La première femme pilote afghane est inquiète pour l’avenir de son pays

Niloofar Rahmani, la première femme pilote afghane. (Photo fournie)
Niloofar Rahmani, la première femme pilote afghane. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 20 août 2021

La première femme pilote afghane est inquiète pour l’avenir de son pays

  • «Nous sommes au XXIe siècle. Pourquoi, nous les femmes, devrions être abandonnées de la sorte? Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de nous exprimer?»
  • Seul l’avenir dira si le nouveau régime taliban sera aussi répressif que par le passé ou s’il a décidé de tourner la page et de respecter les droits des femmes et les droits des Occidentaux

Niloofar Rahmani, première femme pilote afghane, se montre très inquiète quant à la prise de pouvoir soudaine des talibans en Afghanistan. Jadis, ils avaient gouverné avec beaucoup de brutalité, opprimé les femmes et servi de refuge au terrorisme d’Al-Qaïda contre les États-Unis.

Mercredi, Rahmani a rencontré le correspondant d’Arab News Afghanistan Baker Atyani pour discuter du futur incertain du pays, maintenant que les talibans se sont emparés du pouvoir après le retrait total des troupes occidentales, notamment américaines.

Rahmani et Atyani estiment tous deux que seul l’avenir dira si le nouveau régime taliban appliquera la même répression que par le passé ou s’il a décidé de tourner la page et de respecter les droits recouvrés par les femmes et les Occidentaux après que ses militants ont été chassés du pays à la suite des attaques terroristes du 11-Septembre.

«Ce serait un mensonge de dire que nous allons dans la bonne direction. Petite, j’ai grandi sous le régime des talibans, avant 2001. J’ai vu de mes propres yeux tout ce qu’on a retiré comme droits aux femmes. Cette situation a toujours été mon pire cauchemar», se souvient Rahmani.

«En grandissant, je voulais faire quelque chose pour mon pays, donner la parole aux femmes et les aider à faire entendre leur voix. Pendant combien de temps encore? Nous sommes au XXIe siècle. Pourquoi devrions-nous être abandonnées de la sorte? Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de nous exprimer? Certes, ça n’a jamais été facile pour moi d’être un symbole de liberté pour les femmes afghanes, de faire ce que je fais, de porter l’uniforme et de piloter des avions. J’ai dû surmonter de nombreux obstacles pour trouver mes marques», dit-elle.

«Pour être honnête, j’ai très peur pour la liberté des femmes et les droits qui leur ont été octroyés au cours des vingt dernières années. En vingt ans, les petites filles ont grandi, elles ont découvert ce qu’est la liberté d’aller à l’école et de poursuivre des études. Elles ont appris à suivre leurs rêves parce que rien ne pouvait entraver leur chemin. Maintenant, je le dit ouvertement, c’est une époque révolue.»

Selon Atyani, la question que tout le monde se pose concerne le régime taliban, qui a rapidement pris le contrôle de l’Afghanistan au moment où les forces américaines se sont définitivement retirées et que les anciens dirigeants afghans se sont enfuis.

«Le principal défi auquel le monde est confronté est de savoir si les talibans joindront les actes à la parole. Respecteront-ils vraiment les droits humains? Préserveront-ils vraiment les acquis des vingt dernières années, notamment en ce qui concerne les femmes et la liberté d’expression?», s’interroge Atyani.

«Les signaux que les talibans donnent depuis qu’ils se sont emparés de Kaboul ne laissent présager rien de mauvais pour le moment, mais attendons de voir s’ils incluront toutes les factions afghanes dans le gouvernement intérimaire ou autre configuration politique en Afghanistan.» 

Lundi, les talibans ont déclaré la fin d’une guerre de vingt ans qui a commencé lorsque des terroristes d’Al-Qaïda ont détourné, le 11 septembre 2001, quatre avions de ligne américains pour percuter les tours jumelles du World Trade Center et le Pentagone, siège de la puissance militaire américaine. Les talibans avaient alors offert l’asile à Al-Qaïda et à son chef, Oussama ben Laden, tué lors d’un raid des forces spéciales américaines le 2 mai 2011.

Bien qu’il y ait eu de nombreux morts, la plupart sont le résultat de la panique des citoyens afghans face au retour des talibans. Un grand nombre de personnes ont perdu la vie piétinées par des foules affolées tentant de fuir le pays depuis l’aéroport de Kaboul. D’autres ont péri en s’accrochant à des avions en partance.

Le président afghan Ashraf Ghani a quitté le pays dimanche avant que les militants islamistes ne prennent d’assaut la capitale et la plupart des grandes villes, sans rencontrer de résistance ou d’opposition.

Rahmani, qui a fui le pays après avoir été menacée par ceux qu’elle nomme «dirigeants du gouvernement afghan», affirme que ses amis et les membres de sa famille qui sont restés au pays ont été témoins d’une vague de brutalité à laquelle on a accordé très peu d’attention au milieu des événements tumultueux et déroutants.

«Je ne sais pas comment, maintenant, tout peut sembler normal à Kaboul aux yeux du monde. Ce n’est pas ce que ma famille ou mes amis en Afghanistan me disent. Je reçois leurs messages et leurs coups de fil. Ils crient, ils pleurent, ils appellent à l’aide. Ils me supplient de les aider. Ils disent qu’ils vont mourir», s’indigne-t-elle.

Atyani comprend les préoccupations de Rahmani et ses expériences.

«Certes, on espère que tout ira pour le mieux. Mais je sais de quoi parle Niloofar. C’est un sentiment que ressentent toutes les femmes afghanes, mais également les hommes à Kaboul et même dans les régions situées dans le nord du pays», explique-t-il.

«C’est parce qu’ils ont déjà vécu sous le règne des talibans de 1996 à 2001. On ne peut pas leur en vouloir. Cependant, je pense que les talibans ont gagné en maturité sur le plan politique. Je pense qu’ils ont besoin d’un soutien international. Ils ne veulent pas vivre isolés. Oui, ils ont changé. Mais ont-ils changé au point de respecter les droits de l’homme et du citoyen? Là est toute la question.»

Atyani note que les États-Unis se sont retirés d’Afghanistan avec la conviction que les talibans «tiendront leurs promesses», malgré quelques «craintes légitimes».

De nombreuses grandes villes afghanes «sont tombées entre les mains des talibans en quelques heures» et «l’armée que les États-Unis ont financée a disparu en quelques semaines à peine», ajoute-t-il.

Les États-Unis ont investi plus de mille milliards de dollars américains (plus de 850 milliards d’euros), souligne Atyani, et dépensé plus de quarante milliards de dollars chaque année pour financer les infrastructures de l’armée, appliquer la loi et former le gouvernement, qui s’est effondré en moins de vingt-quatre heures.

«Les talibans ont promis aux États-Unis qu’ils n’utiliseraient pas le territoire afghan comme terrain de guerre contre un autre pays. Ils ne permettront pas aux groupes militants de lancer des offensives contre les États-Unis ou tout autre pays du monde à partir de l’Afghanistan. C’est ce que les États-Unis ont pu obtenir des talibans au cours des vingt dernières années», poursuit Atyani.

«Les talibans imposeront leur propre manière de gouverner le pays. Ils répondront aux préoccupations américaines. Or je ne pense pas que les droits de l’homme ou les questions liées aux femmes soient aussi urgentes pour les États-Unis ou la communauté internationale. On pourrait très prochainement avoir une autre Corée du Nord, voire un autre Iran ou Myanmar en Afghanistan.»

Rahmani, qui a coécrit un livre intitulé Open Skies: My Life as Afghanistan’s First Female Pilot avec l’écrivain Adam Sikes, se fait du souci pour l’avenir de son pays.

«Ça va de mal en pis. Je suis une femme afghane qui a grandi pendant ces vingt ans de liberté. Je pouvais faire ce que je voulais et exprimer mon point de vue. Honnêtement, jamais je n’aurais pensé que cette époque prendrait fin», précise Rahmani.

«Cette situation est effrayante. Je ne pensais pas que ce serait possible. Je me mets à la place de ces jeunes filles qui sont en état de choc avec tout ce qui arrive. Comment puis-je être optimiste? Mon cœur ne me le permet pas.»

Rahmani et Atyani ont pris la parole durant l’émission The Ray Hanania Radio Show, diffusée le mercredi 18 août en direct sur le réseau de radio arabe américain, la radio WNZK AM 690 à Detroit et WDMV AM 700 à Washington D.C. Sponsorisée par Arab News, l’émission de radio est rediffusée en vidéo sur Facebook.com/ArabNews.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le sommet de l'Otan vante des contrats d'armement, tente d'apaiser Trump

Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
  • L'Otan a annoncé plus de 50 milliards de dollars de contrats d'armement pour renforcer les capacités de défense des alliés et répondre aux attentes des États-Unis
  • Les alliés européens réaffirment leur soutien à l'Ukraine avec une nouvelle aide militaire, tout en cherchant à convaincre Donald Trump de leur engagement en matière de défense

ANKARA: Le chef de l'Otan a annoncé mardi plusieurs contrats d'armement, dans l'espoir de convaincre Donald Trump du sérieux des Européens à renforcer leurs capacités de défense, au premier jour d'un sommet de l'Alliance à Ankara.

Attendu mardi après-midi dans la capitale turque, le président américain ne décolère pas contre ses alliés européens qu'il accuse de l'avoir laissé tomber dans la guerre que les Etats-Unis ont déclenchée avec Israël contre l'Iran.

Des pays membres de l'Otan et "des entreprises des deux côtés de l'Atlantique vont (...) signer des contrats qui se chiffrent en milliards, littéralement des milliards de dollars", a lancé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.

Selon un diplomate de l'Alliance, la valeur totale de ces contrats dépasse les 50 milliards de dollars.

Un gros contrat a ainsi été confirmé avec la firme suédoise Saab pour remplacer la flotte des avions de reconnaissance Awacs, fabriqués par l'avionneur américain Boeing, dont dispose actuellement l'Otan.

Il s'agit d'une commande de dix appareils Global Eye, dont le montant n'a pas été révélé. Le remplacement de la flotte d'Awacs avait été annoncé par l'Otan en novembre 2023, et Saab était pressenti pour remporter ce contrat, après le retrait de Boeing.

Le groupe Airbus a de son côté décroché un contrat pour fournir un dixième A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un avion militaire de transport et de ravitaillement, à la flotte de l'Otan.

Le patron de l'Alliance a fait cette annonce devant un parterre d'industriels et de responsables de l'Otan. Réunis dans la capitale turque à l'occasion d'un Forum sur l'industrie de défense, ils entendent ainsi démontrer l'engagement des alliés européens à développer leurs capacités de défense, comme le réclament les Etats-Unis de Donald Trump.

- Au moins 5% -

La gestion de Donald Trump "consume beaucoup d'énergie" au sein de l'Otan, reconnaît un diplomate à Bruxelles.

Les Européens ont lancé une grande opération séduction, un exercice dans lequel Mark Rutte est passé maître, depuis qu'il a été appelé en 2024 à la tête de cette organisation.

L'an dernier, le président américain avait obtenu des Européens et du Canada qu'ils s'engagent à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur sécurité.

Beaucoup sont encore loin d'atteindre un tel pourcentage mais Mark Rutte ne désespère pas de convaincre Donald Trump que le mouvement est lancé.

En 2025, "les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20% de plus pour leur défense que l'année précédente. Si l'on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d'investissements supplémentaires", a-t-il souligné.

Maintenant, "il faut mettre cet argent au service de notre défense", a-t-il ajouté. "Cela signifie faire de l'innovation une priorité absolue, surmonter la fragmentation des industries nationales de défense et réduire les lourdeurs administratives".

Et l'exemple vient d'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky est attendu mardi à Ankara, où il doit rencontrer, entre autres, Mark Rutte et l'hôte de ce sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président Zelensky qui s'est entretenu au téléphone ce week-end avec Donald Trump, doit le rencontrer dans la capitale turque.

L'industrie ukrainienne de défense a gagné une expertise et un savoir-faire, notamment en matière de drones, dont les Européens veulent s'inspirer.

A Ankara, les alliés européens de l'Ukraine entendent aussi lui réaffirmer leur soutien.

Avec le Canada, mais sans les Etats-Unis, ils vont s'engager à apporter une aide militaire à Kiev de 40 milliards d'euros en 2026 et au moins autant en 2027, selon des diplomates. Cette somme viendra s'ajouter aux 30 milliards d'euros d'aide militaire que l'Union européenne a promis de son côté, en 2026 comme en 2027, sous forme de prêts.

Les Européens espèrent également confirmer la dynamique favorable à l'Ukraine obtenue au sommet du G7 à Evian, en France, à la mi-juin.

Ils comptent aussi sur M. Erdogan pour contenir un éventuel accès de colère de la part du locataire de la Maison Blanche. L'excellente relation entre les deux hommes est la meilleure chance de succès de ce sommet, selon un diplomate à l'Otan.


Bombardements russes sur Kiev: Zelensky exhorte à prendre des «décisions fermes» au sommet de l'Otan

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts. (AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts. (AFP)
  • "Il est crucial que le monde - en premier lieu les Etats-Unis et nos partenaires européens - ressortent du sommet de l'Otan à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne et donc de la protection de la vie des gens ordinaires"
  • Dans la capitale, au moins neuf personnes ont été tuées et 46 blessées, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration militaire de Kiev, Tymour Tkatchenko

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts.

"Il est crucial que le monde - en premier lieu les Etats-Unis et nos partenaires européens - ressortent du sommet de l'Otan à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne et donc de la protection de la vie des gens ordinaires", a-t-il déclaré sur Facebook.

Au moins 10 morts à Kiev

Des bombardements russes ont fait au moins 10 morts lundi dans la région de Kiev, où des journalistes de l'AFP ont été les témoins de dizaines d'explosions, à la veille d'un sommet de l'Otan à Ankara.

Dans la capitale, au moins neuf personnes ont été tuées et 46 blessées, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration militaire de Kiev, Tymour Tkatchenko. Au moins une autre personne est morte dans le district de Boutcha, en périphérie de Kiev, a rapporté le chef de l'administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk, accusant Moscou de frapper "une fois encore délibérément des civils et des infrastructures civils".

Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a dit avoir "lancé une frappe massive" contre l'Ukraine "en réponse aux attaques terroristes menées par le régime de Kiev contre des infrastructures civiles sur le territoire russe".

Les forces russes ont attaqué "des entreprises du secteur militaro-industriel, des installations du complexe énergétique et pétrolier dans la ville de Kiev et la région de Kiev, ainsi que des infrastructures aéroportuaires militaires à Dnipropetrovsk, Poltava, Tcherkassy, Tchernihiv et Kiev", a-t-il ajouté.

Les services d'urgence ukrainiens, eux, ont affirmé qu'au moins 15 immeubles résidentiels ont été endommagés ou détruits à Kiev, dont un bâtiment de neuf étages dans le district de Podilsky où "les sauveteurs recherchent des gens" dans les décombres, et un entrepôt dans le district d'Obolonsky.

La Russie, qui frappe quotidiennement l'Ukraine depuis le lancement de son offensive en février 2022, avait promis de riposter à des attaques massives de missiles et drones ukrainiens - près de 500 - ayant visé la Russie dans la nuit de vendredi à samedi, en particulier la région de Saint-Pétersbourg.

La semaine dernière, des attaques russes avaient fait 30 morts à Kiev et près de 100 blessés dans la nuit de mercredi à jeudi - les pires frappes russes contre la capitale depuis le début de la guerre.

Panne d'électricité en Crimée occupée 

L'armée ukrainienne a poursuivi de son côté ses attaques de drones contre la Russie. Au moins 47 de ces engins ont été abattus dans la nuit de dimanche à lundi dans la région de Leningrad, selon son gouverneur Alexandre Drozdenko.

Et la ville de Sébastopol, dans la péninsule de Crimée annexée par la Russie, est privée d'électricité lundi en raison d'une attaque ukrainienne sur des infrastructures énergétiques aux abords de la ville, a annoncé le gouverneur local nommé par Moscou, Mikhaïl Razvojaïev.

"Les équipements collectifs fonctionnent désormais grâce à des systèmes d'alimentation électrique de secours. Les spécialistes mettent actuellement tout en œuvre pour rétablir l'électricité dans les foyers", a écrit M. Razvojaïev.

La ville d'environ 550.000 habitants sert de base à la flotte russe de la mer Noire.

Depuis plusieurs semaines, l'armée ukrainienne a entrepris un blocus énergétique de la Crimée dont les forces russes ont pris le contrôle en 2014, en frappant des infrastructures et des camions citernes l'approvisionnant.

La péninsule a été placée en "situation d'urgence" fin juin - permettant de débloquer plus de moyens et ouvrant la voie théoriquement à la mise en place de restrictions visant la population locale.

De manière générale, Kiev intensifie dernièrement ses attaques contre le territoire russe et les régions occupées, et vise notamment des sites de production d'énergie pour tenter d'enrayer le financement de guerre de Moscou.

Le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, a rapporté tôt lundi que 11 drones avaient été détruits alors qu'ils se dirigeaient vers  Moscou.

Négociations dans l'impasse 

Les négociations sont dans l'impasse pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Le président américain Donald Trump doit rencontrer mercredi son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky en marge du sommet de l'Otan à Ankara, où des chefs d'Etat et des délégations de 32 pays sont attendus dès mardi.

"Le président va le rencontrer évidemment dans le but de discuter de la manière dont nous pouvons mettre fin à la guerre. C'est pour lui une priorité de longue date", a déclaré un haut responsable américain.

"Il existe une réelle perspective de mettre fin à cette guerre et la détermination de l'Amérique est décisive", a indiqué M. Zelensky samedi.

A l'occasion du sommet de l'Alliance, les pays européens de l'Otan et le Canada vont s'engager à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Sur le front, les forces russes n'ont quasiment pas avancé ces derniers mois du fait notamment de l'omniprésence des drones qui gênent les mouvements des véhicules lourds et infligent de très lourdes pertes aux deux camps.

Le Kremlin a toutefois revendiqué vendredi la prise de Kostyantynivka, un bastion des forces ukrainiennes dans la région de Donetsk dont la capture est l'objectif principal du Kremlin. Mais cette annonce a été fermement démentie par Kiev, selon qui les combats se poursuivent.

 


Starmer prévient Andy Burnham qu'il ne pourra pas délaisser la diplomatie

Le Premier ministre britannique Keir Starmer écoute le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte (hors champ), lors de leur réunion au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 29 juin 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer écoute le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte (hors champ), lors de leur réunion au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 29 juin 2026. (AFP)
  • Keir Starmer affirme qu’un Premier ministre ne peut pas privilégier les dossiers intérieurs au détriment de la diplomatie, les deux étant étroitement liés
  • Favori pour lui succéder, Andy Burnham promet de maintenir un soutien total à l’Ukraine tout en axant sa campagne sur l’économie et le coût de la vie

LONDRES: Le Premier ministre britannique démissionnaire Keir Starmer a prévenu son probable successeur, Andy Burnham, qu’il ne lui serait pas possible de délaisser la diplomatie au profit des affaires intérieures, lors d’un entretien diffusé samedi sur la BBC.

Il s’agit de sa première interview depuis l'annonce de sa démission, le 22 juin. Le dirigeant travailliste doit rester en poste jusqu’à la désignation de son successeur, attendue mi-juillet.

À ce stade, Andy Burnham, ex-maire du Grand Manchester, est le seul candidat déclaré à la succession de Keir Starmer. Il s'est jusqu’ici principalement exprimé sur des sujets de politique intérieure, dont le coût de la vie, promettant de réduire les factures d'énergie et d'eau des Britanniques.

Lundi, son premier discours politique majeur a porté sur l'économie.

Interrogé sur la possibilité pour un Premier ministre de consacrer moins de temps à la diplomatie que lui, Keir Starmer a répondu : "Non, je ne pense pas que ce soit possible".

"Il y a souvent ce débat — quel est le bon équilibre entre affaires internationales et affaires intérieures ? En réalité, c’est une seule et même chose", a-t-il poursuivi.

"Si vous êtes Premier ministre et que vous vous souciez du montant des factures des ménages, vous devez aussi vous soucier d’une solution durable à la situation en Ukraine, ou encore de ce qui se passe dans le détroit d’Ormuz", a-t-il encore déclaré.

Il a également insisté sur le fait que "nous vivons dans un monde plus dangereux et plus instable" que celui qu’il a connu pendant la plus grande partie de sa vie, évoquant les conflits en Ukraine et en Iran.

Concernant l'Ukraine, M. Burnham a indiqué vendredi, lors d'une séance de questions-réponses sur Reddit, qu'il apporterait "à 100 %" le même soutien que M. Starmer.

Interrogé sur sa relation avec Andy Burnham, Keir Starmer a assuré n’avoir "jamais éprouvé d’animosité personnelle" à son égard, ajoutant qu’il ferait "tout ce qui est en son pouvoir" pour que le prochain gouvernement réussisse.