Le Qatar doit rétablir la citoyenneté des membres de la tribu Al-Ghofran

Des membres de la tribu Al-Ghofran manifestent devant le siège de l’ONU à Genève pour plaider contre le Qatar. (Photo WAM)
Des membres de la tribu Al-Ghofran manifestent devant le siège de l’ONU à Genève pour plaider contre le Qatar. (Photo WAM)
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Le Qatar doit rétablir la citoyenneté des membres de la tribu Al-Ghofran

Le Qatar doit rétablir la citoyenneté des membres de la tribu Al-Ghofran

Lors d’une réunion sur l’apatridie le 7 octobre à Genève, le Qatar doit s'engager à rétablir la citoyenneté de tous les membres de la communauté Al-Ghofran, déchue de sa nationalité en 2004. Étant donné que Doha a l'intention de montrer au monde qu'elle aspire aux normes mondiales — y compris en ratifiant, avec des réserves notables, la Déclaration des droits de l’homme de l'ONU — c'est sa seule option.
En octobre 2004, le ministre de l’Intérieur du Qatar a émis un décret administratif révoquant la citoyenneté d’au moins 5266 membres de la tribu Al-Ghoran, environ 5 pour cents  de la population à l’époque. Aucune exception n’a été faite pour les infirmes, les enfants ou les veuves.
Le gouvernement avait déclaré, qu'en violation des lois sur la nationalité, les Al-Ghofran possédaient une autre citoyenneté, mais il n'avait pas permis de contester juridiquement cette affirmation  arbitraire et ne faisant l'objet d'aucun examen indépendant.
D’aucuns avaient même suggéré que l’acte était politique, éliminant des électeurs censés soutenir les opposants de l’émir de l’époque, Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, lors des élections locales prévues, ou que c’était une rétribution pour le soutien donné par les membres de la tribu à un contre-coup d’État manqué en 1996, à la suite de la prise de pouvoir en 1995 par le Cheikh Hamad de son père. Cheikh Hamad, qui a régné après le coup d’État de 1995, a remis le pouvoir à son fils, Cheikh Tamim bin Hamad, en 2013.
À la fin de l’année 2004 et durant le premier semestre de 2005, le gouvernement a donné suite au décret et un nombre indéterminé de la communauté Al-Ghofran a fait l'objet d'une procédure d'expulsion. Tout au long de 2005, en dépit des assurances concernant l'emploi et le fait de rester au Qatar, des milliers de personnes auraient cherché refuge chez des proches dans les régions voisines d'Arabie saoudite.
Privés de leur citoyenneté, ceux qui ont été affectés par cette décision ne pouvaient plus occuper de postes dans l'État, ni posséder des propriétés ou de comptes bancaires et se sont vu refuser l'accès aux services sociaux ou à l'enseignement public. Certains ont été harcelés et détenus en vertu d'une législation défectueuse. Les promesses d'emploi et de niveau de vie ont été oubliées. Dans certains cas, le gouvernement a coupé l'approvisionnement en électricité et en eau des communautés et de certains foyers, ignorant si des personnes vulnérables pourraient avoir besoin de ces services. 
En 2006, le gouvernement a apparemment changé sa politique et restauré la citoyenneté à plusieurs membres de la communauté.