Trump et Pence en meetings rivaux dans l'Arizona

Donald Trump (Photo, AFP).
Donald Trump (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 23 juillet 2022

Trump et Pence en meetings rivaux dans l'Arizona

  • Mike Pence, qui s'y trouvait pour superviser la certification des résultats de l'élection, avait dû se cacher pour échapper aux émeutiers à l'instar de nombreux parlementaires des deux bords
  • Donald Trump avait longuement refusé d'appeler ses supporters à quitter le bâtiment du Congrès

WASHINGTON: Donald Trump et son ancien vice-président Mike Pence, deux candidats républicains potentiels à l'élection présidentielle américaine de 2024, ont tenu vendredi des meetings concurrents en Arizona.

Les deux hommes, dont la campagne victorieuse en 2016 a mené le milliardaire républicain à la Maison Blanche, sont désormais brouillés après le refus de Mike Pence de bloquer la certification de la victoire du démocrate Joe Biden à l'élection de 2020, et soutiennent des candidats rivaux au poste de gouverneur de cet Etat du sud-ouest des Etats-Unis.

Ce duel à distance en Arizona -- M. Pence se trouvait dans la capitale Phoenix pour soutenir Karrin Taylor Robson, M. Trump à Prescott Valley pour appuyer Kari Lake-- est intervenu au lendemain de révélations sur la situation de l'ancien vice-président lors de l'assaut contre le Capitole à Washington le 6 janvier 2021.

Mike Pence, qui s'y trouvait pour superviser la certification des résultats de l'élection, avait dû se cacher pour échapper aux émeutiers à l'instar de nombreux parlementaires des deux bords.

Ses gardes du corps ont "commencé à craindre pour leur propre vie" et à "faire leurs adieux à leurs familles", a indiqué un responsable de la Maison Blanche sous couvert d'anonymat devant la commission parlementaire chargée d'enquêter sur les événements du 6 janvier.

Duel interposé

Donald Trump avait longuement refusé d'appeler ses supporters à quitter le bâtiment du Congrès et avait même de nouveau reproché dans un tweet à son vice-président de ne pas vouloir bloquer la certification, alimentant les griefs des protestataires.

"L'Arizona a enfin une chance d'avoir une SUPER gouverneure. Votez pour Kari Lake", avait écrit Donald Trump jeudi sur son réseau social Truth Social.

Après avoir faire attendre la foule pendant plus de deux heures, il a commencé son discours de vendredi en parlant d'immigration --un thème de campagne majeur en Arizona, Etat qui partage un long tronçon de frontière avec le Mexique.

Avant de rapidement obliquer vers l'élection de 2020: "L'élection a été truquée et volée et notre pays est désormais détruit de manière systématique à cause de cela", a-t-il lancé à une foule qui s'est enflammée en retour.

De son côté, Mike Pence --qui avait tweeté en amont qu'il avait "hâte de faire campagne avec la prochaine gouverneure de l'Arizona @Karrin4Arizona!"-- s'est exprimé une vingtaine de minutes devant un public assis dans un entrepôt.

Il a salué les accomplissements des "quatre ans de l'administration Trump-Pence", critiquant brièvement la candidate soutenue par l'ancien président pour avoir auparavant été une supportrice des démocrates et pour son opposition initiale à M. Trump.

"Les républicains de l'Arizona n'ont pas besoin d'un gouverneur ayant soutenu Barack Obama et Hillary Clinton", a relevé M. Pence, estimant par ailleurs --en référence aux accusations de M. Trump concernant le scrutin de 2020-- que "si le parti républicain se laisse être consumé par les rancoeurs du passé, nous perdrons".

Donald Trump, qui conserve une forte emprise sur le parti républicain, flirte de plus en plus ouvertement avec l'idée d'une candidature à la présidentielle de 2024.

Mike Pence multiplie lui les interventions lors de conférences ou les apparitions auprès de candidats d'élections locales. Il n'exclut pas de se présenter contre son ancien colistier, assurant prier sur la question et que son épouse Karen et lui iront "là où nous serons appelés".


Téhéran confronté à l'isolement international alors que les manifestations s'étendent à l'étranger

Des manifestantes scandent des slogans en brandissant la photo de Mahsa Amini lors d’un rassemblement devant le consulat d’Iran à Istanbul, le 29 septembre 2022. (AFP)
Des manifestantes scandent des slogans en brandissant la photo de Mahsa Amini lors d’un rassemblement devant le consulat d’Iran à Istanbul, le 29 septembre 2022. (AFP)
Des manifestantes brandissent des photos de Mahsa Amini, une jeune femme victime de la brutalité du régime iranien, lors d’un rassemblement devant le consulat d’Iran à Istanbul, en Turquie. (AFP)
Des manifestantes brandissent des photos de Mahsa Amini, une jeune femme victime de la brutalité du régime iranien, lors d’un rassemblement devant le consulat d’Iran à Istanbul, en Turquie. (AFP)
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  • Au moins soixante-seize personnes auraient été tuées dans la violente répression des manifestations par l’Iran
  • Jeudi, le ministre allemand des Affaires étrangères a exhorté l’Union européenne à imposer de nouvelles sanctions à l’Iran en raison de sa manière de traiter les manifestants

DJEDDAH: Le régime de Téhéran fait face depuis jeudi à un isolement international croissant, alors que les troubles à l’intérieur de l’Iran se propagent au-delà des frontières.

En Afghanistan, les talibans ont tiré en l’air pour disperser un rassemblement de femmes devant l’ambassade d’Iran à Kaboul en soutien aux manifestations en Iran.

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Des Afghanes se rassemblent devant l’ambassade d’Iran à Kaboul le 29 septembre 2022 lors d’une manifestation pour rendre hommage à Mahsa Amini. (AFP)

Les manifestantes portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «L’Iran se révolte, désormais c’est notre tour» et «De Kaboul à l’Iran, dites non à la dictature», reprenant en chœur le slogan «Femmes, vie, liberté» utilisé en Iran. Les talibans ont arraché les banderoles et les ont déchirées devant les manifestantes.

L’une des organisatrices de la manifestation déclare qu’elle avait été organisée «pour montrer notre soutien et notre solidarité avec le peuple iranien et les femmes victimes des talibans en Afghanistan».

En Norvège, deux personnes ont été blessées et quatre-vingt-dix autres arrêtées dans des affrontements lors d’une manifestation devant l’ambassade d’Iran à Oslo. Plusieurs dizaines de manifestants, dont certains enveloppés dans le drapeau kurde, ont tenté d’entrer dans l’enceinte de l’ambassade.

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La police norvégienne maîtrise des manifestants qui protestent devant l’ambassade d’Iran à Oslo, le 29 septembre 2022. (AFP)

La manifestation a eu lieu un jour après que l’Iran a lancé des frappes de missiles et de drones qui ont tué treize personnes au Kurdistan irakien. Téhéran accuse les dissidents kurdes de cette région d’avoir déclenché deux semaines de manifestations en Iran, qui ont commencé lorsque Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans, est décédée en garde à vue.

La jeune femme était en visite à Téhéran avec sa famille lorsqu’elle a été arrêtée et accusée de porter son hijab de manière inappropriée.

Au moins soixante-seize personnes auraient été tuées dans la violente répression des manifestations par l’Iran. Les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène, des matraques, des grenailles et des balles réelles.

Jeudi, la ministre allemande des Affaires étrangères a exhorté l’Union européenne (UE) à imposer de nouvelles sanctions à l’Iran en raison de sa manière de traiter les manifestants.

«Les autorités iraniennes doivent immédiatement mettre fin à leur traitement brutal des manifestants», a déclaré Annalena Baerbock devant le Parlement allemand.

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Des manifestantes protestent contre la mort de Mahsa Amini en Iran, devant la porte de Brandebourg à Berlin, en Allemagne, le 28 septembre 2022. (Reuters)

Elle a précisé qu’elle ferait tout ce qui est en son pouvoir dans le cadre de l’UE pour imposer des sanctions contre les responsables de l’oppression des femmes en Iran.

Le ministère français des Affaires étrangères indique qu’il soutiendrait les sanctions en réponse à «de nouvelles violations massives des droits des femmes et des droits humains en Iran».

Le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, déclare que l’Union «examinerait toutes les options mises à sa disposition (…) pour sanctionner le meurtre de Mahsa Amini et la façon dont les forces de sécurité iraniennes ont réagi aux manifestations qui ont suivi».

En Iran, le régime a mis en garde les personnalités du monde du sport et du divertissement contre tout nouveau soutien aux manifestations. «Nous prendrons des mesures contre les célébrités qui attisent les émeutes», déclare le gouverneur de la province de Téhéran, Mohsen Mansouri.

L’ancien animateur de télévision Mahmoud Shahriari a déjà été arrêté pour «incitation aux émeutes et à la solidarité avec l’ennemi», alors que le réalisateur primé Asghar Farhadi a exhorté les gens à «faire preuve de solidarité» envers les manifestants.

«Ils sont en quête de droits simples mais fondamentaux que l’État leur a refusés», a-t-il souligné.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au moins 23 morts dans une frappe dans le sud de l'Ukraine

Vue générale de la ville d'Orikhiv, près de Zaporijia, dans l'est de l'Ukraine, le 11 mai 2022. (AFP)
Vue générale de la ville d'Orikhiv, près de Zaporijia, dans l'est de l'Ukraine, le 11 mai 2022. (AFP)
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  • Des civils faisaient la queue pour recevoir de l'aide humanitaire, au cours d'un bombardement dans la région de Zaporijjia (sud) que les Russes occupent en partie
  • Au moins «23 morts et 28 blessés» dans la frappe russe, a indiqué le gouverneur régional

KIEV: L'Ukraine et les forces russes se sont accusés vendredi d'une frappe sur une colonne de voitures de civils à la limite entre la zone ukrainienne et la zone occupée de la région de Zaporijjia, dans le sud du pays, qui a fait 23 morts.

Par ailleurs, les forces d'occupation russes dans la région voisine de Kherson ont indiqué qu'un haut responsable du pouvoir régional mis en place par Moscou a été tué dans une frappe ukrainienne.

Partiellement sous contrôle russe, Kherson et Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, sont deux des quatre régions que la Russie de Vladimir Poutine va annexer vendredi.

"L'ennemi a lancé une attaque à la roquette contre un convoi humanitaire de civils, les gens faisaient la queue pour se rendre dans la zone temporairement occupée, aller à la rencontre de proches, recevoir de l'aide", a indiqué sur Telegram le gouverneur régional ukrainien, Oleksandre Staroukh.

"Il y a 23 morts et 28 blessés, tous des civils, des locaux, brûlez en enfer maudits Russes", a-t-il lancé.

La frappe a eu lieu près de la ville de Zaporijjia, non loin d'un point de passage entre la partie de la région contrôlée par les Ukrainiens et celle occupée par l'armée russe.

Un représentant de l'occupation russe a lui accusé les forces ukrainiennes d'avoir tiré sur ces véhicules pour empêcher ces civils de rejoindre la zone occupée.

Les forces ukrainiennes "ont frappé nos gens, qui faisaient la queue", a accusé sur Telegram un responsable de l'occupation régionale, Vladimir Rogov, faisant également état de 23 morts.

Les deux camps ont diffusé des photos de véhicules aux vitres soufflés et de corps inanimés.

En outre, un responsable de l'administration d'occupation russe de la région voisine de Kherson a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi dans une frappe ukrainienne, ont annoncé les autorités locales.

Alexeï Katerinitchev, premier adjoint au chef de l'administration de la région de Kherson, en charge de la sécurité, a été tué "dans une frappe précise" menée par les forces ukrainiennes à l'aide de deux missiles lancés par un système HIMARS sur son domicile, a indiqué un cadre de l'occupation russe, Kirill Stremooussov, cité par l'agence de presse russe TASS.


Afghanistan: au moins 19 morts dans un attentat contre un centre éducatif à Kaboul

Un centre éducatif de Kaboul, accueillant des étudiants, a été visé vendredi matin par une explosion qui a fait «plusieurs morts», a annoncé le ministère de l'Intérieur. (AFP)
Un centre éducatif de Kaboul, accueillant des étudiants, a été visé vendredi matin par une explosion qui a fait «plusieurs morts», a annoncé le ministère de l'Intérieur. (AFP)
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  • Les étudiants se préparaient à un examen lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser. «19 personnes sont décédées et 27 autres ont été blessées», a affirmé le porte-parole de la police
  • Des vidéos postées sur les médias sociaux et des photos publiées par les médias locaux montrent des victimes ensanglantées transportées depuis les lieux de l'explosion

KABOUL: Au moins 19 personnes ont été tuées vendredi à Kaboul dans un attentat suicide, dont la plupart des victimes sont des femmes, contre un centre de formation pour étudiants de la capitale afghane situé dans un quartier peuplé par la communauté minoritaire hazara.

"Les étudiants se préparaient à un examen lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser dans ce centre éducatif. Malheureusement, 19 personnes sont décédées et 27 autres ont été blessées", a déclaré Khalid Zadran, porte-parole de la police.

"Nous étions environ 600 (étudiants) dans la classe, mais la plupart des victimes sont des filles", a témoigné auprès de l'AFP un étudiant témoin de l'explosion qui se trouvait dans un hoîtal pour être soigné.

Ce centre de formation prépare des étudiants, âgés de 18 ans et plus, à leurs examens d'entrée à l'université.

Cet attentat qui vise une nouvelle fois le monde de l'éducation s'est produit dans le quartier de Dasht-e-Barchi, dans l'ouest de Kaboul, une zone à prédominance musulmane chiite où vit la communauté minoritaire hazara, théâtre de certaines des attaques les plus meurtrières commises en Afghanistan.

L'éducation est une question extrêmement sensible en Afghanistan à majorité sunnite, les talibans empêchant de nombreuses filles de reprendre l'enseignement secondaire.

Le groupe État islamique (EI), un autre groupe sunnite avec lequel les talibans entretiennent néanmoins une profonde inimitié et des divergences idéologiques, s'oppose également à l'éducation des femmes et des filles. L'EI, principale menace du régime taliban, a revendiqué plusieurs attentats ces derniers mois. Celui de vendredi n'a pas été revendiqué.

Des vidéos postées sur les médias sociaux et des photos publiées par les médias locaux montrent des victimes ensanglantées transportées depuis les lieux de l'explosion.

La plupart des victimes transportées dans les hôpitaux sont des femmes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des équipes de sécurité ont été déployées sur les lieux pendant que les familles affluaient dans les différents hôpitaux en pleurs, à la recherche de leurs proches.

Dans un hôpital au moins, les talibans ont toutefois obligé les familles des victimes à quitter le site, craignant qu'une nouvelle attaque ne soit lancée au milieu de la foule.

Des listes des personnes décédées ou blessées ont été accrochées à l'entrée des établissements hospitaliers où convergent les ambulances, a constaté l'AFP.

Introuvable 

"Nous ne l'avons pas trouvée ici", s’inquiétait une jeune femme en détresse, cherchant sa sœur de 19 ans dans l'un d'eux. "Nous l'appelons mais elle ne répond pas", se désespère la jeune femme.

"Attaquer des cibles civiles prouve la cruauté inhumaine de l'ennemi et son absence de normes morales", avait déclaré un peu plus tôt le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Abdul Nafy Takor.

Le 20 avril dernier, au moins six personnes avaient été tuées et 24 blessées dans deux explosions ayant frappé une école pour garçons dans ce même quartier de l'ouest de la capitale.

Dasht-e-Barchi a été lourdement frappé ces dernières années et depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021 par plusieurs attaques revendiquées par l'EI-K, la branche régionale du groupe jihadiste Etat islamique, qui considère les hazaras comme hérétiques.

En mai 2021, une série d'explosions s'était également produite devant un établissement scolaire pour filles de ce même quartier, faisant 85 morts, en majorité des lycéennes, et plus de 300 blessés.

L'EI, qui avait déjà revendiqué un attentat en octobre 2020 contre un centre éducatif (24 morts) dans la même zone, est fortement soupçonné d'avoir mené cette attaque.

Des attaques de moindre ampleur, revendiquées par l'EI-K, ont encore eu lieu à Dasht-e-Barchi en novembre et décembre 2021.

Le retour au pouvoir des talibans en août 2021 a mis fin à deux décennies de guerre en Afghanistan et a entraîné une réduction significative de la violence, mais la sécurité a commencé à se détériorer au cours des derniers mois.