants de la planète.

C'est au pied de l'un de ces géants vieux de trois mille ans que le présentateur et naturaliste anglais Sir David Attenborough commence sa nouvelle série, The Green PlanetLa planète verte»), qui sera diffusée au Moyen-Orient sur beIN à partir du 10 janvier.

«Les plantes, qu'elles soient énormes comme celle-ci ou microscopiques, sont la base de toute vie, y compris la nôtre», affirme le présentateur âgé de 95 ans dans les premières minutes du premier épisode, intitulé «Tropical».

«Nous dépendons d'elles pour chaque bouchée de nourriture que nous mangeons et chaque bouffée d'air que nous respirons», poursuit-il. «Les plantes s'épanouissent de manière étonnante. Pourtant, pour la plupart, les secrets de leur monde nous ont été cachés. Jusqu'à maintenant.»

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La série en cinq épisodes de la BBC cherche à offrir un regard nouveau sur le monde extraordinaire des plantes. Pour ce faire, un éventail de technologies pionnières, allant des plates-formes robotiques et caméras de drones à la photographie accélérée en mouvement, aux caméras thermiques ultradétaillées, à l'empilement d'images macro à mise au point profonde, ainsi qu’à la photographie ultrarapide et au dernier cri de la microscopie, a été utilisé.

Le résultat est une série qui transforme le monde apparemment statique des arbres et des plantes en un voyage dynamique à travers un univers parallèle dans lequel les plantes sont aussi combatives, compétitives et spectaculaires que les animaux sauvages, engagées dans une lutte à mort pour la nourriture, la lumière et la reproduction.

L’une des séquences du premier présente des images accélérées de fourmis coupeuses de feuilles détruisant les feuilles succulentes poussant sur une branche et les emportant dans leur repaire souterrain, où un champignon géant attend pour se régaler du paillage. Les fourmis sont récompensées pour leurs efforts par le champignon avec un approvisionnement constant de minuscules champignons.

La séquence illustrant cette étrange symbiose a été filmée sur une période de trois semaines au plus profond de la forêt tropicale du Costa Rica, où les caméramans ont lutté avec leur équipement lourd à travers une jungle dense, affrontant des périodes de pluie torrentielle.

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Sir David s'exprimant lors d'un événement pour lancer la conférence des Nations unies sur le changement climatique, COP26, dans le centre de Londres, en février 2020. (AFP/Fichier Photo)

 

Selon les producteurs, la météo n'était pas le seul défi à relever. Une équipe filmant des séquences à Bornéo, par exemple, a dû faire face à son lot d'adversité après avoir accidentellement dérangé un nid de frelons géants asiatiques, provoquant de vilaines piqûres.

Plus tard au cours du tournage, Sir David lui-même a passé un mauvais moment à cause d'un cactus particulièrement épineux connu sous le nom de cholla. En dépit du fait qu'il portait un sous-gant en Kevlar avec un gant de soudage au-dessus, la dense rosace d'épines de la plante a pu percer la protection.

Dans une autre scène de l'épisode 1, les téléspectateurs pourront découvrir une espèce de chauve-souris qui, de la même manière que les fourmis et leur sympathique champignon, vit en parfaite symbiose avec une fleur à floraison nocturne. Elle offre aux petits mammifères des gouttes de son précieux nectar en échange de leurs services en tant que principaux pollinisateurs.

Les téléspectateurs pourront également découvrir une plante parasite d'un mètre de large à l'aspect plutôt repoussant, connue sous le nom de fleur de cadavre, qui imite à la fois l'apparence et la puanteur de la viande en décomposition – avec de la fourrure et des dents – pour attirer les mouches pollinisatrices.

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En coulisses. Le caméraman Oliver Mueller utilisant un système de caméra robotique spécial, connu sous le nom de Triffid, pour filmer la fleur de cadavre (Rafflesia keithii), Bornéo. (Photo fournie/BBC)

 

Couvrant 27 pays et produite sur une période de quatre ans, The Green Planet cherche à offrir le premier aperçu complet du monde des plantes depuis la diffusion de la précédente série de Sir David, The Private Life of Plants, il y a vingt-six ans.

«Dans The Private Life of Plants, nous étions alourdis par tout un équipement primitif, alors qu’aujourd’hui nous pouvons prendre les caméras partout», a déclaré Sir David dans une récente interview.

«Vous avez donc maintenant la possibilité d'aller dans une vraie forêt, vous pouvez voir une plante pousser avec ses voisines, se battre ou se déplacer avec elles, et même mourir. C'est, à mon sens, ce qui donne vie à la chose et qui devrait faire dire aux gens: “Mon Dieu, ces organismes extraordinaires sont comme nous!’’»

Au cours de la série, Sir David a voyagé aux États-Unis, au Costa Rica, en Croatie et en Europe du Nord, des déserts à la montagne et des forêts tropicales au Nord gelé, pour créer une nouvelle compréhension de la façon dont les plantes existent, vivent les saisons et interagissent avec le monde animal, dont les humains.

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En coulisses. Le médecin de l'équipe, le Dr Patrick Avery, dans un tramway à cabine suspendue au Costa Rica avec Sir David et le pilote de drone Louis Rummer-Downing. Patrick vient de lancer un drone comportant une caméra, qui filmera le voyage de David à travers la canopée. (Photo fournie/BBC)

 

Le moment de la diffusion de The Green Planet ne pourrait être plus adéquat, car de nombreux écosystèmes du monde semblent sur le point de s'effondrer, le changement climatique, la déforestation et la pollution provoquant des événements météorologiques de plus en plus extrêmes ainsi que la perte d'une biodiversité précieuse.

À titre d’exemple, au Moyen-Orient, où les températures dépassent régulièrement les 40oC pendant plusieurs mois de l'année, les experts mettent en garde sur le fait que le changement climatique pourrait bientôt rendre certaines parties de la région inhabitables pour l'homme.

En réponse au défi qui se profile, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont lancé des initiatives d'énergie renouvelable, en adoptant des carburants verts tels que l'énergie éolienne, solaire et à hydrogène. Les deux pays ont également participé avec enthousiasme en novembre à la COP26, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, à Glasgow, en Écosse.

Le mois précédent, l'Arabie saoudite a lancé ses initiatives Saudi Green et Middle East Green, et s’est engagée à atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2060 et à planter 10 milliards d'arbres au cours des prochaines décennies, réhabilitant ainsi 8 millions d'hectares de terres dégradées et créant de nouvelles zones protégées.

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Dans les coulisses. Sir David debout parmi les séquoias géants, Sequoiadendron giganteum, les plus grands arbres au monde. Californie, États-Unis. (Photo fournie/BBC)

 

Sir David s'est adressé aux dirigeants mondiaux lors de la COP26 pour insister sur la nécessité de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre et d'empêcher une hausse des températures mondiales dépassant 1,5oC au-dessus des niveaux préindustriels.

«Le fait que les personnes les plus touchées par le changement climatique ne sont plus des générations futures imaginaires, mais des jeunes vivant aujourd'hui […] nous donnera peut-être l'élan dont nous avons besoin pour réécrire notre histoire et pour transformer cette tragédie en un triomphe», a-t-il déclaré aux délégués.

«Notre consommation de combustibles fossiles, notre destruction de la nature, notre approche de l'industrie, de la construction et de l'apprentissage libèrent du carbone dans l'atmosphère à un rythme et une échelle sans précédent. Nous sommes déjà en difficulté. La stabilité dont nous dépendons tous est en train de se fissurer.»

Sir David est bien placé pour le savoir. Au cours d'une carrière de près de sept décennies durant laquelle il a présenté certains des documentaires sur la nature les plus mémorables, il a été témoin de cette destruction progressive.

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Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du bas: la famille Khasi utilise un pont racinaire vivant. Meghalaya, Inde; Cactus Saguaro (Carnegiea gigantea), désert de Sonora, Arizona. Un saguaro mature peut stocker 5 000 litres d'eau; et l'hiver dans les forêts boréales de Finlande. L'épicéa, le pin et le bouleau dominent ce paysage. (Photos fournies/BBC)

 

En 1937, alors qu'il était âgé de 11 ans, la population mondiale s'élevait à 2,3 milliards et la quantité de carbone dans l'atmosphère à 280 parties par million. Aujourd'hui, il y a près de 7,8 milliards de personnes sur la planète et le niveau de carbone dans l'atmosphère s'élève à environ 415 parties par million.

Sir David a rejoint la BBC en 1952 en tant que producteur stagiaire. Alors qu'il travaillait sur une série intitulée Zoo Quest, entre 1954 et 1964, il a eu l’opportunité de visiter des coins reculés du globe et de saisir des images de la faune dans son habitat naturel.

Il a quitté le cinéma en 1965 pour devenir le contrôleur de BBC2, période au cours de laquelle il a aidé à introduire la télévision en couleurs au Royaume-Uni, avant de devenir directeur des programmes de BBC Television.

En 1973, il décide toutefois d’abandonner le côté administratif de la télévision et de revenir à la réalisation de documentaires.

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Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir de la gauche: Un séquoia géant, Sequoiadendron giganteum, les plus grands arbres de la Terre; des fleurs de la «fleur de 7 heures», Merinthopodium neuranthom, sont pollinisées par la chauve-souris à longue langue d'Underwood (Hylonycteris underwoodi); et un nénuphar géant, de l’espèce Victoria, dans la région du Pantanal au Brésil. (Photos fournies/BBC/Paul Williams)

 

Il s'est rapidement imposé comme le présentateur d'histoire naturelle le plus connu de Grande-Bretagne, présentant Life on Earth en 1979 et The Blue Planet en 2001.

C'est grâce à cette vie consacrée au cinéma mais aussi à sa façon particulière de s’exprimer qui est immédiatement reconnaissable que Sir David est désormais une référence dans les questions liées à la conservation et au déclin des espèces de la planète, et qu’il est considéré comme un trésor national britannique.

«Du jour au lendemain, le monde est devenu conscient des plantes, a-t-il déclaré récemment. J’ai assisté à une révolution dans le monde entier au niveau des attitudes envers le monde naturel; un éveil et une prise de conscience de l'importance du monde naturel pour nous tous. Une prise de conscience du fait que sans les plantes on meurt de faim et on ne peut pas respirer.»

Sir David estime que la pandémie de la Covid-19 et les confinements ont encouragé les gens à porter une plus grande attention à la vie végétale qui les entoure.

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Sir David, qui est très impliqué dans les problématiques liées à la conservation et au déclin des espèces de la planète, est considéré comme un trésor national britannique. (AFP/Fichier Photos)

 

«Je pense qu'être enfermé et confiné dans son jardin, si l'on a la chance d’en avoir un – et sinon d'avoir des plantes sur une étagère – a changé le regard des gens et permis une réelle prise de conscience de l’existence d’un autre monde auquel nous ne prêtons presque jamais attention», a-t-il affirmé.

Alors, qu'espère-t-il que le public retiendra de The Green Planet?

«Qu'il existe un monde parallèle dont nous dépendons et que, jusqu'à présent, nous avons largement ignoré, si je parle au nom de l'homme urbanisé», a-t-il précisé.

«Plus de la moitié de la population mondiale, selon l'ONU, est urbanisée, vit dans des villes, ne voit que des plantes cultivées, jamais une communauté sauvage de plantes.

«Mais cette communauté sauvage est là, hors du milieu urbain, et nous en dépendons. Nous ferions mieux d'en prendre soin.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Philippe Bouvard est mort, «Les Grosses Têtes» sont orphelines

Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
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  • "Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier
  • Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux

PARIS: Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans.

C'est sa radio de toujours qui a annoncé son décès, après en avoir été informée par son épouse. "Il s'est éteint ce matin aux alentours de huit heures, en douceur", a déclaré à l'antenne la présentatrice de la matinale de RTL, Céline Landreau.

Les hommages ont aussitôt afflué sur la station pour saluer celui que beaucoup considéraient comme un précurseur, à la frontière du journalisme et du divertissement.

"Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier, qui lui avait succédé aux commandes des "Grosses Têtes" en 2014 pour rajeunir l'émission.

Un épisode que l'intéressé avait d'ailleurs mal vécu, parlant lui-même d'"un déchirement". Il était resté 37 ans aux commandes de cette émission culte, qu'il avait lancée en 1977, et dont le succès ne s'est jamais démenti.

Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux.

Avec cette émission, "Philippe a su mettre à la portée de tous la culture générale", a estimé Jean-Pierre Foucault, en saluant "notre maître à tous".

Philippe Bouvard "a plus fait pour la langue française que la moitié des 40 momies de l'Académie française" mais "n'a jamais été récompensé de cet effort populaire", a regretté le navigateur Olivier de Kersauson, pilier historique des "Grosses Têtes", que Bouvard avait coutume de saluer par une apostrophe qui a marqué le programme: "Bonne réponse de l'Amiral!"

"Français moyen" 

"C'était quelqu'un de curieusement très attachant. Je n'ai jamais su s'il nous aimait ou pas", a réagi l'humoriste Bernard Mabille, autre figure de l'émission.

Pour le journaliste Marc-Olivier Fogiel, le principal atout de Philippe Bouvard était "de ne pas avoir de frontières": "C'était un journaliste qui pouvait passer du divertissement au sérieux".

Après avoir entamé sa carrière de journaliste au Figaro dans les années 50, Bouvard avait rejoint France Soir en 1973, parallèlement à son parcours sur RTL.

A la télévision, il avait présenté de 1982 à 1987 "Le petit théâtre de Bouvard" sur Antenne 2, une émission de sketchs où il donnait leur chance à des comédiens débutants dont plusieurs allaient devenir des vedettes : Muriel Robin, Les Inconnus, Mimie Mathy Michèle Bernier ou encore le duo Chevallier et Laspalès.

Hyperactif, Philippe Bouvard tenait encore à 94 ans une page dans le magazine VSD, ainsi qu'une chronique dominicale sur RTL. Il avait tout arrêté le 1er janvier 2025 après avoir atteint son "double record": "60 ans de radio et 60 ans de RTL".

Physique rond et jovial, passionné de jeux d'argent et de belles voitures, ce fils d'un couple de petits commerçants se revendiquait comme "un Français moyen, râleur, chauvin, un rien xénophobe", comme il le disait au journal Le Parisien en 2022. Pour autant, il avouait regretter parfois de "s'être laissé engluer dans ce personnage".


Critique littéraire : « Le Mystère d’Henri Pick », un roman français empreint d’intrigues

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  • C’est un livre qui donne envie de s’attarder, au sens propre comme au sens figuré
  • « Le Mystère d’Henri Pick » est mon choix – pas si mystérieux que ça – pour une bonne lecture alors que je me prépare à un prochain voyage en France

RIYAD: Ce roman policier humoristique nous emmène en Bretagne, dans une bibliothèque sans prétention au bord de la mer qui accepte tout manuscrit original n’ayant pas trouvé d’éditeur
« Le Mystère d’Henri Pick » est mon choix – pas si mystérieux que ça – pour une bonne lecture alors que je me prépare à un prochain voyage en France.

Écrit par le maître des mots français David Foenkinos, initialement sous le titre « Le Mystère Henri Pick » (2016), puis traduit en anglais en 2020 par Sam Taylor chez Pushkin Press, ce roman allie intrigue et espièglerie.

Ce roman policier humoristique nous emmène en Bretagne, dans une bibliothèque sans prétention au bord de la mer qui accepte tout livre original n’ayant pas trouvé d’éditeur.

Une seule condition : vous devez vous-même déposer en personne un exemplaire papier du livre « refusé ».

Il s’agit en somme, pour reprendre mes propres termes, d’un cimetière littéraire où vos manuscrits peuvent continuer à vivre.

Alors qu’elle rend visite à ses parents, la jeune éditrice Delphine Despero se rend à vélo à la bibliothèque avec son amant, un auteur un peu aigrí qui se considère toujours comme un raté depuis que son propre livre n’a pas connu le succès escompté.

Là, ils tombent sur un roman extraordinaire attribué à feu Henri Pick, un pizzaiolo du coin.

Despero meurt d’envie de rencontrer cet auteur talentueux, mais le mystère s’épaissit lorsque la veuve de Pick affirme que son défunt mari n’aurait pas pu écrire ce livre. Il n’a jamais aimé lire, dit-elle, et elle l’aurait su.

Alors que les questions commencent à tourbillonner autour d’Henri Pick et de son succès littéraire improbable, Despero ramène le livre à Paris, où il connaît un succès immédiat.

Il en résulte un mystère autour de la renommée littéraire, de l’ambition, de la paternité littéraire et de la question de savoir dans quelle mesure nous connaissons réellement les gens qui nous entourent.

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre, c’est qu’il fait confiance à l’intelligence des lecteurs pour combler les blancs entre les lignes. J’aime la façon dont le récit fournit juste ce qu’il faut de contexte et de description sans se noyer dans les détails.

J’ai lu ce livre dans un café tranquille et je me suis surprise à m’arrêter toutes les quelques pages pour réfléchir. Un passage m’a fait pleurer.

C’est un livre qui invite à s’attarder, au sens propre comme au sens figuré. C’est un rappel poétique que si nous avons le courage de coucher nos pensées sur le papier, peut-être que quelqu’un, quelque part, parviendra à nous faire revivre — ou à faire revivre la version de nous-mêmes qui a écrit un livre fantastique — longtemps après notre départ de ce monde.


De Gaulle, L'Odyssée: deux blockbusters à succès, attendus par les profs à la rentrée

Le réalisateur et scénariste français Antonin Baudry et l’acteur franco-arménien Simon Abkarian posent lors d’un photocall du film « La Bataille de Gaulle : L’âge de fer » au 79e Festival de Cannes, à Cannes, le 21 mai 2026. (Photo : AFP)
Le réalisateur et scénariste français Antonin Baudry et l’acteur franco-arménien Simon Abkarian posent lors d’un photocall du film « La Bataille de Gaulle : L’âge de fer » au 79e Festival de Cannes, à Cannes, le 21 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • La Bataille de Gaulle pourrait devenir un outil pédagogique pour enseigner la Résistance et confronter histoire et récit cinématographique
  • L’Odyssée sera surtout étudiée avec des élèves plus âgés pour analyser le récit, les héros et les polémiques médiatiques

PARIS: Après leur triomphe estival au cinéma, L’Odyssée et La Bataille de Gaulle poursuivront-ils leur parcours en classe ? A l’approche de la rentrée scolaire, plusieurs professeurs de lettres et d'histoire prévoient déjà d'en faire des ressources pédagogiques.

"Je pense que nous allons être très nombreux à utiliser ces films", déclare à l'AFP Joëlle Alazard, présidente de l'Association des professeurs d’histoire et de géographie.

Selon elle, le diptyque du réalisateur Antonin Baudry, vu par plus de 4,7 millions de spectateurs, permet de "donner chair au monument de Gaulle", étudié en classe de troisième et au-delà.

"C'est ce qu'on essaie de faire en cours : expliquer la situation de juin 1940, le courage des premiers résistants, des premiers opposants à la France de Vichy", explique la professeure d'histoire au lycée Louis-Le-Grand, à Paris.

A défaut de pouvoir visionner La Bataille de Gaulle en entier avec ses élèves, chaque volet durant plus de 2 heures et demie, Ludovic Chevassus, prof d'histoire-géographie au lycée du Golfe, à Gassin (Var), prévoit d'en étudier des extraits ciblés, pour "les mettre en perspective avec un regard critique".

En particulier sur leur dimension "très héroïque", alors que les Français activement résistants ne représentaient que "2 à 3% de la population".

Même s'il reconnaît "certaines libertés" du film avec la réalité, il estime "important de montrer aux élèves qu'il y a ce qui s'est passé et puis ce qui est raconté", d'autant que les deux volets s'adressent aux jeunes, de l'aveu même du réalisateur Antonin Baudry.

Les enseignants interrogés se félicitent aussi que La Bataille de Gaulle mette en avant des événements peu abordés en classe par manque de temps, tels que l'attaque de Mers-el-Kébir ou le ralliement des colonies d'Afrique.

- L'Odyssée, pour des élèves plus âgés -

Ils peuvent en outre recourir au kit pédagogique du film publié par Belin peu avant sa sortie et conçu par Natacha Zeiger, professeure d'histoire-géographie au lycée international de Saint-Germain-en Laye (Yvelines), en concertation avec Pathé, producteur des films.

Complémentaire au déroulement chronologique du film, "très compréhensible" pour les élèves, selon l'enseignante, ce document pensé de "manière thématique" contient ainsi des "fiches clé en main" sur la figure de Jean Moulin ou encore sur les femmes dans la résistance.

Le visionnage de L'Odyssée de Christopher Nolan s'avère en revanche impossible pour les élèves qui étudient l'oeuvre originelle d'Homère en 6e, le film étant "interdit aux moins de 12 ans", pointe Robert Delord, professeur de lettres classiques au collège Daniel Faucher, dans la Drôme, et président d’Arrête ton char, association de promotion des langues et cultures de l'Antiquité.

"Le film est suffisamment magistral pour être étudié dans d’autres dimensions, moins littérales, avec des élèves plus âgés", estime cependant Milly La Delfa, professeure de lettres modernes et enseignante en collège et lycée au Collège Sévigné, à Paris.

Elle envisage ainsi "une exploitation en classe de 3e dans le cadre de l’étude du récit", qui se pencherait sur l'"infléchissement de la figure héroïque (d'Ulysse, interprétée par) Matt Damon" et "les traumatismes et les lacunes mémorielles (provoqués par) les conflits" dans l'adaptation de Christopher Nolan, qui a attiré 5,7 millions de spectateurs en France.

Robert Delord imagine pour sa part pouvoir travailler avec ses élèves sur les "choix narratifs" du réalisateur, en confrontant sa chronologie du voyage d'Ulysse, condensée en un peu moins de trois heures, à celle d'Homère.

Mais l'enseignant aimerait surtout, avec ses classes de la 5e à la 3e, consacrer une "séance d'éducation aux médias et aux réseaux sociaux, autour des polémiques racistes qu'il y a eu autour du film", principalement autour du choix de l'actrice mexicano-kényane Lupita Nyong'o pour incarner le personnage mythologique d'Hélène.

Une approche partagée par Ludovic Chevassus, qui prévoit l'étude, dans sa spécialité HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques) de Terminale, de cette polémique en ligne, alimentée notamment par le patron de X, Elon Musk.

"Ce que je constate chez mes élèves, c'est qu'avant de voir un film (...) ils se réfèrent à des influenceurs" sur TikTok ou YouTube, pour se faire un avis, et "notre travail (est) de leur apprendre à penser par eux-mêmes", conclut l'enseignant.