Vers une indispensable gestion durable des ressources en région MENA

Un homme se tient à côté de pompes à eau qui puisent l'eau du réservoir du lac Assad dans la province de Raqqa, dans l'est de la Syrie, le 27 juillet 2021. (AFP)
Un homme se tient à côté de pompes à eau qui puisent l'eau du réservoir du lac Assad dans la province de Raqqa, dans l'est de la Syrie, le 27 juillet 2021. (AFP)
Des pompes à eau puisent de l'eau dans le réservoir du lac Assad, à proximité du barrage de Tabqa, qui longe l'Euphrate, dans la province de Raqqa, en Syrie. (Photo d'archive AFP)
Des pompes à eau puisent de l'eau dans le réservoir du lac Assad, à proximité du barrage de Tabqa, qui longe l'Euphrate, dans la province de Raqqa, en Syrie. (Photo d'archive AFP)
Un jeune marche, une pelle à la main, à proximité de pompes qui prélèvent de l'eau du réservoir du lac Assad, près du barrage de Tabqa, qui longe l'Euphrate, à Raqqa, en Syrie, le 27 juillet 2021. (Photo d'archive AFP)
Un jeune marche, une pelle à la main, à proximité de pompes qui prélèvent de l'eau du réservoir du lac Assad, près du barrage de Tabqa, qui longe l'Euphrate, à Raqqa, en Syrie, le 27 juillet 2021. (Photo d'archive AFP)
Un pêcheur montre les poissons qu'il attrapés dans le lac du barrage Sel Kapani, dans le district de Golbasi, à Ankara, le 3 septembre 2021. (Adem Altan/AFP)
Un pêcheur montre les poissons qu'il attrapés dans le lac du barrage Sel Kapani, dans le district de Golbasi, à Ankara, le 3 septembre 2021. (Adem Altan/AFP)
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Publié le Lundi 27 septembre 2021

Vers une indispensable gestion durable des ressources en région MENA

  • Les pressions environnementales et la pénurie d'eau alimentent l'instabilité et les migrations forcées
  • Le recyclage, l'amélioration des techniques agricoles et une coopération accrue sont indispensables pour limiter le gaspillage de l'eau

DUBAÏ: En raison des précipitations peu abondantes, de la faible quantité d'eau douce qui proviennent des rivières et des lacs et des réserves d'eau souterraine non renouvelables qui s'amenuisent, la région du Moyen-Orient est soumise au stress hydrique le plus intense du monde.

Dans le même temps, la demande ne fait que grimper et risque de continuer à augmenter sous l'effet de la croissance démographique et du développement économique. Cette situation entraîne donc une consommation d'eau par habitant qui compte parmi les plus élevées au monde.

Dans ce contexte, il incombe aux pays de la région de mieux préserver leurs ressources limitées en eau et d'utiliser de manière plus efficace l'eau qu'ils dessalent. Bonne nouvelle: les solutions, qu’elles s’appuient sur l'imagination humaine ou sur la faisabilité économique, existent

En effet, quelques-unes de ces solutions peuvent se révéler simples et peu coûteuses. Un rapport publié en 2020 par l'ONG World Resources Institute a montré que le coût de ces solutions ne dépasserait pas 1% du PIB annuel de l'Arabie saoudite. Certaines innovations telles que le dessalement par énergie solaire, l'arrosage au goutte à goutte – qui permet une plus grande productivité agricole – ou le traitement et la réutilisation des eaux usées apparaissent fort prometteuses.

Matthew McCabe est professeur à l'université du roi Abdallah pour la science et la technologie, où il enseigne les techniques de sécurité hydrique et de télédétection. Avec le gouvernement saoudien, il travaille à optimiser l'utilisation de l'eau dans la production de denrées alimentaires. Pour y parvenir, il est indispensable de suivre de près la manière dont l'eau est consommée dans le secteur agricole, qui est, dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Mena), le plus gourmand en eau.

Selon la Banque mondiale, l'agriculture consomme près de 70% de l'eau douce puisée dans les sources souterraines ou en surface à l'échelle mondiale. Cette proportion se chiffre à des niveaux encore plus élevés dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Mena), où elle avoisine les 80%. En Arabie saoudite, près de 90% de l'eau douce sert à alimenter l'agriculture.

«Nous cherchons à cerner de manière plus précise l'utilisation de l'eau destinée à l'agriculture dans tout le pays et cette démarche doit être entreprise dans toute la région», explique M. McCabe.

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L'agriculture consomme près de 70% de l'eau douce puisée dans les sources souterraines ou en surface à l'échelle mondiale. (Photo d'archive AFP)

«Ainsi, plus nous utiliserons l'eau de manière efficace et durable pour la production de denrées alimentaires, plus nous serons en mesure de progresser vers une utilisation plus responsable de nos ressources. Le gros problème tient au fait que nous ne recourons pas à l'eau dessalée. Nous nous appuyons sur les eaux souterraines, qui ne peuvent pas être renouvelées», ajoute-t-il.

Vangelis Constantianos est le coordinateur régional du Partenariat mondial pour l'eau, un réseau de sensibilisation et de développement des compétences. Il estime que, dans un environnement aride, les efforts consentis pour renforcer la sécurité alimentaire par le biais d'une production agricole plus importante soumettent les ressources à une pression énorme si on ne fait pas appel à des technologies «intelligentes» qui permettent d'économiser l'eau.

Pour M. Constantianos, le dessalement ne constitue pas une solution miracle en raison des coûts élevés de l'énergie qu'il consomme et des gaz à effet de serre qu'il émet. Les rejets de résidus concentrés en sel nuisent à leur tour à la nature, tandis que le coût réel de la production est occulté par les grandes quantités d'eau subventionnée.

«Un apport d'eau abondant peut ne pas contribuer au développement d'une société consciente du défi – et du devoir qui est le sien – qui consiste à conserver l'eau pour satisfaire ses besoins et protéger la nature», indique-t-il.

Cette responsabilité est d'autant plus lourde au fur et à mesure que la pénurie d'eau devient plus pressante.

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Des femmes et des jeunes villageoises récupèrent l'eau d'un bassin d'eau de pluie; l'eau est purifiée à l'aide de comprimés avant d'être utilisée dans le village de Gayo, en Éthiopie. (Shutterstock)

Le rapport du World Resources Institute indique que 3 milliards de personnes à travers le monde ne possèdent pas les installations de base nécessaires pour se laver les mains, qu'un quart de la population mondiale vit dans des pays où le stress hydrique est élevé et que le monde compte plus de cinq cents «zones mortes», ces parties d’océans pauvres en oxygène en raison des eaux usées non traitées.

Dans la région Mena, les contraintes liées à l'environnement et la pénurie d'eau alimentent l'instabilité et les migrations forcées. De grandes parties du Yémen, la province du Khouzistan, en Iran, le Soudan et, plus récemment, le Liban connaissent de graves pénuries d'eau qui ont donné lieu à des manifestations contre le gouvernement. 

«Dans cette région aride, les récoltes dépendent entièrement de l'agriculture et les responsables affirment que le fait de soutenir ce secteur endiguera l'exode rural et limitera les dépenses en monnaie forte pour importer des denrées alimentaires», peut-on lire dans un article paru au mois de juillet dernier dans The Economist.

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Cette photo, prise au moment où le soleil se lève, montre un canal issu du Nil qui traverse des terres agricoles dans la route de campagne Al-Mehwar, à Gizeh, en Égypte. (Shutterstock)

Le magazine souligne un aspect négatif: «Depuis longtemps, les subventions encouragent les agriculteurs de la région à gaspiller l'eau en grande quantité; en contrepartie, les dirigeants se servent volontiers d'une eau bon marché pour gagner le soutien des habitants ou faire avancer leurs intérêts.»

La Banque mondiale estime que, d'ici à 2050, les répercussions de la pénurie d'eau pourraient infliger aux pays de la région Mena des coûts allant de 6 à 14% de leur PIB. Par conséquent, la région ne peut pas faire comme si de rien n'était.

Omar Saïf occupe le poste de directeur des services consultatifs pour le Moyen-Orient auprès du cabinet WSP, une société de conseil en ingénierie. Pour lui, décomposer les éléments nécessaires à la sécurité de l'eau dans chaque pays permet de mieux déterminer où il convient d'investir. Cette approche peut s’avérer particulièrement utile si elle s'applique aux budgets nationaux.

Se concentrer sur la proportion du PIB plutôt que sur les coûts totaux permet de mieux identifier les lacunes qui persistent au niveau de chaque pays en matière d'investissement, ajoute-t-il.

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Le Tigre et l’Euphrate sont les fleuves qui constituent la principale source d'eau de l'Irak. Ils se révèlent essentiels à l'agriculture. (Photo d'archive AFP)

«Le fait que les pays sous-développés consacrent une plus grande part de leur PIB à la sécurité hydrique ne signifie pas que leurs efforts sont vains. Cela doit plutôt inciter la communauté internationale à mieux répartir les budgets qu’elle consacre au soutien du développement dans le monde», confie-t-il à Arab News.

Selon M. Saïf, le rapport du World Resources Institute (WRI) envoie un message clair: les solutions durables au problème de l'eau sont à portée de main. Toutefois, «pour atteindre l’objectif final, il convient que les secteurs public et privé agissent de concert».

Par ailleurs, il est important de réviser les redevances liées à l'eau et de promouvoir une coopération transfrontalière accrue. La mise en place de nouveaux programmes universitaires qui se consacrent à la sécurité de l'eau et à l'amélioration des techniques agricoles peut également jouer un rôle important. «Les départements agricoles, pour la plupart, sont désuets et ne tiennent pas compte dans leurs programmes agricoles de l'importance de la résilience au changement climatique ni de la technologie et du commerce liés au climat», ajoute-t-il.

en bref

  • 17 pays consacrent plus de 8% de leur PIB à la gestion durable de l'eau
  • Les habitants de ces 17 pays représentent 10% de la population mondiale
  • 75 pays peuvent parvenir à une gestion durable de l'eau pour un coût inférieur à 2% de leur PIB

L'Arabie saoudite, qui figure parmi les plus grands consommateurs et producteurs d'eau du monde, se lance sur cette voie grâce à des mégaprojets tels que Neom, la nouvelle ville située au nord du Royaume, dans le désert. En effet, cette cité promet de ne produire aucun rejet liquide et de générer de l'eau douce à partir d'énergies propres.

En outre, l'Arabie saoudite investit dans des méthodes de dessalement plus efficaces et dans des approches plus durables qui pourraient être utilisées dans d’autres pays.

Cependant, la facture à payer est loin d'être bon marché. Selon M. McCabe, même si la proportion d’1% du PIB ne paraît pas énorme, elle équivaut, en Arabie saoudite, à près de 10 milliards de dollars (1 dollar = 0,86 euro) par an sur une période de quinze ans. Cela représente au total 150 milliards de dollars. Pour d'autres pays de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, le coût se situe autour de 4 ou 5% du PIB. Le recyclage est donc indispensable si l'on souhaite obtenir de meilleurs résultats.

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Une usine d'assainissement des eaux usées en Arabie saoudite. (Photo d'archive Arab News)

«L'Arabie saoudite adopte en même temps une bonne gouvernance en ce qui concerne la consommation d'eau, conformément à la Vision 2030. L'objectif est d'augmenter considérablement la réutilisation de l'eau», explique M. McCabe à Arab News. «Il faut recycler cette eau pour l'utiliser à d'autres fins: soit pour produire de l'eau potable, soit pour arroser les cultures ou produire des denrées alimentaires, au lieu de la laisser se déverser dans l'océan. Nous devons fermer le cycle de l'eau.»

Dans cette optique, le secteur privé pourra investir dans les eaux usées des municipalités, estiment les experts. Une analyse menée récemment par la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) révèle que, si les villes se concentrent sur la gestion à faible émission de carbone de l'eau et des déchets au cours de leur redressement post-Covid-19, elles pourraient générer jusqu'à 2 000 milliards de dollars en investissements et créer plus de 23 millions de nouveaux emplois d'ici à 2030.

En dépit de certains signes encourageants qui s’annoncent dans la région, souvent soutenus par des efforts internationaux, le rythme du changement n'est pas suffisamment rapide pour relever les défis grandissants. «Le manque de gouvernance et de structures d'investissement adéquates, qui se traduit par une absence de financement, joue un rôle important et se solde notamment par une contribution du secteur privé moins importante qu'il ne le faudrait», explique M. Constantianos.

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Des garçons irakiens se baignent avec un troupeau de buffles dans la rivière Diyala, dans le district de Fadiliya, au nord-est de Bagdad, le 2 août 2021. (AFP)

Si certaines solutions semblent à la fois simples et abordables, leur élaboration et leur mise en œuvre requièrent une approche sophistiquée et souvent taillée sur mesure.

«L'eau est présente dans tous les domaines: dans l'économie, les institutions et les relations sociales. Pour remédier à la pénurie d'eau et aux incidences du changement climatique, il convient donc de gérer de manière cohérente l'ensemble des ressources naturelles, sans se limiter aux ressources hydriques», précise M. Constantianos.

«La seule solution qui se présente à nous est de traiter ce problème, parce qu'il nécessite de mettre en place des projets de longue haleine. Il faudra des dizaines d’années pour développer l'infrastructure nécessaire à la mise en œuvre de ces projets», indique-t-il.

Cependant, les perturbations induites par la construction des barrages, la corruption, la mauvaise gestion et les pénuries d'eau suscitent d’ores et déjà des remous politiques et risquent de déboucher sur des guerres si le pire scénario se réalise. Pour reprendre les termes du magazine The Economist: «Faute d'un partage [de l'eau] plus adéquat, d'une meilleure gestion et de meilleurs investissements des ressources hydriques, des millions d'habitants de la région risquent de devenir des réfugiés climatiques.»

 

Twitter : @CalineMalek

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Liban: frappe israélienne contre un groupe islamiste à Saïda

Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI. (AFP)
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  • Saïda a été en grande partie épargnée par les principales attaques israéliennes lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, auxquelles un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 visait à mettre fin
  • Mardi, l'immeuble de sept étages visé a été presque entièrement détruit et plusieurs équipes de secours sont mobilisées, selon un photographe de l'AFP présent sur place

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI.

"L'ennemi israélien a mené un raid sur un siège de la Jamaa islamiya", a précisé l'agence.

Ce mouvement libanais avait revendiqué des attaques contre Israël au début de la guerre avec le Hezbollah en 2023 et avait déjà été visé par des frappes israéliennes.

Dans un communiqué, il a indiqué que la frappe n'avait pas fait de victimes et a dénoncé un "crime de guerre".

Saïda a été en grande partie épargnée par les principales attaques israéliennes lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, auxquelles un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 visait à mettre fin.

Mardi, l'immeuble de sept étages visé a été presque entièrement détruit et plusieurs équipes de secours sont mobilisées, selon un photographe de l'AFP présent sur place.

Le souffle de l'explosion a provoqué des dégâts dans les bâtiments avoisinants, l'immeuble étant situé dans un quartier populaire animé de la ville côtière, selon des images diffusées par des médias locaux.

Peu après la frappe, l'armée israélienne a publié un avis d'évacuation pour un autre immeuble de la ville, prévenant qu'elle allait attaquer "une infrastructure militaire du Hezbollah".

Le groupe libanais Jamaa islamiya est étroitement lié au Hamas palestinien. En février, l'armée israélienne avait enlevé l'un de ses responsables lors d'une incursion dans un village frontalier du sud du pays.

Elle avait dit avoir "appréhendé un terroriste majeur" et l'avoir "transféré vers le sol israélien pour être interrogé".

 


L'armée libanaise met en place des check-points, met en oeuvre l'interdiction des activités militaires du Hezbollah

Les habitants du village de Kfarkila, dans le sud du Liban, se rassemblent à un point de contrôle de l'armée libanaise à Burj Al-Muluk, à la périphérie de leur village. (File/AFP)
Les habitants du village de Kfarkila, dans le sud du Liban, se rassemblent à un point de contrôle de l'armée libanaise à Burj Al-Muluk, à la périphérie de leur village. (File/AFP)
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  • Le ministre de la Justice à Arab News : L'État n'appartient pas à un groupe plutôt qu'à un autre ; nous corrigeons le tir
  • M. Nassar a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour limiter les armes au contrôle de l'État au cours de l'année qui a suivi l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

BEYROUTH : L'armée libanaise a mis en place mardi des points de contrôle sur l'autoroute menant de Beyrouth au sud du Liban, en particulier dans la région de Zahrani vers Nabatieh et Tyr, en application des récentes décisions du gouvernement d'interdire les activités militaires du Hezbollah.

Les points de contrôle militaires se sont concentrés sur les véhicules circulant vers le sud, ce qui est inhabituel puisque des dizaines de milliers d'habitants fuyaient simultanément dans la direction opposée, vers Beyrouth, après que l'armée israélienne a émis des avertissements d'évacuation aux civils dans des dizaines de villages au sud et au nord du fleuve Litani.

Sur les positions de l'armée, le personnel de sécurité a vérifié les documents d'identité, fouillé les véhicules à la recherche d'armes et interrogé les conducteurs sur l'objet de leur voyage vers le sud.

Ces mesures constituent un événement sans précédent au Liban au cours des quatre dernières décennies. Depuis la fin de la guerre civile, le Hezbollah a conservé son arsenal sous la bannière de la "résistance", contrairement aux autres milices qui ont désarmé en vertu de l'accord de Taëf de 1989 et des résolutions internationales ultérieures.

Une source judiciaire a déclaré à Arab News que les points de contrôle de l'armée libanaise sont chargés de rechercher les personnes portant des armes et lançant des roquettes, et d'arrêter tous les individus armés, mais a noté que "jusqu'à présent, personne n'a été arrêté".

Le ministre de la justice, Adel Nassar, a déclaré à Arab News : "Le gouvernement a été clair dans ses décisions et dans leur mise en œuvre à l'encontre de ceux qui violent la loi. Le Hezbollah est le produit de 40 ans d'accumulation, et aujourd'hui nous corrigeons le tir."

M. Nassar a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour limiter les armes au contrôle de l'État au cours de l'année qui a suivi l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

"Nous attendions une réponse de l'État, qui n'est pas au service d'un groupe au détriment d'un autre, mais qui est plutôt le gardien de tous les peuples. Des tentatives ont été faites pour favoriser l'engagement dans le projet de l'État au lieu de l'engagement avec des parties extérieures, et nous en sommes maintenant arrivés à ce point", a-t-il déclaré à Arab News.

Le Hezbollah a réagi aux décisions du gouvernement lundi soir en publiant une déclaration signée par le député Mohammad Raad, dont la mort lors d'une frappe israélienne à l'aube lundi avait fait l'objet de rumeurs, les qualifiant de "décisions contre les Libanais".

Après avoir rejeté ces décisions, le Hezbollah a lancé d'autres roquettes sur la Haute Galilée, revendiquant la responsabilité de ces tirs dans des déclarations publiées sous la bannière de la défense du sud.

Le groupe militant a accusé le gouvernement d'avoir été "incapable de prendre des décisions sur la guerre et la paix et de les imposer à l'ennemi qui viole la paix nationale et persiste dans sa guerre agressive contre le Liban et son peuple".

M. Nassar a réaffirmé que les mandats d'arrêt contre les auteurs des tirs de roquettes étaient entrés en vigueur et que des enquêtes étaient en cours.

"Il y a plus d'une affaire en cours pour identifier les responsables", a-t-il ajouté, refusant de divulguer des détails.

Mardi, le président Joseph Aoun a déclaré aux membres du comité du Quintet au palais présidentiel que la décision de réserver au seul État libanais l'autorité exclusive sur la guerre et la paix, et d'interdire toute activité militaire et de sécurité illégale en dehors de son autorité, "est une décision souveraine et irréversible".

Il a ajouté : "Le Cabinet a chargé l'armée et les forces de sécurité d'appliquer cette décision sur l'ensemble du territoire libanais, soulignant que l'État est le seul à avoir le droit de décider de la guerre et de la paix".

Une source officielle a déclaré à Arab News que le président et le premier ministre restaient en contact avec les dirigeants mondiaux et les principales parties prenantes, les exhortant à mettre fin à la guerre israélienne contre le Liban.

Selon le bureau des médias de la présidence libanaise, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé le "soutien indéfectible de son pays au Liban", notant que les décisions du cabinet renforcent la souveraineté de l'État libanais sur l'ensemble de son territoire et affirment sa seule autorité sur les armes.

Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu un appel du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, qui a réaffirmé le soutien de la Ligue aux décisions du gouvernement.

Mardi, l'armée libanaise s'est redéployée à partir de positions nouvellement établies le long de la ligne bleue vers ses bases principales dans les villages de la ligne de front, alors qu'Israël a déclaré vouloir créer une nouvelle zone tampon dans le sud du Liban.

Dans le même temps, la FINUL a annoncé le retrait de tout le personnel civil de son quartier général de Naqoura. Dans le même temps, les frappes aériennes israéliennes se sont intensifiées dans la banlieue sud de Beyrouth et au Sud-Liban, ciblant ce qu'Israël affirme être des réunions de dirigeants du Hezbollah.

Le chef de la communication et des médias des Forces libanaises, Charles Jabbour, a appelé à "une séparation claire entre la dimension politique et la dimension de terrain dans l'évaluation des développements de ces dernières 48 heures au Liban".

S'adressant à Arab News, il a déclaré que pour la première fois, l'État libanais avait pris des décisions qui ont effectivement démantelé l'aile militaire du Hezbollah, "ce qui signifie qu'il n'y a plus de soi-disant 'résistance' ou d'armes échappant à l'autorité de l'État".

Il a qualifié cette décision d'"historique et sans précédent", tout en soulignant que sa mise en œuvre prendrait du temps.

M. Jabbour a souligné qu'aucun parti ou force politique ne s'opposait à la décision du gouvernement contre le Hezbollah, y compris les plus proches alliés du groupe. "Des personnalités que le parti a soutenues pendant des années sont restées silencieuses et ont déclaré qu'il n'avait pas le droit d'entraîner le Liban dans un conflit.

Il a souligné que les autorités doivent disposer de suffisamment de temps, mais qu'en contrepartie, elles doivent rapidement mettre en œuvre les décisions qu'elles ont prises. "Je pense que le projet iranien et ses mandataires touchent à leur fin".

En revanche, Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a déclaré que l'escalade militaire du parti contre Israël découlait de ce qu'il a décrit comme une incapacité à continuer de tolérer "le meurtre de nos citoyens, la destruction des maisons de notre peuple et les accusations de faiblesse", alors que le gouvernement, a-t-il affirmé, continuait à faire des "concessions gratuites" à l'ennemi et à poursuivre une politique d'"étranglement".

Dans un discours adressé à la base de soutien du Hezbollah dans le Sud, il a déclaré que "la période de patience est terminée, ce qui ne nous laisse d'autre choix que de revenir à la résistance, même si cela signifie une guerre ouverte avec l'ennemi".

Les Nations unies ont estimé qu'au moins 30 000 personnes avaient été déplacées au Liban au cours des deux derniers jours à la suite des raids israéliens, mais aucun chiffre officiel n'a été publié par les ministères libanais de l'intérieur et des affaires sociales.


Les ambassades américaines au Moyen-Orient ferment alors que la guerre avec l’Iran s’intensifie

Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
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  • Des alertes de sécurité ont été émises à l’attention des citoyens américains, leur conseillant de quitter les lieux lorsque cela est possible

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les ambassades américaines à travers le Moyen-Orient sont passées en mode d’urgence, multipliant les alertes de sécurité, suspendant leurs services et appelant les ressortissants américains à prendre des précautions immédiates.

En Arabie saoudite, l’Ambassade des États-Unis à Riyad a fermé ses portes après que des drones iraniens ont frappé le complexe, provoquant des dégâts mineurs et un petit incendie. La mission a annulé tous les rendez-vous consulaires, qu’ils soient de routine ou d’urgence, et conseillé aux Américains à Riyad, Djeddah et Dhahran de rester confinés chez eux. Il leur a également été demandé d’éviter les abords de l’ambassade jusqu’à nouvel ordre.

Au Koweït, l’Ambassade des États-Unis à Koweït City a demandé à son personnel ainsi qu’aux citoyens américains présents dans le pays de rester à l’intérieur face à la menace persistante de missiles et de drones. L’ambassade a averti la population de ne pas s’approcher du complexe, de rester loin des fenêtres et de suivre les alertes officielles.

L’Ambassade des États-Unis à Bahreïn a également suspendu ses opérations normales. Les avis de sécurité invitent les personnes à se mettre à l’abri à l’intérieur et à faire preuve de vigilance, avertissant que des zones civiles pourraient être exposées au risque à mesure que les tensions régionales s’aggravent.

Au Qatar, qui abrite la grande base militaire américaine d’Al Udeid, l’Ambassade des États-Unis au Qatar a diffusé des consignes similaires, demandant aux Américains de rester confinés et de se préparer à d’éventuelles perturbations. L’alerte insiste sur la nécessité de demeurer dans des lieux sécurisés et de disposer de provisions essentielles.

En Jordanie, l’Ambassade des États-Unis en Jordanie a averti que des missiles, roquettes ou drones pourraient pénétrer l’espace aérien jordanien à mesure que le conflit évolue. Les citoyens américains ont été encouragés à rester vigilants et prêts à se mettre à l’abri en cas de sirènes ou d’alertes officielles.

En Israël, où les hostilités sont directement liées à la confrontation plus large avec l’Iran, l’Ambassade des États-Unis en Israël a recommandé aux Américains de revoir leurs plans de sécurité personnels. Elle a indiqué que sa capacité à faciliter les départs pourrait être limitée dans les conditions actuelles et a exhorté les citoyens à suivre attentivement les directives officielles.

Au-delà des alertes nationales, le Département d’État des États-Unis a élargi ses avis régionaux, appelant les Américains présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à envisager un départ en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com