Hospitalisés, de jeunes Mexicains appellent à se méfier de la Covid

 Cette nouvelle vague s'explique par la dissémination du variant Delta, plus contagieux. Au cours des huit dernières semaines, la part du variant Delta sur l'ensemble des cas est passé de 31 à 67 %. (Photo, AFP)
Cette nouvelle vague s'explique par la dissémination du variant Delta, plus contagieux. Au cours des huit dernières semaines, la part du variant Delta sur l'ensemble des cas est passé de 31 à 67 %. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 08 août 2021

Hospitalisés, de jeunes Mexicains appellent à se méfier de la Covid

  • Le gouvernement attribue ce chiffre à des problèmes de santé très répandus au sein de la population mexicaine comme l'obésité, l'hypertension et le diabète
  • Mayra Jimenez, une patiente, estime que le variant Delta est si contagieux que tous ceux qui réussissent à y échapper sont chanceux

COACALCO: Lorsque Diego a recommencé à remettre le nez dehors et sortir avec ses amis, il ne s'attendait pas à rejoindre la cohorte grandissante de jeunes Mexicains contaminés par le variant Delta du Covid-19.

"J'ai baissé ma garde en pensant que je n'allais pas l'attraper, mais j'ai eu tort", confie cet étudiant de 20 ans hospitalisé dans une clinique privée de la banlieue nord de Mexico.

"Ce n'est pas une blague. C'est une maladie sans pitié", ajoute Diego qui préfère ne pas révéler son nom de famille.

Le jeune homme est l'un des 16 patients atteints du coronavirus traités dans ce même hôpital de Coacalco, dans une banlieue du nord de Mexico. Seuls trois d'entre eux ont plus de 60 ans.

Il est aussi l'un des contaminés de la troisième vague de la pandémie qui, contrairement aux deux premières, touche surtout les 20-30 ans.

Le bilan officiel de l'épidémie de Covid-19 au Mexique est le quatrième le plus élevé au monde, avec quelque 3 millions de cas confirmés et près de 245 000 morts. Mais les données réelles pourraient être plus alarmantes, selon des experts.

Le gouvernement attribue ce chiffre à des problèmes de santé très répandus au sein de la population mexicaine comme l'obésité, l'hypertension et le diabète.

Pas de confinement 
Cette nouvelle vague s'explique par la dissémination du variant Delta, plus contagieux. Au cours des huit dernières semaines, la part du variant Delta sur l'ensemble des cas est passé de 31 à 67 %, selon l'Organisation panaméricaine de la santé.

Les autorités de la ville de Mexico (9,2 millions d'habitants) ont exclu vendredi d'imposer de nouvelles mesures de confinement, bien que le ministère de la Santé ait élevé l'alerte à la Covid dans la capitale à son niveau le plus haut.

"Pour l'instant, il semble que ni le gouvernement ni personne ne souhaite que les gens restent à nouveau confinés chez eux", a expliqué Jesus Victoria, chef infirmier à l'hôpital de Coacalco.

Bien que les personnes âgées de 18 à 29 ans aient commencé à être vaccinées fin juillet, il était déjà trop tard pour certains des patients de la clinique, a-t-il déploré.

"Nous avons pu faire sortir la plupart d'entre eux, mais nous avons également eu de nombreux décès parmi des jeunes", poursuit Jesus Victoria.

"Je ne sais pas si, en tant que société, nous échouons ou si le gouvernement échoue. Mais les centres commerciaux sont ouverts, les cinémas, les centres sportifs aussi. Cela complique les choses", ajoute-t-il.

Grâce aux vaccinations, le nombre d'hospitalisations reste bien inférieur au pic observé en janvier, lorsque le taux d'occupation dépassait 90 %.

Désormais, environ la moitié des lits d'hôpitaux et 58% de ceux qui sont équipés de respirateurs sont disponibles, selon le gouvernement.

Près de 50 millions de personnes dans ce pays de 126 millions d'habitants ont reçu au moins une dose de vaccin contre le coronavirus, et 27 millions d'entre elles ont bénéficié des deux doses, a précisé le ministère de la Santé.

Bars, fêtes 
Hector Lopez, un programmeur informatique de 26 ans, également hospitalisé admet avec le recul que sa famille n'a pas été assez prudente.

"Habituellement, je ne sors pas, mais ce n'est pas le cas de mes proches", regrette-t-il.

Il évoque ses amis qui se répandent sur les réseaux sociaux en racontant leurs sorties en dépit des risques. "Ils vont dans des bars ou dans des fêtes comme si rien ne se passait", observe-t-il.

Mayra Jimenez, une autre patiente, estime que le variant Delta est si contagieux que tous ceux qui réussissent à y échapper sont chanceux.

"Heureusement, je m'en sors bien mais ce n'est pas le cas pour tout le monde", ajoute cette femme de 39 ans sous assistance respiratoire.


L'Otan en plein doute sur son avenir face à la tempête Trump

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
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  • Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer.
  • les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

BRUXELLES : Les tirs de barrage américains contre les pays européens de l'Otan ébranlent jusqu'aux fondements de l'Alliance atlantique, qui a cependant toutes les peines du monde à imaginer un avenir sans les États-Unis.

Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer. Un diplomate interrogé sous couvert d'anonymat décrit l'agressivité de la nouvelle administration américaine comme un « traumatisme ».

Ce changement se fera-t-il avec ou sans les États-Unis ? La question agite les couloirs du siège de l'Alliance à Bruxelles.

« On connaît la direction : moins d'États-Unis et plus d'Europe », résume un diplomate sous couvert d'anonymat. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens.

En deux mois, Donald Trump s'en est pris au Canada qu'il entend voir devenir le 51ᵉ État américain, et au Danemark, dont il revendique l'un des territoires, le Groenland. 

Plusieurs responsables américains, dont le vice-président J. D. Vance, n'ont pas caché leur mépris à l'égard des Européens, considérés comme des « profiteurs » et des passagers clandestins d'une alliance où, dénoncent-ils, ils ne paient pas leur dû.

Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « l'optimisme est de moins en moins de mise », confie un diplomate. « Les États-Unis n'ont pas encore pris de décisions concrètes, mais on dirait que chaque jour est porteur d'un nouveau coup contre les fondations de l'Alliance. »

- Transition « désordonnée » -

Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur auprès de l'ECFR, trois scénarios sont possibles.

Celui de la transition ordonnée : les Américains se désengagent, mais en bon ordre, à la suite d'une négociation qui donne aux Européens le temps de se préparer. « Cela permet d'éviter les incertitudes », assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Celui de la transition « désordonnée » : les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

Le retrait se fait « en mode crise », avec des « menaces et des annonces désordonnées ». C'est « le scénario dominant » aujourd'hui, estime l'analyste.

Il y a aussi le scénario cauchemar pour nombre d'Alliés : le retrait « de facto ou de jure ». Les États-Unis se désintéresseront de la défense du continent européen.

Donald Trump exige que les Européens et les Canadiens consacrent au moins 5 % de leur PIB à cette défense, alors qu'ils sont à moins de 2 % pour l'Italie ou l'Espagne. La marche est très haute. Mais tous savent qu'il faudra « annoncer » quelque chose au sommet de l'OTAN en juin, selon un diplomate.

Le Secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte a évoqué un chiffre entre 3,5 et 3,7 %. Ce sera difficile, mais c'est une question de priorités dans les dépenses nationales, ajoute-t-il. 

Personne ne sait si ce chiffre sera suffisant pour Donald Trump.

- "Cinq ans" -

En attendant, beaucoup à Bruxelles et dans les autres capitales européennes s'interrogent sur un "après" Etats-Unis.

"Nous avons toujours su que le moment viendrait où l'Amérique se retirerait en quelque sorte et où l'Europe devrait faire davantage", rappelle ainsi Jamie Shea, ancien porte-parole de l'Otan et expert auprès du think tank londonien Chatam House.

Et le calendrier est très serré. Les Européens ont "cinq ans" pour recréer une dissuasion face à la menace russe, juge ainsi Camille Grand. Un calcul basé sur le temps jugé nécessaire, selon plusieurs services de renseignement, pour que la Russie reconstitue son armée et soit en mesure de menacer un pays de l'Otan, explique-t-il. 

Selon cet expert français, les Européens en sont capables, même si un investissement substantiel sera nécessaire pour combler l'apport américain en termes de renseignement, de satellites ou de logistique. « Il n'y a pas de raison que 500 millions d'Européens ne puissent pas dissuader 140 millions de Russes », assure-t-il.

Plusieurs pays en doutent. « Les États-Unis restent indispensables pour une dissuasion crédible », estime ainsi un diplomate européen auprès de l'Otan.


Le Wisconsin, théâtre d'une première défaite électorale pour Trump et Musk

 Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin,
  • En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias

WASHINGTON : Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin, un scrutin habituellement d'ampleur locale, marqué cette fois-ci par la forte implication d'Elon Musk.

Selon les projections de plusieurs médias américains, Susan Crawford, soutenue par les démocrates, a remporté un siège pour dix ans à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs.

Elle faisait face à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et par le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

Mardi soir, le président a mis à profit sa plateforme Truth Social pour se féliciter des deux « larges » victoires de son camp en Floride, mettant en avant son « soutien » aux candidats.

Il n'a en revanche pas commenté le résultat pour la Cour suprême du Wisconsin, préférant y retenir l'adoption, par un référendum organisé le même jour, d'une mesure obligeant les électeurs à présenter une pièce d'identité avec photo afin de pouvoir voter.

« C'est une grande victoire pour les républicains, peut-être la plus grande de la soirée », a-t-il écrit.

« Le plus important » 

Elon Musk n'a pas non plus réagi à la défaite de Brad Schimel, et a plutôt salué l'issue du référendum local. « C'était le plus important », a-t-il affirmé sur son réseau social X.

Le patron de Tesla et Space X s'inquiétait d'un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates. État pivot, le Wisconsin avait été remporté par Donald Trump à la présidentielle de novembre.

« C'est l'une de ces situations étranges où une petite élection en apparence pourrait déterminer le destin de la civilisation occidentale », avait lancé Elon Musk mardi.

Le président républicain avait, lui, publié lundi sur Truth Social un message de soutien à Brad Schimel. Il s'en était surtout pris à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un désastre pour le Wisconsin et pour les États-Unis d'Amérique ».

Un peu plus de deux mois après le début de son mandat, les enquêtes d'opinion indiquent une baisse relative de la popularité de Donald Trump. Ces élections dans le Wisconsin et en Floride étaient les premières véritables épreuves auxquelles il faisait face dans les urnes depuis novembre.

Campagne onéreuse 

Mardi, le trumpiste Randy Fine a bien remporté le siège en jeu à la Chambre des représentants face au démocrate Josh Weil, mais avec une avance bien plus mince qu'il y a quelques mois.

Ces résultats ont « de quoi donner des sueurs froides à mes collègues républicains », a déclaré sur la chaîne MSNBC Hakeem Jeffries, responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela fait écho à la difficulté de l'opposition à se faire entendre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le Wisconsin, les deux camps avaient sorti l'artillerie lourde pour une élection qui, d'ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays.

Selon le Centre Brennan de l'université de New York, c'est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l'histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n'est pas étranger à cela.

« Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m'empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d'un rassemblement.

Son équipe de campagne avait récemment accusé Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d'obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques, contre les autorités du Wisconsin.


Amnesty International demande à la Hongrie d'arrêter M. Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
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  • Le Premier ministre israélien doit se rendre cette semaine dans un pays membre de la Cour pénale internationale
  • Cette visite " ne doit pas devenir un indicateur de l'avenir des droits humains en Europe "

LONDRES : Amnesty International a demandé à la Hongrie d'arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, à la suite d'informations selon lesquelles il se rendra dans cet État membre de l'UE mercredi à l'invitation de son homologue hongrois Viktor Orban.

M. Netanyahou fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en novembre par la Cour pénale internationale en raison de la conduite d'Israël à Gaza.

M. Orban, proche allié de M. Netanyahu, a déclaré qu'il n'exécuterait pas le mandat. En tant qu'État membre, la Hongrie est tenue d'exécuter tout mandat d'arrêt délivré par la CPI.