Les Druzes du Liban célèbrent l'Aïd al-Adha: traditions et fêtes conviviales

Le repas de l'Aïd chez les Druzes comprend une réunion de famille autour de plats méditerranéens, de mezze et de spécialités telles que le taboulé, le houmous et les grillades de bœuf et de poulet. (Photo, fournie)
Le repas de l'Aïd chez les Druzes comprend une réunion de famille autour de plats méditerranéens, de mezze et de spécialités telles que le taboulé, le houmous et les grillades de bœuf et de poulet. (Photo, fournie)
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Publié le Vendredi 30 juin 2023

Les Druzes du Liban célèbrent l'Aïd al-Adha: traditions et fêtes conviviales

  • Chaque année, les Druzes se réunissent pour célébrer l'Aïd al-Adha, dans les régions montagneuses du Liban, en particulier dans le Chouf et à Aley
  • Le repas de l'Aïd comprend une réunion de famille autour de plats méditerranéens, de mezze et de spécialités telles que le taboulé, le houmous et les grillades de bœuf et de poulet

BEYROUTH: C’est une communauté dont le système de foi et les célébrations de l'Aïd al-Adha sont uniques. Chaque année, les Druzes se réunissent pour célébrer l'Aïd al-Adha, dans les régions montagneuses du Liban, en particulier dans le Chouf et à Aley. Il s’agit du seul événement religieux que la communauté partage avec l’islam.

Avec son système de foi souvent voilé de mystère, la communauté druze tient énormément à cette célébration. Sally Nasr, qui en est membre, parle à Arab News en français de l’enthousiasme qui règne dans son village au cours des dix jours qui précèdent l'Aïd al-Adha. «Des feux d'artifice sont vendus dans chaque village, les sons de la fête emplissent l'air, signalant l'approche des festivités», décrit-elle.

Dans leur jeunesse, la jeune adulte et ses proches faisaient la tournée des maisons de leur famille élargie dans le village. Ils diffusaient des vœux chaleureux de bonne fête de l'Aïd al-Adha. Mais, pour Sally, cela évoque surtout le souvenir des visites à son grand-père et les plateaux garnis de délicieuses pâtisseries.

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Les familles druzes préparent le maamoul (ci-dessus) et le kaak (galette sucrée), des gourmandises symboliques qui leur rappellent leur héritage commun avec l’Islam. (Photo, fournie)

Les douceurs de l'Aïd al-Adha occupent une place centrale dans la célébration. Les familles druzes préparent le maamoul et le kaak (galette sucrée), des gourmandises symboliques qui leur rappellent leur héritage commun avec l’Islam.

Le maamoul et le kaak

Le maamoul est une pâtisserie traditionnelle du Moyen-Orient particulièrement appréciée lors des fêtes et des jours fériés, comme l'Aïd al-Adha. Il est généralement associé au Liban, à la Syrie, à la Palestine et à d'autres pays de la région. Le maamoul est un biscuit sablé fourré qui est élaboré dans de petits moules délicats, ce qui permet d'obtenir des motifs complexes. Son fourrage peut varier, mais il est souvent composé de dattes, de pistaches ou de noix mélangées à des épices, comme la cannelle ou la noix de muscade.

Le kaak (galette sucrée) est une pâtisserie appréciée dans plusieurs pays du Moyen-Orient, dont le Liban. Elle est généralement modelée en anneaux ronds ou ovales et cuite au four. Ces friandises sont ensuite recouvertes d'une généreuse couche de sucre en poudre. La pâte utilisée pour le kaak est souvent aromatisée avec des ingrédients comme l'eau de fleur d'oranger ou de rose.

Si des aperçus de la théologie des Druzes ont réussi à se répandre parmi le public, le cœur de leurs enseignements religieux et de leurs rituels reste caché, uniquement accessible aux cheikhs ou aux chefs religieux druzes.

«La seule fête religieuse que nous célébrons en famille est l'Aïd al-Adha», admet Massa Zeidan pour Arab News en français. «Nous ne savons pas grand-chose de sa connotation religieuse auprès de notre communauté, mais nous respectons les traditions qui consistent à rendre visite à nos grands-parents, à préparer le kaak et le maamoul, et à nous réunir le jour de l'Aïd avec toute la famille pour un repas commun», poursuit-elle.

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Sur cette photo, les mezze sur la table pour le repas de l'Aïd. (Photo, fournie)

Le repas de l'Aïd comprend donc une réunion de famille autour de plats méditerranéens, de mezze et de spécialités telles que le taboulé, le houmous et les grillades de bœuf et de poulet.

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Sur cette photo, les mezze sur la table pour le repas de l'Aïd. (Photo, fournie)

L'impact de la pandémie de Covid-19 et la crise économique au Liban ont entraîné des changements dans la manière de célébrer l'Aïd al-Adha. Les grandes invitations du passé ont fait place à des rassemblements plus intimes.

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Sur cette photo, les mezze sur la table pour le repas de l'Aïd. (Photo, fournie)

La tradition des feux d'artifice, par exemple, a diminué en raison de l'augmentation de leur coût. Néanmoins, la préparation du maamoul et du kaak est restée une tradition à laquelle plusieurs sont restés fidèles, même si les réunions de famille ne sont pas possibles.

«Ma famille a transformé le partage du kaak en une compétition divertissante pour voir qui faisait les meilleures pâtisseries», s'amuse Sally, qui décrit comment chaque membre de la famille envoie ses délices faits maison afin de participer à la joie collective de l'Aïd al-Adha.

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«Ma famille a transformé le partage du kaak en une compétition divertissante pour voir qui faisait les meilleures pâtisseries», s'amuse Sally. (Photo, fournie)

Alors que les festivités touchent à leur fin, l'Aïd al-Adha semble resserrer le tissu de la communauté, en particulier dans la jeune génération. Cette célébration renforce les liens qui ont traversé des siècles de défis et de changements. Avec les changements qui affectent le pays du Cèdre, les Druzes ne cessent de s’adapter. En dépit des difficultés, comme la plupart de leurs compatriotes, ils trouvent leur joie dans des moments simples et sincères partagés avec les personnes qui leur sont chères.


Liban: fin de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth

Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
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  • Le juge Tarek Bitar a clôturé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en 2020, ouvrant la voie à d’éventuels renvois devant le tribunal de dizaines de responsables politiques, militaires et fonctionnaires interrogés
  • L’explosion, provoquée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution, avait fait plus de 220 morts et est devenue un symbole de l’impunité au Liban, l’enquête ayant été bloquée par l’hostilité politique avant d’être reprise en 2025

BEYROUTH: Le juge chargé du dossier de l'explosion au port de Beyrouth en 2020 a clôturé son enquête, ouvrant la voie à de possibles renvois devant le tribunal des dizaines de personnes auditionnées au cours des investigations, a indiqué lundi une source judiciaire à l'AFP.

"Le juge d'instruction en charge de l'enquête, Tarek Bitar, a clôturé son enquête" près de six ans après l'explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts, a précisé cette source judiciaire.

Le magistrat a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation pour avis, avant d'éventuels renvois devant le tribunal, a ajouté cette source.

Près de 70 personnes, dont des personnalités politiques, des responsables des services de sécurité et de l'armée ainsi que des fonctionnaires, avaient été convoquées au cours de l'enquête, a détaillé la source judiciaire. Certaines d'entre elles avaient refusé de répondre aux convocations du juge et d'être interrogées.

Le dossier judiciaire de la déflagration du port est devenu un symbole de l'impunité, le juge d'instruction ayant dû interrompre son enquête en janvier 2023 face à l'hostilité d'une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah qui accusait le magistrat de partialité.

Il avait été poursuivi un temps pour insubordination, mais avait pu reprendre son enquête début 2025 après l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau président qui avaient promis de préserver l'indépendance de la justice.

Considérée comme l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, l'explosion du port avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

La cargaison de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, transportée à bord d'un navire, le Rhosus, était arrivée au port de Beyrouth en novembre 2013.

Les autorités portuaires avaient stocké cette marchandise dans un entrepôt délabré, selon des responsables libanais, tandis que le Rhosus, immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire, avait coulé dans le port en 2018.

Un premier juge chargé en 2020 de l'enquête avait jeté l'éponge après avoir inculpé l'ex-Premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres.


L'Iran a attaqué un pétrolier du Koweït à Dubaï, aucun blessé

L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
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  • L’Iran est accusé d’avoir attaqué par drone un pétrolier koweïtien au large de Dubaï, provoquant un incendie et des dégâts matériels, sans faire de victimes parmi les membres d’équipage
  • Cette attaque s’inscrit dans une escalade régionale depuis fin février, avec des frappes iraniennes contre des infrastructures du Golfe et un fort ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, impactant les marchés énergétiques mondiaux

KOWEIT: L'Iran a conduit une attaque "directe et malveillante" contre un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, aux Emirats arabes unis, sans faire de blessés, a rapporté mardi l'agence de presse koweïtienne.

Le pétrolier "était entièrement chargé au moment de l'incident. L'attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes", a écrit l'agence Kuna, citant la société pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation.

Il n'y a eu aucun blessé, de même source.

Les autorités de l'émirat ont confirmé qu'un pétrolier koweïtien avait été ciblé par un drone dans les eaux de Dubaï, ce qui a provoqué un incendie. Une équipe d'intervention est finalement venue à bout de l'incendie, ont-elles fait savoir un peu plus de deux heures après leur premier message sur X.

Les membres d'équipage du navire sont en sécurité, a ajouté le bureau de presse de Dubaï.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février par des frappes américano-israéliennes en Iran, Téhéran frappe régulièrement des infrastructures de pays du Golfe, et bloque en partie le détroit d'Ormuz par lequel transite en temps de paix environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le trafic y a chuté d'environ 95% depuis le début du conflit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Les répercussions se font sentir sur l'ensemble des marchés énergétiques mondiaux.


Liban/Finul: réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies mardi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence à la demande de la France après la mort de Casques bleus de la FINUL au Liban
  • Paris condamne fermement les tirs, appelle à protéger le personnel onusien et pointe des incidents impliquant Israël dans un contexte de tensions avec le Hezbollah

Nations unies, États-Unis: Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi à 10H00 (14H00 GMT) une réunion d'urgence demandée par la France après la mort de plusieurs Casques bleus au Liban, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé plus tôt dans la journée cette requête de la France à la suite des "incidents gravissimes subis par les Casques bleus de la Finul", la force de maintien de la paix de l'ONU au Liban.

La France "condamne avec la plus grande fermeté les tirs" qui ont causé dimanche et lundi la mort de trois Casques bleus de la Finul, a-t-il ajouté sur X.

Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.

Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.

"La France condamne également les graves incidents subis hier (dimanche) par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura", a ajouté le ministre français.

"Ces atteintes à la sécurité et ces intimidations de la part de soldats de l'armée israélienne à l'encontre de personnels onusiens sont inacceptables et injustifiables, d'autant plus que les procédures de déconfliction avaient été respectées", a-t-il estimé, soulignant que ces condamnations avaient "été signifiées avec la plus grande fermeté à l'ambassadeur d'Israël à Paris".

Jean-Noël Barrot a enfin exhorté toutes les parties à respecter la sécurité du personnel onusien.

Lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël à l'automne 2024, la Finul avait déjà accusé les troupes israéliennes de tirs "répétés" et "délibérés" sur ses positions.

La Finul est déployée entre le fleuve Litani et la frontière libano-israélienne, et son quartier général est installé à Ras al-Naqoura, près de la frontière avec Israël.

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue près de la ville frontalière d'Adchit Al Qusayr. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans "une explosion d'origine inconnue" près de Bani Hayyan, autre ville frontalière, et plusieurs autres ont été blessés.