De la protection à la discrimination

Les passagers déposent leurs effets personnels dans des poubelles avant de passer le contrôle de sécurité des passagers au terminal 8 de l'aéroport international John F. Kennedy le 22 octobre 2010. (Fichier/AFP)
Les passagers déposent leurs effets personnels dans des poubelles avant de passer le contrôle de sécurité des passagers au terminal 8 de l'aéroport international John F. Kennedy le 22 octobre 2010. (Fichier/AFP)
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Publié le Jeudi 09 septembre 2021

De la protection à la discrimination

Les passagers déposent leurs effets personnels dans des poubelles avant de passer le contrôle de sécurité des passagers au terminal 8 de l'aéroport international John F. Kennedy le 22 octobre 2010. (Fichier/AFP)
  • Les mesures de sécurité des compagnies aériennes ont changé la façon dont les gens prennent l’avion; mais, pour les Arabes et les musulmans, le profilage racial et religieux est devenu la norme
  • Une étude de  2017 montre que deux tiers des inspections de passagers dans un aéroport à leur entrée aux États-Unis concernent des personnes «non  blanches»

LONDRES: «Ce jour fut le plus horrible et le plus humiliant de ma vie», confie Issam Abdallah. En 2019, il avait pris place à bord d’un avion d'American Airlines qui devait relier l'Alabama au Texas, mais le vol fut annulé parce que les membres d'équipage se sentaient «mal à l'aise» en raison de sa présence dans l'avion. 

Une fois sorti de l'avion, Abdallah a été arrêté par un agent du FBI qui lui a posé des questions sur son nom et sur son métier. Lorsqu'il lui a demandé pourquoi il était interrogé, l'agent lui aurait dit que c'était parce qu'il «était allé aux toilettes et avait tiré la chasse d'eau à deux reprises». 

Vingt ans après les attentats du 11-Septembre, la façon dont les gens voyagent en avion a changé de manière irréversible. 

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Des agents de la TSA font une démonstration de la première unité de technologie d'imagerie avancée au poste de contrôle de sécurité des passagers du terminal 8 de l'aéroport international John F. Kennedy le 22 octobre 2010. (Fichier/AFP)

Pour la grande majorité d’entre eux, les mesures de sécurité mises en place dans les aéroports et à bord des avions au lendemain des attentats ont entraîné des désagréments mineurs: des scanners corporels ou une attente prolongée dans les files d'attente en raison d’un contrôle de sécurité. 

Les briquets étant interdits sur les vols commerciaux depuis 2005: il faut désormais attendre l'arrivée des bagages enregistrés avant de satisfaire son envie de fumer. Les cockpits des avions sont désormais verrouillés, de sorte qu'aucun passager ne peut accéder aux commandes. En outre, le personnel de cabine est formé pour protéger le cockpit si un pilote doit en sortir afin d'empêcher quiconque de tenter de détourner l'avion. 

D'autres mesures trouvent leur justification dans des complots terroristes déjoués. 

Les passagers aériens doivent désormais ôter leurs chaussures lors des contrôles de sécurité depuis la tentative du terroriste britannique Richard Reid de faire exploser des explosifs cachés dans ses chaussures sur le vol 63 d’American Airlines (Paris-Miami) au mois de décembre 2001, quelques mois seulement après le 11-Septembre. 

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Un agent de la Transportation Security Administration contrôle les passagers à l'aéroport de LaGuardia la veille de Thanksgiving, le jour de voyage le plus chargé du pays le 22 novembre 2017 à New York. (Fichier/AFP)

En outre, les voyageurs ne peuvent emporter avec eux que des flacons de liquide de 100 ml au maximum depuis que la police britannique a déjoué, en 2006, une attaque terroriste à grande échelle pour laquelle du matériel explosif avait été dissimulé dans des bouteilles de boissons gazeuses qui devaient exploser à bord de dix vols transatlantiques. 

En fonction de l'émergence de nouvelles menaces, la sécurité aérienne a évolué, s’est adaptée et a mis en œuvre des mesures qui sont devenues la norme. Elles font désormais partie du transport aérien moderne, tout en rendant les vols, disent ceux qui les approuvent, considérablement plus sûrs. 

Toutefois, pour les Arabes et les musulmans – comme Issam Abdallah et Abderraouf Alkhawaldeh, tous deux présents à bord de ce vol Birmingham-Dallas il y a deux ans –, un excès de zèle n’a cessé d’accompagner ces mesures. Depuis le 11-Septembre, ils ont ainsi dû faire face à des profilages basés sur leur religion ou leur origine ethnique, généralement déguisé en contrôles de sécurité «aléatoires». 

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Un homme et une femme se prennent en photo à l'aéroport John F. Kennedy (JFK) le 24 mars 2016 à New York. (Fichier/AFP)

L'histoire d'Abdallah n’est, dans ces vingt dernières années, qu’un incident parmi beaucoup d'autres qui impliquent des passagers qui ont la «mauvaise» couleur de peau, la «mauvaise» religion, qui parlent la «mauvaise» langue ou portent le «mauvais» nom. Cette façon de procéder remet en question le caractère prétendument aléatoire de ces contrôles. 

Faizah Shaheen, qui travaille comme spécialiste de la santé mentale au Royaume-Uni, a été exclue d'un vol en 2016 et on l’a interrogée – sur le chemin du retour en Grande-Bretagne après sa lune de miel – parce que le personnel de cabine l'avait aperçue en train de lire un livre sur la Syrie. 

Deux ans avant la mésaventure d'Abdallah, Hasan Aldewachi, un étudiant d'origine irakienne, a également été écarté d'un vol, qui reliait Vienne et l'aéroport de Londres-Gatwick, parce qu'un autre passager avait lu un SMS qu'il envoyait à sa femme. Le message l'avertissait simplement que, le vol étant retardé, il rentrerait un peu plus tard à la maison. Le problème? Le message était écrit en arabe. 

Et la liste ne s’arrête pas là. 

attaques islamiques

Vingt ans après le 11-Septembre, une partie des passagers, dont certains sont nés et ont grandi dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, sont toujours victimes d’un phénomène que les experts résument en ces termes: «prendre l’avion lorsqu’on est musulman». 

Cela implique le profilage racial des musulmans ou de personnes considérées comme «d'apparence musulmane» dans les aéroports ou à bord des avions. Ces personnes font instantanément l’objet de suspicion alors qu’elles se livrent des activités absolument normales et banales: parler arabe, lire les informations sur leur téléphone – y compris lorsqu’elles ne font rien de particulier, mais que, simplement, elles «ont l'air» musulman ou sont d'origine moyen-orientale. 

Cette stigmatisation, qui commence dès l’instant où ces personnes entrent dans les aéroports, a contribué au fait que certains musulmans ont décidé de ne pas voyager en avion, selon l'entrepreneur Soumaya Hamdi. Ce dernier a créé le Halal Travel Guide («Guide de voyage hallal»), qui organise des circuits de vacances spécialement conçus pour les touristes musulmans après avoir constaté qu'ils étaient mal traités par l'industrie du voyage. 

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Une agente de la Transportation Security Administration (TSA) contrôle les bagages à l'aéroport de LaGuardia (LGA) le 26 septembre 2017 à New York. (Fichier/AFP)

«C'est tout simplement routinier, comme une sorte de blague. Vous vous demandez: “Est-ce que je vais me faire arrêter aujourd'hui?” Et, neuf fois sur dix, cela arrive», déclare Hamdi, qui a elle-même souvent été interpellée dans les aéroports britanniques. 

«Je comprends que ce soit vraiment important pour les gens de se sentir en sécurité et je pense que beaucoup de voyageurs musulmans et arabes apprécient cela également; c’est pourquoi je pense que nous sommes prêts à subir la mascarade de ces contrôles de sécurité.» 

«Dans certains pays européens, comme la France, si vous êtes visiblement un homme ou une femme de religion musulmane – et, généralement, ce sont les femmes qui souffrent le plus de cela –, le sentiment que vous n’êtes pas le bienvenu est fréquent.» 

Hamdi ajoute: «Le discours culturel du 11-Septembre, comme les films qui sont sortis sur ce sujet, n'a pas aidé. Cela a profondément contribué aux stéréotypes qui s’attachent aux musulmans et cela a conditionné les réflexes de beaucoup de voyageurs musulmans, qui ont commencé à se limiter aux destinations avec lesquelles ils se sentaient à l'aise.» 

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Des soldats de l'armée américaine patrouillent le long d'un hall dans la zone des départs de l'aéroport de LaGuardia (LGA), le 30 juin 2016 dans le quartier Queens de New York. (Fichier/AFP)

Depuis le 11-Septembre, les conséquences de cette approche sécuritaire fondée sur la méfiance se font ressentir à titre individuel pour des voyageurs comme Abdallah, Shaheen et Aldewachi; mais, parfois, elles touchent des millions de musulmans du monde entier d'un seul coup avec la mise en place de certaines politiques, comme la prétendue interdiction pour les musulmans de voyager ordonnée en 2017 par le président américain de l'époque, Donald Trump. 

Une étude publiée la même année par Uzma Jamil, conseillère principale en recherche sur l'équité à l'université McGill, au Canada, conclut que ces mesures de sécurité, ainsi que l'inclusion arbitraire de milliers de musulmans sur des listes d'interdiction de vol, font partie d'un processus en cours qu’elle décrit comme la «sécurisation des musulmans». Selon elle, elles ont pour but, depuis 2001, de présenter l'islam comme une menace pour l'Occident. 

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Des soldats américains montent la garde près d'une ligne de sécurité à l'aéroport John F. Kennedy (JFK) le 24 mars 2016 à New York. (Fichier/AFP)

«La liste d'interdiction de vol contribue à l'islamophobie en stigmatisant de manière disproportionnée les passagers musulmans ou d'apparence musulmane en tant que membres d'une communauté suspecte», écrit-elle. 

«Les informations recueillies par l'État, qui incluent la “liste d'interdiction de vol”, sont utilisées pour confirmer la “notion” de communauté suspecte.» 

«Savoir qui sont les musulmans, ce qu'ils font, d'où ils viennent et où ils vont, uniquement parce qu'ils sont musulmans, facilite leur profilage racial et religieux et contribue à l'institutionnalisation de l'islamophobie», ajoute-t-elle. 

Hamdi a le même sentiment. «Je ne sais pas si quelque chose est fait pour freiner le profilage. Je dirais qu'il y a en réalité un effort concerté pour l'intégrer dans la politique depuis une vingtaine d'années», déplore-t-elle. 

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Des gens attendent dans une file de sécurité à l'aéroport John F. Kennedy (JFK) le 24 mars 2016 à New York. (Fichier/AFP)

 

«C’est l’une des choses qui me dissuade d’aller aux États-Unis. Les gens inscrits sur des listes d'interdiction de voyage partagent un lien ethnique ou religieux, et pas du tout un lien avéré avec le terrorisme.» 

Les statistiques semblent confirmer leurs conclusions. Une étude américaine de 2017 montre en effet que les deux tiers de toutes les inspections de passagers dans un aéroport à l'entrée du pays concernent des personnes «non blanches», et 97% des personnes qui sont sélectionnées pour faire l’objet de fouilles physiques et de palpations sont totalement innocentes. 

Les chiffres publiés la même année par le ministère de l'Intérieur britannique montrent que 88% des personnes détenues dans les ports d'entrée britanniques n'étaient pas non plus de couleur de peau blanche. Le fait que seulement 0,02% des personnes arrêtées pour interrogatoire aient été inculpées d'une infraction révèle toute l'ampleur du problème. 

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Tommy Karathomas, un agent de la Transportation Security Administration K9, et son chien détecteur d'explosifs Buddy effectuent une démonstration à l'aéroport de LaGuardia le 20 janvier 2016. (Fichier/AFP)

Le 11 septembre 2001 a sans aucun doute changé le monde à bien des égards, et les voyages en avion ne seront plus jamais les mêmes pour personne. La crainte d’attaques terroristes dans les aéroports ou à bord des avions fait que des mesures de sécurité strictes – et, pour les musulmans, souvent intrusives – sont considérées comme indispensables pour la sécurité. 

Cependant, deux décennies après les attentats, une triste réalité persiste: du jour au lendemain, les atrocités ont fait de gens ordinaires des boucs émissaires et des suspects qui, en faisant quelque chose d'aussi banal que de voyager en avion ou de partir à l'étranger, suscitent soudain des soupçons et de la paranoïa. 

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Poutine en visite pour la première fois aux îles Kouriles, disputées avec le Japon

Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel. (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel. (AFP)
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  • Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi où il a visité un hôpital, le président russe s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par Moscou
  • Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel.

Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de ces îles, considérées par Tokyo comme occupées par l'Union soviétique depuis 1945.

Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi où il a visité un hôpital, le président russe s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par Moscou.

Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école.

A Sakhaline, Vladimir Poutine avait présidé une réunion "sur la garantie de la sécurité des frontières orientales de la Russie", selon l'agence de presse RIA Novosti.

Tokyo n'a pas tardé à réagir à ce déplacement par l'intermédiaire du ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi.

"Les Territoires du Nord constituent une partie inhérente du territoire du Japon, tant sur le plan historique qu'au regard du droit international, et le gouvernement du Japon proteste vigoureusement contre cette visite", a déclaré M. Motegi dans un communiqué, utilisant l'appellation japonaise de ces îles.

Après l'offensive russe en Ukraine en février 2022, le Japon avait durci le ton et considéré, pour la première fois depuis 2003, que les îles Kouriles, au nord de l'archipel, étaient "occupées illégalement" par la Russie. Depuis 2003, la diplomatie nippone évitait de parler d'occupation.

"Le Japon a identifié la Russie comme l'une des principales sources de menace. Je tiens à souligner que nous ne menaçons pas le Japon (...) Au contraire, c'est lui qui a des revendications territoriales contre notre pays", a déclaré M. Poutine mercredi.

La Russie et la Chine se sont récemment rapprochées, leurs marines et leurs forces aériennes menant des exercices conjoints dans des zones proches du Japon, ce qui conduit les avions japonais à décoller en alerte des centaines de fois par an.

De son côté, la Corée du Nord, qui a qualifié ce mois-ci le renforcement militaire du Japon de "transformation en État de guerre", a également envoyé des troupes et des obus d'artillerie pour soutenir l'effort de guerre russe en Ukraine.

Début août, le Japon a souligné à nouveau les risques croissants représentés par ces trois pays dans son dernier livre blanc de la défense.

Le New York Times a également rapporté en juillet que la Russie avait fait du Japon un "nid d'espions" et une source clé de technologies à double usage nécessaires à son effort de guerre en Ukraine.

L'Union soviétique avait pris possession de l'archipel volcanique stratégique des Kouriles situé au nord de l'île nippone d'Hokkaido dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale et y maintient depuis lors une présence militaire.

En 2010, le président russe de l'époque, Dmitri Medvedev, était devenu le premier dirigeant russe à se rendre sur ce territoire, suscitant la colère de Tokyo. Il y est également retourné en 2019 en tant que Premier ministre.

L'Union soviétique n'avait déclaré la guerre au Japon que le 8 août 1945, après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima et six jours avant la fin du conflit.

Les noms des îles concernées sont similaires dans les deux pays : Kounachir, Habomai, Chikotan et Itouroup en russe ; en japonais, elles sont connues sous les noms de Kunashiri, Habomai, Shikotan et Etorofu.

Leur population, composée d'environ 20.000 citoyens russes, vit dans un climat rigoureux, mais les îles possèdent des gisements minéraux, notamment d'or et d'argent, ainsi que des zones de pêche riches.

Après l'occupation des îles en 1945, Moscou a expulsé leur population japonaise d'environ 17.000 personnes.

Par la suite, les îles ont acquis une importance stratégique, servant de bases aériennes et navales durant la Guerre froide, lorsque l'Union soviétique était confrontée aux Etats-Unis et à leur plus proche allié dans le Pacifique, le Japon.

 


Le renseignement américain sceptique face à la menace iranienne visant Trump en Turquie, selon le Washington Post

La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président Donald Trump voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article publié par le Washington Post. (Photo d’archives AFP)
La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président Donald Trump voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article publié par le Washington Post. (Photo d’archives AFP)
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  • Des analystes de la CIA auraient jugé peu convaincantes les informations israéliennes faisant état d’une menace d’assassinat iranienne contre Donald Trump en Turquie
  • Malgré ces réserves, les autorités américaines ont renforcé les mesures de sécurité et fait voyager Trump à bord d’un autre avion militaire avant son retour aux États-Unis

DUBAÏ : Des responsables du renseignement américain se sont montrés sceptiques face à une menace d’assassinat présumée de l’Iran contre le président Donald Trump lors de son déplacement en Turquie pour le sommet de l’OTAN, ce qui a conduit à la mise en place d’un plan secret visant à le faire quitter le pays à bord d’un autre avion militaire.

La menace d’assassinat avait été transmise par le gouvernement israélien à la CIA. Les analystes de l’agence n’ont pas jugé ces renseignements suffisamment convaincants et ont fait part de leur scepticisme à des responsables de l’administration Trump, a rapporté le Washington Post, citant des responsables américains actuels et anciens familiers du dossier.

Un autre responsable a qualifié les informations faisant état de menaces contre la vie de Trump de « provenant d’Israël, et non des États-Unis, et considérées comme peu fiables », a ajouté le Washington Post.

La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président républicain voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article du Washington Post. Mais Trump a secrètement quitté cet appareil et a été transporté dans un véhicule de service aéroportuaire jusqu’à un troisième avion, un Air Force C-32A, qui l’a conduit, avec quelques proches collaborateurs, jusqu’au Royaume-Uni.

« Comme l’a déclaré le président, il a fait face à de nombreuses menaces contre sa vie, notamment en provenance d’Iran, et toutes les mesures nécessaires sont prises pour assurer sa sécurité », a déclaré un responsable américain dans un communiqué. Comme d’autres responsables cités dans cet article, il s’est exprimé sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du dossier. « La mission principale des services secrets américains est de protéger le président, ce qu’ils ont fait. »

Des responsables du renseignement avaient exprimé des inquiétudes concernant une éventuelle attaque contre le président ou son avion, entraînant des mesures de précaution supplémentaires et la décision de ne pas utiliser, pour la première partie du trajet de retour de Trump depuis Ankara, le nouvel avion offert au président par le Qatar.

Après une brève visite à la base de Mildenhall, Trump est monté à bord du nouvel Air Force One pour poursuivre son voyage jusqu’à Washington.

Lors d’un échange avec les journalistes à bord de l’appareil, Trump a été directement interrogé sur l’existence de menaces crédibles de la part de l’Iran contre Air Force One.

« Eh bien, je suis constamment menacé. Je suis leur numéro un sur la liste, avant vous », a répondu Trump. Il a ajouté à l’intention des journalistes qui l’accompagnaient : « Mais si je pars, vous partez aussi. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Deux minutes de nuit en plein jour: une partie de l'Europe va vivre une éclipse solaire totale

Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour. (AFP)
Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour. (AFP)
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  • L'alignement parfait du soleil et de la lune plonge le monde dans une inquiétante obscurité violacée, les températures flanchent. Désorientés, les animaux adoptent un comportement inhabituel
  • Mais le spectacle sera fugace: la durée de l'éclipse en phase de totalité, soit quand la lune couvrira entièrement le soleil, durera un peu moins de deux minutes en Espagne

BURGOS: Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour.

Ce phénomène astronomique rare, le premier du genre en Europe depuis 2006, démarrera en Russie autour de 17H00 GMT, puis traversera l'hémisphère Nord et passera au-dessus du Groenland avant de traverser l'océan Atlantique.

En plus d'une partie de l'Islande, l'éclipse sera surtout totale dans une bande traversant l'Espagne, d'Oviedo à Palma de Majorque en passant par Burgos, au nord de Madrid, avant de disparaître vers 18H30 GMT.

Au-delà de cette bande, elle sera seulement partielle, ce qui sera le cas pour la France, mais aussi au Canada, dans le nord de l'Afrique de l'Ouest et des Etats-Unis.

L'alignement parfait du soleil et de la lune plonge le monde dans une inquiétante obscurité violacée, les températures flanchent. Désorientés, les animaux adoptent un comportement inhabituel.

Mais le spectacle sera fugace: la durée de l'éclipse en phase de totalité, soit quand la lune couvrira entièrement le soleil, durera un peu moins de deux minutes en Espagne.

Dans son ensemble il sera toutefois beaucoup plus long, aux environs de deux heures. Car il va commencer par une éclipse partielle, avant l'éclipse totale donc, puis de nouveau une éclipse partielle.

Ciel dégagé attendu 

Le phénomène doit permettre aux scientifiques d'étudier l'atmosphère du soleil et sa couche la plus externe, dans l'espoir de percer les secrets des vents solaires et du champ magnétique de notre étoile.

Ces derniers jours, un engouement considérable s'est emparé de l'Espagne à l'approche de l'événement, les derniers retardataires ayant du mal par endroits à se procurer les fameuses lunettes de protection certifiées permettant d'observer le soleil en toute sécurité.

"Je cherche depuis vendredi, mais je n'en trouve nulle part", se désole Mabel, une habitante de Barcelone, auprès de l'AFP

"Elles ne sont plus disponibles sur Amazon non plus, donc c'est impossible", poursuit-elle, dépitée.

A coup sûr, les chasseurs d'éclipse, ces inconditionnels qui se préparent depuis des mois, se précipiteront pour bénéficier de la meilleure vue possible.

Pour leur plus grand bonheur, et celui des amateurs intrigués, le ciel sera dégagé dans la soirée mercredi en Espagne, à quelques rares exceptions dans le nord et l'est du pays, a annoncé mardi l'agence météorologique nationale (Aemet).

L'Espagne, deuxième destination touristique mondiale, s'attend aussi à ce que l'éclipse donne un coup de pouce à son économie, en pleine période estivale, en particulier dans les régions rurales du Nord qui subissent depuis des décennies les effets du déclin démographique.

La contribution nette à l'économie est estimée à 347 millions d'euros, avec près de 450.000 touristes supplémentaires attendus dans les zones clés concernées par l'éclipse, selon le ministère de l'Économie à Madrid.

Afflux important de touristes 

Mais la perspective d'un afflux important de touristes étrangers suscite également l'inquiétude des autorités, peu habituées, qui appellent à la prudence.

En pleine vague de chaleur, les températures devraient dépasser les 35°C dans la majeure partie de l'Espagne et celles-ci pourraient grimper au‑dessus de 40°C dans certaines zones du nord‑est, faisant peser un risque sur la santé de ceux qui resteront plusieurs heures en plein air dans l'attente de l'éclipse.

L'Aemet a par ailleurs évoqué un risque d'incendie "très élevé" ou "extrême", au cœur d'un été marqué par des feux de forêt dévastateurs, un danger amplifié selon les experts par la présence annoncée de centaines de milliers de personnes dans des zones très arides et encombrant les petites routes de campagne avec leurs véhicules.

Jusqu'à 1,5 million de trajets routiers supplémentaires vers la bande de totalité sont attendus par les autorités.

Afin d'éviter des embouteillages massifs et tout autre trouble à l'ordre public, plusieurs régions et communes ont mis en place des points d'observation dédiés, tout en renforçant les effectifs de sécurité et de services de secours pour ce qui sera la première éclipse totale en Espagne continentale depuis plus d'un siècle.

Deux autres éclipses solaires seront cependant visibles dans d'autres régions de l'Espagne dans les deux prochaines années, l'extrême sud le 2 août 2027, puis dans une bonne partie sud du pays le 26 janvier 2028.