«Vivre libres!»: comment aborder les sujets sensibles en classe après le choc Samuel Paty

Le professeur assassiné Samuel Paty a désormais un square à son nom, en face de la Sorbonne à Paris (Photo, AFP).
Le professeur assassiné Samuel Paty a désormais un square à son nom, en face de la Sorbonne à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 octobre 2021

«Vivre libres!»: comment aborder les sujets sensibles en classe après le choc Samuel Paty

  • Que faire quand un élève tient des propos choquants en classe, quand il conteste l'enseignement qu'on lui dispense, interroge cet ouvrage
  • Deux mois après l’assassinat de Samuel Paty, un sondage Ifop pour l'observatoire de l'éducation de la Fondation Jean-Jaurès montrait que près d'un enseignant sur deux s'autocensurait en classe

MARSEILLE: Comment parler des religions aux élèves, réagir à des propos homophobes ou lutter contre les discriminations ? Face à ces questions, un collectif d'enseignants et de formateurs chevronnés publient "Vivre libres !", un ouvrage de bonnes pratiques initié après l'assassinat de Samuel Paty. 

Que faire quand un élève tient des propos choquants en classe, quand il conteste l'enseignement qu'on lui dispense, interroge cet ouvrage qui propose d'aider les enseignants à affronter les situations délicates.

Initié par le rectorat de l'académie Aix-Marseille, le livre propose l'expertise d'une vingtaine d'enseignants et formateurs, auteurs de fiches pratiques conçues à partir "d'expériences de terrain réussies".

Après l'assassinat de Samuel Paty, décapité par un jeune islamiste pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet, "beaucoup de membres de la communauté éducatives (...) se sont sentis démunis, sidérés, incapables de parler avec leurs élèves", rappellent les auteurs dans le préambule. 

Deux mois après le drame, un sondage Ifop pour l'observatoire de l'éducation de la Fondation Jean-Jaurès montrait que près d'un enseignant sur deux s'autocensurait en classe sur les questions religieuse. Mais à 90% les professeurs d'histoire disent ne pas avoir renoncé à enseigner les "sujets difficiles", selon un sondage récent du magazine L’Histoire.

"Beaucoup d'enseignants sont en difficulté sur ces questions et une partie d'entre eux n'osent pas parler de ces sujets en classe", observe Rodrigue Coutouly, chef d'établissement à Marseille et responsable éditorial de l'ouvrage, pour qui il est essentiel de "développer auprès des élèves une lecture critique des événements et des informations (...) si nous voulons défendre les valeurs de la République".

"Si la production éditoriale est riche en livres théoriques, les ouvrages pratiques pour aider les enseignants sont pratiquement inexistants", fait valoir celui qui fut pendant sept ans le référent laïcité et valeurs de la République du rectorat Aix-Marseille.

Construit en trois volets, "Vivre libres !" propose d'abord aux enseignants des pistes de travail sur certaines problématiques actuelles: "Comment valoriser l'irruption de l'actualité dans le déroulement d'un cours, enseigner la liberté d'expression ou comprendre les conflits de loyauté des élèves ?" 

L’ouvrage propose une approche plus collective pour un établissement, par exemple sur la manière de communiquer après un attentat, ou de faire débattre la communauté scolaire autour de sujets clivants. "Né en République démocratique du Congo, pays aux 400 ethnies --400 façons de se faire la guerre!--, je sais la nécessité" de faire dialoguer "les différences", explique Joseph Makutu, proviseur.

Le livre à peine sorti, le département des Bouches-du-Rhône en a commandé 1.500 pour ses collèges, a annoncé Jean-Michel Aupy, directeur artistique et auteur des 50 dessins humoristiques qui illustrent l'ouvrage.

Des discussions sont en cours avec la région PACA pour les lycées et avec l'école supérieure du professorat et de l'éducation (Espe) d'Aix-Marseille pour la formation des enseignants. Il sera également en vente libre sur Internet à partir de novembre (www.agence-horspistes.fr).

L'équipe à l'origine de "Vivre libres !" avait déjà publié en 2018 "Le livre géant de la laïcité" après le choc de l'attentat de Charlie Hebdo en 2015. 


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.