Raphaël, élégance en stéréo et hommage à Christophe

Le chanteur français Raphael à son arrivée à la 44e édition de la cérémonie des César Film Awards à la Salle Pleyel à Paris le 22 février 2019. (Thomas Samson /Fichier/ AFP)
Le chanteur français Raphael à son arrivée à la 44e édition de la cérémonie des César Film Awards à la Salle Pleyel à Paris le 22 février 2019. (Thomas Samson /Fichier/ AFP)
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Publié le Samedi 06 mars 2021

Raphaël, élégance en stéréo et hommage à Christophe

  • Les hommages au "Beau Bizarre", Christophe, fourmillent dans le disque, qui s'ouvre d'ailleurs sur "Années 20"
  • La dernière chanson, "Norma Jean", se réfère à une variété de roses blanches que Christophe aimait offrir autour de lui

 

PARIS : Le nouvel album de Raphaël, "Haute fidélité", est une belle chambre d'écho pour accords majeurs, avec les participations d'Arthur Teboul (Feu ! Chatterton), Clara Luciani, Pomme et la silhouette de Christophe en ombre chinoise.

Les hommages au "Beau Bizarre" fourmillent dans le disque, qui s'ouvre d'ailleurs sur "Années 20" où l'interprète de "Caravane" se glisse dans les santiags de l'auteur des "Mots bleus", marchant sur le fil d'une voix en équilibre.

Dans "Maquillage bleu" on entend fuser un "Christophe en Ferrari". Et la dernière chanson "Norma Jean" se réfère à une variété de roses blanches que Christophe aimait offrir autour de lui.

"C'est juste après sa disparition que j'ai écrit +Norma Jean+, puis un mois ou deux après, j'ai écrit cette intro ‘Années 20’ qui me faisait penser à lui, puis j'ai ajouté son nom dans ‘Maquillage bleu’, confie Raphaël.

Et d'évoquer "mille choses" qu'il adorait chez le chanteur des "Paradis Perdus": "tout le monde l'aimait, c'était un éternel jeune homme, moderne sans chercher à l'être".

Raphaël raconte aussi l'enregistrement d'un duo avec lui pour l'album "Christophe etc", au cœur de la nuit, évidemment. "Il vous donne rendez-vous à minuit, il arrive une heure plus tard (rires), avec une amie; ma femme (l'actrice Mélanie Thierry) était venue, c'était un moment délicieux, comme à chaque fois avec lui, spécial, électrique".

La guitare devient oud

Dans "Maquillage bleu", Raphaël rend hommage à une génération disparue, celle des "Christophe, Johnny, Françoise Sagan, qui roulaient vite et ne faisaient pas gaffe au chemin du retour".

Dans ce morceau-pépite, il grince aussi de se retrouver dans une époque avec "Victoria Beckham s'occupant de nos âmes". "Je n'ai rien contre elle, ni pour elle (rires) mais quand j'étais petit, l'idée de l'avenir c'était d'aller sur la Lune, sur Mars, et cette promesse de modernité s'est limitée aux réseaux sociaux", développe-t-il.

Ce même titre permet aussi d'entendre l'actrice Valeria Bruni-Tedeschi, une proche, déclamer un passage de "La Divine Comédie" de Dante, en italien. "Il y a ce personnage paresseux - moi qui suis assez paresseux (rires) - qui s'appelle Belacqua et qui me faisait penser à Bevilacqua", poursuit-il, citant le nom de Christophe à l'état civil.

Et c'est d'ailleurs par l'entremise de Christophe - on y revient encore - que Raphaël a rencontré Arthur Teboul, leader de Feu ! Chatterton. Un "complice précieux", qui pose sa voix à plusieurs reprises sur cet album (sorti vendredi chez Sony).

Sur "La Jetée", Arthur Teboul chante ainsi un psaume en hébreu alors que la guitare de Raphaël se fait "orientale", sonnant comme un oud. "J'avais coincé des bouts de paquets de cigarettes entre les cordes, c'est un truc connu, comme le truc d'ouvrir une bière avec un briquet (rires)". 

"Même famille"

Arthur Teboul ne pouvait que plaire à Raphaël. On l'a vu chanter lors du spectacle-hommage à Alain Bashung en 2019 ou rejoindre cette année-là Stephan Eicher sur scène.

"J'ai écrit et joué pour Bashung, écrit et joué pour Eicher, on est dans la même famille, on relève tous le flambeau, on est tous copains, on s'admire, on s'aime beaucoup", acquiesce Raphaël.

Une famille de scène où l'on trouve aussi Clara Luciani, qui assurait il y a quelques années guitares, claviers et chœurs dans le groupe de Raphaël en tournée.

Il a "assisté avec beaucoup d'admiration" à l'"épanouissement" de celle qui fut sacrée artiste féminine aux Victoires de la musique en 2020. Et l'avoir sur "Si tu pars ne dis rien" n'était pour lui que la "suite de l'histoire".

Et puis il y a une nouvelle venue, Pomme (artiste féminine aux Victoires cette année), à qui il avait proposé de faire des chœurs sur "Le train du soir". "Et puis c'est devenu un duo, car dès qu'elle chante on a envie de l'écouter, quelle émotion c'est de chanter à ses côtés !".


Le musée Al-Tayebat de Djeddah célèbre le patrimoine national

  • Costumes, textiles et objets artisanaux exposés au musée
  • Un pont entre les visiteurs locaux et internationaux et les cultures du Royaume

​​​RIYAD : Au musée Al-Tayebat, Cité internationale des sciences et du savoir à Djeddah, le Pavillon de la culture saoudienne ouvre une fenêtre vivante sur le patrimoine national, mettant en lumière l’authenticité de l’identité du Royaume et la richesse de ses multiples cultures.

Le pavillon s’est imposé comme l’une des attractions éducatives et touristiques les plus remarquables du Royaume, invitant les visiteurs à découvrir l’histoire des vêtements traditionnels et des costumes régionaux qui distinguent les différentes régions de l’Arabie saoudite à travers les siècles.

Le musée lui-même constitue un véritable monument culturel : il comprend 12 bâtiments patrimoniaux construits dans le style architectural traditionnel du Hijaz et abrite plus de 365 salles d’exposition.

Une grande partie de cet espace est consacrée aux costumes, textiles et savoir-faire artisanaux propres à chaque région, présentés de manière à associer le charme du passé à la rigueur de la documentation moderne.

Les couloirs du musée offrent un panorama visuel saisissant qui traverse l’ensemble du pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

La région occidentale et le Hijaz ouvrent le parcours avec le zaboun féminin, les foulards maharem et la mudawwara, ainsi qu’avec la daqla, le gilet sidiriyah et le turban hijazi portés par les hommes. Ces tenues sont mises en valeur devant les rawasheen, les célèbres moucharabiehs en bois sculpté caractéristiques des maisons historiques de Djeddah.

Ailleurs dans le pavillon, les régions centrale et orientale affirment leur héritage à travers la splendeur du bisht d’Al-Ahsa, tissé à la main avec des fils dorés de zari, ainsi que des jalabiyas finement brodées.

La région méridionale attire ensuite le regard avec des couleurs inspirées directement de la nature : le mijnab et les chemises ornées de fils de canne aux teintes vives, exposés aux côtés de guirlandes parfumées et de bijoux traditionnels en argent.

Le nord raconte quant à lui son histoire à travers le mhawthal et les lourdes abayas conçues pour résister aux rigueurs de la vie désertique.

Selon Youssef Mohammed Kiki, superviseur général du musée, ces vêtements constituent de véritables documents historiques et sociaux, témoignant du mode de vie des populations, de leurs métiers et des conditions climatiques propres à chaque région.

Grâce à ces pièces rares, préservées pendant des décennies, le musée espère renforcer le lien des jeunes générations et des visiteurs avec le patrimoine national du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.