L'Inuite Mary Simon devient la première autochtone gouverneure générale du Canada

L'Inuite et ancienne diplomate Mary Simon, première femme autochtone à représenter la reine Elizabeth II au Canada, le 26 juillet 2021 à Ottawa. Photo Pool/AFP
L'Inuite et ancienne diplomate Mary Simon, première femme autochtone à représenter la reine Elizabeth II au Canada, le 26 juillet 2021 à Ottawa. Photo Pool/AFP
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Publié le Mardi 27 juillet 2021

L'Inuite Mary Simon devient la première autochtone gouverneure générale du Canada

  • L'Inuite et ancienne diplomate Mary Simon est devenue lundi la première femme autochtone à représenter la reine Elizabeth II au Canada, promettant d'œuvrer à la "réconciliation" dans un pays secoué par le scandale des pensionnats pour autochtones
  • «Je m'efforcerai de jeter des ponts entre les diverses origines et cultures qui reflètent le caractère unique et prometteur de notre grand pays», a affirmé l'Inuite de 74 ans, qui s'est engagée à «représenter tous les Canadiens»

 

OTTAWA, CANADA : L'Inuite et ancienne diplomate Mary Simon est devenue lundi la première femme autochtone à représenter la reine Elizabeth II au Canada, promettant d'œuvrer à la "réconciliation" dans un pays secoué par le scandale des pensionnats pour autochtones.

"C'est avec humilité que je suis prête à devenir la première gouverneure générale autochtone du Canada", a-t-elle déclaré dans son premier discours officiel lundi, lors de la cérémonie d'installation au Sénat, à Ottawa. "Je m'efforcerai de jeter des ponts entre les diverses origines et cultures qui reflètent le caractère unique et prometteur de notre grand pays", a affirmé l'Inuite de 74 ans, qui s'est engagée à "représenter tous les Canadiens".

Cheveux gris coupés au carré, vêtue d'une robe noire, Mary Simon a prêté serment lors d'une cérémonie sobre et suivie contrairement à l'habitude par seulement 44 invités, dont le Premier ministre Justin Trudeau, en raison de la pandémie. Evoquant une "journée historique" pour le Canada, la nouvelle gouverneure générale a ajouté que la réconciliation, loin d'être aisée, exigeait un "effort quotidien".

Sa prise de fonction intervient à un moment crucial pour le Canada confronté à des pages sombres de son passé et sa politique d'assimilation. Des dizaines de milliers d'enfants amérindiens, métis et inuits ont été enrôlés de force dans des pensionnats pour autochtones de la fin du 19e siècle aux années 1990, écartés de leurs familles et de leur culture. Des milliers n'en sont jamais revenus.

Evoquant cette réconciliation avec les peuples autochtones, Justin Trudeau a dit avoir "hâte de travailler" avec Mme Simon "pour bâtir un pays meilleur pour tout le monde". "Nous avons besoin de gens comme Mary Simon, parce que nous avons besoin de gens qui construisent des ponts et nous rassemblent", a-t-il ajouté.

Née en 1947, cette Inuite originaire du Nunavik (nord du Québec), qui a été ambassadrice canadienne aux Affaires circumpolaires, puis au Danemark, a toute sa vie défendu les droits et la culture de son peuple. S'exprimant en anglais, en inuktitut et un peu en français, l'ancienne militante pour les droits des autochtones a rappelé qu'elle avait appris à vivre entre "deux mondes".

Souvent attaquée depuis sa nomination sur sa non maîtrise du français, l'une des deux langues officielles du pays, elle s'est une nouvelle fois engagée à l'apprendre.

«La première, pas la dernière»

La nouvelle gouverneure générale, qui a fait de la défense de l'Arctique l'un de ses chevaux de bataille, a également évoqué la crise climatique. "Le Canada subit les conséquences disproportionnées des changements climatiques parce que l'Arctique se réchauffe plus rapidement que presque partout ailleurs sur la planète", a expliqué celle qui est la cinquième femme à représenter officiellement Elizabeth II, la cheffe d'Etat du Canada.

Sa nomination est un geste très politique puisqu'elle a surtout des fonctions protocolaires: elle est commandante en chef des forces armées, promulgue officiellement les lois et convoque ou dissout le Parlement. "C'est la première mais pas la dernière", veut croire Zincia Francis, habitante de Toronto de passage dans la capitale canadienne lundi. Jordan Glazer, étudiant de 22 ans, estime lui que "c'est un jour historique et une très grande victoire pour le Canada dans son entier".

Pour Thierry Rodon, professeur de sciences politiques à l'université Laval à Québec, "c'est un pas de plus vers une réconciliation symbolique". Mais "la gouverneure générale n'a aucun pouvoir sur les politiques publiques donc cela ne changera rien à la question de l'accès à l'eau potable, la décolonisation de la relation établie par la loi sur les Indiens, la primauté du développement économique sur les droits autochtones..."

Jeudi, Mary Simon s'est entretenue avec la reine Elizabeth II par vidéoconférence. Elle est nommée pour cinq ans et succède à Julie Payette, qui a démissionné en janvier après des accusations de harcèlement au sein de son bureau.


Sécurité européenne, Ukraine : réunion des ministres européens de la Défense lundi

Drapeaux de l'Union européenne et l'Ukraine (Photo i Stock)
Drapeaux de l'Union européenne et l'Ukraine (Photo i Stock)
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  • Une douzaine de ministres européens de la Défense tiendront lundi une réunion par visioconférence afin de définir une réponse coordonnée à l'offensive diplomatique américano-russe concernant le dossier ukrainien
  • Cette réunion des ministres de la Défense s'inscrit dans le ballet diplomatique provoqué par l'annonce de pourparlers bilatéraux américano-russes visant à mettre fin au conflit.

PARIS : Une douzaine de ministres européens de la Défense tiendront lundi une réunion par visioconférence afin de définir une réponse coordonnée à l'offensive diplomatique américano-russe concernant le dossier ukrainien et de renforcer la sécurité du Vieux continent, a-t-on appris dimanche auprès du ministère français des Armées.

Cette réunion, qui se tiendra dans l'après-midi à l'initiative de l'Estonie et de la France, rassemblera également les ministres de la Défense de Lituanie, de Lettonie, de Norvège, de Finlande, de Suède, du Danemark, des Pays-Bas, d'Allemagne, d'Italie, de Pologne et du Royaume-Uni, selon cette source.

À cette occasion, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, se rendra à Tallinn aux côtés de son homologue estonien Hanno Pevkur, après avoir participé aux célébrations de la fête nationale estonienne.

La France déploie environ 350 militaires en Estonie dans le cadre d'un bataillon multinational de l'OTAN.

Cette réunion des ministres de la Défense, trois ans jour pour jour après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, s'inscrit dans le ballet diplomatique provoqué par l'annonce de pourparlers bilatéraux américano-russes visant à mettre fin au conflit.

La semaine passée, plusieurs chefs de gouvernement européens avaient été conviés à Paris par le président Emmanuel Macron. D'après un résumé obtenu de sources parlementaires, ils se seraient accordés sur la nécessité d'un « accord de paix durable s'appuyant sur des garanties de sécurité » pour Kiev, et auraient exprimé leur « disponibilité » à « augmenter leurs investissements » dans la défense.

Plusieurs pays membres avaient en revanche exprimé des réticences quant à l'envoi de troupes européennes en Ukraine, dans l'hypothèse d'un accord mettant fin aux hostilités.


Le ministre russe des Affaires étrangères effectue une visite en Turquie lundi

Cette photo prise et diffusée par le ministère russe des Affaires étrangères montre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, donnant une conférence de presse après la réunion avec le secrétaire d'État américain, le conseiller à la sécurité nationale et l'envoyé pour le Moyen-Orient au palais de Diriyah à Riyad, le 18 février 2025. M. (Photo by Handout / RUSSIAN FOREIGN MINISTRY / AFP)
Cette photo prise et diffusée par le ministère russe des Affaires étrangères montre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, donnant une conférence de presse après la réunion avec le secrétaire d'État américain, le conseiller à la sécurité nationale et l'envoyé pour le Moyen-Orient au palais de Diriyah à Riyad, le 18 février 2025. M. (Photo by Handout / RUSSIAN FOREIGN MINISTRY / AFP)
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  • La Turquie, membre de l'OTAN, souhaite jouer un rôle de premier plan dans la fin des hostilités, comme elle avait tenté de le faire en mars 2022 en accueillant par deux fois des négociations directes entre Moscou et Kiev.
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau affirmé que son pays serait un « hôte idéal » pour des pourparlers sur l'Ukraine associant Moscou, Kiev et Washington.

ISTAMBUL : Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est attendu en Turquie lundi, jour du troisième anniversaire du déclenchement de l'invasion russe de l'Ukraine, ont annoncé dimanche des sources diplomatiques turques.

M. Lavrov doit s'entretenir à Ankara avec son homologue turc Hakan Fidan, ont indiqué ces mêmes sources, précisant que les deux hommes discuteraient notamment d'une solution au conflit ukrainien.

Dimanche, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a confirmé à l'agence Tass qu'une délégation menée par Sergueï Lavrov devait se rendre prochainement en Turquie pour y discuter d'« un large éventail de sujets ».

La Turquie, membre de l'OTAN, souhaite jouer un rôle de premier plan dans la fin des hostilités, comme elle avait tenté de le faire en mars 2022 en accueillant par deux fois des négociations directes entre Moscou et Kiev.

Mardi, en recevant son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau affirmé que son pays serait un « hôte idéal » pour des pourparlers sur l'Ukraine associant Moscou, Kiev et Washington.

Toutefois, ces dernières semaines, Moscou et Washington ont entamé un dialogue direct, alors que les relations se réchauffent entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

Mardi, Russes et Américains se sont rencontrés en Arabie saoudite pour entamer le rétablissement de leurs relations, une réunion dénoncée par Volodymyr Zelensky qui redoute un accord sur l'Ukraine à leur insu.

M. Lavrov, dont la dernière visite en Turquie remonte à octobre, doit se rendre dans la foulée en Iran, un allié de la Russie.

La Turquie, qui est parvenue à maintenir ses liens avec Moscou et Kiev, fournit des drones de combat aux Ukrainiens mais n'a pas participé aux sanctions occidentales contre la Russie.

Ankara défend parallèlement l'intégrité territoriale de l'Ukraine et réclame la restitution de la Crimée du Sud, occupée par la Russie depuis 2014, au nom de la protection de la minorité tatare turcophone de cette péninsule.


Selon une source ukrainienne , Zelensky ne serait pas prêt à signer un accord sur les minerais avec Washington

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo AFP )
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo AFP )
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky n'est « pas prêt » à signer un accord avec les États-Unis qui leur offrirait un accès préférentiel aux minerais du pays, a affirmé samedi à l'AFP une source ukrainienne proche du dossier, alors que les deux pays sont en pleines tensions.

Donald Trump réclame depuis plusieurs semaines l'équivalent de 500 milliards de dollars de terres rares, en guise de dédommagement, selon lui, du soutien américain à Kiev face à l'invasion russe, une condition qu'Ukraine ne peut accepter pour l'instant.

« Le président ukrainien n'est pas prêt à accepter le projet dans sa forme actuelle. Nous essayons toujours de faire des changements de manière constructive », a expliqué cette source ukrainienne qui a requis l'anonymat.

« Ils veulent nous soutirer 500 milliards de dollars », a-t-elle accusé.

« Quel genre de partenariat est-ce là ? (...) Et pourquoi devons-nous donner 500 milliards, il n'y a pas de réponse », a-t-elle encore dit, affirmant que Kiev avait « proposé des amendements. Ils ont été soumis ».

Depuis l'appel entre Donald Trump et Vladimir Poutine le 12 février, Moscou et Washington ont exprimé leur volonté de repartir sur de nouvelles bases, et le président américain a complètement renversé la position de son pays concernant la guerre en Ukraine, en reprenant la rhétorique du Kremlin sur la responsabilité de Kiev.

Le 24 février 2022, l'Ukraine a été envahie par la Russie, le Kremlin affirmant agir pour protéger le pays contre la menace de l'OTAN et empêcher un élargissement de l'organisation.

Donald Trump souhaite négocier un accord avec l'Ukraine afin d'obtenir un accès à 50 % de ses minerais stratégiques, en guise de compensation pour l'aide militaire et économique déjà fournie à Kiev.

Le conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, Mike Waltz, s'est montré très pressant vendredi.

« Le président Zelensky va signer cet accord, et vous le verrez à très court terme, et c'est bon pour l'Ukraine », a-t-il insisté lors d'un rassemblement de conservateurs près de Washington.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rejeté avec vigueur la première proposition américaine d'accord, arguant qu'il ne pouvait « pas vendre » son pays.

Il a toutefois laissé la porte ouverte à des « investissements » américains en échange de telles garanties.

De son côté, Donald Trump affirme que les États-Unis ont dépensé 350 milliards de dollars pour s'engager dans une guerre qui ne pouvait pas être gagnée. Or, selon l'institut économique IfW Kiel, l'aide américaine globale à l'Ukraine, financière, humanitaire et militaire, a atteint 114,2 milliards d'euros (près de 120 milliards de dollars au cours actuel) entre début 2022 et fin 2024, dont 64 milliards d'euros en assistance militaire.

Le 1er février, M. Zelensky a assuré que l'Ukraine n'avait reçu à ce stade que 75 des 177 milliards de dollars d'aide votée par le Congrès américain.