Wallada, la dernière andalouse, premier roman de Sidali Kouidri Filali

Sidali Kouidri Filali. (Photo fournie).
Sidali Kouidri Filali. (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 06 août 2021

Wallada, la dernière andalouse, premier roman de Sidali Kouidri Filali

  • L’idylle de Wallada et d’Ibn Zeydoun est un amour très célèbre encore chanté, décrit, commenté, mille ans après
  • Raconter cette histoire-là, c’est donner vie à de vrais personnages qui n’ont pas eu, selon moi, la renommée qu’ils doivent avoir

PARIS: Sidali Kouidri Filali, chroniqueur et blogueur, publie son premier roman Wallada, la dernière andalouse, aux Éditions Hedna. Il répond aux questions d'Arab News en français, notamment sur l'Andalousie de l'an mille, les discordes politiques, lutte et chute de dynastie qu'il dissèque en profondeur dans Wallada

 

wallada

 

Votre premier roman est une immersion dans l’Andalousie de l’an mille à travers l’histoire de la princesse et poétesse Wallada benta el-Moustakfi, fille du dernier calife de Cordoue et des nombreux personnages qui ont joué un rôle dans sa vie. Mais on y découvre aussi l’histoire d’amour de l’héroïne avec Ibn Zeydoun, un homme dévoré par ses deux amours: Wallada et le pouvoir. Pourriez-vous nous en parler?

C’est le récit d’une histoire à travers un grand amour, ou alors, celui d’un amour au milieu d’une grande histoire. L’idylle de Wallada et d’Ibn Zeydoun est un amour très célèbre encore chanté, décrit, commenté, mille ans après. Hélas, le pouvoir ne fait que rarement bon ménage avec l’amour, et c’est ce rapport de force qui définit en dernier sa destinée. C’est le récit de ces deux amoureux qui évoluent dans une époque charnière, faite de personnages iconiques et de renom dans cette mythique Andalousie du XIe siècle. C’est une petite histoire dans une grande, où des destins croisés, les amours, les déceptions et les tiraillements de tous ces personnages gravitent autour de cette célèbre histoire d’amour qui fait encore parler d’elle aujourdhui.  

L’idée de départ pour l’écriture de ce livre est-elle nourrie par la passion pour l’Histoire et une envie de s’approprier la part nord-africaine dans l’Histoire de l’Andalousie de cette époque?

Les deux, l’histoire est assez riche de ses personnages et de son actualité et péripéties qu’elle est universelle par son attrait et par sa beauté, ensuite, oui, je la raconte comme un local, un nord-africain, et donc il y a une filiation directe avec cette période. L’Andalousie, c’étaient aussi les Berbères, et pourtant, ce sont les derniers cités dans les romans ou livres d’Histoire. Il est temps de regarder cette partie de l’Histoire comme nôtre, et l’associer à notre Histoire millénaire.

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Sidali Kouidri Filali lors de la signature de son livre. (Photo fournie).

Le roman évoque des faits historiques (discordes politiques, lutte de pouvoir, chute de dynastie), et permet aussi au lecteur de découvrir une période prolifique sur les plans intellectuel, scientifique et artistique. Considérez-vous cette période comme exceptionnelle dans l’Histoire?

C’était une période d’une profusion intellectuelle hors norme. C’est la plus prolifique des périodes médiévales, et ce sont aussi les années les plus foisonnantes de ce siècle-là. Il est rare pour ne pas dire impossible, de croiser au même moment, au même endroit, le meilleur poète de sa génération, le meilleur théologien, la plus connue des poétesses et le plus doué des chroniqueurs. Une concentration dans un même endroit et dans le même moment des meilleurs prodiges de leur époque.

Le roman évoque le féminisme avant-gardiste de l’an mille de notre ère. Cette liberté revendiquée et incarnée jadis par la belle et rebelle princesse poétesse Wallada, facilitée par son statut social, et assumée publiquement, ne semble pas facilement transposable dans nos sociétés modernes. Cela représente-il, selon vous, une régression du statut de la femme?

La régression du statut de la femme est souvent annonciatrice d’une régression globale. Et a contrario, quand le statut de la femme est bon, la civilisation ou l’époque dans lequel cela se produit sont bons. On parle d’une époque prestigieuse et d’une exubérance intellectuelle et sociale exceptionnelle. Le statut de la femme ne pouvait qu’évoluer et c’est ce que nous apercevons à travers les libertés que pouvaient s’offrir les femmes à cette époque-là. Comparativement, et je dirai bizarrement, une musulmane qui évolue dans un pays musulman en ce temps-là, avait plus de libertés artistiques, intellectuelles et sociales que ne peut l’avoir une musulmane aujourd’hui. La civilisation musulmane de cette époque était très évoluée concernant la liberté d’expression ou d’être, contrairement à celle d’aujourd’hui enfermée dans une ignorance entretenue, dans la bigoterie et dans le déni de toutes les libertés, celle de la femme en premier.

Le lecteur voyage dans le temps dans trois villes mythiques de l’Andalousie: Grenade, Cordoue et Séville et découvre le métissage des cultures et des religions, mais aussi les déboires des familles régnantes et l’implosion de la dynastie. Est-ce un moyen plus ludique et plus fluide dans la transmission de l’Histoire de nos ancêtres? 

Oui, ne serait-ce que pour dire que ces gens-là ont existé et que leur empreinte dans l’Histoire ne fut pas des moindres. Il est triste que cette partie de notre Histoire demeure inconnue ou alors instrumentalisée et racontée par d’autres. Raconter cette histoire-là, c’est donner vie à de vrais personnages qui n’ont pas eu, selon moi, la renommée qu’ils doivent avoir.

Le lecteur découvre l’apport des Berbères de Sanhadja en Andalousie et les rapports complexes, conflictuels qu’ils entretenaient avec les autres ethnies. Pourriez-vous nous en parler?

Les Sanhadjas sont une importante branche berbère, et si je raconte un peu de cette dynastie en Andalousie, je ne manque pas de signaler l’inimitié qui caractérisait sa relation avec les autres branches berbères. C’est une hostilité qui existe depuis des millénaires. Un phénomène qui caractérise les peuples à construction tribale. Un peu comparable à celle existante chez les Arabes, entre Adnanites et Kahtanites, ou entre les Mongols et les Tatars. Ce sont deux branches qui forment l’essentiel des Berbères mais qui se sont rarement mises d’accord. D’ailleurs, cette inimitié a toujours servi leurs ennemis communs, et c’est exactement ça que je tente de raconter dans le roman.

Dans Wallada, la dernière andalouse, le lecteur perçoit cette tolérance et/ou cette coexistence entre religions et ethnies durant cette période. Cette dernière est-elle irréalisable dans nos sociétés modernes?  

Réalisable, je ne sais pas, cela dépend tellement de la politique et de la géographie. Elle peut être possible à New York et un peu moins en Libye ou en Irak. La question pour moi est surtout de se demander si c’est possible! Et là, l’Andalousie est une réponse d’une affirmation sans équivoque, oui, tout à fait possible et cela a permis des avancées mémorables dans tous les domaines, même si cette coexistence reste imparfaite. Raison de plus pour étudier l’Histoire de l’Andalousie de près. Il s’agit précisément de pouvoir se dire que oui, à un moment, juifs, chrétiens, musulmans, Slaves, Arabes, Berbères, Goths, ont partagé les mêmes ruelles, les mêmes écoles, la même destinée, et que ce que l’on retient des siècles après, ce ne sont pas les imperfections, mais bien au contraire, la convivencia et le vivre-ensemble. C’est d’ailleurs la première chose à laquelle on pense en évoquant l’Andalousie, bien avant l’architecture sublime et le foisonnement culturel.


Mondial-2026: le Maroc en liesse après la qualification des Lions de l'Atlas pour les 8es

Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
  • "L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada"
  • Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but

RABAT: Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat.

Le choc Maroc/Pays-Bas a tenu en haleine tout un pays. A peine la fin du match sifflée, de nombreux supporters ont conflué à pied, en voiture ou à moto vers l'avenue Mohammed V, l'une des principales artères du centre-ville de la capitale.

"Le Maroc entier est heureux de cette victoire. Nos Lions de l'Atlas ont fait preuve de combativité et de niaque", s'exclame l'un d'eux, Mehdi Bejdid.

Le stade Moulay El Hassan, à Rabat, a vibré au rythme de la ferveur des nombreux Marocains venus regarder le match sur un écran géant.

"L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada", s'est réjoui auprès de l'AFP Ahmed Al Khourassani après le match.

Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but (1-1, 3 tab à 2) à Monterrey, au Mexique.

"Match épique" 

"Honnêtement, les tirs au but et la tension du match ont été difficiles à gérer. Ça nous a rappelé les moments que nous avons vécus au Mondial-2022 contre l'Espagne. Dieu merci, nous avons gagné aujourd'hui", commente Yahia Bakhtaoui.

"Nous allons atteindre les demi-finales, puis la finale, pour remporter la coupe, si Dieu le veut. Dima Maghrib (vive le Maroc, en dialecte marocain)!", espère ce supporter de 20 ans qui a suivi le match au stade Moulay El Hassan.

Ce mardi matin, les médias marocains ont à l'unanimité encensé l'exploit de l'équipe nationale, parlant de "match épique" et de "qualification héroïque".

"Les Lions de l'Atlas continuent de faire rêver tout un peuple", écrit ainsi le site d'information Le360.

Sous la conduite de Mohamed Ouahbi, nommé il y a quatre mois seulement, le Maroc affrontera le Canada en 8e de finale. L'équipe a entamé ce Mondial-2026 sous de bons auspices en faisant d'abord match nul contre le Brésil (1-1), puis en battant l'Ecosse (1-0) et Haïti (4-2).

"C'est l'équipe nationale qu'on voulait et qui est capable de remporter la Coupe du monde", veut croire Samir Al Houti, 26 ans.


À Vision Golfe 2026, Athar accélère son ouverture internationale

Mohamed Al Ayed, vice-président d’Athar et fondateur et directeur général de TRACCS, lors de la table ronde « La culture comme levier d’influence : synergies franco-golfiques dans le patrimoine et les industries créatives » à Vision Golfe 2026. (Photo: Arab News en français)
Mohamed Al Ayed, vice-président d’Athar et fondateur et directeur général de TRACCS, lors de la table ronde « La culture comme levier d’influence : synergies franco-golfiques dans le patrimoine et les industries créatives » à Vision Golfe 2026. (Photo: Arab News en français)
  • Pour sa première participation à Vision Golfe, Athar cherche à renforcer sa visibilité en Europe et à attirer davantage de participants internationaux vers son festival à Riyad
  • En trois ans, l’événement s’est imposé comme un acteur clé des industries créatives régionales et vise 10 000 visiteurs d’ici cinq à six ans, dont la moitié venus de l’étranger

PARIS: À l'occasion de sa première participation à Vision Golfe, le festival saoudien Athar affiche clairement ses ambitions internationales. L'événement souhaite séduire de nouveaux partenaires, intervenants et visiteurs étrangers afin de poursuivre son développement et de renforcer le rayonnement de l'écosystème créatif saoudien.

« L'objectif est de créer des synergies, d'identifier les opportunités et de révéler tout le potentiel de notre industrie », explique Mohamed Al Ayed, vice-président d'Athar et fondateur et directeur général de TRACCS.

Créé en 2023, Athar est né de la volonté de célébrer la créativité saoudienne tout en connectant le Royaume aux grands acteurs internationaux de la communication, du marketing et des industries créatives. En seulement trois éditions, le festival s'est imposé comme un rendez-vous de référence. L'édition 2025 a réuni près de 3 000 participants sur deux jours, dont un tiers venus de l'extérieur de l'Arabie saoudite.

Cette dynamique s'inscrit dans le parcours de Mohamed Al Ayed, figure reconnue de la communication au Moyen-Orient. En 1998, il fonde TRACCS à Djeddah, aujourd'hui devenu le plus grand cabinet indépendant de conseil en communication de la région MENA. L'entreprise est présente sur une dizaine de marchés, avec un réseau de bureaux couvrant notamment les Émirats arabes unis, l'Égypte, le Liban et plusieurs autres pays de la région.

Athar poursuit désormais une stratégie d'internationalisation. Après une présence remarquée aux Cannes Lions 2026 et un agenda qui se déploie entre Riyad, Londres, Nice et Paris, le festival utilise sa participation à Vision Golfe comme une porte d'entrée vers les écosystèmes européens de la création. « Pourquoi Paris ? Pour donner envie aux acteurs de la création, de la communication et du marketing de venir découvrir Athar à Riyad », résume Mohamed Al Ayed.

L'événement rassemble aujourd'hui des participants de plus de vingt nationalités. Environ 85 % des participants sont des décideurs issus d'organisations publiques et privées, saoudiennes comme internationales. Le festival accueille également des étudiants et des établissements académiques afin de contribuer à la formation de la nouvelle génération de professionnels. Son programme comprend une trentaine de conférences réparties sur cinq scènes, offrant un espace d'échanges entre leaders de l'industrie, créatifs émergents et experts internationaux.

Le point d'orgue de ces deux journées est la cérémonie des Athar Awards, qui récompense les campagnes, les talents et les initiatives les plus remarquables des secteurs de la communication, du marketing et des industries créatives dans la région.

À plus long terme, Athar vise une nouvelle étape de son développement : atteindre 10 000 visiteurs dans les cinq à six prochaines années, avec une audience composée pour moitié de participants internationaux. Au-delà de la croissance de sa fréquentation, le festival ambitionne de bâtir une marque internationale de référence, capable de connecter les écosystèmes créatifs du Royaume avec ceux d'Europe et du reste du monde.

Pour Mohamed Al Ayed, la participation à Paris s'inscrit pleinement dans cette stratégie d'ouverture. « Nous voulons créer davantage de synergies et d'opportunités, tout en faisant d'Athar une plateforme incontournable pour tous ceux qui souhaitent contribuer à l'avenir des industries créatives en Arabie saoudite. »

Dans le cadre de Vision Golfe 2026, Mohamed Al Ayed est également intervenu lors de la table ronde « Culture as Soft Power: Franco-Gulf Synergies in Heritage and Creative Economies », aux côtés de représentants de TV5 Monde, de COFREX, de France Muséums, d'Atout France et du Groupe Novelty. Les échanges ont porté sur le rôle de la culture, du patrimoine et des industries créatives comme leviers de coopération et d'influence entre la France et les pays du Golfe.


Pour ses 80 ans, l'iconique Vespa retrouve la Ville éternelle

Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
  • La Vespa célèbre ses 80 ans à Rome, réunissant plus de 10 000 passionnés venus du monde entier pour rendre hommage à cette icône du style et du savoir-faire italiens
  • Symbole de liberté, de mobilité et d’émancipation sociale depuis 1946, la Vespa a dépassé le statut de simple scooter pour devenir un véritable phénomène culturel mondial

ROME: De "Vacances romaines" à "Journal intime" en passant par "La Dolce vita", elle est devenue à l'écran une icône mondiale du mode de vie à l'italienne: la légendaire Vespa, un scooter né en même temps que la République italienne, fête ce week-end ses 80 ans à Rome.

Samedi dans la matinée, des milliers de Vespa ont envahi les rues de la capitale italienne, créant un chaos coloré et bon enfant.

Qui en blouson de motard, défiant la chaleur romaine, qui en tee-shirt, en couple ou seul sur la selle, ces amoureux du célèbre scooter ont défilé dans le centre, y compris dans des rues d'ordinaire fermées au trafic de véhicules privés.

"Nous avons amené notre Vespa depuis les États-Unis. Nous sommes passés par l’Allemagne, puis par Vienne (...) et j’ai ensuite roulé avec ma Vespa de l’Autriche à Rome, pendant deux semaines", a déclaré à l'AFP-TV David Baamonde, un habitant du Texas.

"Pour moi, la Vespa, c’est un art de vivre, une insouciance, profiter de l’instant présent, découvrir les paysages — c’est un mode de vie", déclare pour sa part l'Italien Andrea Musco.

"L'histoire de la Vespa, qui accompagne littéralement la naissance et l'essor de l'Italie après la Deuxième Guerre mondiale, est en quelque sorte un symbole iconique de notre histoire, de notre culture", avait rappelé le maire de la capitale italienne, Roberto Gualtieri, à l'occasion de la présentation des festivités.

La Vespa, qui signifie "guêpe" en italien - une référence au bruit du moteur de son prototype -, est née le 23 avril 1946, lorsque le premier brevet sur sa fabrication a été déposé en Italie par Piaggio. Elle continue depuis d'être produite notamment sur le site de Pontedera, en Toscane (centre-nord de l'Italie).

- "La Vespa, c’est spécial" -

Plus de 10.000 "Vespistes" en provenance du monde entier sont attendus sur leurs engins de toutes les époques, reconnaissables à leurs lignes arrondies, leur carrosserie en métal aux couleurs éclatantes et leur phare rond monté sur le guidon.

Parmi eux, Andrew Ward, 57 ans, et sa soeur Julie Stover, 63 ans, qui ont fait le déplacement depuis les Etats-Unis. Les deux Californiens ont loué une Vespa à Rome pour pouvoir participer au défilé.

"Nous avons eu des scooters et des motos toute notre vie. Mais j'ai toujours voulu une Vespa. (...) Maintenant, j'en ai deux", explique à l'AFP Andrew, coutumier des rassemblements de "Vespistes" dans son pays.

"C'est un scooter de grande qualité. Et il est associé à un certain statut. C'est classe, vous voyez. Ce n'est pas comme les petits scooters bon marché qu'on voit tout le temps sur la route. La Vespa, c'est spécial", poursuit sa soeur.

- Emancipation sociale -

Conçue pour être un moyen de transport populaire et accessible, la Vespa - qui a bénéficié de toutes sortes d'innovations dérivées de l'aviation, le coeur de métier de Piaggio - est aussi devenue le symbole d'une certaine émancipation sociale.

Son histoire est entremêlée avec "l'histoire d'un pays qui sort de l'après‑guerre, qui veut bouger, qui veut se relever", a commenté Matteo Colaninno, le président exécutif du groupe Piaggio, à la présentation des célébrations.

"Et ce désir de bouger n'est pas seulement une mobilité physique", c'est aussi "une sorte d'élan vers la mobilité économique et surtout la mobilité sociale", a-t-il expliqué.

"Aujourd'hui, la Vespa est devenue un phénomène mondial, nous sommes à l'aube des 20 millions de véhicules produits" depuis 1946, a relevé M. Colaninno.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni photographiée jeudi assise sur une Vespa blanche dans les salons du Palazzo Chigi, sa résidence officielle, a salué dans le fameux scooter non seulement "une excellence industrielle" mais aussi "l'une des icônes italiennes les plus appréciées au monde, symbole de la créativité et du style italiens".

Mais pour Illac Diaz, originaire des Philippines, le plus "beau avec la Vespa", ce sont les amitiés qu'elle fait naître.

"Il n'y a aucun endroit où tu te gares sans que les gens deviennent des amis. Donc, la Vespa, c'est comme une famille", souligne cet homme de 52 ans, qui vient tout juste d'acheter une maison à Trieste, dans le nord de l'Italie, où il prévoit d'acquérir au plus vite... une nouvelle Vespa.