«Bye Bye Tibériade»: un voyage intime à travers l'Histoire et l'identité palestinienne

Ce documentaire évoque des périodes telles que le mandataire de la Palestine, la Nakba et le camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie. (Photo, Instagram @lina__su).
Ce documentaire évoque des périodes telles que le mandataire de la Palestine, la Nakba et le camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie. (Photo, Instagram @lina__su).
Short Url
Publié le Vendredi 23 février 2024

«Bye Bye Tibériade»: un voyage intime à travers l'Histoire et l'identité palestinienne

  • À travers le récit de l’exil de sa mère comédienne, Lina Soualem raconte avec «Bye Bye Tibériade» le récit captivant d'une lignée de femmes palestiniennes
  • Au cœur du documentaire, l'intimité des femmes se révèle, illustrant la chaleur des confidences, la solidité des liens entre générations et la persistance de la complicité malgré les distances imposées

 LE CAIRE: «Bye Bye Tibériade», le documentaire de la réalisatrice algéro-palestinienne Lina Soualem, est sorti dans les salles françaises mercredi, plongeant dans le récit captivant d'une lignée de femmes palestiniennes.

Ce film explore l'intersection entre les expériences personnelles et l'impact de la grande Histoire.

Soualem tisse habilement des scènes intimes filmées par la réalisatrice avec des archives familiales, notamment des vidéos des années 1990 et des portraits en noir et blanc.
 

J
Ce documentaire évoque des périodes telles que le mandataire de la Palestine, la Nakba et le camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie. (Photo, Instagram @lina__su).

Ces éléments s'entremêlent avec des archives historiques, évoquant des périodes telles que la Palestine mandataire, la Nakba, et le camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie.

L'importance de la géographie est soulignée par Hiam Abbas, mère de la réalisatrice et actrice éminente, qui ancre le village de Deir Hanna sur la carte régionale.

 

Histoire

Actuellement, Tibériade est une ville israélienne située sur la mer de Galilée, établie par Hérode Antipas en l'an 20 de notre ère. Durant la période du mandat britannique, la population de la ville était diverse, comprenant à la fois des habitants juifs et arabes. Cependant, lors de la guerre civile de 1947-1948, les Arabes en ont été expulsés par les forces juives.

 

Elle pointe vers des terres autrefois interdites aux Palestiniens après la création de l'État d'Israël, faisant du départ de Deir Hanna un choix personnel mais également un acte politique.

Identité palestinienne 

Le documentaire explore le dilemme de l’exil, interrogeant le sens de l'identité palestinienne dans ce contexte. Il met en lumière la tension entre les langues française et arabe, soulignant la transmission de la mémoire à travers les générations.

J
Ce documentaire évoque des périodes telles que le mandataire de la Palestine, la Nakba et le camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie. (Photo, Instagram @lina__su).

Lina Soualem utilise l'histoire familiale, souvent marquée par le silence, pour créer un récit cathartique. Le film célèbre les victoires des femmes de cette lignée, dont la grand-mère Neemat et la mère Hiam, une actrice internationalement reconnue.

Au cœur de ce documentaire, l'intimité des femmes se révèle, illustrant la chaleur des confidences, la solidité des liens entre générations, et la persistance de la complicité malgré les distances imposées. 

«Bye Bye Tibériade» offre une plongée poignante dans l'Histoire et l'identité palestinienne à travers les yeux de ces femmes remarquables.

 

Récompenses

L'œuvre cinématographique Bye Bye Tiberias de Lina Soualem a reçu une reconnaissance significative dans plusieurs festivals prestigieux et prix.

● BFI London Film Festival (Grande Bretagne)

   Prix Grierson du meilleur documentaire en 2023. 

● Festival du Film Méditerranéen de Montpellier (France)

   Prix Ulysse du meilleur documentaire en 2023.

● Festival International du Film de Marrakech (Maroc) 

   Prix du jury (ex-æquo) en 2023, partagé avec Les Meutes de Kamal Lazraq.

● Prix Michele Mancini (Italie) 

   Prix étudiant de l'Académie des Beaux-Arts de Palerme et de la branche sicilienne du Centro Sperimentale di Cinematografia en 2023.

Qui est Lina Soualem ?

Lina Soualem est une réalisatrice et comédienne d'origine franco-algéro-palestinienne, née et résidant à Paris. Elle est la fille de Hiam Abbass (elle-même actrice et réalisatrice) et du comédien algéro-francais Zinedine Soualem. 

Marchant dans les pas de ses parents, elle a fait ses débuts en tant que programmatrice au Festival international de cinéma des Droits humains de Buenos Aires.

En 2020, elle a marqué son entrée dans le monde du cinéma avec son premier film-documentaire intitulé Leur Algérie. Corealisé avec son père, ce film aborde le témoignage d'une génération d’Algériens qui ont migré en France pour y travailler, jusqu'à soixante-dix heures par semaine, et qui se sont retrouvés pour la plupart marginalisés dans la société. 

Le film a remporté plusieurs distinctions, dont le prix du meilleur premier film au Cinemed à Montpellier, le prix du meilleur documentaire arabe au festival El-Gouna, et le prix du meilleur documentaire au festival Cinemania. 

En plus de son travail en tant que réalisatrice, Lina Soualem est également scénariste. Elle travaille sur divers projets incluant des films de fiction, des documentaires et des séries.

Plus récemment, elle a contribué en tant que chercheuse et coordinatrice d'écriture à la série Oussekine, qui revient sur les événements tragiques du 5 décembre 1986. Ces événements ont conduit à la mort de Malik Oussekine, un étudiant français d'origine algérienne, après avoir été violemment agressé par des policiers lors de manifestations.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
Short Url
  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
Short Url
  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."


Philippe Bouvard est mort, «Les Grosses Têtes» sont orphelines

Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
Short Url
  • "Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier
  • Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux

PARIS: Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans.

C'est sa radio de toujours qui a annoncé son décès, après en avoir été informée par son épouse. "Il s'est éteint ce matin aux alentours de huit heures, en douceur", a déclaré à l'antenne la présentatrice de la matinale de RTL, Céline Landreau.

Les hommages ont aussitôt afflué sur la station pour saluer celui que beaucoup considéraient comme un précurseur, à la frontière du journalisme et du divertissement.

"Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier, qui lui avait succédé aux commandes des "Grosses Têtes" en 2014 pour rajeunir l'émission.

Un épisode que l'intéressé avait d'ailleurs mal vécu, parlant lui-même d'"un déchirement". Il était resté 37 ans aux commandes de cette émission culte, qu'il avait lancée en 1977, et dont le succès ne s'est jamais démenti.

Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux.

Avec cette émission, "Philippe a su mettre à la portée de tous la culture générale", a estimé Jean-Pierre Foucault, en saluant "notre maître à tous".

Philippe Bouvard "a plus fait pour la langue française que la moitié des 40 momies de l'Académie française" mais "n'a jamais été récompensé de cet effort populaire", a regretté le navigateur Olivier de Kersauson, pilier historique des "Grosses Têtes", que Bouvard avait coutume de saluer par une apostrophe qui a marqué le programme: "Bonne réponse de l'Amiral!"

"Français moyen" 

"C'était quelqu'un de curieusement très attachant. Je n'ai jamais su s'il nous aimait ou pas", a réagi l'humoriste Bernard Mabille, autre figure de l'émission.

Pour le journaliste Marc-Olivier Fogiel, le principal atout de Philippe Bouvard était "de ne pas avoir de frontières": "C'était un journaliste qui pouvait passer du divertissement au sérieux".

Après avoir entamé sa carrière de journaliste au Figaro dans les années 50, Bouvard avait rejoint France Soir en 1973, parallèlement à son parcours sur RTL.

A la télévision, il avait présenté de 1982 à 1987 "Le petit théâtre de Bouvard" sur Antenne 2, une émission de sketchs où il donnait leur chance à des comédiens débutants dont plusieurs allaient devenir des vedettes : Muriel Robin, Les Inconnus, Mimie Mathy Michèle Bernier ou encore le duo Chevallier et Laspalès.

Hyperactif, Philippe Bouvard tenait encore à 94 ans une page dans le magazine VSD, ainsi qu'une chronique dominicale sur RTL. Il avait tout arrêté le 1er janvier 2025 après avoir atteint son "double record": "60 ans de radio et 60 ans de RTL".

Physique rond et jovial, passionné de jeux d'argent et de belles voitures, ce fils d'un couple de petits commerçants se revendiquait comme "un Français moyen, râleur, chauvin, un rien xénophobe", comme il le disait au journal Le Parisien en 2022. Pour autant, il avouait regretter parfois de "s'être laissé engluer dans ce personnage".