Un siècle plus tard, Alfred Nobel fait encore parler la poudre

Un buste d'Alfred Nobel est photographié à l'extérieur du manoir Bjoerkborn, où Nobel a vécu pendant les périodes estivales des dernières années de sa vie, à Karlskoga, en Suède, le 16 septembre 2021. Le dernier laboratoire d'Alfred Nobel existe toujours, à deux pas d'une grande usine d'explosifs. En Suède et dans le monde, l'héritage industriel du fondateur du prix Nobel fait encore des étincelles. (Jonathan Nackstrand/AFP
Un buste d'Alfred Nobel est photographié à l'extérieur du manoir Bjoerkborn, où Nobel a vécu pendant les périodes estivales des dernières années de sa vie, à Karlskoga, en Suède, le 16 septembre 2021. Le dernier laboratoire d'Alfred Nobel existe toujours, à deux pas d'une grande usine d'explosifs. En Suède et dans le monde, l'héritage industriel du fondateur du prix Nobel fait encore des étincelles. (Jonathan Nackstrand/AFP
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Publié le Samedi 02 octobre 2021

Un siècle plus tard, Alfred Nobel fait encore parler la poudre

  • A Karlskoga, en Suède on fabrique fièrement depuis 1898 du "Nobelkrut" (NK) - de la "poudre Nobel"-, au son des tirs d'essai des obusiers qui rythment la journée comme la cloche d'une église
  • Le créateur du prix Nobel de la paix, resté dans l'histoire comme l'inventeur de la dynamite, a aussi révolutionné la guerre moderne en mettant au point des poudres sans fumées

KARLSKOGA, Suède : Le dernier laboratoire d'Alfred Nobel est toujours là, à un jet de pierre d'une vaste usine d'explosifs: en Suède, comme ailleurs dans le monde, l'héritage industriel du fondateur des célèbres prix fait encore des étincelles.

Bienvenue à Karlskoga, ville de 30.000 habitants nichée dans les forêts du centre de la Suède, à mi-chemin entre Stockholm et Oslo.

Père omniprésent: Nobel Alfred, pionnier des explosifs modernes et néanmoins philanthrope du progrès et de la paix, qui y acheta un manoir en 1894 et y passa une partie des deux dernières années de sa vie.

Mère nourricière : l'industrie de défense et de l'armement, qui sur 3 kilomètres carrés hautement stratégiques y produit ce que la Suède fait de mieux en matière de canons, obus, balles et explosifs.

Ici, on fabrique fièrement depuis 1898 du "Nobelkrut" (NK) - de la "poudre Nobel" -, au son des tirs d'essai des obusiers qui rythment la journée comme la cloche d'une église.

"La première poudre s'appelait NK01. Aujourd'hui, nous en sommes à la NK1420", glisse Håkan Svensson, directeur commercial du site et fils et petit-fils d'employé.

Deux ans avant sa mort et l'ouverture de son célèbre testament créant les prix, Nobel met la main sur l'entreprise Bofors, qui fabrique déjà des canons à Karlskoga.

Après lui, son assistant et exécutant testamentaire, Ragnar Sohlman, reprend le groupe qui devient au XXe siècle le coeur battant du complexe militaro-industriel suédois.

Aujourd'hui, Bofors a été scindé et vendu en plusieurs branches au tournant des années 2000 mais des milliers de personnes travaillent encore sur le site de Karlskoga.

L'usine de poudres et explosifs appartient au français Eurenco, leader européen du secteur.

"On produit avec la même méthode qu'Alfred Nobel, juste de façon plus moderne et sûre", résume Anders Hultman, chef de la production.

"Avant, il y avait des gens pour balayer la poussière pour éviter des incendies. Maintenant, on a des ventilateurs automatisés et des tonnes d'eau peuvent tomber du plafond en quelques instants", explique-t-il en faisant visiter les lieux.

Ici, pas de grand bâtiment comme dans une vaste usine moderne. Pour raisons de sécurité, le site abrite une ribambelle de 600 bunkers et petits bâtiments, certains guère plus grands qu'une pièce pour deux ou trois personnes.

Aujourd'hui encore, c'est toute la branche qui porte la trace ou la marque de Nobel.

"Plusieurs de nos concurrents, notamment en Europe, sont liés à Alfred Nobel", souligne M. Svensson.

La vie du globe trotter suédois (1833-1896) qu'on surnommait "le vagabond le plus riche du monde" s'est en effet étirée dans de nombreux pays: Russie, Allemagne, France, États-Unis, Royaume-Uni, Italie....

- Nitroglycérine -

Tant pour protéger ses précieux brevets que pour des raisons pratiques - la nitroglycérine présente dans la dynamite est très dangereuse à manier - l'inventeur a multiplié les sociétés un peu partout.

Ses branches suédoises et britanniques se retrouvent aujourd'hui dans la multinationale de la chimie AkzoNobel, basée aux Pays-Bas. Fondée en 1865, la branche norvégienne a elle pour descendant DynoNobel, important fabricant d'explosifs civils.

En Allemagne, l'usine fondée par Nobel près de Hambourg sur l'actuel emplacement d'une centrale nucléaire n'existe plus, mais sa descendante Dynamit Nobel Defence est active dans l'armement.

Quant à la branche française, l'auguste Société générale pour la fabrication de la dynamite, elle a pour héritière l'entreprise d'explosifs civils TitaNobel.

Si les applications civiles sont nombreuses - le site Bofors Eurenco de Karlskoga fournit par exemple de la poudre pour les airbags et ceintures de sécurité - le secteur de la défense reste un gros débouché.

A l'image des contradictions du maître. Le créateur du prix Nobel de la paix, resté dans l'histoire comme l'inventeur de la dynamite, a aussi révolutionné la guerre moderne en mettant au point des poudres sans fumées.

Malgré une sensibilisation pacifiste, il tentait toujours à la fin de sa vie de mettre au point des roquettes sur un pas de tir à San Remo en Italie.

"Je crois que nous poursuivons l'idée d'Alfred Nobel qu'il est nécessaire d'avoir des productions militaires pour stabiliser le monde, pour qu'il reste sûr", théorise M. Svensson. "Bien sûr en l'utilisant pour la défense, pas pour l'attaque".

L'Institut Nobel en quête d'argent sans brader son indépendance

Le staff, déjà modique, a fondu et les employés de la bibliothèque ont dû s'atteler à l'entretien des parterres. Les temps sont durs à l'Institut Nobel d'Oslo où se trame l'une des plus prestigieuses récompenses au monde: le prix Nobel de la paix.

Pour conserver les murs séculaires dans lesquels les lauréats sont sélectionnés, annoncés et reçus chaque année, l'institut, aux abois financièrement, se tourne aujourd'hui vers le Parlement norvégien. Au risque de fissurer l'indispensable muraille de Chine entre les deux institutions.

"Nous sommes dans une situation où, depuis 20 ans, on nous a réduit nos revenus alors même que nos coûts ne cessent d'augmenter", explique le directeur, Olav Njølstad, dans son bureau tapissé de livres sur Adolf Hitler et la Guerre froide.

Se dressant à l'orée du parc du Palais royal, le vénérable bâtiment jaune a vu passer Nelson Mandela, Desmond Tutu, le dalaï lama, Aung San Suu Kyi, Malala ou encore Barack Obama.

C'est ici, dans ce qui leur fait office de secrétariat, que se réunissent depuis 1905 les cinq membres du comité Nobel, désignés par le Parlement conformément au testament d'Alfred Nobel (1833-1896).

Malgré sa prestigieuse histoire, le bâtiment pourrait bientôt afficher un écriteau "A vendre".

Depuis un coup de rabot en 2013, la dotation annuelle --5,3 millions de couronnes suédoises (520.000 euros)-- versée par la Fondation Nobel est restée désespérément inchangée.

Gérant le legs d'Alfred Nobel dont la valeur dépasse aujourd'hui les 5 milliards de couronnes, la fondation chapeaute les différents comités Nobel, ceux de littérature et de sciences à Stockholm et celui de la paix à Oslo, et leur verse une enveloppe censée couvrir leurs frais de fonctionnement.

Mais, alors que le montant du chèque est toujours le même depuis huit ans, les charges de l'Institut Nobel d'Oslo continuent, elles, de grimper: entretien du bâtiment, sécurité, coût des retraites...

"Faute de revenus supplémentaires, notre trésorerie sera épuisée dans deux ou trois ans", prévient M. Njølstad.

Tout ce qui pouvait être rogné l'a été. De huit membres dans les années 1990, le personnel a été ramené à cinq. Et le contrat avec le paysagiste a été résilié, conduisant deux bibliothécaires à enfiler des gants de jardinier -- jusqu'à ce qu'un généreux voisin propose de prendre en charge l'entretien des espaces verts.

Une photo prise le 4 octobre 2009 de la statue d'Alfred Nobel à l'Institut Karolinska de Stockholm, où une semaine d'annonces Nobel débutera le 5 octobre. Certains sont réveillés par un appel téléphonique au petit matin ou le pilote d'un avion ils sont en train d'émerger pour leur dire, mais pour la plupart des lauréats du prix Nobel, la nouvelle du triomphe est une grande surprise. (AFP)
Une photo prise le 4 octobre 2009 de la statue d'Alfred Nobel à l'Institut Karolinska de Stockholm, où une semaine d'annonces Nobel débutera le 5 octobre. Certains sont réveillés par un appel téléphonique au petit matin ou le pilote d'un avion ils sont en train d'émerger pour leur dire, mais pour la plupart des lauréats du prix Nobel, la nouvelle du triomphe est une grande surprise. (Olivier Morin / AFP)

- Le cas Liu Xiaobo -

A la Fondation Nobel à Stockholm, l'idée a donc fait son chemin de se séparer du coûteux bâtiment.

"Disposer d'un bien immobilier en déficit constant et donc éroder le capital Nobel ne constituent pas une manière satisfaisante de gérer le capital", écrit son directeur, Vidar Helgesen, à l'AFP.

Pour se prémunir contre cette "idée abominable", M. Njølstad a sollicité le Parlement pour suppléer aux besoins de l'institut en lui versant 8 millions de couronnes norvégiennes (780.000 euros) par an.

"Je pense qu'il y a des risques et je serais très, très prudent si j'étais à la place du comité ou de ceux qui dirigent l'Institut Nobel", réagit le chercheur Dan Smith, directeur de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

"Un financement en provenance du Parlement pourrait donner lieu à l'avenir à une certaine pression d'un groupe politique ou d'un autre", dit-il.

Une subvention, rétorque M. Njølstad, servirait uniquement aux frais courants et n'hypothéquerait pas l'indépendance du comité Nobel, dont les choix irritent parfois le pouvoir en place à Oslo.

"D'autres institutions dans la société sont financées, parfois jusqu'à 100%, par l'Etat mais personne ne questionne leur indépendance", fait-il valoir, en citant les tribunaux et la recherche universitaire.

L'indépendance est une valeur cardinale du comité qui a conforté la sienne au fil du temps: les ministres ne peuvent plus être membres depuis 1936, les parlementaires depuis 1977 et leurs suppléants depuis 2017.

Au Parlement, la demande de l'Institut Nobel n'a pas exactement suscité l'engouement.

"Le dossier soulève plusieurs questions fondamentales et pratiques, et mérite un débat politique ouvert", explique la présidente de la chambre, Tone Wilhelmsen Trøen.

Si la requête y sera examinée "à l'automne", le cas Liu Xiaobo trotte dans les têtes.

L'attribution du Nobel au dissident chinois en 2010 avait ulcéré Pékin qui, dans un amalgame entre le comité Nobel et le pouvoir norvégien, avait durablement gelé les relations diplomatiques bilatérales et les importations de saumon.

Une confusion des rôles que les députés ne veulent pas voir rééditée à l'heure où la Chine et la Norvège négocient un accord de libre échange.

Cinq choses à savoir sur les prix Nobel

Pour leur 120e anniversaire, les prix Nobel seront attribués du 4 au 11 octobre à Stockholm et Oslo. Voici cinq choses à savoir sur ces récompenses, remises à des hommes, femmes et organisations ayant oeuvré pour le progrès de l'humanité, selon le voeu de leur créateur, l'inventeur suédois Alfred Nobel.

Une méprise à l'origine des prix?

Le 12 avril 1888, le frère aîné d'Alfred Nobel, Ludvig, meurt à Cannes, en France. Mais Le Figaro fait une méprise, et annonce en Une la mort d'Alfred, d'une brève assassine: "Un homme qu'on ne pourra que très difficilement faire passer pour un bienfaiteur de l'humanité est mort hier à Cannes. C'est M. Nobel, inventeur de la dynamite". Quels tourments cette nécrologie avant l'heure ont-ils pu provoquer sur Alfred? Beaucoup lui attribuent la paternité de la création des prix, en soulignant l'écho à la formule choisie par Nobel pour récompenser ceux qui ont contribué "au bienfait de l'humanité". "Mais on ne peut qu'imaginer" car l'incident n'est pas évoqué dans sa correspondance, souligne à l'AFP sa biographe Ingrid Carlberg. Quant aux visiteurs venus présenter leurs condoléances à l'hôtel particulier parisien de l'inventeur, ils ont la surprise d'être accueillis par un Alfred bien vivant, comme le relatera... Le Figaro, le lendemain.

Des découvertes de plus en plus anciennes

Sur le papier du testament fondateur, les récompenses doivent aller à ceux qui ont servi l'humanité "au cours de l'année précédente". Mais dès 1901, cette consigne n'a jamais été impérative. Du fait du besoin de recul des travaux scientifiques et à l'accumulation mécanique des Nobélisables, des travaux vieux de plusieurs décennies sont récompensées. En témoigne John B. Goodenough, devenu en 2019 le lauréat le plus âgé des Nobel, à... 97 ans. Il est aujourd'hui à 99 ans le Nobel encore vivant le plus âgé. Quant à la plus jeune lauréate, il s'agit de la Pakistanaise Malala Yousafzai, Nobel de la Paix 2017 à... 17 ans.

Un prix pour les vivants

Depuis 1974, les statuts de la Fondation Nobel stipulent qu'un prix ne peut être remis à titre posthume, sauf si la mort survient après l'annonce du nom du lauréat. Jusqu'à ce que la règle d'usage soit écrite noir sur blanc, seules deux personnalités disparues, des Suédois, avaient été récompensées: le poète Erik Axel Karlfeldt (littérature en 1931) le secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjöld, vraisemblablement assassiné (prix de la paix en 1961). Il est également arrivé qu'un prix ne soit pas attribué en forme d'hommage à un lauréat décédé, comme en 1948, après la mort de Gandhi. Un lauréat récent n'aura jamais eu la chance de recevoir le célèbre coup de téléphone annonçant un Nobel: après le prix de médecine 2011 au Canadien Ralph Steinman, on apprend sa mort trois jours auparavant. Mais il reste au palmarès.

Candidats improbables pour la paix

D'Adolf Hitler à Michael Jackson en passant par Staline ou Mussolini, le Nobel de la paix a vu passer son lot de candidatures improbables, farfelues ou aberrantes. Hitler avait été proposé pour le prix de la paix par un député suédois en janvier 1939, à l'orée du conflit le plus sanglant de l'Histoire. La proposition, sarcastique et visant à décrédibiliser la nomination du Britannique Neville Chamberlain après les accords de Munich, sera finalement retirée, mais elle reste dans les annales du prix. Le président serbe Slobodan Milosevic, plus tard jugé pour génocide, a aussi été proposé, au même titre que Jules Rimet, "père" de la Coupe du monde de football. Des dizaines de milliers de personnes peuvent soumettre une candidature, mais toutes les propositions ne sont pas étudiées.

Où sont les femmes?

Avec 58 lauréates, les femmes représentent cependant à peine 6% du total depuis 1901. "Nobel aurait été agacé par cette statistique", assure Ingrid Carlberg. "C'était un féministe avant l'heure qui défendait les carrières des femmes admirait les intellectuelles". L'économie recueille le bonnet d'âne (2,3%), devant les prix scientifiques dans leur ensemble (3,7%). La littérature est largement une affaire d'hommes (13,7% de femmes), la paix fait un peu mieux (15,9%). 

Bien que lentement, les choses s'améliorent: puis le début du siècle, 28 femmes ont été récompensées, soit presque trois fois plus qu'au cours des deux décennies précédentes. En 2009, un record de cinq femmes ont reçu un Nobel, dont la première lauréate en économie, l'Américaine Elinor Ostrom. C'est aussi une femme qui est la première personne à avoir gagné le Nobel deux fois: la Française d'origine polonaise Marie Curie (physique 1903 et chimie 1911).


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.


La nouvelle saison de l’IMA démarre, par un événement dédié au mariage dans le Maghreb

La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
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  • Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026/2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large qui est de faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant, et tourné vers les nouvelles générations
  • Sous l’impulsion de Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures

PARIS: Le 4 juillet prochain, les rues de Paris, ou du moins celles reliant l’Institut du monde arabe (IMA) au Grand Palais, deux bâtiments emblématiques de la capitale française, vibreront au rythme du Maghreb.

Des voitures de mariage décorées selon les traditions des différents pays du Maghreb sillonneront les rues reliant les deux institutions ainsi que celles de plusieurs communes périphériques, avec à la clé des cérémonies de henné, de la musique orientale et des concerts de youyous.

C’est l’innovation la plus originale et la plus cocasse de la saison 2026-2027 de l’IMA, dont la présidente, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes.

Un événement festif

Il s’agit d’un événement festif, reflet des joies de la vie réelle, imaginé par Mohamed Bourouissa, plasticien algérien qui s’est inspiré des rituels du mariage pour concevoir une création mêlant mémoire, musique et célébration collective.

Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026-2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant et tourné vers les nouvelles générations.

Sous l’impulsion d’Anne-Claire Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures.

Dès l’été, l’IMA investira son vaste parvis, conçu par Jean Nouvel, en le transformant en un espace de convivialité accessible à tous, avec du mobilier urbain, une offre de restauration légère et des espaces de détente invitant les visiteurs à s’approprier ce lieu comme un véritable espace de rencontre.

Ce dispositif s’accompagnera d’une programmation estivale riche, notamment à l’occasion de la Fête de la musique, revisitée à travers une création poétique et musicale inspirée de l’écrivain libanais Gibran Khalil Gibran.

L’été sera également rythmé par une offre renforcée de médiation culturelle, ouverte dès le plus jeune âge. Des ateliers de calligraphie, des contes, des carnets de voyage ou encore des stages linguistiques viendront compléter cette volonté d’ancrer l’IMA dans une dynamique familiale.

La promenade du « Paris arabe historique », organisée chaque semaine, prolongera cette immersion en dehors des murs de l’institution.

Mais au cœur de la saison, un premier grand axe intitulé « Héritage et circulation » mettra en lumière les continuités culturelles entre passé et présent.

Trois expositions majeures

Trois expositions majeures structureront cette réflexion. La première, consacrée aux rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains.

Des costumes, des objets et des témoignages constitueront le socle d’une programmation de débats et de rencontres autour des réalités sociales du mariage.

IMA
L'exposition sur les rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains. (Photo Arlette Khouri)

Une seconde exposition immersive plongera les visiteurs dans les splendeurs de l’Alhambra. À travers objets, reconstitutions et dispositifs sensoriels, elle offrira une exploration des arts nasrides, de la calligraphie aux jeux d’eau en passant par les motifs géométriques.

Enfin, une troisième exposition, en partenariat avec l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine, rappellera l’urgence de préserver les sites culturels menacés, de Mossoul à Alep, en passant par Beyrouth.

Dans cette même logique de transmission, l’IMA valorisera sa riche photothèque, forte de plus de 86 000 clichés, dont une sélection consacrée à la Palestine. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large de numérisation et d’accessibilité du patrimoine.

Parallèlement, la saison fera la part belle aux « nouvelles scènes » du monde arabe. Littérature, poésie, musique, cinéma, design et mode seront réunis dans une programmation foisonnante.

Une semaine dédiée à la langue arabe, en décembre, mettra à l’honneur auteurs, traducteurs et éditeurs, tandis que le Prix de la littérature arabe gagnera en visibilité, notamment auprès des lycéens.

La poésie occupera une place centrale, avec des rencontres régulières et un événement inédit, « Poésie sous les étoiles », parrainé par le grand poète Adonis, qui mettra en lumière une nouvelle génération de poétesses.

Côté musique, l’IMA poursuivra son exploration des traditions arabo-andalouses sous la houlette de l’ancien ambassadeur François Gouyette, tout en lançant un nouveau festival, « Arab Touch », consacré aux expressions contemporaines, du rap à l’électro.

Le cinéma constituera également un pilier de cette saison, avec des avant-premières régulières et de nouveaux partenariats, notamment autour de l’adaptation d’œuvres littéraires.

Le spectacle vivant ne sera pas en reste, avec le retour du festival « L’IMA fait son festival » et une programmation mêlant théâtre, danse et humour.

Les figures marquantes seront également à l’honneur avec l’inauguration de la bibliothèque Leila Shahid, ancienne ambassadrice de la Palestine, ainsi qu’une soirée dédiée au musicien Ziad Rahbani, avec la participation de Toufic Farroukh, son ami de longue date et musicien lui aussi.

Dans le domaine des industries créatives, l’IMA renforcera sa présence lors des grands rendez-vous parisiens. Prix du design, prix de la mode et lancement d’un prix d’art contemporain du monde arabe témoigneront de cette volonté de soutenir les talents émergents et de créer des passerelles professionnelles.

La langue arabe

Troisième pilier de la saison, la « Fabrique des savoirs » proposera un éclairage sur les grandes questions historiques et contemporaines. Les Journées de l’histoire seront consacrées aux sciences arabes, tandis que des débats aborderont les enjeux géopolitiques et sociétaux actuels.

Mais c’est l’attention portée à la jeunesse qui constitue la véritable nouveauté de cette saison. Pour la première fois, une exposition entièrement dédiée aux enfants permettra de découvrir le monde arabe de manière ludique et pédagogique.

Des projets participatifs, notamment avec le dramaturge et ancien directeur du Théâtre de la Colline, Wajdi Mouawad, offriront aux jeunes un espace d’expression et de réflexion.

Cette ouverture se veut également sociale et territoriale. L’IMA multipliera les actions en direction des publics éloignés, notamment à travers des programmes d’art-thérapie ou des dispositifs adaptés aux personnes en situation de handicap.

Enfin, la question de la langue arabe occupe une place stratégique dans cette programmation. L’IMA ambitionne de contribuer à son enseignement à l’échelle nationale en proposant des formations certifiées et en accompagnant les bibliothèques dans le développement de fonds en langue arabe.

Plus que jamais, affirme Anne-Claire Legendre, l’Institut entend être « ce lieu singulier où les récits se croisent sans se confondre » et où la culture « fait ce qu’elle sait faire le mieux : maintenir vivant ce qui nous relie », en dépit des vents contraires.