Lorsque la technologie de pointe singe la nature

Le Sommet Airbus au centre de livraison Airbus de Colomiers, près de Toulouse, met en valeur un taxi volant électrique (Photo, AFP).
Le Sommet Airbus au centre de livraison Airbus de Colomiers, près de Toulouse, met en valeur un taxi volant électrique (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 19 mai 2022

Lorsque la technologie de pointe singe la nature

  • Le Macrobat s’inspire de la morphologie des oiseaux et particulièrement du faucon pèlerin
  • Aujourd’hui, Airbus étudie le vol en V des oies sauvages. Cette configuration pourrait permettre de diminuer la consommation énergétique des avions

CASABLANCA: Innover en s'inspirant du vivant, l'idée fait peau neuve, mais elle ne date pas d'hier, ni même d’avant-hier.

Déjà, il y a plus de 5000 ans, l'invention de la roue fut inspirée par l'observation du transport de boule de bouse des scarabées qu’on a qualifié de «bousiers».

Le vivant est riche de 3,8 milliards d’années d’évolution. Du fait de leur formation, les scientifiques sont plus à même de saisir la portée de cette richesse et de mettre à profit ce que les économistes qualifient d'externalité positive. Certains d'entre eux étudient, spécifiquement, le biomimétisme qui s'apparente désormais à une discipline à part entière, et qui consiste à prendre le vivant pour modèle afin de mettre au point des technologies de pointe et des procédés innovants et de plus en plus performants.

Dès lors, certaines espèces sont étudiées pour leurs caractéristiques permettant à la science, grâce à l’observation, d’accomplir des sauts technologiques majeurs.

Prendre l’air au volant

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Le taxi volant baptisé le Macrobat par l'entreprise sud-africaine Phractyl (Photo, Phractyl).

Le Macrobat s’inspire de la morphologie des oiseaux et particulièrement du faucon pèlerin.

Il s’agit d’une voiture volante électrique futuriste fabriquée par la start-up sud-africaine Phractyl ayant pour principale propriété de pouvoir décoller et atterrir à la verticale, tout en étant capable d’emporter une charge lourde et de voler à une vitesse de 180 km/h.

Ou encore le projet d’Airbus Vahana préfigurant le taxi volant des JO 2024 à Paris qui a réalisé un vol d’essai le 14 novembre 2019, à Pendleton dans l’Oregon d’après la vidéo dévoilée par airbus le 4 février 2020.

Le chemin à parcourir avant la commercialisation de ce type d’engin n’est pas à vol d’oiseau.

Selon l’ex-directeur d’Airbus Helicopter, Guillaume Faury, interrogé à l'occasion par nos confrères de l'AFP lors du salon du Bourget 2019, il faudra attendre la fin de la décennie avant d’imaginer une mise sur le marché de ce type de véhicule pour le grand public.

Du Martin pêcheur à la LGV japonais

Eiji Nakatsu est ornithologue et Ingénieur sur la ligne Tokyo Hakata, au Japon, une ligne parsemée de tunnels.

L’observation du monde animal, particulièrement celui des oiseaux, lui a permis de résoudre une difficulté technique à laquelle sont confrontés les ingénieurs du ferroviaire: le changement de pression subi par le train à grande vitesse, entrant ou sortant d'un tunnel.

L’observation du martin-pêcheur, qui plonge dans l'eau pour y chercher ses victimes grâce à la forme de son bec lui permet de passer sans friction et avec fluidité de l'air à l'eau, malgré un changement de pression important.

L’oiseau peut atteindre une profondeur d'un mètre, dans un milieu aquatique plus résistant que l'air, pour y attraper les poissons, et ce, en maintenant sa vitesse en piqué.

Ce bec a inspiré les ingénieurs japonais pour la conception du Shinkansen. Son avant écrasé et inspiré du martin-pêcheur permet de réduire ce que les scientifiques appellent «l'effet piston» lorsqu'il atteint sa vitesse de pointe autour de 300km/h.

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Un shinkansen de la série E5, ou train à grande vitesse, est photographié à la gare de Tokyo à Tokyo le 22 octobre 2020 (Photo, AFP).

Genèse

Pour dessiner les plans de sa machine volante, l’ornithoptère, Léonard de Vinci a copié les ailes de chauves-souris. Plus de quatre cents ans après, Clément Ader a fécondé cette intuition qui avait elle-même été inspirée par l’observation de la nature.
En effet, il avait repris cette idée en faisant décoller pour la première fois un véhicule plus lourd que l’air, l’Avion I. Les winglets, à la fin du siècle dernier, sont ajoutés aux avions de ligne pour réduire les turbulences dans les zones où l'on constate de hautes variations de pression. Elles étaient inspirées des plumes des grands rapaces, s'inscrivant dans la genèse même de l'histoire séculaire de l'aéronotique.

Aujourd’hui, Airbus étudie le vol en V des oies sauvages. Cette configuration pourrait permettre de diminuer la consommation énergétique des avions de près de 10% grâce au phénomène du courant ascendant créé par l’avion de tête.


Le pétrole flambe, la tech recule: les marchés sous pression avant la Fed

Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
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  • Les marchés mondiaux restent sous pression face à la flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs attendent la décision de la Fed sur les taux
  • Les valeurs technologiques, notamment les fabricants de puces et acteurs de l’IA, subissent de fortes ventes, alors que les secteurs de l’énergie profitent de la hausse du brut

PARIS: Les marchés mondiaux hésitent mercredi, tiraillés entre le regain des tensions au Moyen-Orient qui fait bondir les prix du pétrole, la poursuite du repli des valeurs technologiques et l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Les marchés ont de nouveau été pris dans les turbulences, au cours des dernières 24 heures, entre la volatilité des prix du pétrole et la poursuite de la chute des valeurs liées aux semi-conducteurs", résume Jim Reid, économiste pour Deutsche Bank.

Les cours du brut ont bondi à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient. Vers 15H45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord flambait de 7,66% à 90,53 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, grimpait de 7,03% à 84,83 dollars.

Donald Trump a averti que les États-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit au Moyen-Orient.

"Cette escalade a renforcé les inquiétudes concernant une guerre régionale prolongée, notamment en raison des risques pesant sur les routes d'approvisionnement pétrolier, les coûts du transport maritime et les anticipations d'inflation", souligne Patrick Munnelly de Tickmill Group.

- Nouveau record pour le "footsie"  -

"Contrairement à certaines séances précédentes, ces tensions géopolitiques n'ont toutefois pas entraîné un repli généralisé du marché", remarque M. Munnelly.

En Europe, la Bourse de Londres a terminé en hausse de 0,34% peu après que son indice phare, le FTSE 100 a battu un nouveau record historique en séance, proche des 11.000 points. Il profite en effet de sa faible exposition aux valeurs technologiques, plombées à travers le monde, et du poids des minières et pétrolières dans sa composition.

Les valeurs énergétiques se sont illustrées avec la flambée du brut, BP gagnant 3,39% et Shell 2,75% à Londres. A Oslo, le géant Equinor a grimpé de 4,00%. Eni a flambé de 7,09% à Milan.

La Bourse de Francfort a, elle, terminé quasi à l'équilibre (-0,01%).

"Seule l'absence d'ADN technologique soutient en ce moment l’indice phare allemand", estime Andreas Lipkow de CMC Markets. "Alors que de nombreux autres indices subissent de fortes pressions vendeuses pour cette raison, les investisseurs se tournent davantage vers les actions de la vieille économie."

- Ventes massives dans la tech -

A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones perdait 1,64%, l'indice Nasdaq reculait de 1,32% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,97%.

Les valeurs de fabricants de composants électroniques cèdent du terrain, à l'image du mastodonte Nvidia (-2,57%), AMD (-5,76%), Broadcom (-2,28%) ou Micron (-5,48%).

En Europe, Infineon a terminé en baisse de 5,69% à Francfort. Le géant des machines spécialisées pour la gravure de puces ASML a reculé de 1,89% à Amsterdam.

Le recul de la "tech" et de l'IA se fait surtout sentir à la Bourse de Séoul, son indice phare Kospi ayant terminé sur une chute de 5,98%  plombé par la dégringolade de SK Hynix (-9,61%). Ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.

Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, "l'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs."

Les investisseurs attendent désormais la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) mercredi après la clôture de Wall Street. Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.

- L'attention sur la Fed -

La nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00, heure locale (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la Fed à propos de ses taux directeurs.

Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.

"Si la Fed décidait effectivement de relever ses taux (...), cette décision ne serait pas fondée sur la situation actuelle du marché du travail ou sur les dernières données d'inflation, mais relèverait plutôt d'une logique de gestion des risques, au cas où ces indicateurs se dégraderaient à l'avenir", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB. 


Talc et cancer : Johnson & Johnson propose 5,5 milliards de dollars pour clore la bataille judiciaire

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  • J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020
  • J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers

NEW YORK: Johnson & Johnson (J&J) est prêt à payer 5,5 milliards de dollars pour régler des dizaines de milliers de procédures judiciaires liées à des produits à base de talc accusés de provoquer des cancers ovariens, a annoncé le géant pharmaceutique américain lundi.

La proposition d'accord vise à mettre un terme à des années de bataille judiciaire en couvrant 76.000 plaintes, soit presque tous les recours liés à ces produits qui pèsent encore sur le groupe basé dans le New Jersey, selon la même source.

J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020.

Pour Erik Haas, vice-président du groupe chargé du contentieux, les plaintes "manquent de fondement scientifique".

La proposition sur la table "permet à l’entreprise de tourner la page de cette affaire et de rester concentrée sur sa mission: développer des médicaments et des dispositifs qui sauvent des vies", a-t-il déclaré dans un communiqué.

J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers.

Le géant américain est également visé par une plainte au Royaume-Uni, déposée en 2025 sur la base d'accusations similaires.

Le cabinet qui a engagé cette procédure devant la Haute Cour de Londres dit représenter plus de 3.000 plaignants et estime que le montant du dédommagement réclamé pourrait s'élever "à plus d'un milliard de livres" (1,3 milliard d'euros).

Les plaignants affirment qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille ont développé différents types de cancer de la plèvre, du péritoine ou des ovaires après avoir utilisé la poudre pour bébé de J&J.

Le produit incriminé avait été retiré du marché britannique en 2023, trois ans après les Etats-Unis et le Canada

 

 


Devoir de vigilance : TotalEnergies fait appel de la décision lui enjoignant d'intégrer les émissions CO2 de ses clients

TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
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  • Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027
  • Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement

PARIS: TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance.

"Imposer à des entreprises du secteur de l'énergie ou de la défense, de l'aéronautique ou de l'automobile… un contrôle des risques résultant de l'utilisation de leurs produits par leurs clients n'apparaît pas conforme aux objectifs de la loi, ni aux principes de sécurité juridique et de liberté d'entreprendre", fait valoir le géant français de l'énergie dans son communiqué.

Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027.

Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement liés à leurs activités et à celles de leurs partenaires commerciaux, et de mettre en oeuvre des "mesures de vigilance raisonnable" pour les prévenir.

L'injonction du tribunal a été assortie de l'exécution provisoire, ce qui signifie que le groupe doit s'y conformer immédiatement, et que son appel ne suspend pas la décision.

TotalEnergies précise avoir décidé de faire appel "après délibération de son conseil d'administration".

Dans son communiqué, le groupe s'appuie sur la décision du ministère public, qui a "estimé que le changement climatique est un phénomène mondial qui est +l'affaire de tous mais essentiellement une responsabilité de la communauté internationale des Etats+".

TotalEnergies argue également que "la loi sur le devoir de vigilance vise à responsabiliser les entreprises sur les risques d'atteinte résultant de leurs activités, de celles de leurs filiales et de leurs fournisseurs et sous-traitants, mais ne vise pas les activités de leurs clients sur lesquelles l'entreprise ne dispose pas de contrôle".

"Ce n'est pas TotalEnergies qui décide si un automobiliste choisit de rouler à l'essence, au biodiesel ou avec un véhicule électrique", ajoute le géant pétrogazier.

Ce dossier s'inscrit dans une vague mondiale de contentieux climatiques visant les multinationales.

Dans une affaire similaire, la Cour suprême des Pays-Bas doit notamment se prononcer en dernière instance sur le groupe Shell, après l'annulation en appel d'un jugement historique de 2021 qui lui ordonnait de réduire ses émissions de 45% d'ici 2030.