L'avenir de La Provence en jeu dans un conseil d'administration sous haute tension

Xavier Niel usera-t-il de son droit de veto pour s'opposer à la reprise de La Provence par l'armateur CMA CGM? (Photo, AFP).
Xavier Niel usera-t-il de son droit de veto pour s'opposer à la reprise de La Provence par l'armateur CMA CGM? (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 07 mai 2022

L'avenir de La Provence en jeu dans un conseil d'administration sous haute tension

  • C'est tout l'enjeu du conseil d'administration lundi, qui pourrait ouvrir un nouveau front dans la bataille entre ces deux mastodontes de l'économie
  • Pour beaucoup de salariés, un blocage de l'offre CMA CGM serait en tout cas synonyme de nouveaux délais dans une cession déjà en suspens depuis des mois

MARSEILLE: Xavier Niel usera-t-il de son droit de veto pour s'opposer à la reprise de La Provence par l'armateur CMA CGM? C'est tout l'enjeu du conseil d'administration lundi, qui pourrait ouvrir un nouveau front dans la bataille entre ces deux mastodontes de l'économie.

Depuis des mois, le géant mondial du transport maritime et NJJ, la holding de Xavier Niel, le fondateur de Free, s'affrontent en justice pour le contrôle du groupe de presse régionale et ses deux titres phares, les quotidiens La Provence et Corse Matin.

L'entreprise, qui emploie quelque 850 salariés, est détenue à 89% par GBT, la holding de l'ex-homme d'affaires Bernard Tapie, les 11% restants appartenant déjà à NJJ, via sa filiale Avenir développement.

Mais GBT est en liquidation judiciaire depuis 2020. Les deux liquidateurs judiciaires sont donc impliqués dans cette bataille, avec un objectif: obtenir le meilleur prix de vente pour ces 89%, afin de pouvoir payer les créanciers et donc l’État.

A la suite d'un second appel d'offres, seule celle de l'armateur marseillais, mieux-disante, a été retenue par les liquidateurs: CMA CGM avait mis 81 millions d'euros sur la table, contre "autour de" 20 millions pour NJJ.

Encore faut-il que cette offre passe les fourches caudines du conseil d'administration: composé de cinq membres, ce dernier doit en effet approuver à l'unanimité l'offre de l'armateur, en vertu d'une clause dite "d'agrément", c'est-à-dire un droit de veto.

Parmi eux, deux représentants d'Avenir Développement, dont l'offre de reprise a été écartée par le liquidateur, et trois de GBT: Stéphane Tapie, fils aîné de l'homme d'affaires décédé en octobre, le PDG de La Provence Jean-Christophe Serfati et la secrétaire générale du groupe Virginie Layani.

«Blocage inextricable»

Pour obtenir l'agrément, instauré dans la loi de 1986 garantissant l'indépendance des entreprises de presse, tout nouvel entrant au capital doit respecter deux conditions: "le principe de non concentration de la presse" et "l'intérêt social de l'entreprise", rappelle CMA CGM auprès de l'AFP, estimant que son offre remplit ces deux critères.

"Notre offre, elle maintient l'emploi, elle maintient l'activité et elle a été validée par les six CSE (Comité social et économique, NDLR) de La Provence, cinq à l'unanimité et le sixième avec dix voix sur 14", précise l'armateur.

"L'intérêt social de La Provence aujourd'hui, c'est d'avoir un nouvel actionnaire en bonne santé qui ait recueilli un avis favorable des CSE", glisse une autre source proche du dossier à l'AFP.

En cas de rejet de l'offre par les administrateurs d'Avenir Développement, l'ombre du conflit d'intérêts reviendrait planer sur le dossier. C'est d'ailleurs ce qui avait motivé la suspension du droit d'agrément de Xavier Niel, à la fois actionnaire minoritaire de La Provence et candidat à sa reprise, par le tribunal de commerce de Marseille en janvier.

Si la Cour d'appel d'Aix-en-Provence a depuis infirmé cette décision, elle a aussi reconnu qu'il existait, de "manière incontestable" un "conflit d'intérêts" pour Avenir Développement.

Ainsi, un usage, jugé abusif par certains, de son droit de veto par Xavier Niel, pourrait conduire les liquidateurs judiciaires à engager des poursuites, voire à retirer les actions GBT de la vente. Avec un risque de faillite de l'entreprise.

Pour beaucoup de salariés, un blocage de l'offre CMA CGM serait en tout cas synonyme de nouveaux délais dans une cession déjà en suspens depuis des mois.

"Si ce n'est pas agréé, on repart sur une situation de blocage inextricable", craint Sophie Manelli, élue du Syndicat national des journalistes (SNJ). Or, "on n'a plus le temps d'attendre, il faut vraiment qu'on ait un repreneur, des investissements, un cap", ajoute-t-elle.

Comme le SNJ, l'intersyndicale FO-CGT de Corse Matin et La Provence et le syndicat FOSNPEP appellent les administrateurs à leurs responsabilités, en leur demandant d'agréer l'offre de l'armateur.

La CFDT, la CGT, la CFE-CGC et FO Livre auraient, eux, préféré pouvoir comparer les deux offres de reprise. "Il est faux de prétendre que tous les salariés et même une grande majorité serait pour l'offre de la CMA CGM", avance Marie-Cécile Bérenger, représentante CFDT.

Reste que "si Xavier Niel a vraiment la volonté d'acquérir La Provence, il peut le faire, même en agréant l'offre", relève-t-on de source proche du dossier: "Il peut à la fois donner l'agrément et acquérir le journal, en utilisant son droit de préemption", qui lui permet de remporter la mise, à condition toutefois de s'aligner sur le prix de son concurrent.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.