Régionales: des votants par devoir, des abstentionnistes déçus de la politique

Le président Emmanuel Macron vote lors du second tour des élections régionales, le 27 juin au Touquet (Photo, AFP).
Le président Emmanuel Macron vote lors du second tour des élections régionales, le 27 juin au Touquet (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 27 juin 2021

Régionales: des votants par devoir, des abstentionnistes déçus de la politique

  • L'abstention record, qui semble se confirmer au deuxième tour, «ça ne peut que nous interroger»
  • Alors qu'une polémique sur les ratés de l'acheminement des professions de foi des candidats a entaché le premier tour, plusieurs électeurs disent ne pas les avoir reçues non plus pour le second

PARIS: Des votants par devoir, des abstentionnistes déçus de la politique, et un manque d'information souvent épinglé: paroles d'électeurs rencontrés dimanche pour le second tour des régionales et départementales.

L'abstention record, qui semble se confirmer au deuxième tour, « ça ne peut que nous interroger. Qu'est-ce qui fait qu'on n'arrive pas à intéresser les électeurs ? », souligne la présidente d'un bureau de vote de Strasbourg, Françoise Schaetzel, une élue de 69 ans.

Alors qu'une polémique sur les ratés de l'acheminement des professions de foi des candidats a entaché le premier tour, plusieurs électeurs disent ne pas les avoir reçues non plus pour le second, comme Anne-Françoise, 66 ans et retraitée, pour qui « c'est sûr, ça ne donne pas envie d'aller voter ».

« Je viens voter, mais ça ne sert à rien », résume Hugues Hubert, 66 ans, retraité du secteur du transport, maillot de foot sur les épaules, et dont aucun des trois enfants ne se déplacera. « Voter pour les présidentielles, d'accord, mais pour les départementales, on ne sait rien. Que vont faire les candidats ? Aucune idée ».

Daniel, un agent d'entretien de 58 ans, dit d'ailleurs avoir « voté au hasard ».

Promesses non tenues

Dans un autre bureau strasbourgeois, la présidente Marina Lafay déplore « une sorte d'errance de la part de certains électeurs, notamment par rapport aux départementales », pour lesquelles au premier tour « certains découvraient les candidats sur la table ».

Pourtant, s'agace Isabelle Courteau, une fonctionnaire de 51 ans « encartée », « aujourd'hui avec internet, si on veut se renseigner, c'est facile ! ».

« Ne pas voter c'est un déni de démocratie », lance aussi, à Marseille, Thierry, un septuagénaire du Ve arrondissement pour qui toutefois « peut-être que les jeunes ont besoin d'alternative... »

A Lille, dans un bureau de vote du sud de la ville, Josiane Vanoverloop, 82 ans, qui fait elle partie de la « génération habituée à aller voter », a une explication à l'abstention : « Les gens sont en général dégoûtés de la politique : on nous dit toujours on va faire ci ou ça mais une fois élus, ils ne tiennent pas leurs promesses ».

« Les gens en ont assez », dit aussi à Dijon Alain Robiaud, un électeur d'un bureau de vote dont un assesseur parle d' « encore moins de participation qu'au premier tour ».

« Les anciens ont lutté pour avoir le droit de vote et aujourd’hui les jeunes ne font rien », peste Jean-Claude Berto, retraité de 69 ans.

Dans l’hypercentre de Lyon, même inquiétude. « Les jeunes ne sont pas là », glisse Dylan, agent de sécurité posté à l’entrée du bureau de l’ancien palais de la Bourse.

Mais à Dijon, Quentin Guillon de Princé, 31 ans, a, lui, tenu à voter aux deux tours car il « sait que la région à un certain pouvoir ».

France des « Lumières »

Pour conjurer l'abstention, Christine, une quadragénaire responsable des ressources humaines, plaide pour « le vote électronique ».

Nicolas, un médecin de 57 ans à Strabourg, dit d'ailleurs qu'il voterait « peut-être » si cela était possible « par internet » et si le vote blanc était pris en compte. Mais pour l'heure, il s'abstient, notamment parce que « les politiques ne répondent pas aux questions ».

« Si les candidats me parlaient un peu plus, je pourrais voter, peut-être, mais là, je n'arrive pas à m'identifier à une personne et encore moins à un mouvement politique », abonde Pierre Kieffer, 31 ans, auteur illustrateur.

Houssine Sbaï, 53 ans, employé dans l'industrie cosmétique, déplore lui les « amalgames » des débats politiques à la télévision, « sur l'islam, l'immigration ». « L'objectif c'est de vivre ensemble, et on a l'impression que les hommes politiques cherchent l'inverse. Quand je vois l'Histoire de la France, les Lumières, on est loin de tout ça », regrette-t-il.

Comme d'autres, Hélène Débotte, une Strasbourgeoise de 31 ans, ne vote pas car elle ne sait « pas pour qui ». « Mais j'irai aux présidentielles », car « c'est plus clair, les enjeux, les grandes lignes », et « j'ai plus l'impression de voter pour quelqu'un » d'identifié, « plutôt que pour un groupe de personnes dont je ne sais pas ce qu'elles font ».


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.