Entrée en vigueur du pass sanitaire européen, espoir pour le tourisme

L'été 2021 devrait être nettement plus radieux pour le secteur en Espagne, la deuxième destination touristique mondiale, qui espère accueillir 45 millions de touristes en 2021, selon l'objectif fixé par les autorités. (Photo, AFP)
L'été 2021 devrait être nettement plus radieux pour le secteur en Espagne, la deuxième destination touristique mondiale, qui espère accueillir 45 millions de touristes en 2021, selon l'objectif fixé par les autorités. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 01 juillet 2021

Entrée en vigueur du pass sanitaire européen, espoir pour le tourisme

  • Vacciné, guéri ou testé négatif à la Covid-19, il faudra à partir de jeudi montrer patte blanche pour franchir les frontières européennes, en utilisant le nouveau «pass sanitaire»
  • En Asie où le variant Delta progresse, la Thaïlande s'apprête à rouvrir jeudi l'île paradisiaque de Phuket aux touristes internationaux

BRUXELLES: L'UE espère relancer un tourisme figé par la pandémie de coronavirus avec un pass sanitaire à compter de jeudi pour les voyageurs, malgré des campagnes de vaccination inégales et la menace du variant Delta. 

Vacciné, guéri ou testé négatif à la Covid-19, il faudra à partir de jeudi montrer patte blanche pour franchir les frontières européennes, en utilisant le nouveau "pass sanitaire" désormais indispensable pour voyager dans 33 pays du Vieux continent, même si les règles varient selon les destinations et les pays d'origine.

Ce précieux sésame devrait donner une bouffée d'oxygène à l'industrie du tourisme, mise à genoux par la pandémie: selon l'ONU, l'effondrement du tourisme international pourrait entraîner une perte de plus de 4 000 milliards de dollars pour le PIB mondial sur les années 2020 et 2021, soit une fois et demi le PIB français.

Les taux de vaccination étant inégaux, avec moins de 1% de la population vaccinée dans certains pays et plus de 60% ailleurs, le rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) publié mercredi relève que les pertes touristiques sont plus importantes dans les pays en développement.

Eté touristique et coronavirus: état des lieux des mesures en Europe

Un an après le désastreux été 2020, où chaque Européen était incité à visiter son propre pays, la saison 2021 s'annonce un peu plus simple sur le front touristique. 

Tests PCR, pass sanitaire, mesures barrières, masques:  les pays s'organisent pour accueillir au mieux les touristes. Etat des lieux. 

ESPAGNE

L'été 2021 devrait être nettement plus radieux pour le secteur en Espagne, la deuxième destination touristique mondiale, qui espère accueillir 45 millions de touristes en 2021, selon l'objectif fixé par les autorités.

Qui peut entrer ?

Les voyageurs d'un certain nombre de pays sont totalement exemptés de restrictions et peuvent entrer en Espagne sans même avoir besoin de présenter de test négatif ou de certificat de vaccination.

Il s'agit de l'Albanie, l'Australie, la Corée du Sud, les Etats-Unis, Israël, le Japon, le Liban, la Nouvelle-Zélande, la Macédoine du Nord, le Rwanda, la Serbie, Singapour, la Thaïlande, Taïwan, la Chine ainsi que Hong Kong et Macao.

Depuis le 7 juin, l'Espagne a par ailleurs ouvert ses frontières aux touristes du monde entier entièrement vaccinés.

Les Européens non vaccinés peuvent venir s'ils présentent un test (antigénique ou PCR) négatif de moins de 48 heures.

Ces obligations valent également pour les arrivées par voie terrestre (par exemple depuis la frontière avec la France) pour tous les voyageurs de plus de 12 ans.

Depuis lundi, l'Espagne a rétabli l'obligation de présenter un test PCR négatif pour les Britanniques, premier contingent de touristes dans le pays en temps normal, qui en étaient exemptés depuis fin mai.

Mais l'Espagne est toujours considérée à risque par le Royaume-Uni, qui impose une quarantaine au retour à ses ressortissants, de quoi les dissuader de venir profiter du soleil espagnol. 

Seules les Baléares ont été incluses dans la liste verte du Royaume-Uni, ce qui signifie que les Britanniques seront exemptés de quarantaine à leur retour de l'archipel.

https://www.mscbs.gob.es/profesionales/saludPublica/ccayes/alertasActual/nCov/spth.htm

Mesures à respecter sur place

Depuis le 26 juin, le port du masque n'est plus obligatoire à l'air libre dans le pays.

Il n'y a plus de couvre-feu ni d'interdiction de se déplacer d'une région à l'autre.

Les restaurants sont ouverts en intérieur et en extérieur mais avec un nombre limite de convives et de capacité d'accueil des établissements, des restrictions qui varient selon les régions, compétentes en matière de santé et de gestion de la crise sanitaire.

Dans certaines régions d'Espagne, notamment dans la capitale Madrid et à Barcelone, la deuxième plus grande ville du pays, les boîtes de nuit ont rouvert depuis le 21 juin, même si elles restent soumises à des restrictions d'affluence et d'horaires, encore une fois fixés par les régions.

ITALIE

La péninsule devrait accueillir cet été 6,7 millions de touristes étrangers en plus (+24,1%), mais 65,8 millions de moins qu'en 2019 lorsque la barre des 100 millions avait été franchie.  

Qui peut entrer ?

Les voyageurs en provenance de l'UE ne sont plus obligés de respecter une quarantaine à condition de présenter le fameux pass sanitaire européen prouvant une vaccination complète, une guérison ou la négativité d'un test anti-Covid de moins de 48h.

Ces conditions s'appliquent aussi aux voyageurs des Etats-Unis, du Canada, du Japon, d'Israël, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, de la Corée du sud, du Rwanda, de Singapour et de Thaïlande. 

Les touristes du Royaume-Uni devront quant à eux effectuer une quarantaine de cinq jours après présentation d'un test négatif. Un deuxième test après cette quarantaine sera requis. 

Enfin, l'Italie est interdite aux touristes en provenance du Brésil, de l'Inde, du Bangladesh et du Sri-Lanka.

https://infocovid.viaggiaresicuri.it/index_en.html

Mesures à respecter sur place

Le port du masque n'est plus obligatoire à l'extérieur, seulement dans les endroits publics clos. 

Le pays tout entier est considéré comme une "zone blanche", c'est à dire avec un faible risque d'infection et il n'y a plus de couvre feu nocturne ni de restrictions dans les restaurants et les bars. Seules les tables doivent être espacées d'un mètre.

PORTUGAL

L'Algarve, très prisée des Britanniques, figure parmi les régions les plus recherchées. Le principal afflux de touristes est attendu à partir de juillet.

Qui peut entrer ?

Les passagers qui se rendent au Portugal en avion, à l’exception des enfants de moins de 12 ans, doivent présenter un certificat de vaccination complète ou un test PCR (moins de 72 heures) ou antigénique (moins de 48 heures) avant l'embarquement.

Les passagers en provenance d'Afrique du Sud, Brésil, Inde et Népal ne peuvent se rendre au Portugal que pour des motifs essentiels, et doivent observer une quarantaine de 14 jours.

Les Britanniques qui n'ont pas été complètement vaccinés doivent également observer une quarantaine.

A l'exception des pays membres de l'UE, des pays associés à l'espace Schengen et de certains pays comme les Etats-Unis ou l'Australie, les passagers de pays tiers ne peuvent se rendre au Portugal que pour des raisons essentielles.

https://portaldascomunidades.mne.gov.pt/pt/noticias/faq-s-viagens-para-portugal-conselhos-aos-emigrantes

Mesures à respecter sur place

Les  touristes devront respecter les règles de distanciation et le port du masque obligatoire notamment. 

Le gouvernement a aussi défini un ensemble de règles pour les plages et les piscines publiques. Il faudra par exemple respecter une distance d'au moins trois mètres entre les parasols. Un système d'information sur l'occupation des plages a également été lancé avec trois couleurs selon le niveau d'occupation.

GRECE

D'après le ministre du tourisme Haris Theocharis, environ 150.000 touristes sont arrivés en Grèce depuis le début de la saison le 14 mai. L'objectif est d'atteindre en 2021 environ 40-50% des recettes de 2019 (soit 18,2 milliards d'euros). En 2020, les recettes n'ont été que de 4,28 milliards d'euros.

Qui peut entrer ?

Les citoyens de l'espace européen, Schengen et assimilés, ainsi que les résidents permanents d'une vingtaine de pays dont le Canada, les Etats-Unis, Israël, la Chine, la Thaïlande, la Russie, l'Arabie Saoudite... sont soumis à certaines réglementations:

- remplir un formulaire de localisation en ligne au moins la veille de leur arrivée en Grèce

- présenter à l'embarquement soit un certificat de vaccination complète achevée au moins 14 jours avant le voyage, soit le résultat d’un test PCR ou d'un test négatif au coronavirus de moins de 72h ou un test antigénique négatif de maximum 48H avant l'arrivée en Grèce, soit un certificat de rétablissement.

- Les visiteurs peuvent être soumis de manière aléatoire à des tests antigéniques à leur arrivée dans les aéroports grecs.

-Les voyageurs venant de Russie à partir du 30 Juin même s'ils sont vaccinés doivent avoir fait des tests PCR ou antigéniques pour entrer en Grèce.

https://travel.gov.gr/#/

Mesures à respecter sur place

Le port du masque n'est obligatoire qu'en intérieur. Il n'y a plus de couvre-feu depuis le 28 juin. Pour se rendre dans les îles, les voyageurs doivent présenter un test PCR ou antigénique négatif, un auto-test, ou un certificat de vaccination. 

Les cinémas rouvrent le 1er juillet alors que les autres salles fermées comme les les discothèques, les restaurants et les cafés en intérieur vont rouvrir le 15 juillet avec plusieurs restrictions.

Dans les salles de concert ou les discothèques fermées il faudra notamment avoir fait un test antigénique avant de s'y rendre.  

Au restaurant, le nombre de personnes autour d’une table est limité à 10.

FRANCE

En France, première destination touristique mondiale avant la pandémie, les recettes (57 milliards d'euros en 2019) ont été divisées par deux l'été dernier. 

Qui peut entrer ?

Pour les pays classés "verts" (Espace européen, Etats-Unis, Australie, Corée du Sud, Israël, Japon, Liban, Nouvelle-Zélande, Singapour...), aucun motif impérieux n'est exigé et un test PCR ou antigénique de moins de 72h est demandé aux seules personnes non vaccinées.

Pour les pays classés "oranges", comme la Grande-Bretagne, un test PCR ou antigénique est exigé si le voyageur est vacciné, sinon il lui faut un motif impérieux, un test négatif et il sera en auto-isolement de 7 jours.

Pour les pays classés "rouges", dont l'Afrique du Sud, le Brésil ou la Turquie, un motif impérieux est nécessaire pour venir en France et si le voyageur n'est pas vacciné il est soumis à une quarantaine obligatoire de 10 jours contrôlée par les forces de sécurité. 

www.diplomatie.gouv.fr

Mesures à respecter sur place

Le masque est obligatoire seulement dans les lieux clos et il n'y a plus de couvre feu.

Les bars et restaurants ont rouvert et peuvent depuis mercredi utiliser leur capacité maximale, en salle comme en terrasse, à l'exception de certaines régions particulièrement touchées par le variant Delta. 

ROYAUME UNI

Qui peut entrer ?

Le Royaume-Uni est de facto quasi fermé aux touristes étrangers étant donné les strictes restrictions imposées aux frontières pour les arrivées, avec pour la plupart des pays (notamment européens comme la France ou l'Italie) une quarantaine et de coûteux tests à réaliser voire pour certains (dont Amérique du Sud, Tunisie, Inde, Turquie…) une quarantaine à l'hôtel aux frais du voyageur, coûtant 1.750 livres (2.000 euros) par personne.

Les voyageurs venant de pays classés "verts" sont exemptés de quarantaine. Seize pays ou territoires ont rejoint cette liste mercredi, dont les Baléares, Malte, et Madère.

https://www.gov.uk/guidance/red-amber-and-green-list-rules-for-entering-england

Mesures à respecter sur place

Une grande partie ont été levées, les dernières (limites sur les rassemblements, service debout dans les pubs, discothèques) doivent l'être le 19 juillet, après avoir été repoussées de plusieurs semaines en raison de la poussée récente du variant indien.

Des Américains à Paris

A Paris, les premiers touristes américains ont réinvesti les lieux prisés par les voyageurs étrangers: Montmartre, le Sacré-Cœur, la Tour Eiffel...

"C'est incroyable! On voulait revenir depuis l'année dernière mais comme les frontières étaient fermées (...) On est très, très heureux d'être ici, c'est comme prendre un bol de culture et ça nous avait vraiment manqué", a confié Padmini Pyapali, une ingénieure au nombre de ces "revenants".

Les dernières restrictions ont sauté mercredi en France avec la fin des jauges dans les cinémas, restaurants ou magasins. Pour tous les évènements rassemblant plus de 1 000 personnes y compris les salons, congrès et foires désormais sans jauge, le pass sanitaire sera exigé.

Mais les inquiétudes montent quant à une possible quatrième vague de Covid-19 après l'été, si la vaccination continue de plafonner, alors que le variant Delta représente déjà "20% des nouveaux diagnostics", selon le ministre français de la Santé, Olivier Véran. La moitié de la population a reçu une première dose (33,7 millions).

L'Autriche, dont près de la moitié des quelque neuf millions d'habitants ont déjà reçu au moins une injection et un quart sont totalement vaccinés, rouvre jeudi ses discothèques et met fin aux restrictions de jauge pour les événements culturels et sportifs.

Désillusion pour le vaccin de l'allemand CureVac

Identifié d'abord en Inde, le variant Delta, beaucoup plus contagieux, est désormais présent dans au moins 85 pays, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Et surtout en Russie, qui a enregistré mercredi un record de décès quotidiens dus au coronavirus pour la deuxième journée consécutive, avec 669 morts ces dernières 24 heures.

Dans ce contexte, le président Vladimir Poutine a appelé ses concitoyens hésitant à se faire vacciner contre le coronavirus à écouter "les experts" et non les rumeurs, lors de sa grand-messe annuelle télévisée. Il s'est toutefois dit opposé à toute obligation vaccinale à l'échelle nationale.

La campagne vaccinale, lancée en décembre à grand renfort de propagande autour du Spoutnik V, l'injection phare de Moscou, n'a pour l'instant convaincu que 23 des 146 millions de Russes, sur fond de méfiance généralisée.

La Russie est le pays européen le plus endeuillé par le Covid-19 avec 134.545 morts selon les chiffres du gouvernement et 270.000 morts selon l'agence des statistiques Rosstat, qui en a une définition plus large.

Malgré cette flambée des cas, le quart de finale de l'Euro de foot (Suisse-Espagne), se tiendra bien vendredi à Saint-Pétersbourg, selon les organisateurs. Et ce, alors que quelque 300 supporters finlandais rentrés après avoir assisté à l'Euro dans cette ville ont été testés positifs.

Le vaccin développé par le laboratoire allemand CureVac n'est efficace qu'à 48% pour prévenir le Covid-19, un taux bien plus faible que les autres vaccins à ARN messager, qui rend incertain l'avenir de ce produit déjà commandé en masse par l'Union européenne. 

Bangladesh confiné

En Australie, confrontée au variant Delta, Alice Springs, située dans l'immense et désertique arrière-pays, est devenue mercredi la cinquième ville du pays à être confinée alors que la population ne cache pas sa colère face à la lenteur de la campagne de vaccination.

Et en Asie où le variant Delta progresse, la Thaïlande s'apprête à rouvrir jeudi l'île paradisiaque de Phuket aux touristes internationaux, alors que le royaume a enregistré mercredi son pire bilan quotidien depuis le début de la pandémie de Covid-19 avec 53 morts. 

A l'inverse le Bangladesh, pays de 168 millions d'habitants lui aussi en proie à la progression du variant Delta, introduit un confinement strict avec armée et police ayant ordre d'arrêter quiconque  sortant sans raison impérieuse.

A Hong Kong, entre en vigueur jeudi l'interdiction de tous les vols en provenance du Royaume-Uni. Les Japonais souhaitant se rendre à l'étranger pourront disposer à partir de jeudi d'un passeport vaccinal.

La pandémie a fait au moins 3 940 888 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mercredi.


Amnesty International exhorte la Belgique à mettre fin aux violations des droits des demandeurs d'asile

Des demandeurs d'asile dorment dans une rue du centre de Bruxelles, en Belgique, le 28 octobre 2022. (Reuters)
Des demandeurs d'asile dorment dans une rue du centre de Bruxelles, en Belgique, le 28 octobre 2022. (Reuters)
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  • La Belgique fabrique activement une crise du sans-abrisme. Sans intervention urgente, cette crise va s'aggraver
  • L'organisation a interrogé des personnes, dont des Palestiniens, qui naviguent dans le système d'asile du pays.

LONDRES : Amnesty International a condamné jeudi la Belgique pour avoir rejeté les demandes d'asile de milliers de personnes, les "forçant à devenir des sans-abri".

Amnesty a accusé ce pays membre de l'UE de "discrimination à l'encontre des hommes célibataires racialisés", ce qui a eu "un impact sur la vie, la dignité et les droits de l'homme des demandeurs d'asile".

L'organisation a ajouté : "À ce jour, les tribunaux nationaux et internationaux ont ordonné plus de 12 000 fois aux autorités belges d'accueillir des demandeurs d'asile.

"La Belgique a toujours refusé de se conformer pleinement aux jugements, bien que ceux-ci soient définitifs et juridiquement contraignants.

Amnesty a interrogé des personnes qui se sont retrouvées sans domicile fixe alors qu'elles naviguaient dans le système d'asile belge depuis 2021. Nombre d'entre elles ont déclaré qu'en plus de se voir refuser un logement, l'accès aux soins de santé est un problème majeur.

Sayed, qui a voyagé depuis l'Afghanistan, a passé du temps dans un squat à Bruxelles avec d'autres migrants sans-abri d'octobre 2022 à 2023.

"Au début, c'était assez bien, il y avait des toilettes et des douches, et certaines personnes apportaient de la nourriture l'après-midi ", a-t-il expliqué à Amnesty.

"Mais peu à peu, le centre s'est complètement transformé en cimetière. Les douches et les toilettes étaient cassées, avec le temps... L'urine arrivait jusqu'à l'endroit où l'on dormait."

Selon lui, les Belges ordinaires et les organisations caritatives locales ont été accueillants, mais l'État ne l'a pas été. "Les gens ressentaient notre douleur, mais pas les autorités", a-t-il ajouté.

Les réfugiés palestiniens Ahmet et Baraa, qui ont fui la guerre de Gaza l'année dernière, ont également été contraints de vivre dans un squat.

"Il faisait froid... Vous pouvez être affamé et personne ne le saura. Personne ne vous aidera", a déclaré Ahmet. "J'ai perdu beaucoup de parents et d'amis (à Gaza). Ma mère est gravement blessée, ainsi que mes frères et ma sœur. Je me suis mis à leur place : Je dois juste survivre."

Baraa a déclaré qu'il souhaitait simplement "une vie simple, des droits fondamentaux, un travail, de la nourriture dans (mon) estomac et vivre comme une personne normale. Nous avions une vie à Gaza, mais nous n'avions pas la sécurité nécessaire et c'est pour cela que nous sommes partis. C'est pourquoi nous sommes venus ici : pour trouver un endroit sûr".

Amnesty International craint que la Belgique ne continue d'exacerber le problème après que son nouveau gouvernement se soit engagé à adopter "la politique migratoire la plus stricte possible".

Amnesty a exhorté le gouvernement à "fournir immédiatement des places d'accueil en nombre suffisant et à veiller à ce que toutes les personnes demandant l'asile bénéficient d'un logement adéquat".

"Il doit veiller à ce que les personnes aient accès à des services de santé adéquats, y compris à un soutien psychologique spécialisé, quelle que soit leur situation en matière de logement.

L'organisation a également demandé à l'Union européenne de "veiller à ce que la Belgique rétablisse le respect" de ses obligations légales à l'égard des demandeurs d'asile, "notamment en lançant des procédures d'infraction si nécessaire".

Eva Davidova, porte-parole d'Amnesty International Belgique, a déclaré que "l'incapacité du pays à fournir un accueil n'est pas due à un manque de ressources mais à un manque de volonté politique".

Elle a ajouté : "Le gouvernement précédent a eu amplement le temps de résoudre la situation des sans-abri et ne l'a pas fait.

"Le gouvernement actuel se préoccupe davantage de réduire le nombre de personnes qui reçoivent l'asile que de s'attaquer aux préjudices réels infligés aux demandeurs d'asile qui se trouvent actuellement dans le pays.

"L'ampleur et la durée du mépris persistant de la Belgique pour les décisions de justice soulèvent des questions quant à la manière dont les détenteurs de droits peuvent espérer demander des comptes au gouvernement belge, en particulier les personnes marginalisées et racialisées comme celles qui sont affectées par cette situation.

Mme Davidova poursuit : "La Belgique fabrique activement une crise du sans-abrisme qui aura un impact négatif durable sur la vie et la dignité des personnes, tandis que la société civile est laissée à elle-même pour ramasser les morceaux.

"Sans une intervention urgente, cette crise s'aggravera, violant davantage les droits des demandeurs d'asile et érodant à la fois les pays et l'engagement de l'UE en faveur des droits de l'homme.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tarifs douaniers américains: Trump impose des prélèvements de 10% aux pays du CCG

Les droits de douane sont depuis longtemps une pierre angulaire de la stratégie économique de Donald Trump, ancrée dans son programme «America First». (Shutterstock)
Les droits de douane sont depuis longtemps une pierre angulaire de la stratégie économique de Donald Trump, ancrée dans son programme «America First». (Shutterstock)
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  • Alors que le CCG a été épargné par les pénalités les plus sévères, d'autres nations arabes ont été plus durement touchées
  •  La Syrie et l'Irak ont été frappés par des droits de douane de 41% et 39% respectivement

RIYAD: Les pays du Conseil de coopération du Golfe seront soumis à des droits de douane américains de 10% dans le cadre de la nouvelle politique commerciale de Donald Trump, qui vise à remédier à ce qu'il appelle des pratiques déloyales de longue date.

Alors que le CCG a été épargné par les pénalités les plus sévères, d'autres nations arabes ont été plus durement touchées: la Syrie et l'Irak ont été frappés par des droits de douane de 41% et 39% respectivement, suivis par la Libye à 31%, l'Algérie à 30%, la Tunisie à 28% et la Jordanie à 20%.

L'Égypte, le Maroc, le Liban et le Soudan ont reçu la même base de 10% que le CCG, ce qui reflète leurs liens commerciaux relativement stables avec les États-Unis, notamment en ce qui concerne les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques.

Hamza Dweik, responsable du négoce chez Saxo Bank, a déclaré à Arab News: «Les secteurs non énergétiques du CCG les plus vulnérables aux nouveaux droits de douane sont l'électronique, l'automobile, la construction, la vente au détail et les biens de consommation.»

Il a ajouté: «Ces industries dépendent fortement des biens importés, et l'augmentation des coûts due aux droits de douane pourrait entraîner une hausse des prix pour les consommateurs et une baisse de la compétitivité sur le marché.»

M. Dweik a également averti que le secteur des services financiers de la région pourrait être confronté à des défis, car l'incertitude mondiale accrue pourrait perturber les flux d'investissement et avoir un impact sur les marchés financiers régionaux.

Des préoccupations ont été soulevées concernant l'impact potentiel d'un tarif de base sur les chaînes d'approvisionnement du CCG, notamment dans les secteurs des métaux, des produits chimiques et de l'industrie.

Selon M. Dweik, des représailles mondiales ou des retombées commerciales sont possibles et pourraient affecter indirectement les économies du Golfe.

«L'incertitude politique et la possibilité de changements rapides pèsent lourdement sur les marchés mondiaux, y compris ceux du CCG. La région devrait se concentrer sur la diversification des relations commerciales et le renforcement des liens avec les régions non touchées afin d'atténuer les pertes potentielles», a-t-il ajouté.

Le pétrole exempté de droits de douane

La Maison Blanche a confirmé que les importations de pétrole et de gaz seraient exemptées des nouveaux droits de douane, ce qui constitue un soulagement notable pour les exportateurs du Golfe. Cette décision, qui s'applique également aux importations d'énergie en provenance du Canada, du Mexique et de l'Europe, vise à éviter de perturber les marchés américains de l'énergie et de faire grimper les prix des carburants.

Pour le CCG, cette exemption protège le secteur d'exportation le plus important de la région, puisque le pétrole et le gaz représentent plus de 60% des exportations de l'Arabie saoudite vers les États-Unis et restent un pilier essentiel du commerce entre le Golfe et les États-Unis.

Étant donné la dépendance du CCG à l'égard des exportations de pétrole, tout ralentissement économique mondial causé par les tensions commerciales pourrait avoir un impact négatif sur les prix du pétrole, ce qui exercerait une pression supplémentaire sur leurs économies, a déclaré M. Dweik, avant d'ajouter: «L'exonération permet d'atténuer certains de ces effets, en veillant à ce que la principale source de revenus de ces pays reste relativement stable malgré les perturbations commerciales plus générales.»

Les droits de douane sont depuis longtemps une pierre angulaire de la stratégie économique de Donald Trump, ancrée dans son programme «America First» visant à protéger les industries nationales et à réduire les déficits commerciaux.

Le président a relancé cette approche avec de nouveaux droits d'importation radicaux, arguant que les pratiques commerciales déloyales ont désavantagé les travailleurs américains pendant des décennies.

Les pays les plus durement touchés par la hausse des droits de douane – notamment la Chine, l'Union européenne, l'Australie et le Japon – ont vivement critiqué cette décision et plusieurs d'entre eux ont déjà imposé des droits de rétorsion sur les produits américains. Ces mesures radicales ont suscité l'inquiétude dans le monde entier, alimentant les craintes d'une montée du protectionnisme, de perturbations de la chaîne d'approvisionnement et du risque d'une guerre commerciale plus large.

Bien que les pays du CCG ne soient pas parmi les plus durement touchés, les analystes ont averti que les exportateurs de la région pourraient encore être confrontés à une augmentation des coûts, à des perturbations de la chaîne d'approvisionnement et à une augmentation des frictions commerciales, en particulier dans des secteurs tels que l'aluminium, les produits pétrochimiques et les biens industriels.

Risque indirect du CCG lié aux droits de douane américains

Selon une analyse réalisée en février par S&P Global Market Intelligence, des pays comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis – qui maintiennent des taux de change fixes par rapport au dollar américain – sont particulièrement vulnérables au resserrement des conditions monétaires, car la Réserve fédérale américaine pourrait maintenir des taux d'intérêt élevés pour contenir les pressions inflationnistes résultant des perturbations commerciales.

Un dollar plus fort pourrait éroder la compétitivité des exportations et affaiblir les balances commerciales de ces économies ancrées. Le rapport met en garde contre le fait que des taux d'intérêt américains durablement élevés puissent également réduire les flux de portefeuille vers la dette des marchés émergents, ce qui pourrait déclencher des sorties de capitaux et des pressions sur les liquidités, en particulier dans les pays surendettés tels que l'Égypte et la Tunisie.

Bien que la situation de l'Égypte se soit améliorée grâce aux investissements du Golfe et à un programme du Fonds monétaire international, un cycle prolongé de resserrement des taux américains pourrait compromettre cette reprise.

En outre, si les prix du pétrole chutent dans un contexte de ralentissement économique mondial, les exportateurs de pétrole du CCG pourraient être contraints de retarder leurs dépenses d'infrastructure, ce qui exercerait une pression sur les programmes de diversification à grande échelle.

Le géant du transport maritime Maersk a mis en garde contre les retombées mondiales des nouveaux tarifs douaniers américains, avertissant que l'escalade des tensions commerciales pourrait perturber les chaînes d'approvisionnement et augmenter les coûts d'expédition dans le monde entier.

Pour la région du CCG, qui dépend fortement du commerce maritime pour ses exportations pétrolières et non pétrolières, ces perturbations représentent un risque important. Si les exportations de pétrole du Golfe vers les États-Unis restent exemptées, des secteurs comme l'aluminium, les produits pétrochimiques et les biens industriels pourraient être indirectement touchés par le ralentissement de la demande mondiale et l'augmentation des coûts de fret.

M. Dweik a fait remarquer que le CCG pourrait bénéficier de l'évolution de la structure du commerce mondial, en particulier si les droits de douane américains restent concentrés sur les concurrents d'autres régions.

Réaction du marché des actions du CCG

Selon les données de Bloomberg, les marchés boursiers régionaux du CCG ont largement baissé à la suite de l'annonce des tarifs douaniers.

Le principal indice d'Arabie saoudite, le Tadawul All-Share Index, a chuté de 72,78 points, soit 0,61%, tandis que le marché parallèle Nomu a baissé de 0,77% à 12h20, heure saoudienne. Les Émirats arabes unis ont connu les plus fortes baisses, l'indice d'Abu Dhabi ayant chuté de 2,86% et l'indice DFM de Dubaï de 2,64%.

L'indice MSX 30 de la Bourse d'Oman a perdu 0,76%, l'indice Bahrain Bourse All Share a chuté de 0,50% et l'indice général de la Bourse d'Amman en Jordanie a baissé de 1,70%.

En revanche, le Qatar a fait figure d'exception, tous les principaux indices affichant une évolution positive. La bourse du Qatar a gagné 0,46%, reflétant probablement la confiance des investisseurs dans le positionnement économique diversifié du pays et une exposition directe moindre aux risques de la politique commerciale américaine.

Alors que les exportations de pétrole de la région restent exemptes des nouveaux tarifs douaniers, le sentiment du marché semble avoir été affaibli par les préoccupations concernant les impacts indirects sur des secteurs clés tels que les métaux, l'industrie manufacturière et les biens industriels. Cette réaction souligne la sensibilité croissante des investisseurs à l'escalade des tensions commerciales mondiales et à leurs retombées potentielles sur les économies régionales.

Mesures prises par le CCG pour atténuer les risques liés aux droits de douane américains

Bien que les derniers droits de douane américains visent principalement la Chine, le Mexique et le Canada, les exportateurs du CCG ne peuvent pas se permettre de rester passifs. Les États-Unis ayant explicitement lié leur politique commerciale à la sécurité nationale et revu tous les accords commerciaux mondiaux dans le cadre d'un «plan équitable et réciproque», les entreprises basées dans le Golfe sont de plus en plus exposées.

Selon le rapport de mars de PwC sur le commerce, les droits de douane récemment annoncés sur l'aluminium et l'acier s'appliqueront à tous les pays, y compris les Émirats arabes unis, Bahreïn et Oman, et primeront sur les accords de libre-échange existants. Le rapport prévient également que les réductions de droits de douane ne s'appliqueront plus à ces produits, ce qui augmentera les coûts pour les exportateurs du CCG et affectera la compétitivité sur le marché américain.

PwC recommande aux entreprises du CCG d'évaluer d'urgence leur exposition en modélisant l'impact des coûts, en réexaminant les classifications commerciales et en exploitant des outils tels que les zones de libre-échange et les stratégies d'optimisation douanière.

Les entreprises devraient également renforcer la conformité commerciale, investir dans des solutions numériques pour la chaîne d'approvisionnement et explorer la diversification des marchés pour réduire la dépendance à l'égard des États-Unis.

Alors que l'environnement commercial mondial évolue vers des politiques plus protectionnistes, le rapport conclut qu'une approche «attentiste» n'est plus viable pour la région.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'émissaire spécial de Poutine se rend à Washington pour améliorer les relations bilatérales

Cette combinaison d'images créées le 30 mars 2025 montre le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 24 mars 2025 à Washington, DC et le président russe Vladimir Poutine à Moscou le 18 mars 2025. Le 30 mars 2025. (Photo de Brendan SMIALOWSKI et Maxim Shemetov / AFP)
Cette combinaison d'images créées le 30 mars 2025 montre le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 24 mars 2025 à Washington, DC et le président russe Vladimir Poutine à Moscou le 18 mars 2025. Le 30 mars 2025. (Photo de Brendan SMIALOWSKI et Maxim Shemetov / AFP)
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  • Il s'agit de la première visite d'un haut responsable russe à Washington depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.
  • Dans son communiqué, il a jugé « crucial pour le monde entier » le « dialogue » entre Moscou et Washington, tout en reconnaissant que son « rétablissement n'est pas un processus facile ».

WASHINGTON : L'émissaire économique spécial du président russe Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, a annoncé qu'il tiendrait jeudi « des réunions » à Washington avec des représentants de l'administration Trump, alors que les États-Unis et la Russie sont en plein rapprochement.

Il s'agit de la première visite d'un haut responsable russe à Washington depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, alors que le président américain Donald Trump affirme vouloir trouver une issue en négociant avec Moscou.

Elle survient au lendemain de l'annonce par M. Trump de droits de douane significatifs visant de nombreux pays, mais pas la Russie, déjà soumise à des sanctions américaines en raison de la guerre et qui n'est officiellement plus un partenaire commercial important selon Washington.

« Les 2 et 3 avril (...), je dois tenir des réunions à Washington avec des représentants de l'administration du président Donald Trump », a annoncé Kirill Dmitriev sur Telegram. 

Des médias américains ont annoncé son arrivée sur le sol américain dès mercredi, mais la Maison Blanche n'a pas confirmé sa venue à ce stade. Il n'a pas été précisé s'il s'était déjà entretenu avec des représentants américains.

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a refusé de donner « des détails » de ce déplacement organisé « sur instruction du président » Vladimir Poutine. Le patron du puissant Fonds souverain russe, M. Dmitriev, ne s'exprime pas sur les discussions en cours concernant l'Ukraine.

Dans son communiqué, il a jugé « crucial pour le monde entier » le « dialogue » entre Moscou et Washington, tout en reconnaissant que son « rétablissement (...) n'est pas un processus facile ». « Mais chaque réunion, chaque conversation franche, nous permet d'avancer », a-t-il assuré.

De son côté, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a qualifié de « dynamique » le dialogue avec les États-Unis « sur les irritants » qui dure depuis plusieurs semaines, évoquant « quelques progrès » mais « pas de percées » à ce stade. 

- Trump « furieux » -

Les sanctions américaines visant l'économie russe et les perspectives de coopération économique devraient ainsi figurer au programme des discussions.

Le 13 mars dernier, c'était Steve Witkoff qui s'était déplacé en personne à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine au Kremlin. Sa visite n'avait toutefois pas permis d'aboutir à une trêve sans conditions des combats en Ukraine, comme le proposait Donald Trump et comme le validait le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Depuis, le locataire de la Maison Blanche s'est dit « très énervé, furieux » contre son homologue russe, après que Vladimir Poutine eut évoqué l'idée d'une « administration transitoire » en Ukraine, sans M. Zelensky, dans le cadre du processus de paix. 

Dans la foulée, il a menacé la Russie de sanctions secondaires visant son pétrole si Moscou et Washington ne parvenaient pas à un accord rapide sur la question ukrainienne. 

Kirill Dmitriev est, lui, personnellement sous sanctions américaines depuis 2022 et a dû obtenir une suspension temporaire de ces restrictions pour obtenir un visa et se rendre aux États-Unis.

Il figurait parmi les négociateurs russes lors des pourparlers russo-américains qui se sont tenus le 18 février en Arabie saoudite, première rencontre de ce genre entre Russes et Américains, quelques jours après le premier appel officiel entre Vladimir Poutine et Donald Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison Blanche en janvier.

Fin février, une autre réunion russo-américaine a eu lieu à Istanbul concernant le travail des ambassades, après de multiples expulsions de diplomates des deux côtés depuis plusieurs années.

Né à Kiev sous l'URSS, Kirill Dmitriev connaît très bien les États-Unis où il a fait carrière. Il a travaillé auparavant pour la banque Goldman Sachs à New York, ainsi qu'au sein du cabinet de conseil McKinsey. Il est diplômé de l'université de Stanford et de la prestigieuse Harvard Business School.

Dans les années 2000, il a dirigé une division du fonds d'investissement USA-Russie, mis en place en 1995 par le président américain Bill Clinton pour dynamiser l'économie russe, alors en proie à des difficultés.