Zelensky: la Russie doit «porter la responsabilité» pour la «terreur» à la centrale nucléaire de Zaporijjia

Cette photo prise le 11 mai 2022 montre une voiture et un tracteur brûlés après un bombardement par les forces russes dans la ville d'Orikhiv, près de Zaporizhzhia, dans l'est de l'Ukraine, lors de l'invasion russe. (AFP).
Cette photo prise le 11 mai 2022 montre une voiture et un tracteur brûlés après un bombardement par les forces russes dans la ville d'Orikhiv, près de Zaporizhzhia, dans l'est de l'Ukraine, lors de l'invasion russe. (AFP).
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Publié le Samedi 06 août 2022

Zelensky: la Russie doit «porter la responsabilité» pour la «terreur» à la centrale nucléaire de Zaporijjia

  • «Aujourd'hui, les occupants ont créé une autre situation extrêmement risquée pour toute l'Europe: ils ont frappé à deux reprises la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande de notre continent», a déclaré M. Zelensky
  • «Tout bombardement de ce site est un crime éhonté, un acte de terreur. La Russie doit porter la responsabilité du fait même de créer une menace pour une centrale nucléaire», a-t-il poursuivi

KIEV : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré vendredi que la Russie devait "porter la responsabilité" pour "l'acte de terreur" à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia occupée par l'armée russe, cible de frappes dont Kiev et Moscou s'accusent mutuellement.

"Aujourd'hui, les occupants ont créé une autre situation extrêmement risquée pour toute l'Europe: ils ont frappé à deux reprises la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande de notre continent", a déclaré M. Zelensky dans son adresse vidéo quotidienne.

"Tout bombardement de ce site est un crime éhonté, un acte de terreur. La Russie doit porter la responsabilité du fait même de créer une menace pour une centrale nucléaire", a-t-il poursuivi.

Kiev et Moscou se sont accusés mutuellement de frappes près d'un réacteur nucléaire de la centrale de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine.

Une ligne de haute tension a été endommagée dans cette attaque en déclenchant l'arrêt d'un des réacteurs de la centrale.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait déclaré mardi que la situation était "volatile" à la centrale de Zaporijjia et devenait "de plus en plus dangereuse de jour en jour".

Au moment de la prise de la centrale en mars, les militaires russes avaient ouvert le feu sur des bâtiments du site, faisant courir le risque d'un accident nucléaire majeur.


Taïwan: face à la colère de Pékin, des Chinois parfois circonspects

Pour le gouvernement chinois, Taïwan - où les nationalistes chinois se sont réfugiés lorsque Mao Zedong et les communistes se sont emparés du pouvoir en Chine en 1949 - fait partie intégrante du pays. (AFP).
Pour le gouvernement chinois, Taïwan - où les nationalistes chinois se sont réfugiés lorsque Mao Zedong et les communistes se sont emparés du pouvoir en Chine en 1949 - fait partie intégrante du pays. (AFP).
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  • Les experts estiment que la population est très largement favorable à une réunification avec Taïwan
  • En ligne, les internautes les plus extrêmes ont même appelé à la guerre

PEKIN: La colère de la Chine après la visite à Taïwan de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi a certes réveillé la ferveur nationaliste de certains internautes chinois, mais dans les rues le sentiment est plus partagé.

Furieux, Pékin a lancé les plus importantes manoeuvres militaires de son histoire autour de Taïwan et suspendu plusieurs discussions et coopérations sino-américaines, notamment sur le changement climatique et la défense.

Mais qu'en pensent les Chinois ?

Difficile d'en avoir une idée générale alors que tout débat public est généralement étouffé par le strict contrôle des autorités sur internet, avec un système de censure qui efface les publications les plus négatives sur la politique gouvernementale.

Les experts estiment que la population est très largement favorable à une réunification avec Taïwan et n'accepterait en aucun cas une indépendance de île.

En ligne, les internautes les plus extrêmes ont même appelé à la guerre. Mais dans les rues de Pékin, plusieurs habitants interrogés par l'AFP sont plus mesurés, espérant surtout que les choses se calment.

"Je ne suis pas trop inquiet car je sais que ça (la guerre) n'arrivera pas (...) Celui qui aura recours en premier à la force aura tort", déclare l'un d'eux, qui ne donne que son nom de famille, Zhao.

Pour le gouvernement chinois, Taïwan - où les nationalistes chinois se sont réfugiés lorsque Mao Zedong et les communistes se sont emparés du pouvoir en Chine en 1949 - fait partie intégrante du pays et sera un jour réunifiée, de force si nécessaire, un objectif auquel une grande partie de la population adhère.

"Beaucoup de Chinois espèrent qu'il y aura une réunification avec Taïwan. C'est une idée qui a été inculquée depuis l'enfance et qui est considérée comme politiquement correcte", souligne M. Zhao, âgé de 29 ans.

"Mais il y a très peu de discussions profondes sur le sujet, car internet ne permet pas une variété d'opinions et les conversations dans la vraie vie terminent facilement en disputes", ajoute-t-il.

 «Puissance militaire»

Pour le président Xi Jinping, la visite de Mme Pelosi n'aurait pas pu tomber à un pire moment, observe David Sacks, chercheur au groupe de réflexion américain Council on Foreign Relations.

Le chef de l'Etat veut en effet donner, aux yeux de ses compatriotes, une image de force et de stabilité avant le 20e Congrès du Parti communiste, qui devrait sauf surprise lui octroyer un troisième mandat.

"Xi a probablement senti qu'il devait agir, de peur de paraître faible ou de passer pour quelqu'un qui ne maîtrise pas la relation (sino-américaine), la plus importante pour la Chine", explique à l'AFP M. Sacks.

Si l'ampleur et la maîtrise des manoeuvres militaires suscite la fierté les habitants, celle-ci n'implique pas forcément un soutien inconditionnel au gouvernement.

"Les gens sont fiers, mais c'est surtout vis-à-vis de la puissance militaire de la Chine", estime M. Zhao. "Ils mentionnent rarement les dirigeants".

"Je ne pense pas que cette situation changera la manière de voir nos dirigeants", renchérit une autre habitante de Pékin âgée de 27 ans, qui ne donne elle aussi que son nom de famille, Guo.

Car ces derniers "n'ont pas non plus besoin du soutien des gens, ils ne sont pas choisis par une élection" à suffrage universel.

« Bataille »

Les sanctions commerciales contre Taïwan et les exercices militaires "sont bien accueillis" par les Chinois, souligne Jocelyn Chey, ex-diplomate australienne, désormais professeure à l'université de Sydney.

Mais elles surviennent à un moment où la Chine traverse une mauvaise passe économique liée à deux ans et demi de strictes restrictions sanitaires dues au Covid, la population affichant sa lassitude des confinements successifs et de la fermeture des frontières internationales, ajoute-t-elle.

Des critiques viennent aussi de ceux qui, portés par leur ferveur nationaliste, jugent que Pékin n'a pas frappé assez fort face à Taïwan, souligne David Sacks.

Ce qui signifie que les autorités chinoises vont continuer à calibrer leur réponse et à l'intensifier si nécessaire, estime-t-il.

"À moins que la situation ne devienne vraiment incontrôlable, et même si la réponse de M. Xi a suscité des réactions négatives, je ne pense pas que cela menacera de quelque manière que ce soit sa position lors du prochain Congrès du Parti", selon le chercheur.

Certains, en revanche, s'inquiètent de voir l'ampleur qu'a pris le différend autour de Taïwan ces derniers jours.

"Avant cela, certaines personnes de mon entourage pensaient qu'une réunification pacifique pouvait être réalisée, car il s'agissait d'une question entre nous et Taïwan", déclare M. Luo, un habitant de Canton (sud).

"Mais avec l'implication américaine désormais, certains commencent à voir ça comme une bataille avec les Etats-Unis".


La Chine poursuit ses exercices militaires près de Taïwan

La Chine a débuté jeudi, au lendemain du départ de Taipei de Mme Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, des manoeuvres "à tir réel" dans six larges zones tout autour de Taïwan. (AFP).
La Chine a débuté jeudi, au lendemain du départ de Taipei de Mme Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, des manoeuvres "à tir réel" dans six larges zones tout autour de Taïwan. (AFP).
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  • Ces exercices, en tout cas dans cette configuration, devaient s'achever dimanche midi (04H00 GMT) selon l'administration chinoise de la sûreté maritime
  • Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, avait dénoncé la "disproportion totale" selon lui de la réaction chinoise et notamment de ces manoeuvres

PEKIN: L'armée chinoise a annoncé lundi, malgré les appels internationaux, la poursuite d'exercices militaires près de Taïwan, toujours pour protester contre la visite sur l'île revendiquée par Pékin de la numéro trois américaine Nancy Pelosi.

La Chine a débuté jeudi, au lendemain du départ de Taipei de Mme Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, des manoeuvres "à tir réel" dans six larges zones tout autour de Taïwan.

Ces exercices, en tout cas dans cette configuration, devaient s'achever dimanche midi (04H00 GMT) selon l'administration chinoise de la sûreté maritime. Mais des manoeuvres se poursuivent lundi.

"L'Armée populaire de libération (...) continue de mener des exercices pratiques interarmées dans l'espace maritime et aérien autour de Taïwan, en se concentrant sur des opérations conjointes anti-sous-marins et d'assaut en mer", a indiqué dans un communiqué le Commandement du théâtre d'opération Est.

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, avait dénoncé la "disproportion totale" selon lui de la réaction chinoise et notamment de ces manoeuvres, lors desquelles des tirs de missiles chinois ont eu lieu.

Après des critiques du G7 et des Etats-Unis, il avait publié avec ses homologues japonais et australien un communiqué conjoint appelant la Chine à stopper ces exercices militaires.


Ukraine : le site d'une centrale nucléaire à nouveau bombardé, départ de quatre cargos chargés de céréales

"Toute attaque contre des centrales nucléaires est une chose suicidaire", a dit Antonio Guterres lors d'une conférence de presse à Tokyo. (AFP).
"Toute attaque contre des centrales nucléaires est une chose suicidaire", a dit Antonio Guterres lors d'une conférence de presse à Tokyo. (AFP).
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  • Le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, a été bombardé pour la deuxième fois en un peu plus de 24 heures ce week-end
  • L'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) avait jugé samedi "de plus en plus alarmantes" les informations en provenance de la centrale de Zaporijjia

KIEV: Le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, a été bombardé pour la deuxième fois en un peu plus de 24 heures ce week-end, tandis que quatre nouveaux cargos chargés de céréales, cruciales pour la sécurité alimentaire mondiale, ont quitté dimanche des ports ukrainiens.

Comme après les précédents bombardements de vendredi sur ces installations situées dans le sud de l'Ukraine et tombées début mars aux mains des soldats russes, les deux belligérants se sont mutuellement accusés dimanche de les avoir attaquées.

Les autorités d'occupation de la ville d'Energodar, où se trouve la centrale de Zaporijjia, ont ainsi affirmé que l'armée ukrainienne avait tiré dans la nuit de samedi à dimanche un engin à sous-munitions avec un "lance-roquettes multiple Ouragan".

"Les éclats et le moteur de la roquette sont tombés à 400 mètres d'un réacteur en marche", ont-elles poursuivi, ajoutant que cette frappe avait "endommagé" des bâtiments administratifs et touché "une zone de stockage de combustible nucléaire usagé".

Parallèlement, la compagnie d'Etat ukrainienne Energoatom a annoncé qu'un des employés sur place avait dû être hospitalisé pour des "blessures causées par l'explosion" d'une des roquettes tirées "samedi soir" par les Russes.

"Trois détecteurs de surveillance des radiations autour du site de la centrale ont été endommagés (...). Par conséquent, il est actuellement impossible de détecter" une éventuelle hausse de la radioactivité et donc d'"intervenir en temps utile", a-t-elle ajouté.on "soutien".