A Strasbourg, la chasse au moustique-tigre tourne à plein régime

Le moustique-tigre connaît son pic d'activité en août et septembre, plus tardivement que le moustique autochtone. (AFP)
Le moustique-tigre connaît son pic d'activité en août et septembre, plus tardivement que le moustique autochtone. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 25 août 2021

A Strasbourg, la chasse au moustique-tigre tourne à plein régime

  • «Avec un repas sanguin, un moustique-tigre peut pondre jusqu'à 200 oeufs», qui, une fois immergés, donneront des larves et une semaine plus tard environ des moustiques
  • Les pluies abondantes ont fait pulluler le moustique dit «autochtone», mais aussi le moustique-tigre, reconnaissable à ses fines rayures blanches

STRASBOURG: Petit, discret et citadin, il est aussi assoiffé de sang et vecteur potentiel de maladies graves: à Strasbourg, où le moustique-tigre prolifère, la chasse aux eaux stagnantes bat son plein dans les jardins.


"Ma femme ne vient plus à cause de cela", indique José Sampaio à l'entrée du vaste jardin familial qu'il loue. Cet été, les séjours dans les espaces verts se terminent bien souvent par un concert de claques en l'air et des séances de grattage.


Les pluies abondantes ont fait pulluler le moustique dit "autochtone", mais aussi le moustique-tigre, Aedes albopictus, reconnaissable à ses fines rayures blanches.


"Il y en a plus que d'habitude", confirme Jean-Pierre Danard, le trésorier de l'association des jardins ouvriers de Schiltigheim qui fait pousser de la citronnelle, réputée répulsive, dans son potager de cette commune limitrophe de Strasbourg.


Armés d'un rouleau de moustiquaire, d'une longue louche pour vérifier la présence de larves et de dépliants, Christelle Bender et Alexis Bergeron du syndicat de lutte contre les moustiques du Bas-Rhin (SLM67), opérateur public du département, arpentent les allées des milliers de jardins familiaux que compte Strasbourg pour sensibiliser les jardiniers amateurs aux risques que font peser les moustiques-tigres.


Moustique urbain 
"100% urbain", Aedes albopictus se développe à 80% chez les particuliers et s'avère d'autant plus nuisible qu'il pique en permanence dans la journée et peut transmettre des maladies virales comme la dengue, le chikungunya ou zika s'il a précédemment piqué un malade.


"Absolument tout ce qui peut retenir de l'eau et qui est artificiel peut constituer un gîte larvaire", explique Christelle Bender, responsable technique du SLM67, qui conseille de vider tout objet où de l'eau de pluie pourrait stagner, ne serait-ce qu'un petit cendrier. 


La moustiquaire sur le fût de récupération d'eau de pluie de José Sampaio a été renouvelée et s'avère bien ajustée. Mais dans la parcelle d'à côté, une piscine gonflable jouxte un fût percé, un empilement de coupelles et un arrosoir au sol. Un paradis pour moustique-tigre en somme.


"Avec un repas sanguin, un moustique-tigre peut pondre jusqu'à 200 oeufs", qui, une fois immergés, donneront des larves et une semaine plus tard environ des moustiques, détaille Alexis Bergeron, technicien du SLM67.


Plus petit et plus discret que le moustique commun qui pique le soir et vrombit, le moustique-tigre a été repéré pour la première fois en France métropolitaine en 2004 dans les Alpes-Maritimes avant de s'étendre progressivement à une soixantaine de départements.


Dans le Bas-Rhin, il a fait son apparition en 2015. Depuis "la zone de colonisation double d'année en année", relate Christelle Bender.


"Une fois qu'il est installé quelque part, il reste, donc l'objectif est de faire diminuer la population. Le citoyen a un rôle prépondérant dans la lutte contre le moustique-tigre", souligne-t-elle. D'où l'importance de ces actions prévention même en cette fin d'été, car le moustique-tigre connaît son pic d'activité en août et septembre, plus tardivement que le moustique autochtone.

Maladies 
Dans le Var, deux cas de dengue "autochtones" chez des personnes n'ayant pas voyagé ont été détectés ces derniers temps.


Rien de tel dans le Grand Est, où seuls le Bas-Rhin et le Haut-Rhin sont colonisés, précise l'Agence régionale de santé (ARS). Mais cinq cas "importés" de personnes ayant voyagé ont été signalés cette année en Alsace, ce qui a nécessité deux opérations de démoustication en urgence. Il s'agissait de parer tout risque de transmission à d'autres personnes "quand le malade se trouve dans une zone infestée par le moustique-tigre".


Dans les deux cas, un insecticide, la deltaméthrine, a été pulvérisé de nuit dans les communes concernées après en avoir informé les riverains.


(La présence du moustique-tigre peut être signalée sur le site www.signalement-moustique.fr)


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
Short Url
  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
Short Url
  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».