COVID-19: Castex veut "casser les chaines de transmission"; Paris entièrement masqué

A Paris ainsi que dans les trois départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne), le masque sera obligatoire (Photo, AFP).
A Paris ainsi que dans les trois départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne), le masque sera obligatoire (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 28 août 2020

COVID-19: Castex veut "casser les chaines de transmission"; Paris entièrement masqué

  • "C'est maintenant qu'il faut intervenir", a insisté jeudi le Premier ministre Jean Castex lors d'une conférence de presse à Matignon
  • Le Tour de France, monument du cyclisme, s'élancera samedi à Nice devant seulement quelques dizaines de personnes, a annoncé jeudi le préfet des Alpes-Maritimes

PARIS: Face à une épidémie du coronavirus qui "regagne du terrain", 21 départements sont désormais en zone rouge et le port du masque va devenir obligatoire partout à Paris, le gouvernement voulant "tout faire" pour éviter un "reconfinement généralisé" dévastateur pour l'économie.

"C'est maintenant qu'il faut intervenir", a insisté jeudi le Premier ministre Jean Castex lors d'une conférence de presse à Matignon, ajoutant que l'objectif consiste plus que jamais à "casser les chaînes de transmission", alors que le nombre de nouveaux cas détectés en 24 heures a franchi la barre des 6.000.

L'exécutif a ainsi décidé de mettre 19 nouveaux départements en zone rouge, où le coronavirus circule activement, en plus de Paris et des Bouches-du-Rhône, où c'était déjà le cas.

En conséquence, le Tour de France, monument du cyclisme, s'élancera samedi à Nice devant seulement quelques dizaines de personnes, a annoncé jeudi le préfet des Alpes-Maritimes évoquant un "quasi huis clos pour le départ".

A Paris ainsi que dans les trois départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne), le masque sera obligatoire à partir de vendredi.

Seuls quelques secteurs de la capitale particulièrement fréquentés étaient jusqu'alors concernés. Désormais ce sera partout, tout le temps, y compris à vélo, en moto, sur une trottinette ou lors du footing.

"Ça me surprend que ça vienne si vite. On a déjà du mal à respirer ! Encore dans les transports je comprends, mais je ne pense pas que le virus se promène dans l'air comme ça", a réagi Marietha Adhot, une quadragénaire fumant sa cigarette adossée à un mur.

Sylvie Soufir estime au contraire que le gouvernement aurait "dû le faire depuis bien longtemps". Je pense qu'ils ont attendu que l'été passe, peut-être pour laisser les touristes et les gens consommer."

Cette décision fait suite à celle de Marseille qui a rendu la veille le port du masque obligatoire et décrété la fermeture des bars et restaurants à 23H00 dans tout le département des Bouches-du-Rhône, une mesure que le gouvernement n'exclut pas non plus pour Paris.

A Toulon, le port du masque devient également obligatoire partout à partir de samedi.

La nouvelle maire de gauche de Marseille, Michèle Rubirola, a dénoncé jeudi "un deux poids deux mesures" de la part du gouvernement, regrettant des décisions pour la cité phocéenne prises "sans concertation", lors d'une conférence de presse aux côtés de son ancienne adversaire LR aux municipales, Martine Vassal, et du controversé professeur Didier Raoult.

Taux de reproduction doublé

Ce dernier a insisté sur la nécessité de "répondre avec calme et optimisme" à ce "deuxième acte" de l'épidémie, ajoutant: "Il ne faut pas devenir fou, même si je sais que c'est difficile à l'heure actuelle".

Mais a quelques jours de la rentrée scolaire, Jean Castex a constaté une "recrudescence incontestable de l'épidémie" qui "progresse sur tout le territoire", avec "39 cas positifs pour 100.000, quatre fois plus qu'il y a un mois".

Depuis le début de l'épidémie, 30.576 en sont morts en France, selon les données fournies jeudi soir par les autorités de santé, soit 32 morts en 48 heures. "Le taux de reproduction du virus se situe au-dessus de 1, ce qui signifie qu'il gagne du terrain. Nous étions redescendus à 0,7 en mai. Nous sommes remontés à 1,4", a relevé le Premier ministre.

Quant au nombre d'hospitalisations, il "commence doucement mais sûrement à remonter. Plus de 800 patients Covid sont admis à l'hôpital par semaine en ce moment, contre 500 il y a 6 semaines", a-t-il souligné. Jeudi, 4.535 personnes étaient hospitalisées pour une infection au Covid-19, dont 381 en réanimation, selon le dernier décompte de la Direction générale de la Santé (DGS). Mardi (précédents chiffres disponibles), on comptait 4.600 personnes hospitalisées, dont 410 en réanimation.

"Notre objectif, c'est de tout faire pour éviter un reconfinement généralisé", comme au printemps, a affirmé le chef du gouvernement.

Après les collèges et les lycées, le port du masque devient ainsi obligatoire aussi dans l'enseignement supérieur et plus généralement "dans tous les espaces fermés où se situent plusieurs personnes".

Un million de tests par semaine

Pour sa part, Olivier Véran a annoncé l'intention du gouvernement de "monter à court terme à un million de tests par semaine" pour juguler l'épidémie, contre plus de 800.000 actuellement.

Le ministre de la Santé, désireux "d'éviter au maximum" un reconfinement généralisé des Ehpad qui serait "très douloureux", a également plaidé pour que les restrictions des visites de familles dans les maisons de retraite soient décidées "de façon toujours proportionnée".

Pour faire respecter les mesures anti-Covid, M. Castex a mis l'accent sur les contrôles. 700 verbalisations sont dressées chaque jour dans l'ensemble du pays pour non-respect de l'obligation de port du masque.

Le Premier ministre a également encouragé les Français à "éviter autant que possible les fêtes familiales" ou encore "que papi et mamie aillent chercher les enfants à l'école".

 


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.

 


La manifestation de soutien à Le Pen «n'est pas un coup de force», dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »