Les influences égyptiennes d'Alberto Giacometti

Bien qu'il soit mort en 1966, Giacometti continue de vivre à travers la vitrine unique du musée, de son atelier encombré, de ses meubles intimes et d'œuvres d'art rarement vues. (Fournies).
Bien qu'il soit mort en 1966, Giacometti continue de vivre à travers la vitrine unique du musée, de son atelier encombré, de ses meubles intimes et d'œuvres d'art rarement vues. (Fournies).
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

Les influences égyptiennes d'Alberto Giacometti

  • Une nouvelle exposition révèle comment le célèbre artiste suisse Alberto Giacometti s'est inspiré de l'époque pharaonique
  • Alberto Giacometti a utilisé l’archaïsme de l’art égyptien pour montrer qu'il était plus réaliste que tout autre art

DUBAÏ: Paris est célèbre pour ses prolifiques musées de renom, qui attirent des foules du monde entier. Mais la ville abrite également des joyaux culturels plus petits et discrets qui méritent également l'attention. L’Institut Giacometti en fait partie. C’est le lieu de référence pour l’œuvre d’Alberto Giacometti, consacré aux expositions, à la recherche, à la pédagogie et à la présentation de l'œuvre de l'éminent sculpteur suisse du XXe siècle. Pendant quarante ans, il a vécu et travaillé dans ce bâtiment historique dans le quartier de Montparnasse, aujourd’hui reconverti en musée pour ses œuvres.

Bien qu'il soit mort en 1966, Giacometti continue de vivre à travers la vitrine unique du musée, de son atelier encombré, de ses meubles intimes et d'œuvres d'art rarement vues.

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Giacometti n'a jamais mis les pieds sur le sol égyptien, mais cela ne l'a pas empêché d'admirer de loin son patrimoine artistique. (Fournie).

La nouvelle exposition estivale de l'Institut, qui se tient jusqu'au 10 octobre, invite à prolonger et à approfondir cette relation du sculpteur à l’art égyptien. Giacometti et l'Égypte antique est l’union de l’antiquité et de la modernité, où l'Orient rencontre l'Occident. Les minces statues allongées, caractéristiques de Giacometti, se confrontent ou se tiennent à côté d’objets de l'Ancien, du Moyen et du Nouveau royaume de l'Égypte ancienne. Le Louvre a exceptionnellement prêté 16 œuvres à l’occasion de cette exposition.

Cette exposition offre un nouveau regard sur l’art de Giacometti à travers le prisme de l’Égypte antique, une source d’inspiration inexplorée pour l’art moderne.

Giacometti n'a jamais mis les pieds sur le sol égyptien, mais cela ne l'a pas empêché d'admirer de loin son patrimoine artistique.

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«Le plus beau commentaire que j'ai entendu au cours des deux premiers jours de l'exposition, se souvient M. Perrin,  le co-commissaire de l'exposition, était celui d'un couple qui ayant vu Walking Woman, pensait que c'était égyptien. Mais c'est Giacometti.»

«Giacometti était un homme très cultivé», souligne le co-commissaire de l'exposition, Romain Perrin, à Arab News. «Je pense que la passion qu'il avait pour l'Égypte a commencé grâce à la bibliothèque de son père. Lorsque Giacometti était un jeune garçon au collège de Schiers en Suisse, il a tenu une conférence sur la question: «Quel est l'art le plus important de l'humanité?» Sa réponse fut: «L'Égypte.»

En plus de dévorer des livres publiés en Europe sur l'art égyptien, les visites de musées en Italie et en France à partir des années 1920 ont conduit Giacometti à dessiner des croquis subtils de représentations de formidables pharaons égyptiens, tels que Rahotep et Aménophis, dont les règnes remontent à des milliers d'années. Giacometti a été touché par la façon dont la vie semblait encore les habiter, à travers leur présence calme et confiante.

«Les sculptures égyptiennes sont formidables, leurs traits et leurs formes sont si bien proportionnés, leur technique est irréprochable, personne ne les a jamais égalées», a-t-il écrit un jour dans une lettre à ses parents. La passion de Giacometti pour l'art égyptien a peut-être été alimentée par la fin de l'«égyptomanie» européenne, déclenchée par la campagne d'Égypte de Napoléon à la fin du XVIIIe siècle.

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L'exposition a surpris de nombreux visiteurs, qui ignoraient le lien indéniable entre Giacometti et le monde de l'Égypte antique. (Fournie).

Son influence était si forte que Paris mettait en scène des opéras qui se déroulaient dans l'Égypte ancienne, certains lieux ont pris des noms liés à l'Égypte tels que Le cinéma Louxor, ou le passage du Caire ainsi qu’un célèbre bordel appelé «Le Sphinx». Des obélisques et des pyramides ont également été installés – et se dressent toujours – dans les rues de la capitale française.

Comme le montre l'exposition, Giacometti a été particulièrement influencé par les formes immobiles et droites des statuettes égyptiennes, les postures et les poses hiératiques (bras le long du corps et pieds joints). Qu'elles représentent un scribe assis ou un chat debout, elles incarnent l'équilibre et le caractère. À travers d’expressives figures en plâtre, dont Femme qui marche I (1932-3) et Buste d'un homme assis (1965), Giacometti a appliqué ces principes esthétiques de l'art égyptien antique à son propre travail.

«Ce que nous essayons de montrer dans cette exposition, c'est que Giacometti n'a pas copié un livre – il avait une autre perception et a sélectionné des images spécifiques», explique Romain Perrin. L'une des œuvres les plus fascinantes exposées est un portrait funéraire du Fayoum de l'époque romaine d'une femme au regard direct mais doux. Giacometti a réalisé un croquis de ces portraits, louant et adoptant la manière dont les artistes égyptiens ont efficacement représenté le regard fixe, donnant vie au modèle. Le regard perçant est devenu emblématique des sculptures de Giacometti, reflétant la fragilité et la complexité émotionnelles.

«Il y a un aspect de la vie dans le portrait», remarque M. Perrin. «C'est paradoxal car l'art égyptien antique était considéré par les théoriciens occidentaux à cette époque comme quelque chose d'archaïque. Mais Giacometti a utilisé cet archaïsme pour montrer qu'il était plus réaliste que tout autre art.» Selon lui, Giacometti aurait pu se considérer dans cette forme d'art comme un alter ego du scribe intellectuel. Romain Perrin a également révélé qu'une photographie privée retrouvée dans les archives montre Giacometti posant de manière ludique d'une manière qui rappelle la stature des anciens Égyptiens.

L'exposition a surpris de nombreux visiteurs, qui ignoraient le lien indéniable entre Giacometti et le monde de l'Égypte antique.

«Le plus beau commentaire que j'ai entendu au cours des deux premiers jours de l'exposition, se souvient M. Perrin, était celui d'un couple qui ayant vu Walking Woman, pensait que c'était égyptien. Mais c'est Giacometti.»


Mondial-2026: le Maroc en liesse après la qualification des Lions de l'Atlas pour les 8es

Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
  • "L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada"
  • Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but

RABAT: Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat.

Le choc Maroc/Pays-Bas a tenu en haleine tout un pays. A peine la fin du match sifflée, de nombreux supporters ont conflué à pied, en voiture ou à moto vers l'avenue Mohammed V, l'une des principales artères du centre-ville de la capitale.

"Le Maroc entier est heureux de cette victoire. Nos Lions de l'Atlas ont fait preuve de combativité et de niaque", s'exclame l'un d'eux, Mehdi Bejdid.

Le stade Moulay El Hassan, à Rabat, a vibré au rythme de la ferveur des nombreux Marocains venus regarder le match sur un écran géant.

"L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada", s'est réjoui auprès de l'AFP Ahmed Al Khourassani après le match.

Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but (1-1, 3 tab à 2) à Monterrey, au Mexique.

"Match épique" 

"Honnêtement, les tirs au but et la tension du match ont été difficiles à gérer. Ça nous a rappelé les moments que nous avons vécus au Mondial-2022 contre l'Espagne. Dieu merci, nous avons gagné aujourd'hui", commente Yahia Bakhtaoui.

"Nous allons atteindre les demi-finales, puis la finale, pour remporter la coupe, si Dieu le veut. Dima Maghrib (vive le Maroc, en dialecte marocain)!", espère ce supporter de 20 ans qui a suivi le match au stade Moulay El Hassan.

Ce mardi matin, les médias marocains ont à l'unanimité encensé l'exploit de l'équipe nationale, parlant de "match épique" et de "qualification héroïque".

"Les Lions de l'Atlas continuent de faire rêver tout un peuple", écrit ainsi le site d'information Le360.

Sous la conduite de Mohamed Ouahbi, nommé il y a quatre mois seulement, le Maroc affrontera le Canada en 8e de finale. L'équipe a entamé ce Mondial-2026 sous de bons auspices en faisant d'abord match nul contre le Brésil (1-1), puis en battant l'Ecosse (1-0) et Haïti (4-2).

"C'est l'équipe nationale qu'on voulait et qui est capable de remporter la Coupe du monde", veut croire Samir Al Houti, 26 ans.


À Vision Golfe 2026, Athar accélère son ouverture internationale

Mohamed Al Ayed, vice-président d’Athar et fondateur et directeur général de TRACCS, lors de la table ronde « La culture comme levier d’influence : synergies franco-golfiques dans le patrimoine et les industries créatives » à Vision Golfe 2026. (Photo: Arab News en français)
Mohamed Al Ayed, vice-président d’Athar et fondateur et directeur général de TRACCS, lors de la table ronde « La culture comme levier d’influence : synergies franco-golfiques dans le patrimoine et les industries créatives » à Vision Golfe 2026. (Photo: Arab News en français)
  • Pour sa première participation à Vision Golfe, Athar cherche à renforcer sa visibilité en Europe et à attirer davantage de participants internationaux vers son festival à Riyad
  • En trois ans, l’événement s’est imposé comme un acteur clé des industries créatives régionales et vise 10 000 visiteurs d’ici cinq à six ans, dont la moitié venus de l’étranger

PARIS: À l'occasion de sa première participation à Vision Golfe, le festival saoudien Athar affiche clairement ses ambitions internationales. L'événement souhaite séduire de nouveaux partenaires, intervenants et visiteurs étrangers afin de poursuivre son développement et de renforcer le rayonnement de l'écosystème créatif saoudien.

« L'objectif est de créer des synergies, d'identifier les opportunités et de révéler tout le potentiel de notre industrie », explique Mohamed Al Ayed, vice-président d'Athar et fondateur et directeur général de TRACCS.

Créé en 2023, Athar est né de la volonté de célébrer la créativité saoudienne tout en connectant le Royaume aux grands acteurs internationaux de la communication, du marketing et des industries créatives. En seulement trois éditions, le festival s'est imposé comme un rendez-vous de référence. L'édition 2025 a réuni près de 3 000 participants sur deux jours, dont un tiers venus de l'extérieur de l'Arabie saoudite.

Cette dynamique s'inscrit dans le parcours de Mohamed Al Ayed, figure reconnue de la communication au Moyen-Orient. En 1998, il fonde TRACCS à Djeddah, aujourd'hui devenu le plus grand cabinet indépendant de conseil en communication de la région MENA. L'entreprise est présente sur une dizaine de marchés, avec un réseau de bureaux couvrant notamment les Émirats arabes unis, l'Égypte, le Liban et plusieurs autres pays de la région.

Athar poursuit désormais une stratégie d'internationalisation. Après une présence remarquée aux Cannes Lions 2026 et un agenda qui se déploie entre Riyad, Londres, Nice et Paris, le festival utilise sa participation à Vision Golfe comme une porte d'entrée vers les écosystèmes européens de la création. « Pourquoi Paris ? Pour donner envie aux acteurs de la création, de la communication et du marketing de venir découvrir Athar à Riyad », résume Mohamed Al Ayed.

L'événement rassemble aujourd'hui des participants de plus de vingt nationalités. Environ 85 % des participants sont des décideurs issus d'organisations publiques et privées, saoudiennes comme internationales. Le festival accueille également des étudiants et des établissements académiques afin de contribuer à la formation de la nouvelle génération de professionnels. Son programme comprend une trentaine de conférences réparties sur cinq scènes, offrant un espace d'échanges entre leaders de l'industrie, créatifs émergents et experts internationaux.

Le point d'orgue de ces deux journées est la cérémonie des Athar Awards, qui récompense les campagnes, les talents et les initiatives les plus remarquables des secteurs de la communication, du marketing et des industries créatives dans la région.

À plus long terme, Athar vise une nouvelle étape de son développement : atteindre 10 000 visiteurs dans les cinq à six prochaines années, avec une audience composée pour moitié de participants internationaux. Au-delà de la croissance de sa fréquentation, le festival ambitionne de bâtir une marque internationale de référence, capable de connecter les écosystèmes créatifs du Royaume avec ceux d'Europe et du reste du monde.

Pour Mohamed Al Ayed, la participation à Paris s'inscrit pleinement dans cette stratégie d'ouverture. « Nous voulons créer davantage de synergies et d'opportunités, tout en faisant d'Athar une plateforme incontournable pour tous ceux qui souhaitent contribuer à l'avenir des industries créatives en Arabie saoudite. »

Dans le cadre de Vision Golfe 2026, Mohamed Al Ayed est également intervenu lors de la table ronde « Culture as Soft Power: Franco-Gulf Synergies in Heritage and Creative Economies », aux côtés de représentants de TV5 Monde, de COFREX, de France Muséums, d'Atout France et du Groupe Novelty. Les échanges ont porté sur le rôle de la culture, du patrimoine et des industries créatives comme leviers de coopération et d'influence entre la France et les pays du Golfe.


Pour ses 80 ans, l'iconique Vespa retrouve la Ville éternelle

Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
  • La Vespa célèbre ses 80 ans à Rome, réunissant plus de 10 000 passionnés venus du monde entier pour rendre hommage à cette icône du style et du savoir-faire italiens
  • Symbole de liberté, de mobilité et d’émancipation sociale depuis 1946, la Vespa a dépassé le statut de simple scooter pour devenir un véritable phénomène culturel mondial

ROME: De "Vacances romaines" à "Journal intime" en passant par "La Dolce vita", elle est devenue à l'écran une icône mondiale du mode de vie à l'italienne: la légendaire Vespa, un scooter né en même temps que la République italienne, fête ce week-end ses 80 ans à Rome.

Samedi dans la matinée, des milliers de Vespa ont envahi les rues de la capitale italienne, créant un chaos coloré et bon enfant.

Qui en blouson de motard, défiant la chaleur romaine, qui en tee-shirt, en couple ou seul sur la selle, ces amoureux du célèbre scooter ont défilé dans le centre, y compris dans des rues d'ordinaire fermées au trafic de véhicules privés.

"Nous avons amené notre Vespa depuis les États-Unis. Nous sommes passés par l’Allemagne, puis par Vienne (...) et j’ai ensuite roulé avec ma Vespa de l’Autriche à Rome, pendant deux semaines", a déclaré à l'AFP-TV David Baamonde, un habitant du Texas.

"Pour moi, la Vespa, c’est un art de vivre, une insouciance, profiter de l’instant présent, découvrir les paysages — c’est un mode de vie", déclare pour sa part l'Italien Andrea Musco.

"L'histoire de la Vespa, qui accompagne littéralement la naissance et l'essor de l'Italie après la Deuxième Guerre mondiale, est en quelque sorte un symbole iconique de notre histoire, de notre culture", avait rappelé le maire de la capitale italienne, Roberto Gualtieri, à l'occasion de la présentation des festivités.

La Vespa, qui signifie "guêpe" en italien - une référence au bruit du moteur de son prototype -, est née le 23 avril 1946, lorsque le premier brevet sur sa fabrication a été déposé en Italie par Piaggio. Elle continue depuis d'être produite notamment sur le site de Pontedera, en Toscane (centre-nord de l'Italie).

- "La Vespa, c’est spécial" -

Plus de 10.000 "Vespistes" en provenance du monde entier sont attendus sur leurs engins de toutes les époques, reconnaissables à leurs lignes arrondies, leur carrosserie en métal aux couleurs éclatantes et leur phare rond monté sur le guidon.

Parmi eux, Andrew Ward, 57 ans, et sa soeur Julie Stover, 63 ans, qui ont fait le déplacement depuis les Etats-Unis. Les deux Californiens ont loué une Vespa à Rome pour pouvoir participer au défilé.

"Nous avons eu des scooters et des motos toute notre vie. Mais j'ai toujours voulu une Vespa. (...) Maintenant, j'en ai deux", explique à l'AFP Andrew, coutumier des rassemblements de "Vespistes" dans son pays.

"C'est un scooter de grande qualité. Et il est associé à un certain statut. C'est classe, vous voyez. Ce n'est pas comme les petits scooters bon marché qu'on voit tout le temps sur la route. La Vespa, c'est spécial", poursuit sa soeur.

- Emancipation sociale -

Conçue pour être un moyen de transport populaire et accessible, la Vespa - qui a bénéficié de toutes sortes d'innovations dérivées de l'aviation, le coeur de métier de Piaggio - est aussi devenue le symbole d'une certaine émancipation sociale.

Son histoire est entremêlée avec "l'histoire d'un pays qui sort de l'après‑guerre, qui veut bouger, qui veut se relever", a commenté Matteo Colaninno, le président exécutif du groupe Piaggio, à la présentation des célébrations.

"Et ce désir de bouger n'est pas seulement une mobilité physique", c'est aussi "une sorte d'élan vers la mobilité économique et surtout la mobilité sociale", a-t-il expliqué.

"Aujourd'hui, la Vespa est devenue un phénomène mondial, nous sommes à l'aube des 20 millions de véhicules produits" depuis 1946, a relevé M. Colaninno.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni photographiée jeudi assise sur une Vespa blanche dans les salons du Palazzo Chigi, sa résidence officielle, a salué dans le fameux scooter non seulement "une excellence industrielle" mais aussi "l'une des icônes italiennes les plus appréciées au monde, symbole de la créativité et du style italiens".

Mais pour Illac Diaz, originaire des Philippines, le plus "beau avec la Vespa", ce sont les amitiés qu'elle fait naître.

"Il n'y a aucun endroit où tu te gares sans que les gens deviennent des amis. Donc, la Vespa, c'est comme une famille", souligne cet homme de 52 ans, qui vient tout juste d'acheter une maison à Trieste, dans le nord de l'Italie, où il prévoit d'acquérir au plus vite... une nouvelle Vespa.