Pourquoi les chrétiens orthodoxes et arabes célèbrent-ils Noël le 7 janvier ?

Le père Spiridon Sammour, le prêtre de l'église de la Nativité à Bethléem, lors de son sermon, la veille de Noël. (Père Spiridon Sammour)
Le père Spiridon Sammour, le prêtre de l'église de la Nativité à Bethléem, lors de son sermon, la veille de Noël. (Père Spiridon Sammour)
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Publié le Jeudi 06 janvier 2022

Pourquoi les chrétiens orthodoxes et arabes célèbrent-ils Noël le 7 janvier ?

  • Tout le monde ne croit pas que Jésus-Christ est né un 25 décembre
  • L'écart remonte à un changement de calendrier il y a quatre cent quarante ans

CHICAGO: Alors que dans de nombreuses régions du monde les gens célèbrent la naissance de Jésus-Christ le 25 décembre, pour la plupart des chrétiens orthodoxes et arabes, la date clé est en fait le 7 janvier. Cela est dû au fait que la plupart des groupes chrétiens orthodoxes suivent le calendrier julien créé par les Romains, plutôt que le calendrier grégorien adopté par la plupart des pays chrétiens en 1582. Les dates de plusieurs fêtes chrétiennes, notamment Noël et Pâques, diffèrent d’un calendrier à l’autre.

Pour les Arabes, le calendrier julien et le fait de rester fidèle à la tradition sont très importants, a déclaré à Arab News le père Spiridon Sammour, prêtre de l'église de la Nativité à Bethléem, où Jésus serait né.

«De nombreux chrétiens orthodoxes célèbrent le jour de Noël le 7 janvier ou aux alentours de cette date en commémoration de la naissance de Jésus-Christ, telle que décrite dans la Bible», a-t-il précisé dans une interview exclusive.

«Noël célèbre la naissance de Jésus-Christ, que de nombreux chrétiens croient être le fils de Dieu. La date de naissance est inconnue car il existe peu d'informations sur sa jeunesse. L'Évangile de Saint Matthieu dans la Bible affirme que Jésus est né pendant le règne d'Hérode le Grand. Hérode, qui était roi de Judée, mourut en l’an 4 avant J.-C. De nombreux chrétiens célèbrent l'anniversaire de Jésus le 25 décembre, mais certains maintiennent la tradition en observant la date du 7 janvier.

Les musulmans reconnaissent également Jésus comme un grand prophète, et ce respect partagé rapproche les chrétiens des musulmans. Pour les chrétiens, la fête de Pâques représente le moment où Jésus a été crucifié par les Romains à Jérusalem, puis est ressuscité.

«Noël le 7 janvier est également connu comme le vieux jour de Noël. Onze jours ont été supprimés (du calendrier grégorien) pour compenser l'écart de calendrier qui s'est accumulé par rapport au calendrier julien, lorsque l'Angleterre et l'Écosse ont changé de calendrier en 1752», a affirmé le père Sammour.

«De nombreuses personnes, surtout dans les zones rurales, n'ont pas accepté la perte de ces onze jours et ont préféré utiliser le calendrier julien. De nombreuses Églises orthodoxes reconnaissent les dates des fêtes selon le calendrier julien», a-t-il précisé.

Ce qui complique encore les choses, c'est le fait que le calendrier julien a été modifié en 1923, amenant différents groupes chrétiens à adopter des dates différentes pour les célébrations. Le calendrier julien modifié est plus conforme au calendrier grégorien, de sorte que certaines Églises orthodoxes célèbrent Noël le 25 décembre, comme l'Église orthodoxe d'Antioche aux États-Unis. L'Église grecque orthodoxe, quant à elle, célèbre Noël le 7 janvier et l'Église arménienne orthodoxe le 19 janvier.

Quels que soient les calendriers qu'ils utilisent, l'église de la Nativité sur la place Manger reste le lieu de culte le plus important pour les chrétiens en ce qui concerne la naissance de Jésus. Elle est le centre de leur foi.

«L'église de la Nativité comprend la grotte de la Nativité et les grottes voisines, le monastère grec orthodoxe, le monastère arménien, l'école Saint-Jérôme, l'église Sainte-Catherine et l'église Saint-Jérôme», a indiqué le Père Sammour.

«Lorsque nous visitons la grotte de la Nativité, nous trouvons à l'endroit où Jésus est né une étoile à 14 branches symbolisant 14 générations d'Adam à Abraham, d'Abraham à David le prophète et roi, de David à la captivité à Babylone, et de la captivité à Babylone à Joseph, époux de Marie, mère de Jésus.

«Mais la chose la plus importante est l'inscription en latin sur l'étoile: Hic natus est Jesus Christus ex Maria Vergine, qui se traduit par «Ici Jésus-Christ est né de la Vierge Marie», affirme le père Sammour.

«Le mot clé est ici qui signifie que le grand mystère de l'Incarnation a eu lieu en cet endroit particulier, et cela veut dire que ce point géographique est central, car c'est un point de rencontre entre le ciel et la terre, Dieu et l'homme.»

Cette église est considérée comme l'un des bâtiments historiques les plus anciens et les plus sacrés au monde. L'impératrice romaine Hélène a ordonné à son fils, l'empereur Constantin, de construire l'église en 326 après J.-C. au-dessus de la grotte dans laquelle Jésus est né, après avoir reconnu le christianisme comme religion officielle de l'Empire romain.

«Au fil des siècles, cette église a subi de nombreuses tentatives de destruction, notamment en 529 après J.-C., lorsque les Samaritains y ont mis le feu. En 540 après J.-C., elle a été reconstruite par l'empereur Justinien et a été agrandie pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui», a ajouté le Père Sammour.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Des colons Israéliens pénètrent en Syrie avant d'être arrêtés

Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
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  • L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats"
  • "Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme"

JERUSALEM: Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident".

Selon la télévision publique israélienne Kan, il s'agit de militants appartenant au groupuscule "Les pionniers de Bashan" qui prône l'établissement de colonies israéliennes dans le sud de la Syrie.

Ils s'étaient d'abord rassemblés près de la frontière, avant de pénétrer sur le territoire syrien sur quelques centaines de mètres, selon l'armée, qui indique les avoir remis à la police.

L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats".

La chaîne Kan a posté sur X des images montrant ces militants se retrancher sur un toit près du village syrien d'Hader.

"Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme. Nous sommes ici jusqu'à ce qu'ils laissent nos familles entrer pour y vivre".

Selon Kan, ce n'est pas la première fois que ce groupuscule s'infiltre côté syrien. Les dernières fois, il n'y avait pas eu de condamnation officielle, a-t-elle indiqué.

Depuis la chute en décembre 2024 du président Bachar al-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon contrôlée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Israël, qui réclame une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie, a mené depuis un an des centaines de frappes et conduit des incursions chez son voisin.

Israël avait pris la majeure partie de ce plateau à la Syrie lors de la guerre israélo-arabe de 1967, puis a annexé les zones sous son contrôle.

La colonisation israélienne, aujourd'hui présente en Cisjordanie, est régulièrement dénoncée par l'ONU comme illégale au regard du droit international et comme un des principaux obstacles à une solution de paix durable entre Israéliens et Palestiniens en ce qu'elle empêche la création d'un Etat palestinien viable.

Quelque 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie occupée, au milieu de trois millions de Palestiniens.


Pourparlers avec Israël: Le Liban demande une prolongation de la trêve et l'arrêt de la destruction des villages du sud

Des équipes de secours utilisent des pinces spéciales pour dégager les décombres d'un bâtiment touché par l'armée israélienne, dans le village de Hanaouay, au sud du Liban, le 22 avril 2026. (AFP)
Des équipes de secours utilisent des pinces spéciales pour dégager les décombres d'un bâtiment touché par l'armée israélienne, dans le village de Hanaouay, au sud du Liban, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Un responsable libanais a déclaré que le président Aoun a chargé une délégation de discuter des mesures à prendre pour assurer le respect du cessez-le-feu et l'arrêt des violations
  • M. Aoun s'est entretenu avec des dirigeants régionaux dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à renforcer le soutien à la position du Liban dans les pourparlers

BEYROUTH : Le Liban demandera une prolongation d'un mois du cessez-le-feu actuel avec Israël lors d'une deuxième série de discussions directes à Washington jeudi, ont indiqué des sources libanaises à Arab News.

Un responsable libanais a déclaré que le président Joseph Aoun avait également chargé la délégation de discuter des mesures à prendre pour garantir le respect du cessez-le-feu et l'arrêt des violations, en particulier ce que Beyrouth décrit comme la destruction continue par Israël de villages dans le sud du Liban.

L'ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh Moawad, et son homologue israélien, Yechiel Leiter, se rencontreront pour la deuxième fois en deux semaines au siège du département d'État américain à Washington.

Les discussions devraient porter sur les préparatifs d'un cycle de négociations plus large, notamment sur la formation des délégations libanaise et israélienne, alors que le fragile cessez-le-feu de dix jours conclu sous l'égide des États-Unis expire dimanche.

Selon la source, l'ancien ambassadeur libanais Simon Karam devrait diriger l'équipe de négociation libanaise. M. Karam a déjà participé à des pourparlers indirects avec Israël à Ras Naqoura, en tant que membre du comité chargé de superviser l'application du cessez-le-feu.

L'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, devrait également assister à la réunion.

M. Aoun s'est entretenu avec des dirigeants de la région dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à renforcer le soutien à la position du Liban dans les pourparlers.

Le président libanais a tenu un appel téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, au cours duquel il l'a remercié pour le soutien continu du Royaume au Liban, en particulier dans les circonstances difficiles actuelles.

Dans un appel séparé, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, a exprimé son soutien aux efforts de M. Aoun pour mettre fin aux hostilités, notamment par des négociations directes, en obtenant un retrait israélien du Sud-Liban et en déployant l'armée libanaise le long de la frontière pour renforcer l'autorité de l'État.

Mercredi, M. Aoun a déclaré qu'il était en étroite coordination avec le président du Parlement, Nabih Berri, et le premier ministre, Nawaf Salam, au sujet des négociations, soulignant que des pourparlers menés conformément aux intérêts et aux principes du Liban restaient la seule voie pour mettre fin à la guerre, assurer le retrait israélien, faciliter le retour des personnes déplacées et des détenus, et permettre la reconstruction, selon des sources officielles.

M. Aoun avait précédemment affirmé dans une déclaration officielle que les "négociations directes" étaient son option préférée.

"Ces négociations ne sont pas une faiblesse. Elles ne sont pas un recul. Elles ne sont pas une concession", a déclaré le président dans une allocution télévisée.

"Elles sont une décision qui découle de la force de notre croyance en nos droits et en la protection de notre peuple, ainsi que de notre responsabilité de protéger notre pays par tous les moyens possibles.

Le Hezbollah a décrit les pourparlers comme faisant partie d'une série de "concessions perdantes" que le gouvernement libanais fait à Israël.

M. Salam, qui s'est exprimé depuis Paris mardi soir après avoir rencontré le président français Emmanuel Macron, a confirmé que le Liban continuerait à poursuivre la diplomatie par le biais de discussions directes avec Israël.

"Les négociations seront ardues et nous aurons besoin du soutien actif de nos alliés. Il ne peut y avoir d'État ou de souveraineté avec plus d'une armée."

Il a ajouté : "Nous ne cherchons pas la confrontation avec le Hezbollah, mais nous ne lui permettrons pas de nous intimider."

Lors d'une conférence de presse commune, le président français a souligné la nécessité de prolonger la trêve entre le Liban et Israël pour permettre l'ouverture de négociations.

Il a également insisté sur la nécessité du retrait d'Israël du Sud-Liban, ainsi que sur le désarmement du Hezbollah dans un cadre dirigé par le Liban.

Une source officielle libanaise a déclaré à Arab News qu'il y avait un consensus parmi les responsables libanais pour entamer des négociations sur la base d'un plan clair, notant que si le Hezbollah s'oppose aux pourparlers directs, cela reste "leur prérogative".

La source officielle a déclaré que le désarmement du Hezbollah "est la responsabilité du Liban", tout en citant les "violations" israéliennes continues depuis le cessez-le-feu du 16 avril, y compris la destruction à grande échelle des villages du sud "au point d'effacer leurs caractéristiques".

"Il s'agit d'une violation inacceptable à tous points de vue", a déclaré le responsable à Arab News.

Selon les conditions du cessez-le-feu, Israël affirme avoir le droit de "se défendre, à tout moment, contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

L'armée israélienne a déclaré que la zone tampon établie dans le sud, à une profondeur de 5 à 10 km en territoire libanais, où 39 villages et villes ont été rasés, vise à éliminer les menaces du Hezbollah.

La source officielle libanaise a déclaré que la prochaine réunion de Washington reflétait un effort pour séparer les négociations avec le Liban de la voie plus large des États-Unis et de l'Iran.

Il a décrit cette démarche comme un "découplage" des deux dossiers, tout en notant que toute évolution positive des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, s'ils reprennent, pourrait encore avoir un impact bénéfique sur le Liban.

"Le Liban n'est pas à la table des négociations", a déclaré la source, ajoutant que si le Hezbollah préfère que l'Iran négocie en son nom, "l'État libanais est présent et c'est lui qui négocie".

Par ailleurs, dans le cadre des efforts visant à mettre en œuvre la décision du cabinet de restreindre les armes aux institutions de l'État, M. Aoun a demandé, lors d'une réunion avec de hauts responsables de la sécurité, des mesures d'application plus strictes à Beyrouth et dans d'autres régions.

Il a demandé une augmentation du déploiement des forces militaires et de sécurité et une meilleure coordination entre les agences.

M. Aoun a également appelé à l'intensification des raids contre les dépôts d'armes présumés et a souligné la nécessité d'empêcher toute manifestation armée, mettant en garde contre toute tentative de porter atteinte à la sécurité.

Il a déclaré que la préservation de la paix civile à ce stade était "une ligne rouge", soulignant qu'aucune partie ne devait entraver la mise en œuvre des mesures de sécurité.


Macron annonce la mort d'un 2e militaire français de la Finul des suites de ses blessures

Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes. (AFP)
Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes. (AFP)
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  • "Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, rapatrié hier du Liban où il avait été gravement blessé par des combattants du Hezbollah, est mort ce matin des suites de ses blessures"
  • La Nation salue "avec émotion" sa mémoire "et son sacrifice".

PARIS: Un deuxième militaire français de la Finul, la mission de l'ONU au Liban, est mort mercredi "des suites de ses blessures" infligées au Liban "par des combattants du Hezbollah" dans "la même embuscade" qui a tué samedi l'adjudant Florian Montorio, a annoncé Emmanuel Macron.

"Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, rapatrié hier du Liban où il avait été gravement blessé par des combattants du Hezbollah, est mort ce matin des suites de ses blessures", a déclaré le président sur le réseau X, ajoutant que la Nation saluait "avec émotion" sa mémoire "et son sacrifice".